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vendredi 19 avril 2013

BOBO JENKINS/ DETROIT BLUES MASTERS Vol. 1




BOBO JENKINS/ DETROIT BLUES MASTERS
Volume 1

            

 Même si sa discographie est limitée, Bobo Jenkins a été un des principaux bluesmen de Detroit, à la fois par sa constante présence dans les clubs, son entregent et sa capacité à rassembler autour de lui presque tout ce que la ville comprenait de bluesmen "profonds. Durant les années 1970-80, il a été aussi un des principaux acteurs de la survie du Detroit blues, réussissant à faire organiser des festivals, impliquant de plus en plus de personnes et de pouvoirs publics dans ce qu'il vivait comme une mission.

            John Pickens Jenkins naît à Forkland dans l'Alabama le 7 janvier 1916 d'un couple de métayers. Son père meurt dans un accident avant son premier anniversaire et la vie sera très dure pour le jeune garçon: peu d'école, les travaux des champs permanents dès l'âge de huit ans, un oncle terriblement sévère qui vit avec sa veuve de soeur (la mère de Bobo) et qui bat constamment l'enfant.

            A onze ans, Bobo s'enfuit de la maison maternelle, arrive à Memphis et devient le garçon à tout faire de la pension de famille de Emma Miller, un établissement qui héberge les nombreux Noirs de passage dans la grande cité du coton. Puis il travaille dans une maison close où des orchestres animent les soirées chaudes. C'est là que Bobo s'initie vraiment au blues!

            Après de nombreuses pérégrinations et autant de boulots différents, Bobo est incorporé en septembre 1944, découvre le monde extérieur au Sud Profond et décide qu'il n'y retournera plus. Il s'installe à Detroit, devient un mécanicien auto accompli, se fait embaucher chez Chrysler où il restera 26 ans.

            Il fréquente aussi les clubs de Hastings Street où se développe un blues spécifique à la ville de Detroit, rencontre et se lie d'amitié avec John Lee Hooker, Eddie Kirkland, Eddie Burns, Joe Von Battle (le principal producteur du Detroit blues). Passionné par cette musique, Bobo s'achète une guitare et commence à son tour à se produire sur scène.

            Ecœuré par la défaite des Démocrates dont il est (comme beaucoup de Noirs) un fervent partisan, tandis qu'il travaille sur sa chaîne d'assemblage, il compose son premier blues, un texte remarquable Democrat blues:

            " The Democrats put you on your feets and you had the nerve to vote'em out"

            Il chante son morceau en public et obtient un gros succès. Cela l'encourage à composer d'autres blues très personnels, ce qui sera une de ses grandes caractéristiques. Avec l'aide de John Lee Hooker, Bobo passe une audition à Chicago chez Chess en 1954. Phil Chess est enthousiasmé par Democrat blues, lui demande un autre blues du même genre. Dans le studio, Bobo compose en quelques minutes Bad luck and trouble. Avec en outre un petit orchestre venu avec John Lee de Detroit (en particulier l'excellent harmoniciste Robert Richard), Bobo Jenkins signe ses débuts discographiques de bien belle manière. Democrat blues/ Bad luck and trouble connaît un certain succès commercial à Chicago et Detroit et deviendra un grand classique du blues des années 50.

            Cela permet à Bobo et son orchestre de se produire à Detroit mais aussi dans toutes les villes industrielles de la région. Il est même à l'affiche de plusieurs tournées nationales avec Illinois Jacquet, Jimmy Reed, Mahalia Jackson, Lionel Hampton, Louis Jordan. Mais, avec une famille nombreuse, Bobo préfère la sécurité d'un bon salaire chez Chrysler que les risques d'une vie de musicien. Il joue alors essentiellement à Detroit et ouvre un petit club attenant à sa maison où apparaîtront tous les bluesmen de la ville (Baby Boy Warren, Little Sonny etc...) et de nombreux artistes de passage comme Sonny Boy Williamson (Rice Miller). Mais du coup, il enregistre seulement sporadiquement et pour des labels de Detroit comme Fortune, des titres là aussi souvent remarquables avec de nouvelles compositions (Ten below zero) mais aussi d'excellentes versions de Sweet home Chicago (Baby don't you want to go) ou Decoration day.

            Dans les années 1960, Bobo construit lui-même et de bric et de broc (avec des cartons récupérés dans les supermarchés) son propre studio qu'il appelle Big Star et commence à s'enregistrer lui-même ainsi que nombre de bluesmen de la ville dont certains n'avaient jamais pu graver de disques et tente de leur trouver des engagements dans une scène musicale de Detroit désormais dominée par la Soul de Motown.

Copyright; Amy Van Singel
            Mais bientôt certains journalistes et amateurs de blues comme Sheldon Annis et Fred Reif se joignent à lui dans cette campagne de promotion du blues. En août 1970, ils convainquent la ville de créer le Detroit Blues Festival qui présente tous ceux qui font le blues de Detroit, un évènement couvert par la presse et les télévisions et largement commenté dans les colonnes de Living blues.

            Bobo qui jouit désormais d'une confortable retraite de Chrysler, se consacre totalement à sa musique et à la cause du blues: Saginaw blues festival, Belle Isle Festival, Ann Arbor Blues & Jazz Festival... Il devient même membre officiel du Comité Culturel de la ville de Detroit.

            Parallèlement, Bobo continue à enregistrer pour Big Star, notamment trois albums personnels où il démontre sa capacité à composer des textes souvent autobiographiques, remarquables de vérité. Ces disques souffrent malheureusement des médiocres techniques d'enregistrement du studio de Bobo. Ils n'en demeurent pas moins d'excellents moments de down home blues.

            Avec l'aide de Fred Reif, Bobo réussit à jouer son blues dans des lieux de plus en plus prestigieux comme le Smithsonian Institute en 1976. En 1982, il est de la tournée européenne de l'American Living Blues Festival mais, malade, il ne peut assurer qu'un seul concert et doit être rapatrié d'urgence à Detroit.

            C'est là qu'il décède le 14 août 1984, laissant une œuvre non négligeable dont nous proposons ici l'intégralité des années 1954-72 en deux parties: la première regroupe toutes les séances qu'il a enregistrées pour des 78t et 45t; la deuxième réédite - en tentant d'améliorer le son original autant que faire se peut - son premier (et meilleur) album pour son label Big Star. Le reste peut se trouver sur l'excellent site: http://dontaskmeidontknow.blogspot.fr/



                                  Gérard HERZHAFT



            Although not very well known, Bobo Jenkins has been a mainstay and a driving force of the Detroit blues scene that he has largely contributed to elaborate and establish.

            John Pickens Jenkins was born in Forkland, Al. on January 7, 1916 from a family of poor sharecroppers. After his father's death while he was still a baby, Bobo has to work very early in the fields. A very brutal and insensitive uncle (his mother's brother) takes charge of the kid with more kicks and punches than food and education. When he is eleven, Bobo runs away to Memphis where he makes a living as an odd-job boy in several places including a brothel where he hears for the first time the blues. After a stint in the army during the war, Bobo relocates himself in Detroit and finds a secure job at Chrysler's assembly line where he will stay 26 years.

            He is also a faithful patron of the Hastings Street clubs, taking pictures and becoming friend with uprising bluesmen like John Lee Hooker, Eddie Kirkland or Eddie Burns. More and more enthralled with the music, Bobo buys a guitar, take some blues lessons with his friends and starts to play some numbers in the clubs.

            While in his assembly line, Bobo composes Democrat blues, his first number that boasts his distrust of the winning Republicans at the 1952 Presidential contest.

            " The Democrats put you on your feets and you had the nerve to vote'em out"

            Impressed by this blues (that he will include later in his songbook), John Lee Hooker brings Bobo and an array of Detroit blues musicians in Chicago in 1954. A quite enthusiastic Phil Chess hurries Bobo and his band (with the excellent harp player Robert Richard) in the studio to record Democrat blues and the flip (written in a few minutes for the occasion by Bobo) Bad luck and trouble. This single is a small hit in Chicago and Detroit and will become an all-time blues classic among blues buffs all over the world.

            For some time, Bobo enjoys some fame, is featured in tour packages alongside such luminaries as Illinois Jacquet, Jimmy Reed, Mahalia Jackson, Lionel Hampton, Louis Jordan. But with a large family, Bobo chooses instead of a professional musician's life the security of a steady job. He thus mostly plays in Detroit and even runs a small club where he features most of the local bluesmen, including Sonny Boy Williamson (Rice Miller) who stayed in Detroit for awhile. But his recordings are then quite sparse and mostly for local labels like Fortune with a poor distribution outside his hometown. Anyway those records are first rate, alternating personal self-penned blues (Ten below zero) with striking versions of blues standards like Baby don't you want to go.

            During the 60's, the ever creative Bobo Jenkins, builds his own studio and starts to record himself as well as most of the local bluesmen. At the end of the decade dominated by Motown, Bobo's label Big Star is almost the only one issuing blues records in Detroit!

            With the help of some blues fans like the writer Sheldon Annis and Fred Reif, they persuade the city of Detroit to launch in August 1970 a Detroit Blues Festival that features all the local bluesmen, an event largely covered by the local medias as well as the Living Blues Magazine.

            When retired from Chrysler, Bobo devotes himself full time to the blues. He is in and off stage of the Saginaw blues festival, Belle Isle Festival, Ann Arbor Jazz & Blues festival and even becomes a member of Detroit City's Culture Board... He also continues to record for his Big Star label, particularly three albums which are today sought-after items in which he further demonstrates his uncanny ability to compose striking autobiographical blues. Unfortunately, those LP's are a little bit marred by poor and muffled sound.

            With Fred Reif's help, Bobo is also able to play in some prestigious venues like the Smithsonian Institute in 1976. In 1982, Bobo is part of the American Blues Legends' European tour but, very ill, he can't play but one gig and has to come back home in a hurry.

            He dies in Detroit on August, 14, 1984 leaving an array of quite good records. We have gathered all his singles on Bobo 1 and Bobo 2 features his first (and best) Big Star LP with some tentative enhanced sound!

            The remainder of his recordings are of course quite hard to find but can be downloaded from the excellent blues blog: http://dontaskmeidontknow.blogspot.fr/

                                  Gérard HERZHAFT













BOBO JENKINS/ Complete Early Recordings



Bobo Jenkins (John Pickens Jenkins), vcl/g; Robert Richard, hca; Albert Washington, g; Harry Fleming, dms. Detroit, Mi. 1954

01. Democrat blues

02. Bad luck and trouble

Bobo Jenkins, vcl/g; g; pno. Detroit, Mi. 1955

03. Decoration day blues I & II

Bobo Jenkins, vcl/g; Robert Richard, hca; James "Rabbit" Johnson, g; bs; Ted Walker, dms. Detroit, Mi. 1957

04. Baby don't you want to go I

05. Baby don't you want to go II

06. Ten below zero I

07. Ten below zero II

08. Seasick and water bound

Bobo Jenkins, vcl/g; Eddie Taylor, g; Willie Johnson, g; Earl Phillips, dms. Chicago, Ill. 1959

09. Nothing but love

10. Tell me who

Bobo Jenkins, vcl/g; Walter Cox, pno; James "Rabbit" Johnson, g; Ted Walker, dms. Detroit, Mi. 1960

11. You will never understand

12. Tell me where you stayed last night


Bobo Jenkins, vcl/g; og; horns; James "Rabbit" Johnson, g; bs; dms. Detroit, Mi. 1972


13. When I first left home


14. Reeling and rocking


15. Cold hearted blues


16. I love that woman


17. Solid gold


18. You will never understand n°2


19. Tryin' to get you off my mind


20. 24 years


21. I sure got to leave your town


22. Have you heard the news


23. Tell me who


24. I'm glad trouble don't last always



vendredi 12 avril 2013

NOBLE WATTS




NOBLE WATTS
Blow Thin Man Blow

           
Noble "Thin Man" (ce surnom vient de sa ressemblance avec l'acteur William Powell qui incarnait le célèbre détective de Dashiell Hammett au cinéma) Watts (né le 17 février 1926 à DeLand en Floride) a fait des études de musique à l'Université A&M de Floride en compagnie des frères Adderley (Nat et "Cannonball"). Il apprend à jouer du violon et de la trompette mais se spécialise dans le saxophone.
William Powell, le "vrai" Thin Man

            Après un court passage dans l'orchestre des Griffin Brothers, Noble rejoint Paul 'Hucklebuck" Williams en 1952, enregistrant avec lui de nombreuses séances et accompagnant Dinah Washington, Amos Milburn, Ruth Brown, Lionel Hampton... En 1954, à Chicago, Noble enregistre un premier 45t pour DeLuxe puis en 1955 pour Vee Jay avant de partir s'installer à New York et, là, de véritablement démarrer une carrière de leader de son propre ensemble. Tout en restant toujours fidèle au jazz, Noble Watts est certainement un des saxophonistes les plus terriens de son époque, ne s'éloignant que rarement du blues. Avec l'adjonction du superbe et très imaginatif guitariste Wild Jimmy Spruill, sa musique flirte de plus en plus avec le Rock'n'roll et il émarge au genre avec plusieurs succès instrumentaux comme Blast off, Shakin', Flap Jack et Hard Times (The slop) qui pénètre même dans le Top 50 Pop en 1957.
            Les années suivantes le voient tourner de façon incessante en compagnie des plus grosses vedettes du Rock comme Jerry Lee Lewis, les Everly Brothers, Buddy Holly, Chuck Berry ou Little Richard.
            Après son mariage avec la belle chanteuse June Bateman, Noble reste davantage autour de New York où il assure les parties musicales des combats de boxe du Harlem Lounge tout en s'occupant activement de la carrière de son épouse avec des réussites comme le classique Possum belly overalls.
            La vogue des saxophonistes de Rock passant de mode dans les années 1960-70, Noble est obligé de réduire considérablement son orchestre et de se produire surtout dans des restaurants chics de la Floride où, lui et June, sont retournés s'installer. "Redécouvert" en 1987 par le producteur Bob Greenlee, Noble retrouve les scènes des festivals et le chemin des studios et enregistre encore plusieurs excellents albums pour Kingsnake/ Alligator ou Ichiban.
            Il décède d'une pneumonie le 24 août 2004 dans sa maison près de Miami.
                                                                       Gérard HERZHAFT

Noble "Thin Man" (this nickname coming from a resemblance with William Powell who played the famous Dashiell Hammett's detective) Watts was born on February 17, 1926 in DeLand, Fl and followed musical training at the A&M Florida University alongside such future luminaries like Nat and "Cannonball" Adderley. Although he played violin and trumpet, he specialized into the saxophone.
            After short stints with several bands (The Griffin Brothers), Noble joined the famous Paul Williams Orchestra (Hucklebuck), playing and recording with them for several years. While in Chicago, he recorded some singles but his career started really when he relocated in New York in 1957. While still strongly influenced by the jazz, Noble Watts favoured a much bluesy and gutsy sound that the other saxophonists of the time, in part thanks to the strong presence in his band of Wild Jimmy Spruill, an adventurous, rocking and full of feeling young guitarist. During some years, Noble Watts recorded several hits (Blast off, Shakin, Flap Jack , Hard Times (The slop) that gave him a special notoriety among Rock'n'roll buffs. Noble and his band were constantly touring the USA with big R'n'r names like Jerry Lee Lewis, Everly Brothers, Buddy Holly, Chuck Berry or Little Richard.
            After his marriage with the singer June Bateman and tired of being on the road, Noble stayed in New York, taking a steady job as the leading band at the boxing Harlem Lounge and managing his wife's career.
            With the dwindling popularity of the honking saxes, Noble and June went back in Florida, playing mostly on supper lounges and small clubs. Rediscovered by producer Bob Greenlee, Noble went back to tour the blues festivals and recorded a string of LP's for Alligator and Ichiban.
            He died of pneumonia in his Florida's home on august 24 2004.
                                                                       Gérard HERZHAFT



NOBLE WATTS/ 1955-1968
Noble Watts, t-sax; Jimmy Smith, og; Floyd Smith, g; bs; Chris Colombus, dms. Baltimore, MD. 22 octobre 1954
Mashing potatoes
Pig ears and rice
(see Video of this 45 below)
Noble Watts, t-sax; Paul Williams, a-sax; Dabby Moore, tpt; Harlan Floyd, tb; Bobby Parker, t-sax; Lefty Bates, g; Clifton Small, pno; George Washington, bs; Wilfrid Eddleton, dms. Chicago, Ill. 17 décembre 1955
01. Give it up
02. Pass the buck
03. Big two four
04. South shore drive
05. Great times
Noble Watts, t-sax; Royal Hamilton, pno; Wild Jimmy Spruill, g; Willie Jenkins, dms. New York City, juillet 1957
06. Easy going I & II
07. Midnight flight
Noble Watts, t-sax; Royal Hamilton, pno; Wild Jimmy Spruill, g; Willie Jenkins, dms. New York City, octobre 1957
08. Hard times (The slop)
09. Walking the floor over you
10. Blast off
11. Rickey tick
Noble Watts, t-sax; Royal Hamilton, pno; Wild Jimmy Spruill, g; bs; Willie Jenkins, dms. New York City, 1958
12. The slide
13. The creep I & II
14. Shakin'
15. Flap Jack
16. Hot tamales
Noble Watts, t-sax; Royal Hamilton, pno; Wild Jimmy Spruill, g; bs; Willie Jenkins, dms. New York City, 1959
17. Original boogie woogie
18. Mashing potatoes
Noble Watts, t-sax; horns; Royal Hamilton, pno; Wild Bill Davis, og; Wild Jimmy Spruill, g; bs; Willie Jenkins, dms. New York City, 1960
19. The beaver
20. The frog hop
Noble Watts, t-sax; King Curtis, t-sax; Billy Butler, g; Wild Bill Davis, og; bs; Bernard Purdie, dms. New York City, 1962
21. Jookin'
Noble Watts, t-sax; band. Newark, NJ. 1963
Florida shake
Limbo authentique
Noble Watts, t-sax; band. New York City, 1964
22. Noble's theme
Noble Watts, t-sax; band. New York City, 1965
23. Teen scene
Leave that girl alone
John Friday's son
Noble Watts, t-sax; band. New York City, 12 juillet 1968
24. F.L.A.
25. Thing a majig

video

Thanks to Pierre Monnery for sharing this very rare Noble's 45 (his first)

lundi 1 avril 2013

CHICAGO/ The Blues Yesterday Volume 4




CHICAGO/ The Blues Yesterday Vol. 4


        
 Quatrième opus de notre série apparemment très populaire Chicago/ The Blues Yesterday!
         Charles "Slim" Willis (né en 1930 à Greenville, Ms) est un de ces nombreux harmonicistes qui, dans le sillage des Sonny Boys et de Little Walter, ont hanté les clubs de Chicago à la recherche du succès. Malgré quelques 45t pour des labels comme CJ et Reginald, Willis est resté dans l'obscurité. J'ai eu l'opportunité de le rencontrer par hasard à Chicago dans un club. Il m'avait demandé de tenter de le faire tourner en Europe, m'envoyant même une cassette qui regroupait certains de ses enregistrements. Malheureusement, mes tentatives n'ont guère pu aboutir et lorsque je lui ai réécrit quelques mois plus tard, la lettre m'est revenue avec la mention "n'habite pas à l'adresse indiquée"! Slim serait retourné dans le Sud où il vit peut-être toujours? J'ai réuni ici notamment grâce à Paul de Bruycker la totalité des titres qu'il a gravés.
        
Arley "Buster" Benton (né à Texarkana dans l'Arkansas le 19 juillet 1932) a été fortement marqué par le Gospel de son enfance et par Sam Cooke et B.B. King. Il migre à Chicago en 1959, se fait une petite place sur la scène locale, joue et/ou enregistre avec Tyrone Davis, Jimmy Reed, Joe Tex; G.L. Crockett et réussit à signer quelques 45t sous son nom entre blues et soul. Buster Benton sait composer des blues aux paroles subtiles dans la grande tradition du blues sudiste. Son jeu de guitare, élégant et efficace, doit aussi beaucoup à un Wes Montgomery pour lequel Buster a toujours voué une grande admiration. Repéré par Willie Dixon, Buster Benton fait partie durant plusieurs années des Chicago All Stars et, sous la houlette de Dixon, enregistre pour le petit label Supreme le superbe Spider in my stew qui est un succès autant à Chicago que dans le Sud. Benton entreprend alors une carrière solo, enregistrant plusieurs beaux albums pour Ronn, Blue Phoenix et Ichiban. Malgré un grave accident de la circulation et l'amputation d'une jambe, Buster Benton a continué à jouer et tourner jusqu'à sa mort le 20 janvier 1996 à Chicago. Cette collection propose tous ses premiers titres (la plupart très difficiles à trouver).

         Enfin, nous terminons avec Luther "Georgia Boy" Johnson (1934-76) qui a fait une courte mais brillante carrière autant comme guitariste de Muddy Waters que sous son nom. Si ses beaux albums pour Muse et Black & Blue sont aisément disponibles, son premier 45t gravé en 1964 ne l'est pas et nous le proposons donc ici.

            Tous nos remerciements à Hartmut Münnich, Jose Yrrabera, Alain M., Paul De Bruycker et Kempen.
                                                        Gérard HERZHAFT

         Here is the fourth volume of this apparently very popular series.
         Charles "Slim" Willis (born in Greenville, Ms in 1930) was one of those numerous good harmonica players who haunted the Chicago blues clubs during the 50s and 60s, trying to emulate the style and the success of the Sonny Boys and the Walters. Despite some 45s made for labels like C.J. or Reginald, Slim Willis stayed in a relative obscurity. I had the opportunity to meet him in Chicago and he even sent me a tape with some of his works to try to promote him in Europe, hoping to be able to tour overseas. Unfortunately, nobody seemed interested and when I last wrote him, the letter went back with a mention "unknown". He might had left Chicago for the South where he could be still living? Thanks to blues collectors and particularly to Paul de Bruycker, we have gathered all his records. Hope it will help to make better known this very good bluesman.
 Arley Buster Benton (born Texarkana, ak on July, 19, 1932) is a much well known artist. His singing was strongly influenced by the Gospel of his youth as well as Sam Cooke and B.B. King while his guitar style, although strongly B.B.Kingesque, is also indebted to Wes Montgomery that Benton was always referring to. After he moved to Chicago in 1959, Buster played in the clubs behind Tyrone Davis, Jimmy Reed, Joe Tex and G.L. Crockett, recording as a sideman as well as under his name some 45s between blues and soul. When Willie Dixon hired him as the lead guitarist of his Chicago All Stars in the early 70's, the career of Buster Benton went for a rise. Under Willie's guidance, he recorded for the tiny Supreme label the wonderful Spider in my stew which was a hit in Chicago and the South. He was soon to lead his own band, tour all over the States, Japan and Europe and record several excellent albums for Ronn, Blue Phoenix and Ichiban which are currently available. This collection gathers all his early 45's.
Luther Johnson & Dusty Brown
         Luther "Georgia Boy" Johnson (1934-76) has made a short but brilliant blues career, with the Muddy Waters blues band as well as under his name, recording a couple of great albums for Muse and Black & Blue. Here we can hear his very first 45 recorded in 1964.
                Thanks again to Hartmut Münnich, Jose Yrrabera, Alain M., Paul De Bruycker and Kempen for the loan of their rare records.


                              Gérard HERZHAFT








CHICAGO/ The Blues Yesterday Volume 4
SLIM WILLIS, vcl/hca; Lafayette Leake, pno; band. Chicago, Ill. 1961-62
01. Strange feeling
02. I love to play
03. Running around
04. No feeling for you
05. You're the sweetest girl I know
06. From now on
Slim Willis, vcl/hca; Otis Spann, pno; Johnny Young, g; Robert Whitehead, dms. Chicago, Ill. 19 mai 1964
07. My baby left me
08. Canadian Sunset
Slim Willis, vcl/hca; Billy Emerson, pno/og; band. Chicago, Ill. 1966
09. Tighten up your game baby
10. Why don't you believe in me?
Slim Willis, vcl/hca; band. Chicago, Ill. 1968
11. I say that
12. Wine me up
BUSTER BENTON, vcl/g; band. Chicago, Ill. 1966
13. Catherine
14. Getting yourself together
Buster Benton, vcl/g; band. Chicago, Ill. 1967
15. Erase my name
16. Looking for my baby
Buster Benton, vcl/g; band. Chicago, Ill. 1968
17. That's the reason
18. Hole in my head
Buster Benton, vcl/g; band. Chicago, Ill. 1969
19. Catch up with the world
20. Do as you please
Buster Benton, vcl/g; Carey Bell, hca; Mighty Joe Young, g; Lafayette Leake, pno; James Green, bs; Billy Davenport, dms. Chicago, Ill. juin 1973
21. Spider in my stew
22. Dangerous woman
Buster Benton, vcl/g; Carey Bell, hca; Lafayette Leake, pno; Willie Dixon, bs; Prof. Bobby King, dms. New York City, 7 août 1973
23. I must have a hole in my head
24. Everyday I have the blues
25. The thrill is gone
LUTHER "GEORGIA BOY" JOHNSON, vcl/g; band. Chicago, Ill. 21 février 1964
26. Eenie Meenie Minie Moe
27. The Twirl
Ce dernier titre a été publié sous le nom de Little Luther. Selon Blues Discography (L. Fancourt) et d'autres auteurs, ce serait le premier 45t de Luther Johnson. Mais selon Bob Eagle, ce Little Luther serait en fait Luther Thomas, un chanteur et guitariste New Yorkais.
Those two last titles were issued under the nickname Little Luther. According most authors, particularly L. Fancourt (Blues Discography), it is the frist Luther Johnson's 45. But Australian blues researcher Bob Eagle says it is in fact Luther Thomas, a singer and guitariste from New York City.