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lundi 26 novembre 2012

L.C. ROBINSON/ GOOD ROCKIN'




L.C. ROBINSON: GOOD ROCKIN' WEST COAST BLUES








         Ce Texan pur sucre ("jusque au bout de mes bottes" disait-il!) né le 15 mai 1915 à Brenham, une bourgade entre Houston et Austin célèbre pour ses crèmes glacées, a affirmé avoir appris les rudiments de la guitare slide auprès de son lointain cousin, le célèbre chanteur/ évangélisateur Blind Willie Johnson qui venait souvent dans la ferme familiale. Mais L.C. (Louis Charles) Robinson a ensuite été considérablement influencé par les stylistes du Western Swing, notamment Bob Dunn et Leon McAuliffe avec qui il se lie d'amitié durant quelques années. C'est McAuliffe qui lui apprend à jouer de la steel-guitare, à plat sur les genoux. C'est aussi avec les musiciens de Western Swing qui gravitent autour de McAuliffe que L.C. apprend le fiddle ainsi qu'une grande partie du répertoire des Texas Playboys de Bob Wills.
         En 1940, comme beaucoup de Texans, L.C. part s'installer à Oakland en Californie afin de travailler dans l'industrie alors bourgeonnante. Il forme un petit orchestre avec son frère, l'harmoniciste et Révérend A.C. Robinson qui pratique Country Music, Gospel et blues. Ses qualités de chanteur et de musicien ainsi que sa forte présence scénique lui valent vite une solide réputation locale. Mais il n'enregistre malheureusement qu'un 45t en 1954 pour le petit label Rhythm. Ses multiples talents de musicien, violoniste, guitariste, steel-guitariste, son vaste répertoire, des blues profonds à la Lightnin' Hopkins jusqu'à des instrumentaux empruntés au Western Swing en font un des favoris du Blues Revival californien des années 60. Avec sa gouaille et son extrême dynamisme, personnage éminemment pittoresque, il séduit de nombreux groupes de rock californien qui l'accueillent volontiers pour faire le boeuf ou qui le prennent en première partie de leurs shows.

Arhoolie CD (original LP + unissued tracks)

         C'est ainsi qu'il ouvre les concerts de Hot Tuna, Jefferson Airplane, Canned Heat, John Lee Hooker, Muddy Waters. En 1968, il retrouve enfin les chemins des studios, enregistrant un demi album pour World Pacific. Mais c'est avec le Muddy Waters blues band qu'il signe son premier album complet, le splendide Mojo in my hand (Arhoolie) qui voit aussi briller le pianiste Dave Alexander (aka Omar Sharriff). En 1974, il est de nouveau dans les studios pour un deuxième bel album, House cleaning blues, qui n'a jamais été réédité et dans lequel il est accompagné par le pianiste Robert Hooker (un des fils de John Lee) et du superbe guitariste Luther Tucker.
         Apparaissant dans divers programmes télévisés, familier du populaire San Francisco blues festival, L.C. était sur le point d'effectuer une première tournée européenne qui s'annonçait prometteuse lorsqu'il décède d'une crise cardiaque à son domicile de Oakland le 26 septembre 1976.
         Nous avons regroupé tous ses enregistrements aujourd'hui difficiles à trouver. Le magnifique album qu'il a gravé pour Arhoolie (titres en rouge dans la discographie) est couramment disponible en CD et nous vous invitons bien sûr à l'acquérir. Soyez sûrs que ce sera un petit joyau dans votre collection.
                                                        Gérard HERZHAFT

L.C. (Louis Charles) Robinson, born in Brenham (Tx) May 15, 1915, said he was initiated to the slide and steel guitar techniques by the famous Gospel singer Blind Willie Johnson who was one of his relatives. But he was much more influenced by Western Swing steel guitarists Bob Dunn and Leon McAuliffe who introduced him to the musicianship and repertoire of Bob Wills' Texas Playboys. At that time, L.C. learnt also to play the fiddle.
In 1940, like so many Texans, L.C. Robinson went to Oakland, California, to work in the burgeoning industry and joined his brother A.C. Robinson's band. His musicianship as well as his stage histrionics gained him quickly a strong local following. Unfortunately, L.C. recorded only one 45 under his own name for the tiny Rhythm label in 1954.
This is the Californian blues and folk revival of the 60's that gave L.C. the opportunity to know most of the then emerging rock blues bands. He very often came to stage to jam with Hot Tuna, Jefferson Airplane, Canned Heat and such and soon opened many of their shows while running his own small combo with young ace pianist Dave Alexander (aka Omar Sharriff). He was also a favorite of the very popular San Francisco Blues Festival.
         In 1968, Robinson waxed half of an LP for World Pacific and in 1971, Arhoolie gave him the opportunity to record Mojo in my hand, a masterpiece of an album, in which he is brilliantly backed by the Muddy Waters Blues Band (for whom he had just opened the Californian tour show).
         Three years later he recorded his second album for Al Smith's Bluesway label, House cleanin' blues with guitarist Luther Tucker's band, once again a very good record which has never been reissued in any form.
         L.C. Robinson was due to fly to Europe for a tour which looked very promising when he died suddenly at his Oakland's home on September 26, 1976.
         This mp3 collection gathers all his recordings with the exception of those (in red in the discography) from the Arhoolie album that is currently available and certainly a gem to buy.
                                                        Gérard HERZHAFT





L.C. ROBINSON
The Complete Sessions
L.C. Robinson, vcl/g/st-g; Big Jim Wilson, t-sax; pno; bs; dms. San Francisco, Ca. 1954
01. Why don't you write to me?
02. If I lose you
L.C. Robinson, vcl/g/st-g; Lafayette Thomas, g; Dave Alexander, pno; Malachi Spencer, bs; Barnell Barfield, dms. Berkeley, Ca. 9 septembre 1968
03. Separate ways
04. Jake rabbit boogie
05. Train time blues
06. Clean your house
L.C. Robinson, vcl/g/st-g; Lafayette Thomas, g; Dave Alexander, pno; Willie Pierce, t-sax; Carl Van Green, t-sax; Malachi Spencer, bs; Victor Leonard, dms. Berkeley, Ca. 9 septembre 1968
07. Bringing my baby back home
L.C. Robinson, vcl/g/st-g/fdl; Pee Wee Madison, g; Sammy Lawhorn, g; Pinetop Perkins, pno; Charlie Musselwhite, hca; Calvin Jones, bs; Willie Smith, dms. San Francisco, Ca. 9 septembre 1971
08. Ups and downs
09. Pinetop's boogie woogie
10. Across the bay blues
11. L.C.'s Shuffle
12. Can't be a winner
13. Mojo in my hand
L.C. Robinson, vcl/g/st-g/fdl; Dave Alexander, pno; William Hyatt, bs; Teddy Winston, dms. San Francisco, Ca. 17 décembre 1971
14. Stop and jump
15. She got it from the start
16. Things so bad in California
17. New train time
18. I'm just a country boy
19. L.C.'s theme
20. I've got to go
L.C. Robinson, vcl/g/st-g/fdl; Robert Hooker, pno; Luther Tucker, g; Lex Boyd Sylva, bs; Ken Swank, dms. San Francisco, Ca. 1974
21. Summerville blues
22. Separation blues
23. Texas blues
24. My baby crossed the Bay
25. Stop now
26. Cross the Bay shuffle
27. Train time
28. Southern bound
29. Standin' in line
30. Trailin' my baby
31. Rockin' with Peggy
32. House cleanin' blues


lundi 12 novembre 2012

LIGHTNIN' SLIM EN EUROPE




LIGHTNIN' SLIM EN EUROPE




         Né à Good Pine, au coeur de la Louisiane le 13 mars 1913 et non à Saint Louis comme on l'a longtemps affirmé, Otis Hicks apprend la guitare en écoutant les disques de Lightnin' Hopkins, à plus de 30 ans! Il se produit dans les tavernes de la capitale de la Louisiane au sein d'un grand orchestre de Rhythm & Blues. C'est cette formation que le DJ noir, Ray Meaders dit Diggy Do, présente au producteur J.D. Miller, alors le seul producteur-éditeur-arrangeur-propriétaire de studios de la région. Miller juge l'orchestre très médiocre mais s'arrête sur le guitariste ultrabasique qui se fait même nommer "Lightnin" pour son affinité avec Hopkins.
         Le lendemain, Miller enregistre Otis Hicks, rebaptisé Lightnin' Slim, en raison de son apparence élancée en compagnie de l'harmoniciste Wild Bill Phillips. Cette séance mémorable donnera l'extraordinaire Bad luck, un vrai petit succès qui deviendra, longtemps après, Born under a bad sign via Booker T. & the MG's! Bad luck signale les débuts du Swamp blues, cette atmosphère à ras-de-terre avec une interaction guitare-chant-harmonica sur un rythme paresseux. Avec des effets fréquents de percussion, c'est un des styles de blues les plus évocateurs: le cri du crapaud-buffle semble retentir; on croirait presque entendre le clapotis des marécages. Lightnin' Slim sera ensuite associé à d'autres bluesmen profonds de Louisiane comme Lazy Lester puis Whisperin' Smith. Avec sa voix lente et rocailleuse, au long accent traînant, sa capacité à transformer n'importe quel blues en une pièce personnelle et haute en couleurs, Lightnin' Slim grave une œuvre splendide, une des toutes meilleures du blues de l'après-guerre. La plupart de ses titres sont dominés par un formidable sens théâtral et un humour dévastateur. Consécration de son originalité: Lightnin' Hopkins, celui qu'il imitait, reprendra deux morceaux de Slim: My starter won't start et It's mighty crazy.
         Contrairement à son compère Slim Harpo, Lightnin' Slim n'a pas connu de grand succès national mais le public noir sudiste lui a toujours été fidèle. Après 1966, Slim qui avait détruit un camion appartenant à Miller dans un accident de la route prend peur et s'exile à Detroit. Ce n'est qu'en 1972 qu'on le sort de l'usine où il travaillait. En compagnie de Whisperin' Smith, Lightnin' entreprend une nouvelle carrière en Europe et apparaît, brillant, aux sommaires de l'American Folk Blues Festival 1972, de l'American Blues Legends et au festival de Montreux, accompagné par les Aces. Ses manières rurales immanquables, parlant lentement, marchant lentement comme sur des coussins d'air buvant cul sec, sa formidable présence sur scène et ses accoutrements - ce bonnet de fourrure vissé sur le crâne sous les spotlights! - lui assurent une brève mais forte popularité auprès du public européen.

         Sa prestation à Montreux en 1972 est particulièrement mémorable. Les organisateurs avaient décidé de faire accompagner Lightnin' Slim et Whispering Smith par les Aces plus Lafayette Leake. Ces derniers dont les manières urbaines étaient aux antipodes des Louisianais n'avaient en plus jamais entendu parler de ces musiciens qu'ils regardaient avec inquiétude et demandaient aux fans européens d'où sortaient ces deux lascars et s'ils savaient vraiment jouer!!! Le résultat, heureusement enregistré, dément ces appréhensions.
         Lightnin' Slim devait revenir en Europe mais hélas son décès inattendu le 27 juillet 1974 à Detroit l'empêcha de profiter de ce nouveau public.
                                                        Gérard HERZHAFT

         Born on march 13 1913 in Good Pine (La) and not in Saint Louis as it has been written , Otis Hicks worked for years as a sharecropper and tractor driver on plantations while being attracted by the blues and particularly the guitar of Lightnin' Hopkins.
         In fact, Otis started to play guitar quite late in his life, around 1953, but soon was heard on several R&B local bands. Thanks to the famous DJ Diggy Do (Ray Meadows), Otis was brought to the attention of producer J.D. Miller who, impressed by the low down blues of Hicks, took him into his Crowley recording studio and issued records under the moniker Lightnin' Slim that he created for Otis Hicks.
         In 1954, Bad luck was a local hit for Slim and Miller, the first record of a long decade of some wonderful and most witty, gritty, low down and dirty blues to come off of this area. If other Miller's artists waxed remarkable blues, it is undoubtedly with Lightnin' Slim that the so called Swamp blues peaks at its all-time swampiest. Listen to some of his extraordinary sides issued on the Excello label during the 50's and early 60's and you are transplanted from your armchair to the Louisiana bayou land where you can hear the croaks of the frogs and the swash of the swamp. Another Hoodoo man blues later and you'll probably even feel the mosquitoes biting your skin!
         In 1966, the down home blues was not selling anymore in the USA, so Slim moved to Detroit to work in a car factory. But his reputation was very high among the European blues buffs, particularly in England where his records were the inspiration for a lot of rock groups. So in 1972, Fred Reif who had found Slim in Detroit persuaded him to bring his Swamp blues overseas, alongside his old partner harmonica player Whispering Smith.
         Slow walking, slow talking, hard drinking, with some improbable get-ups, Slim seemed to be for the young Europeans the archetype of the Southern bluesman. He was a big success everywhere and enjoyed a lot to be treated like a star, surrounded by young ladies and sipping good scotch or even (better?) French cognac.
         Slim and Smith gave one of their most memorable concert on the venerable jazz festival of Montreaux in Switzerland. They had to be backed by the Aces (Myers brothers, Below and Lafayette Leake) who had never heard of those Louisianan downhome bluesmen and were very worried about their musicianship and their ability to play anything or even stand on stage with all the alcohol they had drunk since the afternoon. A coterie of French blues fans had to reassure them before they entered stage.
         This mp3 collection gather those special moments when Lightnin' Slim was a big star in Europe.
         There were plans for Slim to return quickly on those shores and to tour extensively everywhere in Europe. But he died unexpectedly on 27 July 1974 in Detroit.
                                                        Gérard HERZHAFT
Thanks to the researches of Winnie Freyer and Gerd Wieben, we know for sure that Lightnin' slim was born in Good Pine (La) on march 13 1913 and not in Saint Louis




LIGHTNIN' SLIM & WHISPERING SMITH
Live in Europe
Lightnin' Slim, vcl/g; Whispering Smith, hca/vcl on* ; Lafayette Leake, pno; Louis Myers, g; Dave Myers, bs; Fred Below, dms. Montreux, CH. 18 juin 1972
01. Lonesome cabin blues
02. My starter won't work
03. Just imagination
04. Caress me baby
05. Baby what you want me to do?
06. I want you to love me
07. You got me dizzy
08. Nobody loves me but my mother
09. Storm in Texas*
10. Got my mojo working (with Jimmy Dawkins)
Lightnin' Slim, vcl/g; Whispering Smith, hca; W.D. Kent, bs; Billy Davenport, dms. Munich, All. 26 octobre 1972
11. Wintertime blues
Lightnin' Slim, vcl/g; Whispering Smith, hca/vcl on *; Boogie Woogie Red, pno; Roger Hill, bs; Tom Farnell, dms. Londres, GB. 16 février 1973
12. Take me back baby*
13. Texas flood*
14. Love bug
15. Walking in the park