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jeudi 22 mai 2014

L.C. WILLIAMS/ Downhome Texas blues



L.C. WILLIAMS/ Downhome Texas blues

           L.C. (apparemment son vrai et seul prénom) Williams a été un de ces chanteurs et musiciens qui gravitaient autour de Lightnin' Hopkins à Houston et sur lequel le bluesman régnait un peu à la façon des maîtres féodaux. Ces "vassaux" obtiennent le droit de jouer avec lui, de l'accompagner sur les scènes locales, de gagner quelques dollars en échange d'une véritable allégeance à leur "maître", une sorte de servitude digne de certains gangs mafieux. C'est ainsi que Luke "Long Gone" Miles qui effectuera aussi de très bons enregistrements est chargé d'ouvrir à Lightnin' un passage vers les toilettes du bar à travers la nombreuse clientèle, le très original harmoniciste Billy Bizor sert de valet à Hopkins, s'occupe du pressing de ses vêtements...
           L.C. Williams qui émarge de la même manière à ce cercle de serviteurs du bluesman de Houston effectuera, en partie grâce à Lightnin', une carrière discographique assez conséquente.
           Né à Crockett au Texas le 12 mars 1930, L.C. a gagné Houston vers 1945, chantant et
L.C. Williams. photo: Chris Strachwitz
dansant les claquettes un peu partout dans la région. C'est dans un de ces dancings qu'il rencontre Lightnin' Hopkins qui le prend avec lui et lui permet d'enregistrer sous le nom de Lightnin' Jr trois blues très profonds et immanquablement texans pour le producteur Bill Quinn avec Hopkins au piano et à la guitare. Ces morceaux rencontrent un certain succès et Williams retrouve le chemin des studios de façon conséquente les années suivantes. Comme son mentor, Williams saute allégrement de label en label, tente un peu (et avec bonheur) tous les styles alors en vogue dans le blues texan: downhome avec ou à la Hopkins, urbain et très swinguants avec différents orchestres de R&B texans comme ceux du saxophoniste Conrad Johnson ou du pianiste Lonnie Lyons. Parmi ses accompagnateurs, on trouve généralement la crème des bluesmen de Houston dont le guitariste Goree Carter.
           En 1951, après une très belle séance avec Lightnin', L.C. Williams part tenter sa chance en Californie. C'est un échec complet. Il finit en prison pour quelques mois et revient à Houston, vivotant autour du clan Hopkins. C'est là qu'il sera "retrouvé" et interviewé par Mack Mc Cormick et Chris Strachwitz. Très peu loquace, L.C., pressé de dire à quoi correspondait ses initiales, répond "Love Crazy"!
           Il semble qu'il devait enregistrer un album pour Arhoolie qui aurait certainement pu lui ouvrir les portes du Blues Revival qui commençait alors à prendre son essor quand il décède le 18 octobre 1960 à Houston.
           Il laisse une œuvre finalement assez variée, alternant de grands moments du Country blues texan avec des séances plus entraînantes mais certainement aussi plus convenues où il est accompagné d'excellents orchestres de Rhythm & Blues. Grâce à plusieurs généreux collectionneurs (et en particulier notre ami Pierre Monnery), nous sommes désormais en mesure de proposer l'intégrale de l'œuvre de L.C. Williams, certainement non négligeable.
                                                                 Gérard HERZHAFT

           L. C. (apparently his real first name!) Williams was one of those blues singer/ musicians who were trying to make a living or a career on Lightnin' Hopkins's orbit. Lightnin' used them every time he needed them and ruled this coterie like a feudal Lord, every one having a special role serving the "master". Among those numerous vassals, L. C. Williams was certainly the one who succeeded the most to make a name for himself.
           Born at Crockett, Texas, on March, 12th 1930, L.C. went to Houston around 1945 and soon tried to make a living singing and tap dancing on the streets. His growing reputation earned him to play in night clubs where Hopkins, appreciating his talents, brought him to the famous record producer Bill Quinn who had hired Hopkins as a semi-talent scout. L.C. recorded several very downhome blues backed by Lightnin', either playing the guitar or the piano. Moreover, the records were issued under the name Lightnin' Jr that assured them good sales. During a couple of years, Williams visited quite often the Houston studios, recording his brand of Texas blues in different settings, from the deep Country blues of his beginnings to the current fashionable swinging R&B, backed by the cream of the Houston session men, from pianists Lonnie Lyons and Elmore Nixon to saxophonists like Conrad Johnson through stellar guitarist Goree Carter.

           In 1951, after another wonderful deep session with Hopkins, L.C. - persuaded he could thus make much more money with his music under the Hollywood sun - went to Los Angeles to try his luck. This was unfortunately a complete failure, L.C. even going in jail for awhile. He finally went back to Houston, struggling for a living on several menial jobs, staying close to Hopkins in a desperate hope to record again, that never materialized. He was around Lightnin' when researchers Mack Mc Cormick and Chris Strachwitz met him and interviewed him. Not very talkative about himself, L.C. only said that his initials meant "Love Crazy"!
           It seems there were some plans to record L.C. for the Arhoolie label that certainly would have opened him some doors but he died brutally in Houston on October, 18th, 1960.
           Thanks to several generous friends and collectors and particularly Pierre Monnery, we are now able and for the first time to give the really complete recordings made by this excellent Texas bluesman.
                                                      Gérard HERZHAFT


L.C. WILLIAMS/ Complete Recordings
L.C. Williams, vcl; Lightnin’ Hopkins, pno. Houston, Tx. juillet 1947
01. Trying trying
L.C. Williams, vcl; Lightnin’ Hopkins, g. Houston, Tx. juillet 1947
02. You’ll never miss the water
03. I wonder
L.C. Williams, vcl; Lightnin’ Hopkins, g. Houston, Tx. janvier 1948
04. Hole in the wall
05. Boogie all the time
06. Strike blues
07. You can take it with you baby
L.C. Williams, vcl; Leroy Carter, pno. Houston, Tx. juin 1948
08. Black woman
L.C. Williams, vcl; Elmore Nixon, pno. Houston, Tx. juin 1948
09. I won’t be here long
L.C. Williams, vcl; Nelson Mills, tpt; Conrad Johnson, a-sax; Sam Williams, t-sax; Lonnie Lyons, pno; Louis Pitts, bs; Allison Tucker, dms. Houston, Tx. décembre 1948
10. I don't want your baby
11. Why don't you come back
L.C. Williams, vcl; Lonnie Lyons, pno; Goree Carter, g; Sam Williams, t-sax; Conrad Johnson, a-sax; Louis Pitts, bs; Allison Tucker, dms. Houston, Tx. février 1949
12. That's alright
13. Rich women blues
14. I want my baby back
15. I know that chick
16. Shout baby shout
17. Jelly roll
18. Louisiana boogie
19. Ethel Mae
20. Gonna change my love
21. My darkest hours
L.C. Williams, vcl; Lightnin’ Hopkins, g; Elmore Nixon, pno. Houston, Tx. décembre 1949
22. All through my dreams
23. Mean and evil blues
L.C. Williams, vcl; Lightnin’ Hopkins, g. Houston, Tx. janvier 1951
24. The Lazy J
25. Baby child
26. Fannie Mae
27. So sorry
L.C. Williams, vcl; Willie Johnson, pno; Frank Minn, tpt; Ed Wiley, t-sax; Henry Hayes, a-sax; Goree Carter, g; Don Cooks, bs; Ben Turner, dms. Houston, Tx. 29 novembre 1951
28. I don’t want no woman
29. Louise
30. I don’t like to travel
I posted an article about L.C. Williams some years ago on this blog but this one is the definitive one with english text added

lundi 12 mai 2014

CHICAGO/ The Blues Yesterday Volume 10



CHICAGO/ The Blues Yesterday Volume 10

          
  Ce nouveau volume (le dixième!) de cette série commence avec Mamie Galore une chanteuse plus connue dans la Soul mais qui a, durant ses deux premières séances, gravé des titres très bluesy produits et accompagnés par Monk Higgins avec Freddie Robinson, en particulier son superbe premier 45t (Special Agent 34-24-38 b/w I wanna be your radio). Née Mamie Davis à Erwin (Mississippi) le 24 septembre 1940 près de Greenville, elle a commencé très jeune à chanter dans le choeur de son Eglise avant de devenir la chanteuse d'un groupe de R&B local Herman Scott & The Swinging Kings puis de participer à la Ike & Tina Turner Review puis au Little Milton band durant quelque temps. Ce n'est qu'en 1965, une fois installée à Chicago, qu'elle commence une carrière en soliste, enregistrant une courte oeuvre qui demeure très appréciée des amateurs de Soul. Après une brève tentative de faire une meilleure carrière en Californie (toujours sous la houlette de Monk Higgins), Mamie est retournée en 1972 à Jackson dans le Mississippi où elle décède le 7 octobre 2001.
Mamie Galore

            Le pianiste et chanteur Leon Tarver a commencé sa carrière musicale au sein du groupe de doo woop les Cardinals (enregistrant avec eux pour Atlantic) avant de graver à Chicago en 1954 une séance pour Chess, produite par Willie Dixon dans laquelle il est accompagné des Chordones et du saxophoniste tenor Red Holloway. Deux autres séances peu de temps après n'auront pas davantage de succès et Leon Tarver a disparu de la scène musicale, laissant une petite oeuvre rééditée ici intégralement pour la première fois.
            Enfin, "last but not least", la chanteuse Frances Burr demeure une énigme. Elle a enregistré seulement quatre titres. Son formidable I say no no more est devenu un titre culte auprès des milieux "popcorn", considéré par certains comme un des grands chefs d'oeuvre du R & B. Toutes les tentatives de retrouver ses traces voire elle-même sont pour l'instant demeurées vaines. Mais l'infatigable Mr Mightygroove (cf son superbe blog http://soul-in-groove.eklablog.com/) a réussi à retrouver une photo de la jeune femme qui, contrairement à ce qui est écrit partout sur elle, est de race blanche, ce que sa façon de chanter rend d'ailleurs évident.
            Cette compilation n'aurait pu se faire sans l'aide de John Ridley (Sir Shambling), Gerard Cousin et Jose Yrrabera. Qu'ils soient remerciés.
                                                           Gérard HERZHAFT

            The tenth volume (!) of this popular series starts with Mamie Galore, a noted Soul singer who has anyway first recorded very bluesy 45t (particularly the superb Special Agent 34-24-38 b/w I wanna be your radio), produced by Monk Higgins with Freddie Robinson playing the guitar. Born Mamie Davis at Erwin (Mississippi) 24th September 1940, she started to sing at a very young age in church, then becoming the lead singer of the Greenville R&B band Herman Scott & The Swinging Kings. She was once a member of the Ike & Tina Turner Review, toured alongside Little Milton Band and started a solo career when settling in Chicago in 1965. She recorded quite steadily during a couple of years but with only moderate commercial success. She followed Higgins in California for awhile but came back to Mississippi in 1972, singing then mostly Gospel. She died in Jackson, Ms on October, 7th 2011.
            Singer and pianist Leon Tarver started a musical career with the doo woop group The Cardinals before trying as a solo act in Chicago in 1954-55. He recorded eight titles (all are here), even a Chess session of two 45s produced by Willie Dixon that are much sought after items. After that he disappeared completely from the musical scene.
           
Frances Burr
Then we have the enigmatic singer Frances Burr whose terrific I say no no more is highly regarded in some circles as one of the all time R&B masterpieces. She has recorded only two singles in 1963 and all the attempts to find her whereabouts have proved unsuccessful. But the indefatigable Mr Mightygroove (see his blog
http://soul-in-groove.eklablog.com/) has unearthed a photo of the young lady, proving that, despite everything that has been written on her, is a white girl, that is anyway quite evident considering her way of singing for the time.
            This quite original anthology would never have been possible without the help of Gerard Cousin, John Ridley (Sir Shambling) and Jose Yrrabera. Thanks to all.
                                               Gérard HERZHAFT

CHICAGO/ The Blues Yesterday Volume 10
Mamie Galore (Mamie Davis), vcl; Monk Higgins, kbds; Freddie Robinson, g; band. Chicago, Ill. 1965
01. Special Agent 34-24-38
02. I wanna be your radio
Mamie Galore, vcl; Monk Higgins, kbds; Freddie Robinson, g; band. Chicago, Ill. 1966
03. It ain't necessary
04. Don't think I could stand it
05. Mistaken wedding
06. You got the power
Leon Tarver, vcl/pno; Red Holloway, t-sax; g; Willie Dixon, bs; dms; The Chordettes, vcls. Chicago, Ill. 16 janvier 1954
07. Ooh Wee what's wrong with me?
08. I'm a young rooster
09. Why do I love you so?
10. Come back to me
Leon Tarver, vcl/pno; The Chordettes, vcls; band. Chicago, Ill. 20 avril 1954
11. Soup line
12. It's my fault
Leon Tarver, vcl/pno; Sax Mallard, a-sax; Lewis Ogletree, tpt; Cliff davis, t-sax; Jimmy Richards, bs; Red Saunders, dms. Chicago, ill. décembre 1955
13. Somebody help me
14. Oh baby I'm blue
Frances Burr, vcl; K.J. Trio, band. Chicago, Ill. 1963
15. I say no no more
16. I won't hurt you no more
17. Guess what it was
18. I'll make a new world



dimanche 4 mai 2014

JAMES COTTON/ The beginning of a legend




JAMES COTTON/ The beginning of a legend

          
Si James Cotton jouit aujourd'hui à juste titre d'une réputation de légende vivante et figure au Panthéon des grands harmonicistes de blues, cela n'était certainement pas le cas lorsqu'au début des années 60 le petit cercle d'amateurs de blues européens le découvrit.
           Cotton n'était alors essentiellement connu qu'en tant que remplaçant de Little Walter au sein de l'orchestre de Muddy Waters, et pas forcément à son avantage!
           Né le 1er juillet 1935 à Tunica dans le Mississippi, James Cotton apprend très jeune à jouer de l'harmonica en écoutant les disques de John Lee "Sonny Boy" Williamson que son oncle lui prêtait et l'émission de radio King Biscuit Time dans laquelle officiait Sonny Boy "Rice Miller" Williamson. Persuadé que Rice Miller était le Sonny Boy des disques, Cotton convainc son oncle d'aller le voir. Flatté, Miller prend l'adolescent sur la route avec lui et Cotton le remplace sur scène (ou derrière le rideau selon les lieux étant donné son jeune âge) quand Sonny Boy est trop imbibé pour jouer. Lorsque Miller part soudainement vers le Nord, Cotton se retrouve embauché à Memphis par Joe Hill Louis puis Howlin' Wolf. Dans le groupe, Cotton noue une amitié durable avec les frères Murphy (Floyd et Matt), Pat Hare, Junior Parker, Willie Johnson... Presque naturellement, Sam Phillips enregistre James sur Sun, deux 78t de R & B de très bon niveau mais dans lesquels Cotton ne joue pas d'harmonica et qui ne se vendront guère.
           James gagne Chicago au milieu des années 50. Lorsque Muddy Waters licencie Big Walter Horton de son orchestre à cause de ses nombreuses inconséquences, James Cotton devient l'harmoniciste du groupe. Une fonction qu'il conservera une dizaine d'années. Cotton enregistre abondamment avec Muddy Waters et se fait ainsi connaître du grand public. Au début, il semble quelque peu gêné par la présence occulte de ses grands prédécesseurs (Little Walter notamment, au style très différent). Mais il développe peu à peu un jeu d'harmonica, bien plus terrien que celui des Walters, swinguant, tout en puissance et finalement extrêmement efficace.


           Lorsque Muddy emmène James avec lui en Angleterre, l'infatigable jazzman britannique Chris Barber en profite pour enregistrer James, huit titres qui ne paraîtront qu'en Europe sur deux 45t EP. Malgré un accompagnement laborieux et peu inspiré, cette séance de 1961 permet à Cotton de prouver l'étendue de ses talents d'harmoniciste et de chanteur. L'influence de John Lee Williamson est alors écrasante autant dans les trois morceaux qu'il lui emprunte que dans le reste.
           Cette escapade anglaise a permis à Cotton de s'aviser qu'un public blanc et international s'intéressait de plus en plus au blues et qu'il y avait là une opportunité à saisir. De retour à Chicago, Cotton se rapproche de la petite fraternité de jeunes fans de blues qui gravitent autour de Paul Butterfield et Mike Bloomfield et il se produit avec eux dans plusieurs campus universitaires et clubs du North Side, montrant au passage pas mal de "plans" à Butterfield. Quelques titres enregistrés au cours de ces prestations nous sont parvenus avec un Cotton particulièrement en verve. Sa voix chaude, grasseyante se marie merveilleusement à son harmonica et autant Butterfield en second harmonica que Mike Bloomfield (ou Elvin Bishop?) à la guitare montrent leur réelle empathie avec le vrai blues.
           En 1964, Cotton partage un microsillon produit par Sam Charters avec les autres membres du Muddy Waters blues band mais le LP est uniquement attribué à Otis Spann. Après un 45t pour Cadillac Baby dans lequel c'est Little Mack qui joue de l'harmonica (!), Cotton retrouve Charters et les autres musiciens de Muddy Waters pour cinq magnifiques titres qui paraissent dans la célèbre anthologie Chicago/ The blues today.
           Finalement, James se décide à tenter une carrière personnelle, forme son propre blues band avec Sammy Lawhorn à la guitare, le temps d'enregistrer un nouveau (et excellent) 45t pour le label Loma en 1966.
           Il lui faudra attendre l'année suivante (1967) pour enfin graver son premier album sous son nom sur le label Verve. Débute alors une autre et longue histoire.
                                                                 Gérard HERZHAFT

              If today James Cotton stands rightfully as a living legend and as one of the leading stalwarts of the Chicago blues harmonica style, it has not always been the case. In the early 60's for instance when Europe discovered the blues, Cotton was chiefly considered as a so so substitute to Little Walter in the Muddy Waters' blues band. And he will have to fight hard to stand out as his own.
              Born on a plantation near Tunica, Ms. July 1st, 1935, James learned at a very early age to play the harmonica while listening to his uncle's huge record collection, particularly the 78s of John Lee "Sonny Boy" Williamson and the King Biscuit Time's radio programme from Helena (Arkansas) that was led by the "other" Sonny Boy Williamson, Rice Miller.
              The uncle like the nephew, persuaded - like many others - that there was only one Sonny Boy, went to see his show, chatted and playing with him. Some time after, the young James was taken under the not so protective wing of Rice Miller who used him as a valet as well as a replacement on stage (or behind a curtain, Cotton being still too young to play in most of the joints) when he was too whiskey-soaked to stand up. When Sonny Boy dropped everything suddenly to go North with his new wife, Cotton tried to maintain the band for awhile but it was a too hard task for such a young man and he instead settled in Memphis, playing in several blues bands, particularly Howlin Wolf's. As almost every blues act around Memphis, Phillips recorded twice James Cotton, four nice R&B tracks with stunning Pat Hare's guitar parts but no trace of harp blowing.
             


James went to Chicago in the mid-50's, playing with almost everybody. At that time, Muddy was looking for a new harp player, Little Walter being already a star on his own and Big Walter proving he had a not reliable enough behaviour to play regularly with a busy touring band. And James was very reliable, so he took the place, a role that he would keep for more than a decade. And Cotton recorded widely with Muddy in a very different style than the Walters, more down-home, almost "Country", always Sonnyboyesque and more and more swinging, forceful and effective.

              When Muddy brought James with him for a tour of Great Britain, the indefatigable British jazz band leader Chris Barber took the opportunity to record him as a leader. Despite a very uninspired and pedestrian backing band, this 1961 session is very rewarding. Cotton proves his talents with his harmonica during eight titles with a very strong John Lee Williamson's influence.
              During this British adventure, Cotton realized that there was a new public outside the black ghettos for the blues. Back to Chicago, Cotton was more and more involved in the Blues Revival fledgling movement, beginning a friendship with the young white bluesmen like Paul Butterfield and Mike Bloomfield and playing with them on college campuses and North Side clubs. Some tracks recorded during those kind of venues had reached us, featuring a very masterful Cotton in this acoustic setting.
              In 1964, Sam Charters recorded five tracks by Cotton as a leader with the current Muddy Waters' band but the album was attributed only to Otis Spann. After a 45 for Cadillac Baby (in which Little Mack plays the harp, not James!), Cotton recorded another session for Charters with Spann and others, a stunning session that would be issued on the famed Chicago/ The blues today series, doing a lot to establish Cotton's reputation.
              At that time, Cotton finally tried to lead his own band enrolling the great Sammy Lawhorn on lead guitar. They recorded a masterful 45 for the Loma label in 1966.
              Cotton will have to wait 1967 to sign a contract with the Verve label and at last record his first album under his name. Then starts another new and long story.
                                                                    Gérard HERZHAFT


JAMES COTTON
Complete Early Studio Recordings
1953-66
James Cotton, vcl; Harvey Simmons, t-sax; Tom Roane, b-sax; Billy Love, pno; Pat Hare, g; Kenneth Banks, bs; Houston Stokes, dms. Memphis, Tn. 7 décembre 1953
01. My baby
02. Straighten up baby
James Cotton, vcl; Pat Hare, g; Mose Vinson, pno; John Bowers, dms. Memphis, Tn. 14 mai 1954
03. Cotton crop blues
04. Hold me in your arms
James Cotton, vcl/hca; Chris Barber, tb/g/bs; Alexis Korner, g; Keith Scott, pno. Londres, GB. 10 août 1961
05. Dealing with the Devil
06. Standing around crying
07. Slow and easy
08. Rock me mama
09. Jimmy's jump
10. Decoration day blues
11. Polly put the kettle on
12. Going down slow
James Cotton, vcl/hca. Chicago, Ill. 14 janvier 1962
13. Decoration day
14. Dealing with the Devil
James Cotton, vcl/hca; Paul Butterfield, hca; Elvin Bishop, g or Mike Bloomfield, g. Chicago, Ill. juin 1962
15. So glad I'm leaving
16. V-8 Ford blues
17. Polly put the kettle on
18. Digging my potatoes
James Cotton, vcl/hca; Paul Butterfield, hca; Billy Boy Arnold, hca; Elvin Bishop, g or Mike Bloomfield, g. Chicago, Ill. juin 1962
19. Three harp boogie
James Cotton, vcl/hca; Otis Spann, pno/vcls; James Madison, g; Muddy Waters, g; Milton Rector, bs; S.P. Leary, dms. Chicago, Ill. 21 novembre 1964
20. One more mile to go
21. Feelin' good
22. Dust my broom
23. Straighten up baby
24. I'm ready
James Cotton, vcl; Little Mac Simmons, hca; John Jackson, t-sax; Willie Henderson, b-sax; Detroit Jr, pno; Eddie King, g; Bob Anderson, bs; Bily Davenport, dms. Chicago, Ill. 19 septembre 1965
25. One more mile
26. There must be a panic on
James Cotton, vcl/hca; Otis Spann, pno; Pee Wee Madison, g; S.P. Leary, dms. Chicago, Ill. décembre 1965
27. Cotton crop blues
28. The blues keep falling
29. Love me or leave me
30. Rocket 88
31. West Helena blues
James Cotton, vcl/hca; Sammy Lawhorn, g; James Madison, bs; Sam Lay, dms. Chicago, Ill. 11 mai 1966
32. Complete this order
33. Laying in the weeds