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samedi 16 avril 2016

LONESOME SUNDOWN





LONESOME SUNDOWN

           
Né le 12 décembre 1928 à Donaldsonville, Cornelius Green a connu l'enfance habituelle des Noirs du Sud rural: peu d'instruction, le travail de la canne à sucre, une guitare bricolée, l'Eglise du dimanche. Il gagne La Nouvelle-Orléans en 1945, travaille comme portier dans u casino, prend des cours de guitare avec Guitar Slim avant de travailler à Port Arthur dans une raffinerie. Il joue dans les bars du port avec Clarence Garlow, se lie avec Phillip Walker et Clifton Chenier qui propose à Green et à Walker d'être les guitaristes de son Zydeco band.
            En 1956, Cornelius Green quitte Chenier pour se marier et tenter sa chance en fondant son propre orchestre. Il s'installe à Opelousas, fait équipe avec Lloyd Reynaud, compose ses premiers blues. Après une première séance sans lendemain, Cornelius se présente auprès de J. D. Miller qui a installé un petit studio dans sa bourgade de Crowley. Le courant passe tout de suite entre J. D. Miller et Cornelius Green.
            En juillet 1956, Cornelius Green enregistre deux de ses compositions, le sombre et vibrant Lost without love et l'endiablé Leave my woman alone. J. D. rebaptise sa nouvelle "découverte" Lonesome Sundown. L'association Miller-Green va faire de Lonesome Sundown un des plus remarquables des bluesmen sudistes. Sundown est très ancré dans le terroir louisianais. Le back beat, la voix quelque peu traînante et chaude, les accompagnateurs maison de chez Miller (la pianiste Katie Webster, Lazy Lester à l'harmonica, le saxophoniste Lionel Torrence/Prevost mais aussi les guitaristes Guitar Gable, Leroy Washington ou Fats Perrodin) donnent une immanquable saveur marécageuse à ses blues. Mais Lonesome Sundown est aussi marqué par ses années à La Nouvelle-Orléans et à Port Arthur, sa participation à l'orchestre de Chenier et surtout par son admiration pour Guitar Slim qui ne se démentira jamais. Sundown passe aussi pour avoir nettement influencé un jeune guitariste de Baton Rouge, Buddy Guy dont plusieurs des premiers titres (Let me love you baby) rappellent fortement les disques de Lonesome Sundown.
            Dans les années qui suivent, Lonesome Sundown enregistre de façon conséquente pour Miller et sort disque sur disque, devenant un des favoris du Sud de la Louisiane et de l'Est du Texas. Mais ses disques ne réussiront pratiquement jamais à se vendre au-delà de cette aire géographique. Entre 1956 et 1964, seize 45-tours sont édités, fruits de cette association Miller-Sundown plus nombre de titres inédits qui ne verront le jour que bien plus tard. Tout est pratiquement excellent et beaucoup de morceaux sont de grands chefs-d'oeuvre du blues de l'après-guerre: l'extraordinaire Lonesome lonely blues avec une atmosphère encore assombrie par le saxophone crasseux à souhait de Lionel Torrence; I'm a mojo man qui qualifie peut-être le mieux l'ambiance du "mojo" et permet à Lazy Lester de briller à l'harmonica; Gonna stick to you baby, une de ces tentatives très réussies de marier le swamp blues au rockabilly.
            En 1965, Lonesome décide de se tourner vers la religion, rejoint l'Eglise de la foi apostolique de N. S. Jesus-Christ à laquelle il se consacre presque entièrement et redevient... Cornelius Green.
            Ce n'est que plus d'une décennie plus tard, poussé par son vieux compère Philip Walker et se rendant compte, grâce à plusieurs visites de journalistes britanniques qu'il était devenu une sorte de 'légende vivante" que Cornelius Green consentira à redevenir brièvement Lonesome Sundown, le temps d'un magnifique album enregistré en 1977 pour Bruce Bromberg, "Been gone too long".

            Cornelius Green décède le 23 avril 1995 à Gonzales (La). Son oeuvre demeure une des plus achevées du blues sudiste de l'après-guerre.
            Tous nos remerciements à Alfred Broussard pour son aide
Selon notre ami Benoit Blue Boy - qui connaît fort bien Lazy Lester avec qui il a joué et tourné très souvent - Lazy Lester n'est pas l'harmoniciste derrière Lonesome Sundown à partir des séances de 1961. Il s'agirait plutôt de Whsipering Smith.
                                                                       Gérard HERZHAFT


            Born 12 December 1928 at Donaldsonville (Louisiana), Cornelius Green has lived the usual harsh childhood of most of poor rural southerners, working on the cane fields at an early age. Hating this life, Cornelius goes to New Orleans in 1945 to work as a janitor in a Casino and takes his first guitar lessons with several local guitarists, including Guitar Slim (Eddie Jones) who will stay as a very strong influence. The boom of the oil industry brings Green to Port Arthur where he starts to play the evening in local clubs with Clarence Garlow and Phillip Walker who shows him more guitar licks and will stay forever as a very good friend. But his real first professional job as a musician starts when Clifton Chenier hires Walker and Cornelius in his Zydeco band. Green tours several months and make his first recordings with Clifton.
            In 1956, Cornelius Green leaves Chenier's band to marry and settles in Opelousas. He plays locally and under the guidance of producer Lloyd Reynaud he starts to write his own blues. After a first session for Eddie Shuler's Goldband label (unissued at that time), Green goes to Crowley, auditioning for J.D. Miller who recognizes a great original talent and makes him record two titles, the mournful Lost without love and the boisterous Leave my woman alone. Miller issues the record under the moniker "Lonesome Sundown" that at first makes Cornelius Green angry! But the name will stay.
            With the wise tutelage of Miller, Lonesome Sundown becomes quickly one of the best deep southern bluesman from the late 1950's. Sundown's music is very rooted in the Louisiana Swamp genre created by Miller: a lazy backbeat, a drawling voice, striking compositions, wonderful backing musicians (from Lazy Lester to Lionel Torrence/Prevost through Katie Webster). But his first influences (notably Guitar Slim's) are still strong in almost all his recordings and make him apart of the other Miller's deep bluesmen. Lonesome Sundown will also have a certain influence on a young Baton Rouge guitarist named Buddy Guy whose many of his first Chicago records (like Let me love you baby) remind Sundown's style.
            During the following years (1956-64), Sundown records constantly and becomes a favorite of the South Louisiana/ East Texas blues scene. But with the exception of My home is a prison (and thanks to Slim Harpo's version) none of his 45s will really sell outside this area. Anyway, almost all his records are very good or excellent (the mournful Lonesome lonely blues with a great saxophone solo by Lionel Torrence; I'm a mojo man with a brilliant Lazy Lester; Gonna stick to you baby with its almost Rockabilly feel...).
            But in 1965, tired of the hectic musician's life, Lonesome Sundown gives up the blues, becomes a preacher with the Apostolic Faith Church and reverts his name to... Cornelius Green.
            He will stay out of the blues except for a brief time in 1976-77 when, convinced by his old friend Phillip Walker and the fact that he realized he has become a "legendary name" in Europe and particularly in England, he will make some club appearances, the time also to record for Bruce Bromberg a tremendously successful album, Been gone too long.
            Cornelius Green dies in his hometown of Gonzales (La) on 23 April 1995.
            Thanks to Alfred Broussard for his help.
 According to our friend Benoit Blue Boy who knows very well Lazy Lester, having toured and played with him for years now, Lazy is not the harp player behind Sundown after 1960. He thinks the harmonicist for those late sessions is probably Whispering Smith.
                                                                       Gérard HERZHAFT



vendredi 1 avril 2016

EDDIE LANG/ New Orleans Guitar



EDDIE LANG/ New Orleans Guitar


            Ce guitariste et chanteur de La Nouvelle Orléans, Eddie Lang (Eddie Langlois) n'a évidemment rien à voir avec le guitariste de jazz italo-américain Eddie Lang (Salvatore Massaro) (1902-1933).
            Eddie Langlois est né le 15 janvier 1936 à La Nouvelle Orléans (bien que certaines sources fiables le font naître bien plus tôt) et commence à jouer de la guitare dès le début des années 1950, d'abord au sein des House Rockers de Jessie Hill puis ensuite avec Guitar Slim (Eddie Jones) qui l'influencera beaucoup. C'est d'ailleurs grâce à Slim et en tournée avec lui que Lang enregistre dès 1951 son premier disque pour le label de Nashville Bullett.
            Tandis que Guitar Slim engrange très rapidement de nombreux succès et devient un artiste très populaire et très influent qui tourne avec l'orchestre de Lloyd Lambert, Eddie Lang tente sa chance de son côté, écumant les clubs de Louisiane. Il réussit à enregistrer pour divers labels comme RPM, Ace (de Johnny Vincent), Ron et obtient à son tour quelques modestes hits régionaux avec Easy Rockin' en 1958 (accompagné par Dr John). Malgré la grande qualité artistique de ses disques, Eddie Lang demeure une figure mineure de la scène néo-orléanaise.
            Et il lui faut attendre 1966 pour retrouver vraiment le chemin des studios, cette fois sous la houlette de Eddie Bo qui produit et arrange de belle façon les séances d'enregistrement de nombreux artistes dont lui-même bien sûr et Eddie Lang. Something within me, The fooler sont des succès régionaux qui permettent à Eddie Lang d'enregistrer et de se produire régulièrement dans et autour de La Nouvelle Orléans. Mais c'est avec le roué Food stamp blues, gravé en 1973 pour le petit label Super Dome, que Eddie Lang obtient son plus gros succès.
            En 1977, il fait partie de la tournée européenne curieusement intitulée Mississippi Delta Blues Band qui se produit essentiellement en Scandinavie. Eddie Lang, bien que très mal crédité, est en vedette sur la plupart des titres du disque réalisé à Stockholm pour l'occasion.
            Mais en 1979, un AVC le laisse à demi paralysé, l'empêchant de jouer de la guitare et il décède dans sa résidence de Slidell, Louisiane, le 10 mars 1985.
            Cette compilation regroupe pour la première fois, à l'exception d'un titre, tout ce que cet excellent mais trop méconnu guitariste et bluesman a enregistré. Merci à tous ceux qui ont contribué à ce recueil, en particulier Marie-Antoinette L. et Xyros.
                                                                       Gérard HERZHAFT

            This Eddie Lang (Eddie Langlois) must not be confused with his namesake and pioneer jazz guitarist Eddie Lang (Salvatore Massaro)(1902-1933).
            Eddie Langlois was born in New Orleans on 15th January 1936 (although some sources state his birth much earlier) and he started to play guitar at an early age, first with the House Rockers, a local band formed by Jessie Hill and then with Guitar Slim (Eddie Jones) who will be a strong and lasting influence. This is while touring with Guitar Slim than Eddie Lang waxed his first record for the Nashville label Bullett as early as 1951.
            But while Guitar Slim quickly enjoyed fame and success with a string of hits and then toured through the Southwestern States with the Lloyd Lambert's band, Eddie Lang was left behind. He then started his own band, playing in clubs and small venues around New Orleans. He nevertheless managed to record some excellent 45s in 1956-59 for several labels (RPM, Johnny Vincent's Ace, Ron) having a modest hit with Easy Rockin' in which Dr John Plays the keys.
            Eddie had to wait until 1966 to find himself again in the studios, this time for Joe Banashak and under the wise production of Eddie Bo. Something within me, The fooler were local hits, establishing Eddie Lang as a minor favourite of the Louisiana-Texas scene. In 1973, the smart two parts blues Food stamp blues recorded for the small SuperDome label, was at last a real hit.
            In 1977, Eddie Lang was part of a Scandinavian tour, oddly titled "Mississippi Delta Blues Band". Although ill credited, Eddie Lang sings lead on most of the tracks on the LP recorded in Stockholm for the occasion.
            Suffering a bad stroke in 1979 which left him diminished, unable to play the guitar, Eddie Lang died in his hometown of Slidell (Louisiana) 10 May 1985.
            We have gathered here all the recordings made by this excellent but underrated bluesman and guitarist (minus one title). Thanks to all who made this possible, particularly Marie-Antoinette L. and Xyros.
                                                                                   Gérard HERZHAFT


EDDIE LANG
Complete Recordings
Eddie Lang, vcl/g; band. Nashville, Tn. 1951
01. Darling you know I love you
02. My baby left me
Eddie Lang, vcl/g; Huey Smith, pno; Lee Allen, pno; band. New Orleans, La. 19 février 1954
03. Hallelujah
Eddie Lang, vcl/g; band. New Orleans, La. septembre 1956
04. Come on home
05. I'm all alone
06. I'm beggin' with tears
07. You got to crawl before you walk!
Eddie Lang, vcl/g; Ronnie Barron, pno; Dr John, g; Earl Stanley, bs; Paul Stahli, dms. New Orleans, La. 25 octobre 1958
08. On my way
09. Easy Rockin'
10. Troubles troubles
11. She's mine all mine
12. You sure is fine
Eddie Lang, vcl/g; band. New Orleans, La. 1959
13. Let me tell you bout it
Burning inside
Eddie Lang, vcl/g; James Black, dms; band. New Orleans, La. 1966
14. The love I have for you
15. Something within me
Eddie Lang, vcl/g; band. New Orleans, La. 1 mars 1967
16. I'm gonna make you eat those words
17. The Fooler I & II
Eddie Lang, vcl/g; band. New Orleans, La. 28 juin 1967
18. The sad one
19. Souling
Eddie Lang, vcl/g; Sonny Randall, pno; band. New Orleans, La. 1973
20. Food Stamp blues I & II
Eddie Lang, vcl/g; band. New Orleans, La. 1974
21. Bringing back those old days
22. Mean sad world
Eddie Lang, vcl/g; Vincent Blakey, g; Lee Crisp, hca; Jesse Alexander, bs; Richard Milton, dms. Stockholm, Suede, 25 avril 1977
23. Mean old world
24. Slippin' and slidin'
25. Woke up this morning
26. Struttin'
27. My own fault