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lundi 24 février 2014

CHICAGO/ The Blues Yesterday Vol. 9




CHICAGO/ The Blues Yesterday Volume 9



            Neuvième volume de cette série sur le Chicago blues des temps jadis.
            Commençons avec un des grands maîtres de la guitare blues de Chicago, Jody Williams (né Joseph Leon Williams à Mobile, Alabama, le 3 février 1935). Jody a beaucoup contribué à mettre au point le jeu de guitare cinglant, précis et expressif du West Side Sound de Chicago. Venu à Chicago en 1941, il développe très jeune un style de guitare personnel et original et influence quantité de musiciens. Il accompagne Howlin' Wolf, Bo Diddley, Billy Boy Arnold, Otis Rush, Muddy Waters, Charles Brown, Billy Stewart et quantité d'autres artistes. Peu sûr de ses talents de chanteur, il n'enregistre que très peu sous son nom et sous divers pseudonymes et favorise des pièces instrumentales, notamment You may et Lucky Lou qui vont être copiés note pour note par de nombreux guitaristes de
Jody Williams at the Apollo. 1956
Chicago. Mais ne pouvant vivre décemment de sa musique, Jody s'engage dans l'armée puis embrasse le métier d'électricien et de technicien chez Xerox avant de revenir, une fois à la retraite, dans les studios et sur scène dans les années 1990, auréolé d'une réputation légendaire. Nous avons ici regroupé les dix titres qu'il a gravés entre 1955 et 1962.

            Bo Dud/ Bo Dudley, né Oscar Coleman dans le Mississippi en 1941 a fait sensation avec son premier 45t en 1968 (Shotgun rider/ Coast to coast), surtout d'ailleurs pour la partie de steel guitare de Freddie Roulette. Imitant alors délibérément Bo Diddley, Bo Dud a ensuite enregistré des titres entre Soul et Chicago blues traditionnel généralement sur son label maison Dud Sound. Deux instrumentaux sont surtout le fait du guitariste Johnny Twist que nous avons présenté dans le volume précédent. Après une longue carrière de chauffeur de taxi et malgré le grave incendie de sa maison de Chicago qui a failli lui coûter la vie, Bo Dud a continué à jouer plus ou moins régulièrement et a même enregistré un album (Oscar boogie) assez difficile à trouver.


            James "Beale Street" Clark (né le 12 janvier 1911 à Memphis) est un pianiste et chanteur venu à Chicago dans les années 30 et qui est surtout connu pour les deux titres sur lesquels Muddy Waters l'accompagne. Il a néanmoins enregistré sous son nom et celui de Memphis Jimmy huit morceaux entre 1945 et 1947 dans un style très ancré dans le Bluebird Sound de la décennie précédente. En particulier, Get ready to meet your man est peut-être la version originale du standard Look over yonder's wall généralement attribué à Jazz Gillum. Clark est ensuite retourné à Memphis où on a perdu sa trace. Nous avons regroupé six de ses morceaux et si quelqu'un a son dernier 78t, une copie .mp3 serait la bienvenue.
                                                                                  Gérard HERZHAFT

            This ninth volume of our Chicago/ The Blues Yesterday series starts with one of the leading Chicago blues guitarists, the legendary Jody Williams. Born Joseph Leon Williams in Mobile, Alabama, on February 3th 1935 and coming to Chicago very early, Jody has been instrumental in forging the so-called West Side Sound with a precise, scathing and ultra bluesy guitar style. Through his numerous sessions behind a lot of artists like Howlin' Wolf, Billy Stewart, Bo Diddley, Billy Boy Arnold, Otis Rush etc... he has strongly influenced most of the upcoming
Chicago blues guitarists. Thinking himself not as a singer, he has waxed only a handful of tracks, mostly instrumental pieces like Lucky Lou that has been copied by almost every Chicago guitar player. Unable to really make a decent living with his music, Jody has embarked in a career as a technician at Xerox. However, once retired from his job, he resumed his musical career and recorded several very good CDs and can be heard playing blues festivals around the world.

            Bo Dud/ Bo Dudley was born Oscar Coleman in Mississippi in 1941. The first single (Shotgun rider/ Coast to coast) he recorded in 1968 gained rave reviews, mostly because of Freddie Roulette's steel guitar pyrotechnics. After that he has recorded several 45 on his own label Dud Sound, less in the Bo Diddley mould than his beginnings, and generally backed by the excellent guitar player Johnny Twist that we have featured on a previous volume of that series. Making a living mostly as a cab driver, Bo has resumed his musical career after a fire had almost taken his life and destroyed his home. He is still playing in Chicago and has even recorded a CD (Oscar boogie).


            James "Beale Street" Clark (born January 12th, 1911 in Memphis) is a pianist and singer who came to Chicago during the 1930's. Although James is mostly known for the two tracks he made for Columbia backed by a young Muddy Waters, he has recorded several others 78s in 1945-47 under his name or the Memphis Jimmy moniker. Get ready to meet your man might be the very original of the blues standard Look over yonder's wall generally attributed to Jazz Gillum. We have been able to gather all his recordings minus his last Victor 78 for which a .mp3 copy would be a nice add.
                                                                       Gérard HERZHAFT


CHICAGO/ The Blues Yesterday
Volume 9
JODY WILLIAMS, vcl/g; Harold Ashby, t-sax; Lafayette Leake, pno; Willie Dixon, bs; Clifton James, dms. Chicago, Ill. 5-9 december 1955
01. Looking for my baby
02. Easy lovin'
03. Groan my blues away
04. I feel so all alone
Jody Williams, vcl/g; Harold Ashby; t-sax; Red Holloway, t-sax; Lafayette Leake, pno/og; Willie Dixon, bs; Phil Thomas, dms. Chicago, Ill. january 1957
05. You may
06. What kind of gal is that?
07. Lucky Lou
08. Hooked on love
Jody Williams, vcl/g; Bernard Barkson, t-sax; b-sax; Lafayette Leake, pno; Bob Walter, bs; dms. Chicago, Ill. 1962
09. Moanin' for molasses
10. Hideout
Lonely without you/ Time for a change are sometimes wrongly attributed to Jody Williams. There are by Joe Driver Williams, a completely different artist
BO DUD (or Bo Dudley), vcl/g; Johnny Big Moose Walker, pno; Fred Roulette, st-g; Mack Thompson, bs; dms. Chicago, Ill. january 1968
11. Shotgun rider
12. Coast to coast
Bo Dud, vcl/g; Johnny Twist Williams, g/vcls; John Bubbles, t-sax; Abb Locke, t-sax; pno; Calvin Jones, bs; Bill Warren, dms. Harvey, Ill. june 1968
13. Soul election
14. Sure is fun
15. The get it
Bo Dud, vcl/g; Johnny Twist Williams, g; hca; Bobby Davis, pno; bs; dms. Chicago, Ill. c. 1969
16. I am back home
17. Why I sing the blues
18. Honky Tonk
JAMES "BEALE STREET" CLARK, vcl/pno; J.T. Brown, clt; Ransom Knowling, bs. Chicago, Ill. 24 october 1945
19. Love me or let me be
20. Get ready to meet your man
21. Who but you
James Clark, vcl; Leonard Caston, pno; Ollie Crawford, g; Alfred Elkins, bs. Chicago, Ill. 22 february 1946
22. Drifting
James Clark, vcl/pno; Muddy Waters, g; Leroy Foster, g; Ransome Knowling, bs; Judge Riley, dms. Chicago, Ill. 27 september 1946
23. Come to me baby
24. You can't make the grade
James Clark, vcl/pno; Howard Dixon, a-sax; J.T. Brown, t-sax; Lonnie Graham, g; Willie Dixon, bs. Chicago, Ill. 3 april 1947
Where shall I go
Jimmie's jump

mercredi 12 février 2014

LEE JACKSON/ WHEN I FIRST CAME TO CHICAGO


LEE JACKSON/ WHEN I FIRST CAME IN CHICAGO

          
Lee Jackson est un de ces acteurs importants du Chicago blues de l'après-guerre qui reste injustement méconnu hors d'un cercle restreint d'amateurs.
           Bien qu'il ait affirmé être né en 1907 à Saint Louis, Warren George Harding Lee est né le 18 août 1921 à Gill, une bourgade de l'Arkansas. Lee a surtout été influencé par son oncle Alf Bonner, qui dirige un jug band très populaire localement, mais qui, en compagnie de son épouse Cora possède surtout un café. Situé entre Helena et Memphis, l'établissement voit se produire (et héberge aussi pour la nuit) la plupart des bluesmen des Etats voisins notamment le Memphis Jug band et Charlie Patton qui impressionnent particulièrement le jeune garçon. L'oncle Alf qui voit l'intérêt de son neveu pour la musique lui achète une guitare et il semble avoir joué avec le jug band familial quelque temps, profitant aussi des leçons données par les musiciens de passage, en particulier Too Tight Henry et Richard Taylor, un cousin de Robert Johnson (que Lee a aussi prétendu avoir connu) et qui a aussi migré et joué à Chicago.
Richard Taylor
           Quoi qu'il en soit, encore adolescent, George Harding Lee est un guitariste suffisamment aguerri pour embrasser une carrière de musicien professionnel sous le pseudonyme de Lee Jackson. Il est à Memphis (où il a aussi affirmé avoir enregistré?), en Floride, à Saint Louis où il joue avec Roosevelt Sykes (Sykes gravera d'ailleurs bien plus tard un superbe album pour Crown avec son ancien protégé à la guitare) et enfin Chicago où Jackson s'installe sans doute au début des années 40.
           Le style de guitare de Lee Jackson, notes précises, intonations jazzy, son brillant reflètent les années de jug band avec leur répertoire pop et swing et les multiples influences glanées au cours de ses rencontres. Il serait bien plus à comparer à un Robert Jr Lockwood qu'à un Jimmy Rogers. Bien que sa réputation de guitariste fiable, adaptatif, sérieux et ponctuel le fait demander dans les clubs de Chicago et sur le marché aux puces de Maxwell Street, Lee Jackson, après son premier mariage, prend un job bien rémunéré de mécanicien auto, travaillant dans de nombreux garages avant de s'installer à son compte.
           La musique sera donc pour lui forcément une activité secondaire. Il aurait enregistré pour Chess et Vee Jay mais jusqu'à présent on n'a aucune trace de démos ou d'acétates éventuels. Il est certainement le guitariste et le bassiste de bien plus de séances qu'on lui crédite généralement mais il n'enregistre en vedette qu'une poignée de titres pour Eli Toscano et Willie Dixon (sur le label Cobra le classique Fishin' in my pond), Cadillac Baby, Carl Jones...
           En 1970, il remplace au pied levé Johnny Shines pour la tournée de l'AFBF et grave deux titres sur l'album souvenir de cette tournée. Il aurait enregistré des albums en Allemagne ou au Danemark mais, là non plus, nous n'avons aucune trace tangible de ces disques.
           C'est en 1973 grâce à Al Smith qu'il va enfin concrétiser son rêve de faire un album sous son nom, l'excellent Lonely girl sorti sur Bluesway. En 1977, Lee enregistre une séance pour Ralph Bass mais le LP prévu ne verra jamais le jour et les titres paraîtront bien plus tard sur diverses anthologies.
           Ce sera trop tard pour que Lee Jackson les voie. Le 1er juillet 1979, en rentrant d'un concert donné dans le North Side, il est en effet abattu par le fils de sa nouvelle épouse avec laquelle il venait d'avoir une dispute.
           Nous avons réuni ici la quasi totalité des titres que ce grand bluesman a gravés. Il reste sans doute un certain nombre d'inédits dans les tiroirs, en particulier chez Cobra...
           (Tous mes remerciements à Hartmut Münnich et Steve Wisner pour leur aide généreuse)
                                                                 Gérard HERZHAFT

           Lee Jackson is one important post war Chicago bluesmen who, unfortunately, is still largely unknown outside a circle of blues buffs all around the world.
           Although he had often said he was born 1907 in Saint Louis, the birth date of Warren George Harding Lee was August, 18th, 1921 in Gill (Arkansas). The boy has been strongly influenced by his Uncle Alf Bonner and his Aunt Cora who led a jug band and also ran a café between Helena and Memphis in which about every bluesman of the neighbouring States played regularly. The young Lee was particularly impressed by the Memphis Jug Band, Charlie Patton, Too Tight Henry and Richard Taylor (a cousin of Robert Johnson who Lee said he had also known) who will live and play later in Chicago.
           After some very formative years playing with the Bonners' Jug Band, the young singer and guitarist tried his luck - under the nickname of Lee Jackson - as an itinerant musician, playing in Memphis, Florida, Saint Louis (with Roosevelt Sykes behind whom he will record a stunning LP in the 60's for Crown) and finally Chicago.
           The guitar style of Lee Jackson, sharp, jazzy, with sparse but brilliant and bluesy notes was quite original for the immediate post-war Chicago blues scene, reflecting his years playing with swinging jug bands. As he is also a serious, reliable and adaptative musician, Lee is quickly quite in demand in clubs and on the Maxwell Street Market. But, being now married, he chooses to take a steady and better paid job as an auto mechanic. The music will thus always be a side job for him.
           Anyway Lee appears in many studio sessions as a guitarist and bassist but he will record only a handful of sides under his name. He might have been recorded by Chess and Vee Jay but we don't have any track of this insofar. His first known 45 is for Eli Toscano's Cobra (the classic Fishing in my pond) and after that he would wax some very good tracks for Cadillac Baby, Carl Jones ....

           In 1970, Lee is part of the American Folk Blues Festival's European tour and records two sides for the occasion (for the Scout label). There are still rumours that he would have recorded at that time LPs in Denmark or in Germany but there is no evidence of that either.
           Lee will finally record his first full LP for Al Smith in 1973, the excellent Lonely girl issued onto the Bluesway label. Lee plays more and more on the Chicago North Side clubs and his reputation is growing among this new audience. In 1977, he records another LP for Ralph Bass and the T.K. label that won't never be issued as such, the tracks cropping up much later on several anthologies.
           But it would be too late for Lee who on July, 1st, 1979 is shot to death by the son of his new bride with whom he was having an argument.
           (Many thanks to Hartmut Münnich and Steve Wisner for their generous help.)
                                                                 Gérard HERZHAFT



LEE JACKSON
Complete Recordings
Lee Jackson (Warren G. Hardin Lee), vcl/g; Jimmy Rogers, g; Big Walter Horton, hca; Harold Ashby, t-sax; Lucius Washington, t-sax; Sunnyland Slim, pno; Willie Dixon, bs; Jesse Fowler, dms. Chicago, Ill. mai 1956
01. Fishin' in my pond
Lee Jackson, vcl/g; Otis Rush, g; Lafayette Leake, pno; Big Walter Horton, hca; horns; Willie Dixon, bs; Henry Harris, dms. Chicago, Ill. juin 1956
02. I'll just keep on walking
Lee Jackson, vcl/g; Sunnyland Slim, pno; Tom Archia, t-sax; Jump Jackson, dms. Chicago, Ill. juillet 1960
03. Change of love
Lee Jackson, vcl/g; J.T. Brown, t-sax; Boyd Akins, t-sax; Little Johnny Jones, pno; Eugene Pearson, g; Bob Anderson, bs; Jump Jackson, dms. Chicago, Ill. 27 février 1961
04. Pleading for love
05. Juanita
Lee Jackson, vcl/g; band; Willie Williams, dms. Chicago, Ill. 1967
06. Christmas song
Lee Jackson, vcl/g; Big Walter Horton, hca; Lafayette Leake, pno; Willie Dixon, bs; Clifton James, dms. Francfort, All. 16 novembre 1970
07. Juanita
08. Came home this morning
Lee Jackson, vcl/g; Johnny Young, g; Bombay Carter, bs; Ted Harvey, dms. Chicago, Ill. 1971
Apollo 15 I & II
Although recorded and given a released number, this Bea & Baby 45 was never issued. Some bootleg copies are existing but with an awful sound.
Lee Jackson, vcl/g; Carey Bell, hca; Percy Bradfield, og; Sunnyland Slim, pno; Bombay Carter, bs; Willie Williams, dms. Chicago, Ill. 1973
09. Lonely girl
10. Juanita
11. Lee Jackson's boogy
12. I had a dream last night
13. Neck bones
14. Lonely without love
15. Country girl
16. Old Aunt Jane
17. When I first came in Chicago
18. All around man
19. The sky above
Lee Jackson, vcl/g; Hayes ware, g; Bombay Carter, bs: Richard Hubcap Robinson, dms. Chicago, Ill. 1974
20. Apollo 17
21. Chop-Suey
Lee Jackson, vcl/g; Sunnyland Slim, pno; Lacy Gibson, g: Willie Black, bs; Fred Below, dms. Chicago, Ill. 8-16 mars 1977
22. Lonely girl
23. Hard luck blues
24. Lee's boogie
25. Juanita
26. Dirty old man
27. Chicago women
28. Pleading for love
29. Rocks in my pillow
Change my room

dimanche 2 février 2014

JAMO THOMAS/ CHICAGO SOUL BLUES




JAMO THOMAS/ CHICAGO SOUL BLUES PIONEER


         Comme Jesse Anderson, Jamo Thomas a, durant les années 1960, été un des premiers à pratiquer à Chicago une forme de musique que l'on appelle aujourd'hui Soul blues et son chant tendu, puissant, à la limite de l'angoisse en fait un artiste de premier plan.
Jamo a connu une brève heure de gloire avec un seul succès (I spy for the FBI), apparaissant dans le programme TV de R&B de Hoss Allen et signant alors sur plusieurs labels bien distribués comme Chess puis Sound Stage Seven. Comme Jesse Anderson, Jamo, trop blues pour les musiques noires des années 1970-80 et trop Soul pour les amateurs du blues revival, a rapidement disparu de la scène et il est aujourd'hui largement oublié à l'exception d'un petit groupe de fans de Deep Soul.
           En fait, on ne sait pas grand-chose de ce chanteur, à ma connaissance aucun article ne lui ayant été consacré dans aucune revue spécialisée!
           Jamo serait né le 17 janvier 1928, à Nassau aux Bahamas comme sans doute il l'a affirmé et que cela a été repris dans les quelques lignes qui lui sont consacrées ici et là. Mais d'autres sources donnent Chicago comme son véritable lieu de naissance, la référence aux Caraïbes étant souvent citée par certains chanteurs Noirs pour apparaître plus "exotiques" et "latins" et ainsi vendre davantage!
           Jamo Thomas apparaît pour la première fois sur disque (six 45t) à la fin des années 1950 en tant que joueur de congas et percussionniste du Bobby Peterson Quintet, un orchestre de R&B basé à Philadelphie.
           Jamo Thomas est au début des années 1960 chauffeur, valet et homme à tout faire du célèbre chanteur de R&B de Chicago Jerry Butler. C'est grâce à Butler que Jamo va enregistrer sous son nom en 1965 pour le petit label Conlo (Stop the baby/ Let's party), accompagné des Party Brothers. L'année suivante, Jamo reprend I spy (for the FBI) (créé par Luther Ingram quelques mois auparavant) pour le label de Eddie Thomas, Thomas (!) et, avec une bonne promotion, le titre entre dans le Top 40 R&B puis dans le Top 100 de Billboard avant de "cartonner" en Grande Bretagne. Cette superbe séance est produite par le pianiste et arrangeur Monk Higgins, avec très probablement la guitare immanquable de Freddie Robinson, l'acolyte habituel de Monk.
           La carrière de Jamo semble alors lancée. Il signe sur Chess qui enregistre sa séance la plus blues, avec encore Freddie Robinson à la guitare et à l'harmonica. Mais le magnifique Must I holler/ I'll be your fool ne va malheureusement nulle part.

           John Richbourg, à l'époque très actif dans la Soul naissante, frappé par le chant tendu aux accents angoissés qu'exprime si bien Jamo Thomas, le contacte et lui fait enregistrer à Nashville une séance pour son label Sound Stage 7. Accompagné à nouveau par les Party Brothers, Jamo – sans doute sur les conseils de Richbourg – cultive à fond son image de chanteur des Bahamas et grave plusieurs 45t dans cette veine (Bahama Mama/ Nassau Daddy) qui semblent avoir eu un petit succès en Floride et aux Antilles.
           Mais les ventes ne doivent guère être à la hauteur des attentes de Richbourg puisqu'il ne renouvelle pas son contrat avec Jamo qui, en 1968-69, va enregistrer deux séances à Memphis dans une veine nettement plus ancrée dans la Soul Sudiste.
           Mais ces 45t ne vont nulle part et durant la décennie 1970 on n'entend plus parler de Thomas que sporadiquement, travaillant pour différents studios de Memphis comme arrangeur, se tournant de plus en plus semble-t-il vers le Gospel. Son dernier enregistrement connu est juste son "cri d'angoisse" sur Scream du groupe Graham Central Station.
           On ne sait pas ce qu'il est devenu ensuite. Il est probablement décédé aujourd'hui mais il n'a guère été possible d'établir avec certitude une date ni un lieu.
           Merci beaucoup à Gérard Cerdan, Mr Mightygroove, et son excellent site pour son aide dans la rédaction de cet article.
                                                                 Gérard HERZHAFT

           Like Jesse Anderson, Jamo Thomas has been a pioneer of the Chicago Soul blues, recording a handful of first rate singles with his characteristic striking and powerful vocals. He has enjoyed briefly some commercial success, even making an appearance on the Hoss Allen's Nashville R&B TV show. Unfortunately, Jamo has during the 70's disappeared from the music scene and he is today largely an unknown artist outside a small coterie of Deep Soul fans.


           Born on January, 17th, 1928, maybe in Nassau (Bahamas) or – as several sources say - in Chicago (Ill), Jamo appears for the first time on records as a congas/percussion player with the Bobby Peterson Quintet, a R&B band from Philadelphia. During the early 60's, Jamo Thomas is working in Chicago as the valet of R&B singer Jerry Butler. Thanks to Butler, Jamo can makes his first record in 1965 for the small Conlo label (Stop the baby/ Let's party) backed by the Party Brothers. The next year, he makes a cover version of a song recorded by Luther Ingram a few months before, I spy (for the FBI) for the Thomas label (owned by Eddie Thomas). With an anguish vocal by Jamo and arrangements by Monk Higgins (and probably with the unmistakable guitar of Freddie Robinson), the 45 is not only a wonderful record but a hit, climbing on the R&B Top 40, the Billboard Top 100 and later on a big hit also in Great Britain.
           This is with great expectations that Chess then records Jamo the next year, once again on a session carefully produced by Higgins with Freddie Robinson playing guitar and harmonica. Today a classic the single Must I holler/ I'll be your fool, unfortunately doesn't go nowhere when issued in 1967.
           Nevertheless, the vocal abilities of Jamo brings the attention of the very active Nashville producer John Richbourg who gathers again Thomas and the Party Brothers in the studios for a good session in which the image of Jamo as a Caribbean singer is largely put forward. Bahama Mama and Nassau Daddy seem to have enjoyed some success in Florida and the West Indies.
           But once again the sales are not what Richbourg expected and, after two last sessions in Memphis more in the Southern Soul vein, Jamo won't record anymore, with the exception of a single "scream" in Graham Central Station's "Scream"!
           It seems that our man has been working during the 70's for several Memphis studios, maybe turning into Gospel. But he has completely vanished after that. He is now probably dead but where and when remains an open issue.
           Thank you very much to Gérard Cerdan (Mr Mightygroove) and his excellent blog for his help.
                                                                 Gérard HERZHAFT



Jamo Thomas, vcl/congas/bongos; The Party Brothers: Timothy O. Hiks, g; Norman Johnson, tpt; Giles Rozie, b-sax; George Bishop, bs; Earnes Sylvester Jones, dms. Chicago, Ill. 1965
01. Stop the baby
02. Let's party
Jamo Thomas, vcl/congas/bongos; prob. Freddie Robinson, g; Monk Higgins, pno; band. Chicago, Ill. 1966
03. Snake hip mama
04. I spy for the FBI
05. Arrest me
06. Jamo's soul
Jamo Thomas, vcl/congas/bongos; prob. Freddie Robinson, g/hca; Monk Higgins, pno; band. Chicago, Ill. mars 1967
07. Must I holler?
08. Must I holler n°2
09. I'll be your fool
Jamo Thomas, vcl/congas/bongos; band. Nashville, Tn. 1967
10. Jive mother in law
11. Bahamas Mama
12. Nassau daddy
Jamo Thomas, vcl; band. Nashville, Tn. 1968
13. Education is where it's at I & II
Jamo Thomas, vcl; band. Memphis, Tn. 1969
14. Shake what you brought with you I & II
15. You ain't just ready I & II