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samedi 21 mai 2016

HOMESICK JAMES/ Early Recordings and Life



HOMESICK JAMES/ Complete Early Recordings 1952-64


Malgré une production discographique relativement abondante et plusieurs interviews qu'il a donnés, la vie réelle de Homesick James reste confuse. Il s'est longtemps fait appeler James Williamson et a prétendu être le cousin (voire le demi-frère) de John Lee "Sonny Boy" Williamson;. guitariste de Elmore James durant plusieurs années à la fin des 50's, il a changé de patronyme, son nom de famille devenant James, lui-même se proclamant le cousin germain d'Elmore et bien sûr son seul héritier musical légitime! En fait, Homesick James est né William Henderson, près de Somerville, une grosse bourgade du centre du Tennessee.
Sa date de naissance est aussi très sujette à caution. D'abord (et longtemps) située le 3 mai 1914, Homesick a ensuite presque constamment donné le 30 avril 1910 et même à plusieurs occasions le 30 avril 1904! Mais plusieurs témoignages de proches ou d'amis font penser qu'il était en fait bien plus jeune et qu'il serait né aux alentours de 1920-24. Ce qui cadrerait beaucoup mieux avec son apparence physique telle qu'on a pu la juger de visu depuis la fin des 60's. Ainsi qu'avec celle de ses parents qui sont apparus, en pleine forme et visiblement pas plus âgés que 70 ans, à ses côtés au Nashville Heritage Festival en 1976!

            En effet, William grandit dans une famille de musiciens: sa mère Cordellia Henderson Rivers est une guitariste et chanteuse de blues. Son père, Plez Rivers est membre du célèbre Broadnax Fife and Drum band qui animait les pique-niques, mariages, bals... jusqu'à Nashville durant les années 20 et 30. Enfin, son oncle, Tommy Johnson (aucun rapport avec le grand bluesman du Delta), était lui aussi un bluesman d'importance du Tennessee central amène son neveu à Memphis sans doute dans les années 30 et lui fait rencontrer Peetie Wheatstraw, alors résident d'un club de Beale Street, John Estes, Yank Rachell, John Lee Williamson, Big Walter Horton, John Henry Barbee et Little Buddy Doyle derrière lequel il aurait enregistré pour la première fois en 1939 pour Bluebird.
C'est probablement à ce moment-là (et non pas vers 1929 comme il l'a parfois affirmé) qu'il se fait appeler James Williamson et qu'il gagne Chicago en compagnie de John Henry Barbee. On le retrouve vite parmi les habitués de Maxwell Street et il est certainement membre des orchestres de Memphis Minnie puis (à la fin des années 40) de Johnnie Temple, rencontrant par la même occasion pour la première fois Elmore James. Il n'est guère certain d'ailleurs qu'il ait pratiqué la guitare slide avant cette rencontre.
Lorsqu'il a enfin l'occasion en juin 1952 d'enregistrer cinq titres en leader sous le nom de James Williamson pour le label Chance, il alterne les pièces avec et sans slide. Mais c'est une de ces dernières, Johnnie Mae qui lui vaut un petit succès à Chicago. Il récidive donc en janvier 1953, cette fois en compagnie de Johnny Shines et Lazy Bill Lucas, gravant enfin Homesick, interprété totalement à la Elmore, alors très populaire. C'est un vrai succès commercial (sans doute la meilleure vente pour le label Chance) et cela pousse William Henderson à s'appeler définitivement Homesick James et à capitaliser à la fois sur sa slide guitare et sa supposée parenté avec Elmore. Il retourne une nouvelle fois dans les studios pour Chance en août 1953, gravant une somptueuse séance accompagné de Snooky Pryor, magnifique à l'harmonica.
Il participe alors à plusieurs orchestres, particulièrement celui d'Elmore James derrière lequel il enregistrera à plusieurs reprises. Mais, à part une séance pour Atomic H en 1954 sous le nom ed Jick and His Trio (! et jamais éditée), Homesick ne retrouve les chemins des studios en leader qu'en 1962, un 45t pour Colt qui couple Can't afford to do it et Set a date, une fois encore deux très beaux titres. En 1963, il grave une grande version du classique Crossroads pour USA. Ces disques, largement confidentiels, ne lui rapportent rien, sauf une réputation auprès des bluesfans de plus en plus nombreux dans le monde qui s'intéressent à ce guitariste slide qui, à la mort d'Elmore en 1963, semble être son continuateur désigné.
C'est cette renommée, développée par la revue anglaise Blues Unlimited, qui pousse Sam Charters à le contacter et l'enregistrer pour ce public du blues revival: un bel album pour Prestige (Bluesfrom the Southside) en compagnie de Lafayette Leake et Lee Jackson et surtout quatre titres pour l'anthologie Chicago/ The blues today dont le succès international va lui permettre de tourner fréquemment en Europe. Parallèlement, Homesick grave encore quelques beaux titres pour Spivey (avec son vieil ami John Henry Barbee) et Decca (sous la houlette de Willie Dixon).
Si une grande partie de cette première oeuvre a été souvent rééditée, plusieurs séances rares, inédites ou/et introuvables apparaissent enfin ici dans leur chronologie. Merci à tous ceux qui ont permis ce travail, notamment Steve Wisner et Jim O. (pour la rareté absolue de la séance Atomic H de 1954) ainsi que Xyros dont le blog Don't ask me... est indispensable à tout amateur de blues.
                                                                      Gérard HERZHAFT

            Despite a large discography and many interviews, the truth about the early years of Homesick James' life are still a little bit hazy. He called himself James Williamson for a very long time, pretending to be a first cousin to John Lee "Sonny Boy" Williamson, then one of the most famous bluesman. As a guitarist of Elmore James, he then said repetedly he was also his first cousin and, at Elmore's death, his sole legitimate musical heir!
            In fact, Homesick James was born William Henderson at Longtown (Tennessee). Generally his given birthdate (based on Homesick's statement) was 30 April 1910 although he frequently said "30 April 1904". In fact, several accounts from relatives and friends give a much later birthdate, around 1920-24. Which would fit much more with his physical appearance until 1976 when he played alongside with his parents (who neither seemed to be aged more than 70) at the Nashville Heritage Festival.
            His mother Cordellia Henderson Rivers was a very good blues and gospel singer and guitarist while his father Plez Rivers was a staunch member of the locally well known and in-demand Broadnax Fife and Drums Band. And his uncle, a Tommy Johnson (no relation with the Delta bluesman of the same name) was also a well known bluesman in this part of the Tennessee State. This Johnson brought the young William to Memphis during the late 1930's where he had the chance to meet and play with many recording bluesmen including Sleepy John Estes, John Lee "Sonny Boy" Williamson, John Henry Barbee and Little Buddy Doyle with whom he could have even recorded in 1939.
            It's only then that William Henderson named himself James Williamson. During the early 1940's he and John Henry Barbee went to Chicago where they were featured together on Maxwell Street's market. Wiliamson also played with Memphis Minnie (a strong and lasting influence, particularly on his vocal) and Johnnie Temple, probably meeting in Temple's band Elmore James who taught him how to play the slide.
            Anyway, James Williamson first recorded as a leader and under this name in 1952 and 1953 for the Chance label, three sessions with two local hits, Johnnie Mae and particularly the very Elmorish Homesick that prompted William Henderson-James Williamson to at last become Homesick James!
            After Chance collapsed, Homesick recorded again either as Elmore's sideman or several short sessions for small labels like Atomic H (under the odd moniker Jick and his trio, never issued), La Salle (a whole still unissued session), Colt or USA, particularly in 1963 a striking version of Crossroads. Those records bring Homesick a strong reputation to the fledgling european blues community, particularly through the pioneering British mag Blues Unlimited. All those led Sam Charters to go to Chicago and record a whole album by Homesick for Prestige and then a noted contribution to the best-selling series Chicago/ The Blues today. At the same time, James waxed also several lesser known sessions for Spivey and Willie Dixon.
            If a large part of Homesick's early discography has been reissued, several odd, unissued or unobtainable tracks appear here for the first time in their chronological place. Many thanks to all those whose help made this possible, particularly Steve Wisner, Jim O. and Xyros whose blog Don't ask me... is of course a must for any blues buff!
                                                                       Gérard HERZHAFT


lundi 9 mai 2016

PERCY MAYFIELD: WEST COAST BLUES MASTER




PERCY MAYFIELD West Coast blues master

           
Percy Mayfield, entre blues californien, Rhythm & Blues et même Variétés est un nom majeur de l'histoire de la musique populaire noire. Son influence sur le blues de la Côte Ouest et au-delà a été considérable, autant par son œuvre enregistrée que par ses compositions dont beaucoup sont devenues des standards repris par des dizaines d'artistes: Please send me someone to love, Strange things happening, I need your love so bad, Memory pain (It serves you right to suffer), My mind is trying to leave me. Mayfield est aussi l'auteur de plusieurs succès de Ray Charles dont il a été le compositeur attitré entre 1962 et 1964: Hit the road, Jack, Danger zone, But on the other hand, Tell me how do you feel. Cette fonction de parolier – arrangeur - compositeur a quelque peu occulté la propre discographie de Mayfield qui est fort impressionnante.
            Venu de Louisiane (il est né à Minden le 12 août 1920) à Los Angeles via Houston en 1942, Percy démontre ses talents de compositeur avant de réussir à devenir un des favoris des jeunes Noirs grâce à son apparence physique et sa voix de velours. Il est un subtil baryton qui abaisse curieusement les notes, répète fréquemment la dernière ligne du couplet, insinue plus qu'il ne clame, crée en quelques secondes un climat de tristesse amère qui enveloppe l'auditeur. Il a été très influencé par les sermons de l'église de son enfance. Ses compositions, prêches laïcs, soulignent de façon moralisatrice les faiblesses humaines, les ravages de l'alcool et de l'adultère. Ses textes sont très élaborés avec un sens aigu de la chute finale et un humour en demi-teintes, parfois ravageur. En 1952, il est victime d'un accident de la route qui le défigure et change aussi substantiellement le timbre de sa voix. Dès lors, Mayfield continue à enregistrer sous son nom mais ne se produit plus en public et se consacre surtout à la composition.

            Peu avant sa mort (le 11 août 1984 à Los Angeles), pressé par des admirateurs du monde entier, notamment européens, Percy Mayfield est revenu sur scène. Et, malgré les ans et son apparence physique, tête cabossée, œil exorbité, sa voix prenante, sa présence scénique, son charisme a impressionné ceux qui ont eu la chance de le voir.
            Nous avons regroupé la quasi-totalité de la forte œuvre qu'il a gravée entre 1946 et 1969. Merci à tous ceux qui ont aidé à rassembler ces titres, dont certains n'ont jamais été réédités: Jeannot L., Steve Wisner, Kempen, Xyros, Gyro...
                                                                       Gérard HERZHAFT

            Percy Mayfield, between blues, R&B and even doo-wop or pop, is a major name of the post war popular music. His influence on the emerging West Coast blues scene and then beyond has been considerable and several of his songs (his own compositions) have become standards, played by dozens of artists to these days (Please send me someone to love, Strange things happening, I need your love so bad, Memory pain (It serves you right to suffer), My mind is trying to leave me; Highway is like a woman....). Percy has also been hired by Ray Charles to write some of his great hits during the mid-60's: Hit the road, Jack, Danger zone, But on the other hand, Tell me how do you feel.
            Born in Minden (Louisiana) on 12 August 1920, Percy came to Los Angeles in 1942 through a short stay in Houston. He demonstrated quickly his great abilities to write and arrange a moving song in a few hours. In 1946, he started to record under his own name, becoming a major artist with his subtle, insinuating, suave baritone voice who can create in a few words a sad, tragic and deeply moving atmosphere. His better compositions – strongly influenced by the Gospel church of his childhood – are very often some kinds of secular sermons which emphasize the human weaknesses and passions from the ravages of the alcohol or the love cheatings, sometimes with more than a touch of bitterness and a wry humour.
            In 1952, he had a terrible car accident who left him disfigured and changed the timber of his voice. From then, he almost stopped to perform on stage but he still continue to record and write songs for himself as well as many R&B artists. A few years before his death from a stroke (11 August 1984 in Los Angeles), Percy Mayfield, under the pressure of his fans all over the world, agreed to make a come back, performing again on festivals and concerts. His physical appearance with his deformed face then seemed to add even something further to his stage charisma and all those who had the opportunity to watch him then were very strongly impressed.
            We have been able to gather almost everything Percy has recorded under his name between 1946 and 1969 with several tracks having never been reissued. Thanks a lot for their help to Jeannot L., Steve Wisner, Kempen, Xyros, Gyro
                                                                       Gérard HERZHAFT

Thanks to our friend BDaD,one missing track (Don't start lying to me) on this comp is now available at:
 MAYFIELDP101A Don't start lying to me

And anoher missing track, thanks to KingCake:
MAYFIELDP066A Freeway


Thanks to our friend (and expert) Dr Hepcat, here is a very hard to find and missing track:
MAYFIELDP069A My memories

and the first version of Ha ha in the daytime boo bo at night from 1961 (with the help of Klaus)
MAYFIELDP074A Ha ha in the daytime