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mardi 15 mars 2016

CHICAGO/ The Blues Yesterday Volume 17





CHICAGO/ The Blues Yesterday 17

           
Pour ce 17ème volume de notre série "Chicago/ The blues yesterday", intéressons nous une fois encore à trois bluesmen peu connus qui, comme tous les autres soutiers du blues, ont eux aussi contribué à faire tourner la belle machine du Chicago blues des années 1950-60.

            Le chanteur et guitariste "Birmingham" George Conner (né le 25 mai 1934 à Reform, Al) est encore actif, participant à des festivals dans son Alabama natal! Avant de refaire surface dans les années 2000 auprès de son compatriote Willie King et de la Music Maker Relief Foundation, George a vécu plus de trente ans à Chicago où il tenait un club, "The Place". Il a enregistré deux 45t que nous proposons ici sous les noms de George Corner (sic) et Birmingham George, ce dernier en compagnie de Otis Rush et Lonnie Brooks! Il est retourné vivre en Alabama dans les années 1980 et y a rouvert un club.


            Bien qu'il ait substantiellement enregistré, un certain mystère continue d'entourer le chanteur et guitariste Big Daddy Simpson, probablement Marcellus Simpson et non Melvin comme généralement signalé. Il a vécu et joué dans les clubs de Gary, Indiana en compagnie de John et Grace Brim (qui se trouvent peut-être présents sur certains de ses disques). Il semble en outre que pour la dernière séance, ce soit son fils Melvin Simpson qui chante, ayant remplacé au pied levé son père malade dans les studios. L'harmonica sur plusieurs des disques de ces Simpsons là est joué par le mystérieux Middle Walter (James Jones)! Melvin Simpson participera plus tard à l'orchestre de Big Daddy Kinsey.

            Enfin, G.L. Crockett (George L. Crockett) est le plus connu de ce lot, ayant obtenu un "hit" avec son formidable rockabilly, Look out Mabel en 1958. Crockett est né le 18 septembre 1928 à Carrollton, Ms. Venu à Chicago durant la deuxième guerre mondiale, Crockett a chanté avec divers groupes dans les clubs du West Side avant d'être amené dans les studios par son ami Louis Myers qui joue la fabuleuse partie de guitare de ce morceau. En 1965, Crockett a encore obtenu un certain succès avec le savoureux It's a man down there qui sera repris par Jimmy Reed et Sonny Boy Williamson (Rice Miller). Il est décédé peu de temps après à Chicago le 15 février 1967.

            Mille remerciements à Steve Wisner pour sa constante générosité.

                                                                       Gérard HERZHAFT

            With this 17th (!!!) volume of our "Chicago/ The blues Yesterday" series, let's bring the spotlight once again upon three very lesser known Chicago bluesmen who, anyway, also making their own contribution to this great style.

            Singer and guitarist "Birmingham" George Conner (born 25 May 1934 at Reform, Alabama) is still performing on festivals! Before being rediscovered in the 2000's and recording again thanks to the Music Maker Relief Foundation (and with his friend Willie King), Conner lived in Chicago for three decades, holding a blues club "The Place" and recording two much sought after singles under the names George Corner (sic) and Birmingham George, this last one backed by Otis Rush and Lonnie Brooks! George has gone back to Alabama during the 1980's, opening again a club.

            Although he has substantially recorded, singer and guitarist Big Daddy Simpson (probably Marcellus Simpson and not Melvin as it is generally told) is still shrouded in some mystery. Simpson has lived and played in Gary, Indiana with John and Grace Brim (who might be on some of his recordings), coming to Chicago for some gigs and recording sessions. It seems that for at least the last session inhere it is his son Melvin Simpson who replaces his father who went ill just before the studio. The harmonica on many of those recordings is blown by another mysterious name, Middle Walter (sic), in fact James Jones. Melvin will also play and record behind Big Daddy Kinsey.

            G. L. Crockett (George Crockett) is better known for his two "hits". Born in Carrollton, Ms on 18th September 1928, Crockett came to Chicago at the end of Second World War and began to sing with several West Side blues bands for whom he also composed songs. This is his friend Louis Myers (who also plays the guitar) who brought him in the studios in 1958 for the recording of the fabulous Rockabilly blues tune, Look out Mabel. In 1965, G.L. Crockett would again hit the Chicago charts with It's a man down there, a great blues that will also be recorded by Jimmy Reed and Sonny Boy (Rice Miller). Unfortunately, George Crockett died shortly afterwards in Chicago on 15th February 1967.

            A lot of thanks, once again, to Steve Wisner for sharing some of the rarest records over here.

                                                                      Gérard HERZHAFT


George Conner (as George Corner), vcl/g; band. Chicago, Ill. 1962
01. Morning love blues
02. You know you don't love me
03. Too hot to hold
George Conner (as Birmingham George), vcl/g; Billy Emerson, og; Otis Rush, g; Lonnie Brooks, g; bs; dms. Chicago, Ill. 1965
04. Poor boy
05. Back in town
Big Daddy Simpson (Marcellus Simpson), vcl/g; band. Chicago, Ill. 1960
06. I love my baby
07. Try and understand
Big Daddy Simpson, vcl/g; Middle Walter (James Jones), hca; band. Chicago, Ill. 14 janvier 1963
08. What can I do
09. You don't believe a word I say
Big Daddy Simpson, vcl/g; Marcellus Simpson, vcls; band. Chicago, Ill. octobre 1963
10. Give me back my ring
11. Let your hair down baby
12. Lonely man
Melvin Simpson, vcl/g; Middle Walter, hca; band. Chicago, Ill. 1964
13. Someday baby
14. So hard I & II
15. Don't leave me
16. I'm in love with you
G. L. Crockett (George Crockett), vcl; Louis Myers, g; Henry Gray, pno; bs; dms. Chicago, Ill. juin 1958
17. Look out Mabel I & II
18. Did you ever love somebody I & II
G.L. Crockett, vcl; Louis Myers, g; Henry Gray, pno; Lorenzo Smith, t-sax; Reggie Boyd, bs; dms. Chicago, Ill. 17 juin 1965
19. It's a man down there
20. Every hour every day
21. Every goodbye ain't gone
22. Watch my 32
G.L. Crockett, vcl; Louis Myers, g; Henry Gray, pno; Lorenzo Smith, t-sax; Reggie Boyd, bs; dms. Chicago, Ill. janvier 1966
23. Think twice before I go
24. Gonna make you mine



mardi 1 mars 2016

HOUSE OF THE RISING SUN



HOUSE OF THE RISING SUN/ Origines et Evolution du célèbre Folk Song

           
Quittons un moment le strict domaine du blues pour nous intéresser à un des plus célèbres folk song américain, House of The Rising Sun. Mais que les lecteurs de "Blue Eye" se rassurent, dans les musiques de l'Amérique profonde, le blues ou à tout le moins le feeling du blues ne sont jamais très loin!
            Si House of the Rising Sun est aujourd'hui un thème célèbre dans le monde entier et a engendré des centaines (!) de versions différentes et dans toutes les langues, cela na guère été le cas avant les années 1960. Il s'agit alors d'une ballade parmi d'autres et il faut attendre 1933 et Clarence Ashley pour en graver sur disque la première version. Ashley, originaire des Appalaches et que l'on redécouvrira dans les années 1960, avouera avoir appris cette chanson de son grand père mais en avoir retrouvé d'autres versions lors de ses années passées dans les spectacles itinérants sudistes, les medicine shows.
            On ne sait rien de sûr à propos des lointaines origines de cette chanson qui est, généralement, considérée comme la complainte d'une jeune fille séduite par un souteneur et amenée dans l'infâme maison close "Rising Sun" de la Nouvelle Orléans. Mais les versets (qui varient selon les versions, en tout cas jusque dans les années 1960) ne sont pas aussi clairs et peuvent aussi renvoyer à une prison pour femmes ("I got one foot on the platform, The other foot on the train/ I'm goin' back to New Orleans To wear that ball and chain"), voire un sanatorium! Comme toujours dans les folk songs américains, on leur trouve des réminiscences des Iles Britanniques (une vieille ballade anglaise du XVIIIème siècle mentionne "ask for The Rising Sun, there you'll find two old whores and my old woman's one") ainsi que des références en vieille France, la "nouvelle aube" stylisée par un soleil levant flamboyant étant le symbole de la rédemption et de la guérison, choisi par l'ordre des Ursulines fondé au XVème siècle et dont les couvents sont aussi toujours des hospices pour nécessiteux.
            
 Mais comme toujours aussi, les folk songs américains sont bien sûr... américains. On trouve à la Nouvelle Orléans plusieurs bâtiments qui peuvent correspondre au "Soleil Levant". D'abord, avec certitude, une maison close du Vieux Quartier, célèbre dans les années 1808-22 jusqu'à sa destruction par un incendie et qui abrite aujourd'hui le Musée Historique de La Nouvelle Orléans. Le Vieux Couvent des Ursulines, installé par les Français au XVIIIème siècle et, comme signalé, décoré de deux fresques représentant des Aubes flamboyantes, a été transformé en prison pour femmes à la fin du XIXème siècle. Enfin, une certaine Mme Marianne Le Soleil possédait une autre maison close dont les murs étaient ornés de fresques représentant des "Soleils Levants" (d'après bien sûr son nom) encadrés de trois Eros décochant leurs flèches. On a retrouvé ces fresques dans le bâtiment de Mme Le Soleil, aujourd'hui occupé par une agence immobilière!
            Quoi qu'il en soit, il est intéressant de retracer l'évolution de ce folk song à partir du premier enregistrement par Clarence Ashley en 1933. Il s'agit alors d'un blues à la façon "Hillbilly". Les Callahan Brothers et Roy Acuff qui ont connu le morceau par Ashley en donnent des versions similaires. Lomax enregistre une chanteuse amateur Georgia Turner qui interprète ce thème. Par Lomax, le morceau passe dans le répertoire des bluesmen et folk singers qui constituent alors la scène new-yorkaise, en particulier Josh White, Woody Guthrie et Lead Belly. Mais c'est l'actrice de théâtre et chanteuse Libby Holman (1904-71), une proche amie de Josh White, qui lui "emprunte" House of the Rising Sun et en enregistre une version de style cabaret de l'époque qui est un grand succès.
            House of the Rising Sun restera alors dans le répertoire presque obligé des folk singers New Yorkais, Weavers, Pete Seeger, Woody Guthrie et al. Mais c'est en fait Dave Van Ronk qui, au début des années 1960 (et bien que lui-même n'enregistre le morceau qu'en 1964) qui signe les arrangements que l'on connaît aujourd'hui. Et c'est Bob Dylan - qui loge chez Van Ronk - qui lui emprunte sa version et la fait figurer sur son premier album. C'est d'après Dylan que le groupe britannique les Animals font de House of The Rising Sun un succès planétaire!
                                                                       Gérard HERZHAFT

            Let's leave (but not too far, don't be afraid!) the hardcore blues to study a little bit one of the most famous American folk song House of the Rising Sun with its hundreds of recordings in dozens languages!.
            In fact, before the 1960's, House of the Rising Sun was just a bluesy Old Time ballad among many others. It was only first recorded by Clarence Ashley in 1933. Ashley who was from Tennessee and was rediscovered during the 1960's Folk Boom told he learned this song from his grandfather and took it in his repertoire while touring around the South with a medicine show.
            The far origins of this song (generally sung from a young girl's speech who was seduced by a gambler and doomed to an infamous "Rising Sun" in New Orleans) are very uncertain. And the verses of the different early versions may refer to a brothel but also to a prison (I got one foot on the platform, The other foot on the train/ I'm goin' back to New Orleans To wear that ball and chain) or even a hospital. Like so very often, one can find British origins of the song: a XVIIIth Century English ballad has those verses: "ask for The Rising Sun, there you'll find two old whores and my old woman's one". Or French origins, the "new dawn with a flamboyant sun" being the symbol of medical redemption and healing provided by the Ursulines Convents since the XVth Century.
            But as always, the American Folk Songs are first and foremost... Americans. One find in New Orleans several buildings with a "Rising Sun" connection. First, a brothel situated in the French Quarter, very famous during the years 1808-1822 when a fire almost destroyed the building which is today the home of the Historic New Orleans Collection Museum. The old Ursulines' Convent created by the French during the early XVIIIth Century has become a prison for women at the end of the XIXth Century. And has still the original decorations of two Rising Sun mural paintings, common to this religious order. There is also an other brothel formerly owned by a certain Madam Marianne Le Soleil (Mrs The Sun!) whose walls were decorated with several Rising Suns (from the Madam's name) surrounded by three cherubs! This very building is occupied today by a real estate who kept the original paintings!
            Whatever, it is rewarding to follow the evolution of this folk song from the very first 1933 Clarence Ashley recording which was mostly a "Hillbilly blues". The Callahan Brothers and Roy Acuff have learned the song from Ashley and their renditions are close to the "original". In 1937, Lomax recorded the song by an amateur singer from Kentucky, Georgia Turner who might have learned the song from the records or from local singers. Anyway, with this version, House of the Rising Sun takes root among the numerous folk singers and bluesmen playing in the New York area: Weavers, Pete Seeger, Woody Guthrie, Lead Belly, Josh White. But it's Libby Holman (1904-71) a cabaret singer and an actress, a close friend of Josh White who hit big with her version recorded in 1942.
            The today well known arrangements of the song have in fact been created by Dave Van Ronk during the early 1960's (although he didn't record it before 1964). Bob Dylan who was at that time living in Van Ronk's apartment borrowed him the song and recorded it on his very first album. The British band, The Animals took the Dylan/ Van Ronk version, electrifies it and enjoyed a huge commercial success throughout the world, then making the previous obscure The House of The Rising Sun one of the most recorded American Folk Song of all times!
                                                                       Gérard HERZHAFT



HOUSE OF THE RISING SUN

01. Clarence Ashley: Rising sun blues (1932)
02. Callahan Brothers: Rounder's luck (1934)
03. Georgia Turner: House of the Risin' Sun (1937)
04. Roy Acuff: The Rising Sun (1938)
05. Libby Holman: The house of the Rising Sun (1942)
06. Josh White: House of the Rising Sun (1944)
07. Lead Belly: House of the Rising Sun (1944)
08. Woody Guthrie: Rising Sun blues (1944)
09. Weavers: House of the Rising Sun (1959)
10. Joan Baez: House of the Rising Sun (1960)
11. Pete Seeger: House of the Rising Sun (1961)
12. Fred Gerlach: Risin' Sun (1962)
13. Bob: House of the Rising Sun (1962)
14. Nina Simone: House of the Rising Sun (1962)
15. Isla Cameron: The House of the Rising Sun (1962)
16. Karen James: The House of the Rising Sun (1962)
17. Roscoe Holcomb: House in New Orleans (1962)
18. Jack Elliott: House of the Rising Sun (1963)
19. Dave Van Ronk: House of the Rising Sun (1964)
20. Animals: The House of the Rising Sun (1964)
21. Doc Watson: Rising Sun blues (1964)
22. Supremes: House of the Rising Sun (1964)