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vendredi 19 avril 2013

BOBO JENKINS/ DETROIT BLUES MASTERS Vol. 1




BOBO JENKINS/ DETROIT BLUES MASTERS
Volume 1

            

 Même si sa discographie est limitée, Bobo Jenkins a été un des principaux bluesmen de Detroit, à la fois par sa constante présence dans les clubs, son entregent et sa capacité à rassembler autour de lui presque tout ce que la ville comprenait de bluesmen "profonds. Durant les années 1970-80, il a été aussi un des principaux acteurs de la survie du Detroit blues, réussissant à faire organiser des festivals, impliquant de plus en plus de personnes et de pouvoirs publics dans ce qu'il vivait comme une mission.

            John Pickens Jenkins naît à Forkland dans l'Alabama le 7 janvier 1916 d'un couple de métayers. Son père meurt dans un accident avant son premier anniversaire et la vie sera très dure pour le jeune garçon: peu d'école, les travaux des champs permanents dès l'âge de huit ans, un oncle terriblement sévère qui vit avec sa veuve de soeur (la mère de Bobo) et qui bat constamment l'enfant.

            A onze ans, Bobo s'enfuit de la maison maternelle, arrive à Memphis et devient le garçon à tout faire de la pension de famille de Emma Miller, un établissement qui héberge les nombreux Noirs de passage dans la grande cité du coton. Puis il travaille dans une maison close où des orchestres animent les soirées chaudes. C'est là que Bobo s'initie vraiment au blues!

            Après de nombreuses pérégrinations et autant de boulots différents, Bobo est incorporé en septembre 1944, découvre le monde extérieur au Sud Profond et décide qu'il n'y retournera plus. Il s'installe à Detroit, devient un mécanicien auto accompli, se fait embaucher chez Chrysler où il restera 26 ans.

            Il fréquente aussi les clubs de Hastings Street où se développe un blues spécifique à la ville de Detroit, rencontre et se lie d'amitié avec John Lee Hooker, Eddie Kirkland, Eddie Burns, Joe Von Battle (le principal producteur du Detroit blues). Passionné par cette musique, Bobo s'achète une guitare et commence à son tour à se produire sur scène.

            Ecœuré par la défaite des Démocrates dont il est (comme beaucoup de Noirs) un fervent partisan, tandis qu'il travaille sur sa chaîne d'assemblage, il compose son premier blues, un texte remarquable Democrat blues:

            " The Democrats put you on your feets and you had the nerve to vote'em out"

            Il chante son morceau en public et obtient un gros succès. Cela l'encourage à composer d'autres blues très personnels, ce qui sera une de ses grandes caractéristiques. Avec l'aide de John Lee Hooker, Bobo passe une audition à Chicago chez Chess en 1954. Phil Chess est enthousiasmé par Democrat blues, lui demande un autre blues du même genre. Dans le studio, Bobo compose en quelques minutes Bad luck and trouble. Avec en outre un petit orchestre venu avec John Lee de Detroit (en particulier l'excellent harmoniciste Robert Richard), Bobo Jenkins signe ses débuts discographiques de bien belle manière. Democrat blues/ Bad luck and trouble connaît un certain succès commercial à Chicago et Detroit et deviendra un grand classique du blues des années 50.

            Cela permet à Bobo et son orchestre de se produire à Detroit mais aussi dans toutes les villes industrielles de la région. Il est même à l'affiche de plusieurs tournées nationales avec Illinois Jacquet, Jimmy Reed, Mahalia Jackson, Lionel Hampton, Louis Jordan. Mais, avec une famille nombreuse, Bobo préfère la sécurité d'un bon salaire chez Chrysler que les risques d'une vie de musicien. Il joue alors essentiellement à Detroit et ouvre un petit club attenant à sa maison où apparaîtront tous les bluesmen de la ville (Baby Boy Warren, Little Sonny etc...) et de nombreux artistes de passage comme Sonny Boy Williamson (Rice Miller). Mais du coup, il enregistre seulement sporadiquement et pour des labels de Detroit comme Fortune, des titres là aussi souvent remarquables avec de nouvelles compositions (Ten below zero) mais aussi d'excellentes versions de Sweet home Chicago (Baby don't you want to go) ou Decoration day.

            Dans les années 1960, Bobo construit lui-même et de bric et de broc (avec des cartons récupérés dans les supermarchés) son propre studio qu'il appelle Big Star et commence à s'enregistrer lui-même ainsi que nombre de bluesmen de la ville dont certains n'avaient jamais pu graver de disques et tente de leur trouver des engagements dans une scène musicale de Detroit désormais dominée par la Soul de Motown.

Copyright; Amy Van Singel
            Mais bientôt certains journalistes et amateurs de blues comme Sheldon Annis et Fred Reif se joignent à lui dans cette campagne de promotion du blues. En août 1970, ils convainquent la ville de créer le Detroit Blues Festival qui présente tous ceux qui font le blues de Detroit, un évènement couvert par la presse et les télévisions et largement commenté dans les colonnes de Living blues.

            Bobo qui jouit désormais d'une confortable retraite de Chrysler, se consacre totalement à sa musique et à la cause du blues: Saginaw blues festival, Belle Isle Festival, Ann Arbor Blues & Jazz Festival... Il devient même membre officiel du Comité Culturel de la ville de Detroit.

            Parallèlement, Bobo continue à enregistrer pour Big Star, notamment trois albums personnels où il démontre sa capacité à composer des textes souvent autobiographiques, remarquables de vérité. Ces disques souffrent malheureusement des médiocres techniques d'enregistrement du studio de Bobo. Ils n'en demeurent pas moins d'excellents moments de down home blues.

            Avec l'aide de Fred Reif, Bobo réussit à jouer son blues dans des lieux de plus en plus prestigieux comme le Smithsonian Institute en 1976. En 1982, il est de la tournée européenne de l'American Living Blues Festival mais, malade, il ne peut assurer qu'un seul concert et doit être rapatrié d'urgence à Detroit.

            C'est là qu'il décède le 14 août 1984, laissant une œuvre non négligeable dont nous proposons ici l'intégralité des années 1954-72 en deux parties: la première regroupe toutes les séances qu'il a enregistrées pour des 78t et 45t; la deuxième réédite - en tentant d'améliorer le son original autant que faire se peut - son premier (et meilleur) album pour son label Big Star. Le reste peut se trouver sur l'excellent site: http://dontaskmeidontknow.blogspot.fr/



                                  Gérard HERZHAFT



            Although not very well known, Bobo Jenkins has been a mainstay and a driving force of the Detroit blues scene that he has largely contributed to elaborate and establish.

            John Pickens Jenkins was born in Forkland, Al. on January 7, 1916 from a family of poor sharecroppers. After his father's death while he was still a baby, Bobo has to work very early in the fields. A very brutal and insensitive uncle (his mother's brother) takes charge of the kid with more kicks and punches than food and education. When he is eleven, Bobo runs away to Memphis where he makes a living as an odd-job boy in several places including a brothel where he hears for the first time the blues. After a stint in the army during the war, Bobo relocates himself in Detroit and finds a secure job at Chrysler's assembly line where he will stay 26 years.

            He is also a faithful patron of the Hastings Street clubs, taking pictures and becoming friend with uprising bluesmen like John Lee Hooker, Eddie Kirkland or Eddie Burns. More and more enthralled with the music, Bobo buys a guitar, take some blues lessons with his friends and starts to play some numbers in the clubs.

            While in his assembly line, Bobo composes Democrat blues, his first number that boasts his distrust of the winning Republicans at the 1952 Presidential contest.

            " The Democrats put you on your feets and you had the nerve to vote'em out"

            Impressed by this blues (that he will include later in his songbook), John Lee Hooker brings Bobo and an array of Detroit blues musicians in Chicago in 1954. A quite enthusiastic Phil Chess hurries Bobo and his band (with the excellent harp player Robert Richard) in the studio to record Democrat blues and the flip (written in a few minutes for the occasion by Bobo) Bad luck and trouble. This single is a small hit in Chicago and Detroit and will become an all-time blues classic among blues buffs all over the world.

            For some time, Bobo enjoys some fame, is featured in tour packages alongside such luminaries as Illinois Jacquet, Jimmy Reed, Mahalia Jackson, Lionel Hampton, Louis Jordan. But with a large family, Bobo chooses instead of a professional musician's life the security of a steady job. He thus mostly plays in Detroit and even runs a small club where he features most of the local bluesmen, including Sonny Boy Williamson (Rice Miller) who stayed in Detroit for awhile. But his recordings are then quite sparse and mostly for local labels like Fortune with a poor distribution outside his hometown. Anyway those records are first rate, alternating personal self-penned blues (Ten below zero) with striking versions of blues standards like Baby don't you want to go.

            During the 60's, the ever creative Bobo Jenkins, builds his own studio and starts to record himself as well as most of the local bluesmen. At the end of the decade dominated by Motown, Bobo's label Big Star is almost the only one issuing blues records in Detroit!

            With the help of some blues fans like the writer Sheldon Annis and Fred Reif, they persuade the city of Detroit to launch in August 1970 a Detroit Blues Festival that features all the local bluesmen, an event largely covered by the local medias as well as the Living Blues Magazine.

            When retired from Chrysler, Bobo devotes himself full time to the blues. He is in and off stage of the Saginaw blues festival, Belle Isle Festival, Ann Arbor Jazz & Blues festival and even becomes a member of Detroit City's Culture Board... He also continues to record for his Big Star label, particularly three albums which are today sought-after items in which he further demonstrates his uncanny ability to compose striking autobiographical blues. Unfortunately, those LP's are a little bit marred by poor and muffled sound.

            With Fred Reif's help, Bobo is also able to play in some prestigious venues like the Smithsonian Institute in 1976. In 1982, Bobo is part of the American Blues Legends' European tour but, very ill, he can't play but one gig and has to come back home in a hurry.

            He dies in Detroit on August, 14, 1984 leaving an array of quite good records. We have gathered all his singles on Bobo 1 and Bobo 2 features his first (and best) Big Star LP with some tentative enhanced sound!

            The remainder of his recordings are of course quite hard to find but can be downloaded from the excellent blues blog: http://dontaskmeidontknow.blogspot.fr/

                                  Gérard HERZHAFT













BOBO JENKINS/ Complete Early Recordings



Bobo Jenkins (John Pickens Jenkins), vcl/g; Robert Richard, hca; Albert Washington, g; Harry Fleming, dms. Detroit, Mi. 1954

01. Democrat blues

02. Bad luck and trouble

Bobo Jenkins, vcl/g; g; pno. Detroit, Mi. 1955

03. Decoration day blues I & II

Bobo Jenkins, vcl/g; Robert Richard, hca; James "Rabbit" Johnson, g; bs; Ted Walker, dms. Detroit, Mi. 1957

04. Baby don't you want to go I

05. Baby don't you want to go II

06. Ten below zero I

07. Ten below zero II

08. Seasick and water bound

Bobo Jenkins, vcl/g; Eddie Taylor, g; Willie Johnson, g; Earl Phillips, dms. Chicago, Ill. 1959

09. Nothing but love

10. Tell me who

Bobo Jenkins, vcl/g; Walter Cox, pno; James "Rabbit" Johnson, g; Ted Walker, dms. Detroit, Mi. 1960

11. You will never understand

12. Tell me where you stayed last night


Bobo Jenkins, vcl/g; og; horns; James "Rabbit" Johnson, g; bs; dms. Detroit, Mi. 1972


13. When I first left home


14. Reeling and rocking


15. Cold hearted blues


16. I love that woman


17. Solid gold


18. You will never understand n°2


19. Tryin' to get you off my mind


20. 24 years


21. I sure got to leave your town


22. Have you heard the news


23. Tell me who


24. I'm glad trouble don't last always



10 commentaires:

  1. Wonderful! Thank you for all you do.

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  2. Another great one . . . Thanks!

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  3. Many thanks for these Bobo tracks. Zdtch

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  4. Thank you very much for your latest offering. Very interesting and well done.

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  5. Merci bien de Philadelphie! My first listening to Bobo, love it!

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  6. Can you please reup Bobo 1 & 2? Tx in advance

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    1. Done!Click on the Bobo tags or:
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