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lundi 17 novembre 2014

SWAMP BLUES n° 2



SWAMP BLUES Volume 2



            Comme nous l'avons déjà dit, le Swamp blues est largement l'oeuvre du producteur J.D. Miller.
            Né à Iota (La) le 5 mai 1922, J.D. Miller est très jeune un fan de Gene Autry et ses parents lui achètent un petit modèle de guitare à l'effigie de son idole lorsqu'il a huit ans. La famille Miller s'installe à Lake Charles en 1933. Très vite, le petit J.D. devient un guitariste renommé. Il anime une émission régulière de radio en 1937, chantant et jouant de la guitare entre deux présentations publicitaires. Peu de temps après, J.D. Miller s'installe à Crowley capitale du riz en Louisiane. J.D. participe alors à plusieurs orchestres locaux: les Four Aces de son ami Happy Fats, les Hackberry Ramblers, les Riverside Ramblers... Il enregistre avec les Four Aces pour Bluebird, fonde avec les frères Breaux les Musical Aces. Sa rencontre au début des années 40 avec les chefs d'orchestre Bob Wills et Cliff Bruner est déterminante. Il gardera toujours une admiration sans bornes pour eux et un goût considérable pour le Western Swing, son feeling, sa spontanéité, son invention. En même temps, il poursuit des études d'électricien, métier qui semble pouvoir lui servir dans la musique, sa véritable passion.
            Mais les temps vont changer pour l'Amérique. Miller part à la guerre plusieurs années, revient avec un petit pactole en " obligations de guerre ". Il se marie avec Georgia Sonnier, la fille du célèbre accordéoniste cajun Lee Sonnier. En combinant sa paie de guerre et la dot de sa femme, J.D. ouvre une petite boutique d'électricité, la M & S (Miller & Sonnier) Electric C° sur North Parkerson à Crowley qui deviendront aussi ses studios d'enregistrement.
            Ce nouveau volume de Swamp blues comprend la totalité des enregistrements de Jimmy Anderson. Né le 21 novembre 1934 à Woodville
près de Natchez (Ms), Jimmy Anderson a fréquenté son compatriote Papa Lightfoot avec lequel il a appris à jouer de l'harmonica. Mais ce sont les disques de Jimmy Reed qui vont façonner son style de blues. Venu travailler à Baton Rouge, Anderson forme un blues band (les Joy Jumpers qui comprennent le fils de Silas Hogan, Oscar Hogan) et joue dans les bars locaux. C'est Hogan qui emmène Anderson à Crowley, le présente à Miller qui lui fait faire ses débuts discographiques en 1962. Jimmy obtient de petits succès locaux avec Naggin' ou Going Crazy over TV. Mais la décennie des 60's voit la défaveur du blues parmi les acheteurs noirs américains et Anderson abandonne la musique et prend un emploi de policier municipal dans sa ville natale de Natchez. Cependant le démon de la musique le taraude et dès 1973, il anime une émission régulière de radio sur WNAT ainsi que des soirées en clubs sous le surnom de Soul Man Lee. Redécouvert en 1991, il participe à une tournée internationale d'anciennes gloires du Swamp Sound (blues, rock et pop) mise en place par Johnnie Allen. Il retourne plusieurs fois en Europe mais après une attaque en 1999, Anderson s'est retiré de la musique. Il décède le 5 octobre 2013 à Natchez.
            Si Ramblin' Hi Harris et Blues Boy Dorsey sont de fort bons représentants du Swamp blues, nul ne sait qui ils sont vraiment. C'est J.D. Miller qui, retrouvant des bandes inédites et ne se souvenant que très vaguement de ceux qu'il avait enregistrés leur a attribué leurs noms de disque! Il est malgré tout probable que Blues Boy soit le chanteur et guitariste Henry Dorsey, un bluesman renommé autour de Rayville (La).
            Quoi qu'il en soit, les oeuvres de Harris, Dorsey ou Anderson démontrent toute la qualité de ce Swamp blues.
                                                                       Gérard HERZHAFT

            As already said, the so-called Swamp Blues style is largely due to the wise hand of producer J.D. Miller.
            Born in Iota (La), May 5th, 1922, J.D. Miller was a Gene Autry's fan
and learned to play the guitar at 8 years old. The Miller Family came to live in Lake Charles in 1933 and then in Crowley. In that very strong musical area (local bands abounded), J.D. became a proficient guitarist and held a radio programme where he sang and played while advertising for local venues and products. He was also a regular member of several bands: Happy Fats' Four Aces with whom he recorded for the Bluebird label, Hackberry Ramblers, Riverside Ramblers. But after a meeting with Western Swing stars Bob Wills and Cliff Burner, J.D. turned to be more and more a jazz, Swing and blues fan. He also finished his studies to be an electrician, rightly thinking that it could help him in his passion for music. Miller, drafted during the war years, came back with war bonds. Then married with Georgia Sonnier, daughter of the famous Cajun accordion player Lee Sonnier, the couple opened their own shop in Crowley: M&S (Miller & Sonnier) Electrical C° that would soon house their famous recording studios.
            Swamp blues n°2 opens with the complete Louisiana recordings of Jimmy Anderson. Born 21 November 1934 at Woodland, Ms, Jimmy spent his childhood in Natchez and learned the harmonica with Papa Lightfoot before falling into the spell of Jimmy Reed's records. While working in Baton Rouge, Jimmy formed his own blues band, The Joy Jumpers with Oscar Hogan on the drums, the son of Silas. This is thanks to Hogan that Anderson came to Crowley to meet J.D. Miller, beginning in 1962 a couple of recording years with some local Hits (Naggin' or Goin' crazy over T.V.). But the late 60's were lean years for the bluesmen, the African American public deserting the blues for other musical genres. When relocating in Natchez, Jimmy gave up the life of a musician for a secure job as a local police officer. But the bug was still there and, as Soul Man Lee, Anderson hosted for two decades a successful radio programme n WNAT. He acted also as a local DJ in several clubs. Rediscovered by Johnnie Allen, Jimmy resumed his stage presence for several successful tours overseas before a severe stroke forced him to retire. He died on 5 October 2013 in Natchez.
            If Ramblin' Hi Harris and Blues Boy Dorsey are very good blues artists, their names were given by J.D. Miller years after they recorded for him. Their music was on tapes with only an "Anonymous" tag and were not issued at that time. Miller remembered them only vaguely. According to recent researches, it seems anyway more than possible that "Blues Boy" is in fact a well known bluesman from Rayville (La), Henry Dorsey.
By far the best book documenting the rich South Louisiana musics
                                                           Gérard HERZHAFT

SWAMP BLUES/ Volume 2
JIMMY ANDERSON, vcl/hca; Eugene Dozier, g; Andrew Taylor, g; Oscar Hogan, dms. Crowley, La. 1962
01. I wanna boogie
02. Angel please
Jimmy Anderson, vcl/hca; Eugene Dozier, g; Andrew Taylor, g; Oscar Hogan, dms. Crowley, La. 1963
03. Naggin!
04. Keep on naggin'
05. Nothing in the world
06. I'm a king bee #1
07. I'm a king bee #2
08. Going through the park
09. In the dark in the park
10. Draft board blues
11. When I play my harp
12. Frankie & Johnnie
Jimmy Anderson, vcl/hca; Al Foreman, g; Bobby Mc Bride, g; Rufus Thibodeaux, bs; Austin Broussard, dms. Crowley, La. 1964
13. Shut your mouth
14. Goin' crazy over T.V.
15. Baby let's burn
16. It's half past midnight
17. I want you I need you
18. Love me babe
Jimmy Anderson, vcl/hca; same band; add: Katie Webster, og. Crowley, La. 1965
19. Ain't gonna let her go
20. Rats & roaches on your mind
BLUES BOY DORSEY (Henry Dorsey), vcl/g; band. Crowley, La. 1962
21. Come here to me #1
22. Come here to me #2
23. Don't do that to me
24. Walking out my door
RAMBLIN' HI HARRIS, vcl/g; band. Crowley, La. 1959
25. Trying to call my baby
26. Early one morning
27. I haven't got a home

dimanche 2 novembre 2014

SWAMP BLUES Volume 1



SWAMP BLUES/ 1


            Un petit tour vers la Louisiane cette fois-ci avec les oeuvres (presque) complètes de trois bluesmen locaux. Rappelons que le terme "Swamp blues" aujourd'hui communément utilisé pour désigner le "down home" blues louisianais a été inventé - sauf erreur - par des critiques britanniques pour remplacer celui utilisé jusqu'alors de Excello Sound qui n'était guère approprié.
            En effet, même si bien de ces disques étaient édités dans les années 1950-60 sur le label Excello, ce dernier était basé à Nashville et ne participait en rien à l'élaboration et à la production de ce blues si particulier. Sans sous-estimer le rôle des musiciens eux-mêmes dans le Swamp blues, sa création est largement l'oeuvre de Jay D. Miller. Il avait installé de
petits studios à Crowley, au coeur d'une région rizicole. Grand amateur de "vrais" blues, notamment ceux de Jimmy Reed et Lightnin' Hopkins, dont le Swamp Blues est un peu la synthèse de leurs deux styles, Miller orientait les musiciens qu'il découvrait dans cette voie, produisait un son minimaliste qu'il adorait mais qui ne plaisait d'ailleurs pas toujours aux musiciens eux-mêmes, fournissait les accompagnateurs (souvent des musiciens Blancs d'origine Cadienne), rajoutait des effets sonores évocateurs et allait même jusqu'à renommer ces artistes de noms tout aussi évocateurs! Miller sortait les disques sous plusieurs de ses petits labels mais, pour élargir ses ventes, il avait signé un contrat de distribution puis de fabrication avec Excello. Il faut souligner que le Swamp Blues n'a pas seulement paru sur Excello et, bien que Miller en ait été le principal concepteur, d'autres labels et producteurs louisianais, d'autres artistes aussi intéressés par le succès commercial de ce Swamp Blues, ont produit des séances de même nature. Enfin, si l'impact de ce Swamp Blues a été modeste aux Etats Unis, il a été absolument énorme en Europe, particulièrement en Grande Bretagne où Stateside sortait dès le début des années 1960 des anthologies regroupant des bluesmen caractéristiques de ce style et qui allaient avoir une énorme influence sur les groupes de rock-blues anglais, des Rolling Stones aux Kinks en passant par les Yardbirds, Moody Blues, Who, Zombies et autres...
            Revenons à ce volume. Le chanteur et guitariste Boogie Jake (Mathew Jacobs), né à Marksville (La) le 2 août 1927 aurait fait ses débuts de guitariste en compagnie de son cousin (Little) Walter Jacobs. Tandis qu'il travaillait en usine à Baton Rouge et qu'il jouait régulièrement dans les clubs de la ville, Jacobs a été contacté par Jay Miller pour qui il a enregistré quelques titres et qui lui donne son nom de scène. Il a ensuite gravé deux 45t pour Joe Banashak dont l'un, repris par le label Chess avec une bien meilleure distribution, connaîtra un petit succès. Après avoir émigré en Californie et plus ou moins abandonné la musique, Boogie Jake a été redécouvert en 1974 par Tom Mazzolini et est apparu à plusieurs festivals locaux, enregistrant même un dernier 45t en 1977 en compagnie de l'harmoniciste Mark Hummel. Il est décédé le 6 décembre 2013 à La Nouvelle Orleans.
            Polka Dot Slim (Monroe Vincent) a suivi un parcours similaire à celui de Boogie Jake. Né à Woodville, Mississippi, le 9 janvier 1919, Vincent est venu s'installer jeune à La Nouvelle Orléans, chantant et jouant harmonica et guitare dans les clubs des quartiers noirs. Lui aussi repéré par Miller, Vincent a enregistré sur plusieurs labels comme Zynn, Excello, Instant et sous divers pseudonymes comme Vince Monroe, Mr Calhoun ou son plus célèbre, Polka Dot Slim. Venu vivre en Californie, Slim a tourné en Europe avec le Mississippi Delta Blues Band de Tom Boyd et joue d'ailleurs de l'harmonica dans le premier volume de cet ensemble. Vincent/ Polka Dot Slim est décédé le 22 juin 1981 à Oakland (Ca).
            Enfin, Sylvester Buckley (ne le 04 juillet 1936 à Washington (La), mort le 15 mai 1995 à St Francisville (La)) est le moins connu de ces trois bluesmen. Il a joué de l'harmonica dans l'orchestre de Silas Hogan, enregistrant avec ce dernier pour Jay Miller et en fin de séance ces trois titres qui ne paraîtront que plusieurs années après.
                                                                       Gérard HERZHAFT

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            This time, let's go to Louisiana... yesterday of course! With the (almost: one track is unfortunately still missing) complete recording works of three local bluesmen. The term Swamp Blues that qualify today all that kind of blues has been - if I'm right - invented by British blues critics in the late 60's, replacing the inappropriate previous one, "Excello Sound". In fact, even if a large number of those Louisiana records were issued under the Excello logo, the label - based in Nashville - had nothing to do with the music itself.
           
Even if it's not to minimize the part of the bluesmen themselves in the creation of the Swamp Blues, this style has largely been crafted by Jay D. Miller, a producer and owner of a small studio at Crowley (La) in the heart of the rice area. Miller loved the down home blues styles of Jimmy Reed and Lightnin' Hopkins (who were also commercially successful artists) and he mixed the two in his Crowley studios, with sparse backing very often provided by local Cajun musicians (Miller was married to a French Acadian girl), adding some percussion effects, even giving new names to the (somewhat reluctant) bluesmen, and thus creating an unmistakable sound so evocative of the torrid and swampy atmosphere of this subtropical area. At first, Miller issued his productions under his own small labels but seeking wider distribution made a deal with the Nashville-based Excello outfit. Although modest, the commercial success of those records was real, prompting other Louisiana producers and musicians as well to record within the boundaries of this style. But the strongest and unpredictable impact of this so-called Swamp Blues would be upon the burgeoning British blues-rock scene where Stateside issued several anthologies from the Excello blues vaults. In fact, you can find the  very strong Miller influence on almost all of the first recordings by British groups, from The Rolling Stones to the Kinks, Moody Blues, The Who, The Zombies, Yardbirds and such...
            Now to this anthology. Boogie Jake (Matthew Jacobs) was born in Marksville (La) on 2nd August 1927 and would have made his musical beginnings alongside his cousin Walter Jacobs (the famous Little Walter!). While working in Baton Rouge, Jacobs has been in touch with Miller who recorded him and gave him his nom de disque. Boogie Jake has also recorded for the New Orleans producer Joe Banashak, one of the 45t also appearing under the Chess logo for wider distribution. Jake lived for many years in California where he was rediscovered by Tom Mazzolini who persuaded him to resume his musical career. Jake appeared on stage at some West Coast festivals and even recorded a last 45 backed by harp ace Mark Hummel in 1977. He died in New Orleans on 6th December 2013.
            Polka Dot Slim (Monroe Vincent) has followed a similar musical path. Born in Woodville (Ms), 9th January 1919, Vincent came to work and live in New Orleans, playing guitar and harmonica in blues clubs. He came also in contact with Miller and recorded for local labels under several nicknames: Vince Monroe, Mr Calhoun and his most well known, Polka Dot Slim. He also came to California for a living, played there, was a member of the first version of Tom Boyd's Mississippi Delta Blues Band with which he recorded and toured Europe. He died in Oakland (Ca), 22nd, June 1981.
            At last, Sylvester Buckley (born 4th July 1936 in Washington, La - † 15 May 1995 in St Francisville, La) is certainly the least well known of the three. He played and recorded for awhile the harmonica with Silas Hogan, waxing some odd tracks as a leader that wouldn't be issued at that time. He gave up music in the late 60's.
                                                                       Gérard HERZHAFT


SWAMP BLUES Volume 1

BOOGIE JAKE (Matthew Jacobs), vcl/g; Lazy Lester, hca; Katie Webster, pno; Al Foreman, bs; Warren Storm, dms. Crowley, La. 1957
01. Early morning blues
02. I don't know why n°1
03. I don't know why n°2
Boogie Jake, vcl/g; Joe Dardin, pno; Big Bo Melvin, g; Pee Wee Trahan, dms. Baton Rouge, La. juin 1959
04. Bad luck and trouble
05. Early in the morning
Boogie Jake, vcl/g; Joe dardin, pno; Big Bo Melvin, g; Lionel Torrence, t-sax; Pee Wee Trahan, dms. New Orleans, La. 3 mars 1960
06. Chance for your love (If I only had a chance)
07. Loaded down
Boogie Jake, vcl/g; Mark Hummel, hca; Sonny Lane, g; Mississippi Johnny Waters, g; bs; dms. Oakland, Ca. 1977
08. Automobile blues
09. The boogie train
POLKA DOT SLIM (Vince Monroe), vcl/hca; Ernie Holland Orchestra. Crowley, La. 1956
16. Give it up
17. If I had my life to live over
Polka Dot Slim, vcl/hca; Guitar Gable, g; bs: Clarence Etienne, dms. Crowley, La. janvier 1959
18. On the sunny side of love
19. Hello friends Hello pals
20. Hello my friends
Polka Dot Slim, vcl/hca; poss. Lazy Lester, hca; Guitar Gable, g; Katie Webster, pno; Clarence Etienne, dms. Crowley, La. mai 1959
21. I'm ragged and dirty
22. Hey Mattie
23. They call me Mr Calhoun
24. Change your ways
Polka Dot Slim, vcl/hca;Sax Kari, g; band. New Orleans, La. 9-10 septembre 1964
25. Ain't broke ain't hungry
26. A thing you gotta face
Polka Dot Slim, vcl/hca; Robert Hubbard, g; Gerry Dehate, bs; Gerry Henderson, dms. Baton Rouge, La. 1966
27. Trick bag
Go ahead Slim
SYLVESTER BUCKLEY, vcl/hca; Silas Hogan, g; Isaiah Chatman, g; Russell Hayney, dms. Crowley, La. 1962
42. She treats me so evil
43. Mumblin' blues
44. I'm gettin' tired