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mercredi 10 octobre 2012

Chicago/ The Blues Yesterday Vol. 2


CHICAGO/ THE BLUES YESTERDAY/ Volume 2


            
Deuxième volume de cette série maison sur les disques obscurs du Chicago blues d'hier et qui n'ont jamais (sauf erreur) été réédités en CD et qui sont introuvables sauf dans des coûteuses ventes aux enchères.
            Le grand bluesman Eddie Campbell est aujourd'hui salué comme un des meilleurs représentants du West Side Sound encore parmi nous. J'ai eu la chance de le rencontrer de nombreuses fois alors qu'il résidait en France et était accompagné par un excellent orchestre français, celui de Tao Ravao avec le vibrant harmoniciste Vincent Bucher (hélas, Eddie ne semble pas avoir enregistré avec eux). Les prestations de Mr Campbell étaient toutes remarquables de dynamisme, de feeling et de sens de la scène. Eddie a enregistré plusieurs albums de très haut niveau, notamment son grandissime 
King of the Jungle ainsi que d'autres comme Let's pick it ou son dernier excellent CD pour Delmark Spidereating preacher. Avant cela, dans les années 60, il a gravé trois 45t pour un minuscule label (Hawaii) dont un avec la mystérieuse chanteuse Yvonne Gomez qui méritent d'être connus.
            




Little Wolf, de son vrai nom Jesse Sanders (né le 26 juin 1930 à Florence, Mississippi) a fait une carrière de policier à Chicago tout en chantant ici et là dans les clubs de blues. Marié à la nièce de Howlin' Wolf, Diane, Jesse a été pris en main par Willie Dixon lorsque celui-ci venait de fonder son propre label indépendant Yambo. Willie voulait à tout prix promouvoir des imitateurs des grands noms du blues. Sanders qui de temps à autre imitait Howlin' Wolf a été rebaptisé Little Wolf par Dixon qui, à la mort du vrai Loup Hurlant, lui a composé et fait enregistrer en 1976 le superbe 45t The wolf wont howl no more qui a eu un petit succès dans les juke boxes de Chicago. Dans la foulée, Willie a produit un album entier qui, fabriqué maison (les jaquettes étaient collées à la main par Dixon lui-même sur le carton et le texte était parsemé de multiples fautes d'orthographe!) n'a jamais été distribué nulle part. Je l'ai jadis acheté à Dixon lui-même dans la petite boutique qu'il tenait alors à Chicago. Même si aucun titre de ce LP ne retrouve la force de Wolf won't howl no more, la musique est tout de même de bon niveau avec des accompagnateurs de haut calibre comme Buster Benton, Johnny B. Moore ou Billy Branch. Little Wolf aurait enregistré un autre album produit par Bobby Rush qui est très rare et dont notre ami Pierre Monnery a retrouvé la trace.

 Au moment de sa retraite de la police, Jesse Sanders est parti vivre à Memphis où il s'est produit sporadiquement sur scène.
            Enfin, Little Larry Hudson qui officiait, au chant et à la guitare, dans les clubs du West Side de Chicago dans les années 70, demeure une figure mystérieuse. Originaire de Des Moines (Iowa) où il a en enregistré un 45t, il a ensuite gagné Chicago et gravé en 1977 encore un single beaucoup plus soul avant de disparaître on ne sait où.

                                                        
  Gérard HERZHAFT

The second volume of Chicago/ The blues yesterday brings to your attention two little known blues artists plus the early works of the great bluesman Eddie Campbell who has recorded such masterpieces album like King of the Jungle (certainly one of the best LP to come out from Chicago in the 70's), Let's pick it or his recent Delmark effort Spider eating preacher
            I've had the great pleasure to meet several times Eddie when he was living in Europe, touring with the very good French blues band of Tao Ravao featuring harmonica ace Vincent Bucher. A great gentleman and a fantastic showman, Eddie was also very friendly and willing to share recollections of his musical career, drawing striking sketches of the Chicago blues scene. The three singles he did for the tiny Hawaii label in the late 60's are very hard to find and have (to my knowledge) never been reissued anywhere in any form. One of this 45 feature Eddie with the mysterious singer Yvonne Gomez.
            Little Wolf (born Jesse Sanders 26 June 1930 in Florence, Ms) was altogether a Chicago police officer for 47 years while singing the blues in the Windy City clubs. Married to Howlin' Wolf's niece Diane, Jesse brought the attention of Willie Dixon who was trying to find new talents for his fledgling Yambo label. Rebaptized by Dixon Little Wolf, Jesse recorded the modest hit but striking blues The wolf won't howl no more after Howlin' Wolf's death. This single was then featured on a whole album that I bought directly at Willie Dixon's small Chicago office. I don't think this fairly good album (featuring such luminaries as Buster Benton, Johnny B. Moore and Billy Branch) has ever been distributed outside Chicago. It has been said that Jesse made also another album for Bobby Rush which is very hard to find (thanks to Pierre Monnery who located one copy of this!). After his retirement from the Chicago Police Department, Jesse Sanders relocated in Memphis where he made some public appearances. It is not known if he is still alive.
            Little Larry Hudson is an almost complete unknown. A singer and guitarist, he seems to hail from Des Moines, Iowa where in the late 60's he recorded a single for the very short-lived Success label. A few years later, he was performing in Chicago (generally with the L.C. Roby band) and waxed another 45 in a much more Soul-oriented style.
                                                           Gérard HERZHAFT




CHICAGO/ THE BLUES YESTERDAY
Volume 2
Eddie C. Campbell, g; Melvin Brown, pno; Sylvester Boines, bs; Lester Dorsey, dms. Chicago, Ill. 1968
01. All nite I & II
Eddie C. Campbell, vcl/g; band. Chicago, Ill. c. 1968
02. Soup bones
03. Sleepin' the monkey
Eddie C. Campbell, g; Yvonne Gomez, vcl, vcl group; band. Chicago, Ill. c. 1968
04. Ease the pain
05. My man a go-go
Littlle Wolf (Jesse Sanders), vcl; Buster Benton, g; Dennis Miller, g; Johnny B. Moore, g; Billy Branch, hca; Freddy Dixon, bs; Clifton James, dms. Chicago, Ill. 1976
06. The Wolf won't howl no more
07. Mama talk to your daughter
08. Stop ducking on me
09. Every girl I see
10. Put it all in there
11. Sex appeal
12. You can't keep her long
13. Shake for me
Little Larry Hudson, vcl/g; band. Des Moines, Iowa. Late 60's
14. Ride with me
Little Larry Hudson, vcl/g; prob. Reggie Boyd, g; band. Chicago, Ill. 1975
15. Land of dog eat dog
16. Strong constitution

jeudi 4 octobre 2012

COUNTRY JIM BLEDSOE/ SHREVEPORT BLUES


COUNTRY JIM BLEDSOE/
 SHREVEPORT COUNTRY BLUES

            Shreveport est une de ces villes moyennes sans âme que l'on trouve si souvent aux Etats Unis. Elle fait partie de l'Etat de Louisiane mais, sa position sur la Red River, à l'extrême nord de l'Etat la fait économiquement et culturellement appartenir davantage à l'Est du Texas ou au Sud de l'Arkansas. Fondée en 1815 par Henry Miller Shreve, un explorateur originaire du New Jersey, Shreveport n'a été longtemps qu'une bourgade agricole. En 1906, la découverte des riches gisements de pétrole du Caddo, un lac voisin, a complètement changé la ville. L'arrivée de nombreux migrants de l'Est des Etats Unis ainsi que d'Europe Centrale a achevé de donner à Shreveport sa configuration et son atmosphère actuelles.
            Ce que nous connaissons du Shreveport "down-home" blues grâce aux disques le définit comme un style local original, entre le blues du Mississippi et celui du Texas. Lonnie Johnson a aussi visiblement exercé une forte influence sur ce style, en particulier les disques qu'il a gravés en compagnie de Texas Alexander. Ce Shreveport blues a sans doute été largement façonné par Jesse Thomas dont les disques semblent s'être bien vendus et qui était une des vedettes locales. Jesse a accompagné Texas Alexander, Blind Lemon Jefferson et gagnera la Californie après la guerre. Son jeu de guitare jazzy mais économique, épars et précis a influencé quantité de guitaristes, notamment son neveu Lafayette Thomas que nous avons présenté en détail dans ce blog.
Il faut aussi remarquer que John Lee Hooker a constamment affirmé n'avoir été influencé que par son beau-père, Willie Moore, un travailleur saisonnier originaire de Shreveport. Hooker est, à nos oreilles, largement ancré dans la tradition guitaristique de cette région nord-Louisiane, même si son chant passionné et véhément révèle bien sûr les influences du Delta.
            L'afflux de travailleurs pour l'industrie du pétrole induit la création en 1948 du Louisiana Hayride, un show live et radiodiffusé sur le modèle du Grand Ole Opry de Nashville. Le Louisiana Hayride (où se produiront régulièrement Hank Williams et Elvis Presley) fait vraiment de Shreveport une ville "musicale". Les compagnies de disques commencent à affluer, prêtes à signer les premiers un contrat avec une vedette en devenir. A Shreveport même, les musiciens de country, Webb Pierce et Tillman Franks créent Pacemaker, un label indépendant. Stan Lewis, un immigré juif italien, s'installe à Shreveport, attiré par l'activité de la ville. Lewis s'occupe d'abord de commerce dans le quartier noir de la ville (un bazar, une confiserie). Mais il s'avise des désirs et des goûts musicaux d'une clientèle qui a de l'argent. Il monte ainsi un magasin de disques, devient le distributeur attitré local puis régional de plusieurs labels indépendants (notamment Specialty) dont il fait une intense publicité sur KWKH, avant de créer ses propres compagnies - Jewel, Ronn, Paula...
Les quelques bluesmen "down home" enregistrés après la guerre à Shreveport démontrent que le style de blues régional, notes éparses, chant souvent récitatif, swing intense est très caractéristique de cette cité.
Country Jim Bledsoe est un fantastique bluesman au chant impassible, au jeu de guitare économique mais très rythmique. Il était un chanteur et guitariste de rues et il enregistre pour PaceMaker (le label de Webb Pierce et le seul 78t de blues de ce label) en 1949 sous le nom quelque peu mystérieux de Hot Rod Happy et termine en 1951 pour Specialty (Stan Lewis) puis par Imperial. Avenue breakdown comme Old River blues (le nom d'un lac près de la ville) et Hollywood boogie avec une référence au quartier noir de Shreveport Mooretown (qui comprend une artère appelée Hollywood) démontre à l'évidence que Bledsoe était vraiment un résident de Shreveport dont il connaissait bien les lieux importants. Malheureusement, Country Jim semble avoir disparu sans laisser de traces.
Ce MP3 regroupe la totalité de sa courte mais remarquable contribution à l'histoire du blues à l'exception de Plantation blues que je n'ai pu me procurer et dont une copie mp3 via ma boîte mail serait la bienvenue.
Gérard HERZHAFT 

On suggérera à ceux qui voudraient mieux connaître la riche scène musicale de Shreveport de voir l'excellent bloghttp://shreveportsongs.blogspot.fr/

"Country" Jim Bledsoe has recorded only a handful of tracks but all are very worthwhile. As a noted seemingly popular Shreveport street singer during the immediate post-war years, Bledsoe adds a lot to our knowledge of the Shreveport blues style whose Jesse and Lafayette Thomas seemed to have largely been the most famous contributors. This Shreveport blues is made of sparse notes, a recitative way of singing, intense swing and owes certainly a lot to the Thomas Brothers but also to the very popular records Texas Alexander did with Lonnie Johnson on the guitar. Among those "Shreveport bluesmen" is a certain Willie Moore who never recorded on his own but who greatly influenced his stepson John Lee Hooker who will always claim his debt to Willie.
Little is still known about Bledsoe and we neither even know his dates of birthday nor of death. Through listening to his compositions, he seemed to have been a GI somewhere in the Pacific and he knows very well the streets and places of Shreveport as Avenue breakdownHollywood boogie andOld river blues (the name of a lake in this city) testify. He recorded fourteen gripping and wonderfully down-home titles between 1949 and 1951 for local labels and producers that I have gathered together on this Mp3 collection. With the exception of Plantation blues that I have not been able to get. If someone should send me a mp3 copy through my mail, it would be appreciated.
Gérard HERZHAFT 


A la suite de la défaillance de l'hebergeur initial, j'ai dû refaire complètement cette compilation qui se présente désormais comme un unique fichier (que vous pourrez si vous le souhaitez séparer en deux) au
Due to downloading problems I had to change the URL and the files altogether. Here is the new link for new files combining the complete Bledsoe and Lewis titles together:




Thanks to Chris, The two Country Jim Bledsoe's remaining and extremely rare tracks can be downloaded on the excellent blog:
http://shreveportsongs.blogspot.fr/2013/02/pete-mckinley-country-jim-shreveport.html#comment-form
Chris also unearthed a stunning Country Jim's vintage photo .
Thanks.


COUNTRY JIM BLEDSOE
The Complete Recordings
Country Jim, vcl/g; bs; dms. Shreveport, La. Octobre 1949
01. Hot Rod boogie
02. Worried blues
Country Jim, vcl/g; bs; dms. Shreveport, La. janvier 1950
03. Avenue breakdown
04. Philippine blues
05. Sad and lonely
06. Good looking woman
06A. Plantation blues
06B. Rainy morning blues 
Country Jim, vcl/g; bs. Shreveport, La. avril 1950
07. I’ll take you back baby
08. Old river blues
Country Jim, g; Pete Mc Kinley, vcl; bs. Shreveport, La. avril 1950
09. Don't want me blues
Country Jim, vcl/g; dms. Shreveport, La. novembre 1951
10. Dial 110 blues
11. Hollywood boogie
12. One thing my baby likes
13. Stormin' and rainin'

mercredi 3 octobre 2012

ERNEST LEWIS aka WEST TEXAS SLIM



ERNEST LEWIS/ WEST TEXAS SLIM



            Le véritable engouement que suscite mon dernier article sur Country Jim Bledsoe me pousse à sans tarder présenter l'intégrale de Ernest Lewis, un autre musicien down home, celui-ci originaire du Texas. Il a enregistré dix titres sous son nom – dont de superbes versions de Loudella de Yank Rachell, de Lonesome in my bedroom de Curtis Jones ainsi que plusieurs fortes compositions, auxquels j'ai ajouté deux titres dans lesquels Lewis accompagne le pianiste Little Son Willis. Si les influences de Blind Lemon Jefferson, Little Hat Jones et même Lightnin' Hopkins sont notables dans le jeu de Lewis, il me semble tirer le principal de son inspiration de Funny Papa Smith. Ernest Lewis est un guitariste incroyablement down-home et un chanteur laconique qui fait mouche sur chacun des disques qu'il a enregistrés, la plupart des chefs d'oeuvre, sous divers noms (West Texas Slim, Country Slim, Buddy Lewis!). Il semble être originaire de la région de Beaumont au Texas qu'il a quittée pour le ghetto de Watts, à Los Angeles. Comme pour Bledsoe, on ne connaît les dates ni de sa naissance ni de sa mort. En fait, on perd sa trace après sa dernière séance enregistrée de 1953. Un titre est chanté par une femme qui signe "Miss Country Slim"!, probablement la compagne de Lewis, Rosa Lee.
            Malcolm Willis dit Little Son Willis n'est guère plus connu. On sait qu'il est originaire de Fort Worth et que comme beaucoup de Texans il est venu chercher du travail pendant ou après la guerre en Californie. Il a gravé dix titres sous son nom, son jeu de piano ancré dans la robuste tradition dite de Santa Fe. Mais son chant comme son répertoire en font avant tout un émule du Docteur Clayton, aujourd'hui quelque peu oublié, mais qui est l'auteur de plusieurs standards du blues et qui a connu une forte popularité dans les années 1940.
                                               Gérard HERZHAFT

The strong interest that my Country Jim Bledsoe post have apparently sprung pushes me to give you the complete recordings of another gritty and downhome blues guitarist and singer, Ernest Lewis. He waxed ten sides between 1949 and 1953, then completely disappeared. Until now we don't know neither his birth date nor his date of death. He apparently hailed from Beaumont on the Texas Gulf Coast where he recorded his first incredibly raw and gripping 78t. We then find him in Los Angeles (he lived in Watts) for several more records of the same very high level. Ernest recorded under several names (West Texas Slim, Buddy Lewis, Country Slim) for no apparent reasons. Most of his records are very personal versions of blues hits of the 30's and 40's: LouDella from Yank Rachell, Lonesome in my bedroom from Curtis Jones but he has also penned several more personal blues like Little Mae Belle. He is strongly embedded in the Texas guitar tradition from Jefferson to Hopkins but, to my ears, the strongest of his influences seem to be Funny Papa Smith. Lewis has also played guitar behind the mysterious Miss Country Slim (probably his girl) and , for his last session, behind Little Son Willis, a singer-pianist from Fort Worth whose ten recordings betray a very heavy influence of Dr Clayton.
                                                           Gérard HERZHAFT
A la suite de la défaillance de l'hebergeur initial, j'ai dû refaire complètement cette compilation qui se présente désormais comme un unique fichier (que vous pourrez si vous le souhaitez séparer en deux) au
Due to downloading problems I had to change the URL and the files altogether. Here is the new link for new files combining the complete Bledsoe and Lewis titles together:



ERNEST LEWIS
Complete Recordings
Ernest Lewis, vcl/g. Beaumont, Tx. 1949
14. Rosa Lee
15. Shake'em on down
Ernest Lewis, vcl/g; pno; bs; dms. Los Angeles, Ca. 1952
16. Lonesome bedroom
17. You've got good business
Ernest Lewis, vcl/g. Los Angeles, Ca. 1952
18. Lou Della
19. Little Mae Belle
Ernest Lewis, vcl/g; hca. Los Angeles, Ca. 1952
20. No more lovin'
21. West Coast blues
Ernest Lewis, vcl/g; Miss Country Slim, vcl on *; prob. Little Son Willis, pno. Los Angeles, Ca. 1953
22. What wrong have I done?
23. My girlish days*
Little Son Willis, vcl/pno; Ernest Lewis, g; bs; dms. Los Angeles, Ca. 1953
24. Roll me over slow
25. Baby come back home