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dimanche 28 juin 2015

DETROIT BLUES MASTERS/ Volume 9




DETROIT BLUES MASTERS/ Volume 9

           
Cela fait un moment que nous ne sommes pas retournés écouter du blues de Detroit (et de Toledo, une ville voisine elle aussi liée à l'industrie automobile) "au siècle dernier" bien sûr!
            Ce volume 9 commence avec le guitariste et chanteur Arthur Griswold (1939-2003), originaire d'une famille nombreuse de l'Arkansas, qui n'a commencé la musique qu'après un grave accident de moto à l'âge de 17 ans. Ce n'est cependant qu'en allant travailler à Toledo qu'il a formé son premier orchestre de blues en 1959 avec son frère, le claviériste Roman
Griswold (1936-2012). The Griswolds (le nom du groupe) a longtemps surtout joué dans les tavernes de Toledo et Detroit, enregistrant à partir de 1969 une série de 45t extrêmement down-home. Dans les années 1990, ils ont pu tourner en Europe et graver plusieurs excellents CDs.
            L'harmoniciste James "Little Daddy" Walton (1922-2000) était une figure populaire de la scène blues de Detroit où il se produisait régulièrement durant des décennies avec ses fils (Clarence, Melvin, Myron puis Larry qui est aujourd'hui le bassiste du Motor City Beat, un orchestre réputé de la ville). Ayant toujours dû vivre de divers métiers manuels, il ne s'est malheureusement que très peu produit hors des clubs de Detroit. Bien qu'enregistrés pour de minuscules labels locaux entre 1954 et 1969, ses 45t n'en demeurent pas moins de petits classiques du pur Detroit blues.
            Même si elle est surtout connue en tant que chanteuse de Soul tirant le plus souvent vers la pop, Barbara Lewis (née en 1943) a gravé quelques blues qui sont souvent méconnus des amateurs. J'aime particulièrement son interprétation de Frisco blues qui s'inspire bien moins du standard de jazz I left my heart in San Francisco que de la version qu'en avait donnée John Lee Hooker sur Vee Jay.

                                                                       Gérard HERZHAFT

            It's quite a time that we have not been listening to some music from the Detroit (and the rather close town of Toledo) blues scene (yesterday of course). So let's go back there for this 9th volume of our series.
            Arthur Griswold (1939-2003) hails from a large Arkansas sharecropping family and didn't learn guitar before he had a bad motorcycle accident at 17. After moving to Toledo for better job opportunities with his elder brother, keyboardist and singer Roman Griswold (1936-2012), he launched his own blues band, The Griswolds who played mainly in the local taverns, recording some very down home blues 45s from 1969 for tiny labels. The Griswolds enjoyed some larger success after touring Europe and recording several excellent CD's.
            Singer and harp player James Douglas "Little Daddy" Walton (1922-2000) was also a very popular figure of the blues clubs of Detroit where he was playing for years during the week ends (he always had to make a living outside music) with his sons (Clarence, Melvin, Myron and bassist Larry who is now a staunch member of the renowned Motor City Beat Orchestra). He also recorded a handful of very low down blues 45s between 1954 to 1969 for small local labels that are today highly praised by blues fans all over the world.
            At the other end of the Detroit musical spectrum, sweet soul singer
Barbara Lewis (born in 1943) has nevertheless waxed some blues that are not very known by blues buffs. I particularly like her rendition of Frisco blues (I left my heart in San Francisco) which draws its main inspiration from the John Lee Hooker's title he recorded for Vee Jay some time before.

                      Gérard HERZHAFT


DETROIT BLUES LEGENDS/ Volume 9
Arthur Griswold, vcl/g; Roman Griswold, og; bs; dms. Detroit, Mi. 1968
Trying to the future
Christmas time baby (cf my YouTube channel)
ARTHUR GRISWOLD, vcl/g; Roman Griswold, og; bs; dms. Detroit, Mi. 1969
01. Good thing going
02. Foot stumping
Arthur Griswold, vcl/g; Roman Griswold, og/vcls; band. Detroit, Mi. 1970
03. Pretty mama blues
04. Trying for a future
05. Daddy Daddy I & II
Arthur Griswold, vcl/g; Roman Griswold, og/vcls; band. Kalamazoo, Mi. 1972
06. Daddy daddy (LaVal)
07. I just got to know (LaVal)
Arthur Griswold, vcl/g; band. Toledo, Oh. 1974
I just got to know (Buckeye)
08. Look what the fool made me do
Arthur Griswold, vcl/g; band. Toldeo, Oh. 1980
09. Main Street beat
10. The big game hunter
Arthur Griswold, vcl/g; band. Toldeo, Oh. 1986
11. What the Judge did to me
12. There is something on your mind
JAMES WALTON,vcl/pno; Walter Mitchell, hca; Howard Richard, g; Robert Richard, g; dms. Detroit, Mi. 28 janvier 1954
13. If you don’t believe I’m leaving
14. Eva Lee
James Walton, vcl/hca;band. Detroit, Mi. c. 1958
Papa Doo
James Walton, vcl/hca; band. Detroit, Mi. 1963
15. Leaving blues
16. Miss Jessie James
James Walton, vcl/hca; horns; Clarence Walton,g; Marc Walton, bs; Melvin Walton, dms. Detroit, Mi. 1965
Tell me what you got
Shade grove
For those two tracks see: 
https://www.youtube.com/watch?v=wfFB19Shtz8&feature=youtu.be
Thanks to Pierre Monnery
James Walton (as Little Daddy Walton), vcl/hca; og; Clarence Walton, g; Marc Walton, bs; Melvin Walton, dms. Detroit, Mi. 1966-67
17. Spend my money
18. Highway blues
19. I’m to blame
20. I’m leaving
21. Gittin’ it with Soul
22. Quit pussyfooling around
23. I’ve got a broken heart

BARBARA LEWIS, vcl; band. Detroit, Mi. 1962-6324. Frisco blues
25. Shame shame shame
26. Snap your fingers
27. If you need me

(En rouge: titres manquants. Si quelqu'un les possède, une copie .mp3 serait la bienvenue! Merci/ In Red: missing tracks. If anyone would have them, a .mp3 copy would be very welcome)

Thanks to Ballas for sharing 23! And Pierre Monnery for those in blue

lundi 8 juin 2015

MERCY DEE WALTON 1949-55





MERCY DEE WALTON


              
Ce pianiste texan est aujourd'hui trop oublié. On ne retient souvent de lui le seul fait qu'il est l'auteur du célèbre One room country shack, repris jusqu'à aujourd'hui par des dizaines de musiciens de blues et de rock. Mais son oeuvre enregistrée déborde largement ce chef d'oeuvre.
            Né le 30 août 1915 à Waco (Texas), de Fred et Bessie Walton, des métayers. Il abandonne l'école à l'âge de huit ans pour les aider dans les champs. Mais sous l'influence de pianistes locaux comme Sam Brewster, Pinetop Shorty ou Delois Maxey (aucun n'a enregistré), le jeune Mercy Dee devient à son tour un pianiste accompli qui joue dans les barrelhouses ou dans des réunions privées à partir de la fin des années 20.
            Cependant, le jeu de piano de Mercy Dee, tel que nous les connaissons par les disques, traduit aussi une forte influence des pianistes de big bands des années 1920/30 et ce mariage entre la rudesse rythmée de l'école Texane et le toucher plus sophistiqué des jazzmen de Kansas City fait l'originalité de Walton. De même, son chant prenant, mélancolique, détaché mais passionné, si caractéristique du blues texan a parfois aussi des accents jazzy, notamment dans l'utilisation du scat ou dans le phrasé des blues shouters qu'il emploie dans les pièces les plus rapides.
            En 1938, Mercy Dee gagne Fresno à Californie pour avoir de meilleurs salaires en cueillant les fruits de cette riche région. Il a aussi davantage de possibilités de jouer et on le voit dans les clubs de Oakland, San Francisco, Fresno, Stockton et jusqu'à Los Angeles. Il lui faut cependant attendre 1949 pour enfin enregistrer quatre titres pour le petit label indépendant Spire de Chester Lew (parfois à tort orthographié en Lu). G.I. Fever et Lonesome cabin blues réussissent, malgré les aléas d'une distribution chaotique à figurer brièvement dans les classements Billboard et Cashbox et installent soudain Mercy Dee comme un artiste californien qui compte. Ces deux titres, pleins d'un humour amer, sont effectivement excellents et révèlent un artiste en pleine possession de ses moyens. Les années suivantes, Walton enregistre pour des labels importants comme Imperial et Specialty et en 1952-53, le magnifique One room country shack, poignant blues de la solitude absolue, atteint la 8 ème place du Top 40 R&B. Mercy Dee tourne alors à travers tous les Etats Unis. Mais son style de blues profond qui plaisait tant aux migrants ruraux cesse d'être à la mode et, après une vaine tentative de la part des Biharis de lui faire enregistrer des titres plus Rock'n'roll, Mercy Dee doit retourner dans son exploitation fruitière, jouant les week ends dans des bars à cocktails de Fresno et Stockton.

            C'est là que le redécouvre l'infatigable Chris Strachwitz en 1961 qui lui fait enregistrer quatre séances qui paraîtront sur deux magnifiques albums Arhoolie et Bluesville. Mercy Dee devait apparaître à l'affiche de festivals du folk boom quand il est mort d'une attaque à Murphys (Californie) le 2 décembre 1962

                                               Gérard HERZHAFT

            This wonderful Texan pianist and singer is too neglected today, generally only mentioned to have been the composer of the all-time classic blues, jazz and rock One room country shack. But his first-rate recorded output is certainly not limited to this masterpiece.
            Born in Waco (Texas) on August, 30th, 1915 from two sharecroppers, Fred and Bessie Walton, Mercy Dee had to help his parents and leave school at an early age. He also learned the piano from several local musicians like Sam Brewster, Pinetop Shorty or Delois Maxey (none has ever recorded) and, when the 1930's began, he was seen playing at private parties and then local barrelhouses.
            Mercy Dee's piano playing although strongly rooted in the rhythmical efficient roughness of the barrelhouse Texas school has also very often a much more jazzy and light touch, coming from the big bands' pianists of the 1930's. His style of singing, melancholic, impassioned and gloomy, tends also sometimes to borrow jazz manners with scat tricks and shoutings, particularly on his later fast and rockin' pieces.
            In 1938, Mercy Dee went to Fresno (California) to work as a fruit picker and found a lot of opportunities for paid gigs for his kind of piano blues. He played a little bit everywhere in local clubs, private parties from Fresno to Oakland and even Los Angeles. He nevertheless had to wait 1949 to make his recording debuts on the tiny Fresno label Spire, operated by Chester Lew (and not Lu as it is sometimes written). Despite poor distribution, the excellent single G.I. Fever/ Lonesome cabin blues proved to be successful, hitting the Billboard and Cashbox Top 100's. The following years saw Mercy Dee playing clubs, touring the USA and recording for strong labels like Imperial and Specialty. In 1952-53, his One room country shack, an harrowing down home blues about loneliness was a smash hit, climbing up to number 8 of the Top 40 R&B for several weeks.
            But this deep blues style so in favour among the numerous Southwest black migrants during and after the war, was quickly going out fashioned and, after some attempts with mixed results to cash on the new Rock'n'roll trends, Mercy Dee had to return to fruit picking for a living while playing Fresno cocktail lounges on week ends.
            This is where Chris Strachwitz rediscovered him in 1961. He recorded with Mercy Dee four sessions the same year in different settings which were issued as two excellent LP's still available (particularly the Arhoolie CD Troublesome mind). Walton was scheduled on several folk festivals when he died from a massive stroke at Murphys (California) on 2 December 1962.
                                                           Gérard HERZHAFT


MERCY DEE WALTON/ Complete Recordings
Mercy Dee Walton, vcl/pno. Fresno, Ca. 1949
01. Lonesome cabin blues
02. G.I. Fever (Baba Du Lay fever)
03. Evil and hanky
04. Travellin' alone blues
Mercy Dee Walton, vcl/pno; g.; bs. Los Angeles, Ca. novembre 1950
05. Homely baby
06. Empty life
07. Please understand
08. Bird brain baby
Mercy Dee Walton, vcl/pno; g; bs. Los Angeles, Ca. décembre 1950
09. Big foot country
10. Danger zone (Crepe on your door)
11. Roamin' blues
12. Straight and narrow
13. Bought love
14. Old fashioned ways
15. Happey bachelor blues
16. The Pay off (Anything in the world)
Mercy Dee Walton, vcl/pno; Jesse Sailes, dms. Los Angeles, Ca. 13 mai 1952
17. One room Country shack
18. My woman knows the score
19. Misery blues
20. The great mistake
21. Save me some
22. Strugglin' with the blues
23. Lonesome cabin blues
Mercy Dee Walton, vcl/pno; Jesse Sailes, dms. Los Angeles, Ca. 25 avril 1953
24. Rent man blues (vcls: Thelma Walton)
25. Fall guy
26. The drifter
27. Hear me shout
28. Love is a mystery
29. Winter blues
30. Pauline
Mercy Dee Walton, vcl/pno; t-sax; Jesse Sailes, dms. 4 octobre 1953
31. Get to gettin'
32. Dark muddy bottom
33. Whatcha gonna do?
34. My woman and the Devil
35. Big minded daddy
36. Perfect health
37. Problem child
38. Pull'em and pop'em
39. Eighth wonder of the world
40. Rock and roll fever
Mercy Dee Walton, vcl/pno; L.C. Robinson, g; bs; dms. Oakland, Ca. novembre 1954
41. Trailing my baby
42. Trying to kick this habit
Mercy Dee Walton, vcl/pno; Big Jim Wilson, t-sax; band. Oakland, Ca. décembre 1954
43. The main event
Mercy Dee Walton, vcl/pno; band. Los Angeles, Ca. 1955
44. Romp and stomp blues
45. Oh Oh Please
46. Come back Maybelline
47. True love
48. Have you ever
49. Stubborn woman

After a six years hiatus, Mercy Dee Walton was "rediscovered" by Chris Strachwitz and he recorded again four sessions in 1961. Those recordings are still currently available on Troublesomemind (Arhoolie) and Pity and a shame (Bluesville)(harder to find)