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samedi 21 février 2026

SON HOUSE/ Live & At Home

 

 

SON HOUSE/ Live & At home 1964-72

 

           


Eddie James House dit Son House est un des principaux fondateurs du Delta blues. Sa réputation autant auprès des musiciens (et cela bien avant 1930!) que plus tard des amateurs de blues le classent comme un des principaux bluesmen représentants de ce style. Cependant, bien qu'il ait joué un rôle majeur de créateur et maître du Delta blues, il n'a vu publier en disque que trois titres seulement en deux parties chacun (My black mama, Dry spell blues et Preachin' the blues) plus un Walkin' blues resté longtemps inédit, la toute première version de ce morceau devenu un standard du blues. Tous ces titres demeurent parmi les exemples les plus aboutis du Delta blues, des "classiques" constamment réédités, étudiés, interprétés encore aujourd'hui. Chant vibrant, jeu de guitare puissant et rageur au bottleneck, urgence de vivre et d'exprimer ses sentiments les plus profonds pendant qu'il en est encore temps... la courte œuvre de Son House est bouleversante de puissance, d'émotion et de férocité vitale.

           


Bien que sa date de naissance soit considérée comme le 21 mars 1902 à Lyon (Ms), il est possible qu'il ait été plus âgé que cela. En tout cas, dès les années 1920, Son s'associe au chanteur-guitariste Willie Brown et le duo parcourt le Mississippi, l'Arkansas, le Tennessee, laissant à tous et partout une impression indélébile. Son House est ainsi celui qui inspire Robert Johnson tout comme Muddy Waters. C'est Muddy qui présente House à John et Alan Lomax en 1941, permettant à Son d'enregistrer à nouveau une magistrale série de titres en 1941-42 pour la Bibliothèque du Congrès.

            En 1943, House, fuyant la justice, s'installe dans l'Etat de New York où son type de blues est jugé par les Noirs trop "paysan" pour être apprécié. Il abandonne peu à peu la musique et vivra de divers métiers manuels. Mais, sans qu'il s'en doute et alors qu'on le croit mort, la force de ses disques encourage ses jeunes fans Nordistes et Blancs à partir à sa recherche. Après une équipée rocambolesque, Alan Wilson et Bob Hite, les fondateurs du groupe de rock Canned Heat, réussissent à le retrouver et le convainquent de commencer une nouvelle carrière. D'une présence souveraine et inspirée et même si son jeu de guitare n'est plus vraiment ce qu'il avait été, Son House va ainsi triompher sur les scènes les plus prestigieuses en Amérique et en Europe, administrant à chaque fois à un auditoire médusé et révérencieux une formidable leçon du Delta blues le plus authentique. Il retourne à nouveau en studio, enregistrant plusieurs albums dont l'excellent Father of the Delta blues (Columbia) capture une partie de l'atmosphère de 1930.

            Après 1973, Son de plus en plus malade, abandonne les tournées et il décède à Detroit le 19 octobre 1988.

            Cette compilation que je propose essaie de regrouper la plupart des enregistrements "live" de Son House, capturés après sa redécouverte entre 1964 et 1972, à l'exception des séances au Festival de Newport et durant l'AFBF 1967. Etant donné que plusieurs enregistrements live de Son House, réalisés parfois par des spectateurs, ont surgi et surgissent régulièrement ici et là, on n'aura pas la prétention de dire qu'il s'agit ici d'une intégrale.

            Son House, malade et fragile, n'avait alors pas toujours la pleine possession de ses moyens durant cette période et l'enregistrement de la musique ne rend compte que très imparfaitement de son extraordinaire présence scénique. De plus, son répertoire était substantiellement limité et on retrouve beaucoup les mêmes titres d'un concert à un autre. Ceci étant dit, pouvoir entendre une heure de ce géant du blues face à des spectateurs reste un privilège.

                                                           Gérard Herzhaft

  


Eddie James House, known as Son House, is one of the main founders of the Delta blues. His reputation among musicians (well before 1930!) and later among blues fans ranks him as one of the leading bluesmen representing this style. However, despite playing a major role as creator and master of Delta blues, he only released three tracks on record, each in two parts (My Black Mama, Dry Spell Blues, and Preachin' the Blues), plus Walkin' Blues, which remained unreleased for a long time and was the very first version of this song, which has since become a blues standard. All these tracks remain among the most accomplished examples of Delta blues, “classics” that are constantly reissued, studied, and performed untill today. Vibrant vocals, powerful and furious bottleneck guitar playing, an urgency to live and express his deepest feelings while there is still time... Son House's short body of work is overwhelming in its power, emotion, and vital ferocity.

Although his date of birth is considered to be March 21, 1902, in Lyon, Mississippi, he may have been older than that. In any case, in the 1920s, Son teamed up with singer-guitarist Willie Brown and the duo traveled through Mississippi, Arkansas, and Tennessee, leaving an indelible impression on everyone everywhere. Son House was the inspiration for both Robert Johnson and Muddy Waters. It was Muddy who introduced House to John and Alan Lomax in 1941, allowing Son to record another masterful series of tracks in 1941-42 for the Library of Congress.

In 1943, House, fleeing justice, moved to New York State, where his style of blues was considered by Black people to be too “rural” and "southern" to be appreciated. He gradually gave up music and made a living doing various manual jobs. But, unbeknownst to him and while he was believed to be dead, the power of his records encouraged his young Northern and white fans to go in search of him. After an incredible adventure, Alan Wilson and Bob Hite, the founders of the rock band Canned Heat, managed to find him and convince him to start a new career. With his commanding and inspired presence, and even though his guitar playing was no longer what it had been, Son House went on to triumph on the most prestigious stages in America and Europe, each time giving a spellbound and reverent audience a formidable lesson in the most authentic Delta blues. He returned to the studio, recording several albums, including the excellent Father of the Delta Blues (Columbia), which captured some of the atmosphere of 1930.

After 1973, Son, increasingly ill, gave up touring and died in Detroit on October 19, 1988.

            This compilation attempts to bring together most of Son House's live recordings, captured after his rediscovery between 1964 and 1972, with the exception of the sessions at the Newport Festival and during the AFBF in 1967. Given that several live recordings of Son House, sometimes made by audience members, have appeared and continue to appear regularly here and there, we would not presume to claim that this is a complete collection.

            Son House, who was ill and frail at the time, was not always in full control of his faculties during this period, and the recordings only give a very imperfect account of his extraordinary stage presence. In addition, his repertoire was substantially limited, and many of the same songs were repeated from one concert to another. That said, being able to hear an hour of this blues giant performing in front of an audience remains a privilege.

 

                                            Gérard HERZHAFT



vendredi 13 février 2026

ONE ROOM COUNTRY SHACK 2026

 ONE ROOM COUNTRY SHACK 2026



One room country shack 2026


Un morceau de Mercy Dee Walton, repris des dizaines de fois par quantité de bluesmen. J'ai interprété ce beau blues poignant dès les années 1970 et je l'ai joué sur une émission de FR3 en 1979. David et moi l'avons aussi enregistré en 1991 sur le premier opus Herzhaft Blues fait avec mon frère Cisco. Cette version de 2026 est tout aussi down home.

 

A song by Mercy Dee Walton, covered dozens of times by countless blues musicians. I've been performing this beautiful, poignant blues song since the 1970s and played it on a FR3 TV show in 1979. David and I also recorded it in 1991 on the first Herzhaft Blues album, made with my brother Cisco. This 2026 version is I guess just as down home.

All photos from several archives mainly Library of Congress.

Some parts of the music (bass and drums) are electronically generated


lundi 26 janvier 2026

MIGHTY JOE YOUNG/ Complete Studio Recordings

 

MIGHTY JOE YOUNG: COMPLETE STUDIO RECORDINGS

 

           


Joe Young, bluesman trop négligé,demeure l'égal des Otis Rush, Buddy Guy ou Magic Sam: un guitariste subtil, arabesques élégantes qui s'enroulent autour du thème, ambiance jazzy et décontractée d'un jeu qui s'apparie à merveille avec une voix chaude et enveloppante.

            Né le 23 septembre 1927 à Shreveport en Louisiane, il suit ses parents à Los Angeles puis à Milwaukee où il tente en vain une carrière de boxeur professionnel sous le nom de "Mighty Joe" Young en référence au film du même nom, suite de King Kong. Ayant appris la guitare dès l'enfance grâce à un oncle guitariste de jazz qui se produisait régulièrement à New Orleans, Young joue dans les clubs de Milwaukee, retourne brièvement en Louisiane voir de la famille. Ce serait là en 1955 qu'il aurait enregistré un 45t pour le label Jiffy qui n'a jamais été édité et dont Joe lui-même n'avait aucun souvenir. Il est bien possible que ce disque inconnu soit en fait d'un autre Joe Young...

            Quoi qu'il en soit, il est en 1956 à Chicago et se fait très vite un nom dans les clubs et parmi les musiciens. C'est ainsi qu'il participe aux orchestres de Joe Little et ses Heartbreakers, Howlin' Wolf, Jimmy Rogers et Billy Boy Arnold avec lesquels il enregistre. Il participe aussi dans l'ombre à la définition du West Side Sound, notamment auprès de Otis Rush dont il est, durant plusieurs années, le second guitariste. Mais il fait ses réels débuts de leader sur des 45t de labels indépendants comme Webcor, Speed, Celtex, Jaclyn, Palos, USA, Atomic-H ou Fire du new-yorkais Bobby Robinson durant les années 60.

            Ces 45t sont aujourd'hui largement méconnus et, en partie réunis sur ce mp3, montrent un Mighty Joe cherchant le succès dans un blues très moderne, la Soul qui était alors en train de devenir la musique dominante des Afro-américains (Joe enregistrera avec Tyrone Davis) et même le doo-woop avec sa participation soutenue au groupe les DuKays de Claude McRae. Nous aurions souhaité regrouper tous ces 45t mais, malgré l'aide de plusieurs collectionneurs comme Hartmann Münnich, Jose Yraberra et Alan F., nous n'avons pas réussi à tout retrouver. Si parmi vous certains ont les titres manquants, ce sera un plaisir que de les insérer dans ce projet (avec, bien sûr, les crédits idoines).

            Quelle que soit la qualité de ces 45t, c'est avec son premier microsillon, l'excellent Blues with a touch of soul (Delmark) enregistré par Bob Koester en 1970, que Mighty Joe se révèle vraiment comme un artiste majeur du blues moderne. Il est à noter que ce disque, qui est assez mal accueilli par la critique de l'époque, préfigure pourtant l'évolution du blues dans les décennies suivantes. En 1972, Sam Charters produit un deuxième et superbe album de Chicago blues plus traditionnel, Legacy of the blues. Puis, Joe signe un contrat avec l'ambitieux label Ovation. Chicken heads est un joyau, entre soul et blues, un chef d'oeuvre de bon goût au feeling irrésistible. Mais Ovation - pour qui il grave un autre disque, moins réussi - ne fait pas grand-chose avec son catalogue. En 1975, Young effectue une tournée en France et y enregistre Bluesy Josephine pour Black & Blue. Il participe aussi à plusieurs festivals et tournées internationales mais le début des années 1980 le voit végéter dans des clubs locaux avec des engagements de plus en plus sporadiques.

           


En 1986, une grave maladie nerveuse l'empêche de jouer vraiment de la guitare. Comme il gagne une forte somme au loto, Mighty Joe décide de prendre une retraite anticipée. Il essaie néanmoins un come-back, avec l'aide de son fils Joe Young Jr en enregistrant en 1996 Mighty man (Blind Pig) dans lequel il ne fait presque que chanter sauf sur trois titres gravés en fait en 1986. Une seconde opération s'avérera fatale et c'est sur le billard du Northwestern Memorial Hospital de Chicago qu'il décède le 24 mars 1999.

                              Gérard HERZHAFT

 


Joe Young (born in Shreveport, La. September 23 1927), although too neglected, stands as one of the greatest Chicago guitar player of the 1960's and 70's. He learned the instrument during his childhood under the tutelage of an uncle, a jazz guitarist who played regularly in New Orleans. Following his family to Los Angeles, then Milwaukee, Joe tried to be a professional prize fighter (under the moniker "Mighty Joe" Young, a wink to the famous film, a sequel of King Kong) but quite quickly became instead a professional musician.

            From time to time, Joe went back to Louisiana to visit friends and relatives and he may have recorded his first 45 there for the obscure Jiffy label in 1955. This record seems to have never been issued and Joe himself didn't remember it. It could be possible that the Joe Young of the Jiffy's files is another different musician than our "Mighty" Joe Young.

            In fact, it is really when he came to live in Chicago in 1956 that Young made a reputation of guitarist of great skills, a jazzy and funky way of playing, among the patrons of the South Side clubs as well as his fellow musicians. He played (and recorded as a sideman) with Joe Little and his Heartbreakers, Jimmy Rogers, Howlin' Wolf, Billy Boy Arnold and stayed several years in Otis Rush's band.

            During the 1960's he recorded a fair number of 45's for small Chicago labels (Webcor, Speed, Celtex, Jaclyn, Palos, USA, Atomic-H) that are not well known today. We wanted to gather all those early recordings but their scarcity prevented us to do so. If any of you have the missing titles (in red in the discography below), it would be very nice to send me through my mail a .mp3 copy of it (full credits will, of course, be given). Thanks anyway to all the collectors who have made possible this mp3 collection: Hartmann Münnich, Jose Yraberra, Alan F. In those titles, we discover a musician trying to cope up with the trends of his era: most modern blues of the day, Soul which was of course the biggest thing among African-Americans at that time (Young will record with Tyrone Davis) and even doo-woop with a stay with the DuKays, a vocal group led by Claude Mc Rae.

            But this is only with his first wonderful LP, recorded in 1970 by Bob Koester, Blues with a touch of Soul, that Mighty Joe Young really emerged as a major bluesman. Two years later, this is Sam Charters who recorded him for another excellent album, more blues-oriented, Legacy of the blues on the Swedish Sonet label. Joe thought he was going to more fame when he signed with the very ambitious Ovation label, waxing Chicken heads one of the best soul-blues album of the decade. Unfortunately, it went nowhere. He toured France in 1975, recording an album Mighty Josephine for the Black & Blue label, Japan and appeared on several festivals (Ann Arbor). But by the end of the 1970's, Joe was only sporadically playing whenever he could in small Chicago clubs.

            In 1986, a serious nervous illness and a surgery stopped his career, preventing him to play the guitar. With the help of his son Joe Young Jr, he tried to make a comeback, recording a last album, Mighty man, for the Blind Pig label in 1997 in which he concentrates mostly on singing and which features three tracks from 1986. In 1999, another surgery proved to be fatal and Mighty Joe Young died on march 24, 1999 at the Northwestern Memorial Hospital of Chicago.

                                                                                   Gérard HERZHAFT


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CATFISH BLUES 2026



samedi 17 janvier 2026

BLACK COFFEE BLUES

 BLACK COFFEE BLUES

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Un blues très down home que j'ai composé et joué dans les années 1980 autour du café noir du matin mais que nous n'avions pas enregistré. Dans cette version, deux parties l'une chantée l'autre instrumentale.
A very down-home blues song that I composed and played in the 1980s over my morning black coffee, but which we never recorded. In this version, there are two parts, one sung and the other instrumental.

mardi 6 janvier 2026

NEW YORK CITY/ The Blues Yesterday/ Volume 10

 

NEW YORK CITY BLUES YESTERDAY/ Volume 10

 

           


Il n'y a pas eu que Fats Waller et Fats Domino à être des gros lards du blues et du R&B. Voici quelques uns de ces chanteurs quelque peu "enveloppés" à avoir enregistré à New York et sur la Côte Est durant les grandes années du genre.

 

            Commençons avec Lloyd Fatman Smith, souvent juste appelé Lloyd Fatman qui pèsera jusqu'à 136 kgs (300 pounds!). Jouant essentiellement à Philadelphie où il était réputé comme chanteur, chef d'orchestre, comédien et disc jockey, Lloyd Smith est né à Spartanburg (NC) le 4 octobre 1921. Il s'installe à Philadelphie en 1939 et commence à se produire sur scène en 1944 et enregistre pour le label Gotham en 1949. Roll on Mule a suffisamment de succès pour permettre à Lloyd de participer à plusieurs tournées de R&B qui le mènent à Pittsburgh et à s'intégrer au prestigieux orchestre de Louis Jordan. Il enregistre sous son nom à Houston, New Orleans, New York, ville où il se produit durant des années dans de nombreux clubs et salles de bals. Son dynamisme et ses enregistrements très rythmés le placent parmi les "pionniers du Rock'n'roll' bien qu'à une place modeste. Durant les années 1960, il enregistre sporadiquement mais se consacre essentiellement à des activités de Disc Jockey sur les radios de Philadelphie. Il décède à Philadelphie le 16 mars 1989.

             Je n'ai que peu de connaissances sur Fats Noel (Orville Noel) un saxophoniste, chanteur et chef d'orchestre qui a enregistré une petite œuvre de qualité entre 1951 et 1953. Toute information sur ce blues shouter sera la bienvenue.

             Le saxophoniste et chanteur Fat Man Robinson (Paul Robinson) naît le 8 juin 1911 à Cleveland, OH. Il commence à se produire en public au début des années 1940. On le retrouve en 1949 à la tête de son Fat Man Robinson Quintet et jouant régulièrement dans les clubs de Boston, ce qui lui permet d'enregistrer son premier 78t (Don't drink/ Lavender coffin) tiré d'une séance plus fournie sans doute jamais publiée mais qui existe sous forme d'acetates auxquels je n'ai pas eu accès. Mais c'est ensuite à New York qu'il s'installe de façon durable et entame une carrière avec un certain succès, un de ses disques (Bye bye Roberta) se hissant même dans le Top 100 R&B. Il continuera à jouer et sans doute vivre de sa musique durant les années 1950-60 sans que ses enregistrements sporadiques soient publiés en disques. Il décède à Cleveland le 22 octobre 1979.

             Fats Jr est George Walker Jr, un chanteur qui a enregistré quatre titres de bonne facture entre 1959 et 1961 et qui demeure – en tout cas pour moi – un parfait inconnu.

             Enfin, Fats Thomas (Al Thomas mais plus probablement Herman Thomas) naît à Bessemer, AL. le 19 décembre 1912. Il a gagné Cleveland dans les années 1930 et a commencé à jouer dans les clubs locaux. Mais ce n'est qu'à partir de 1947 tandis qu'il se produit à Brooklyn comme chanteur du Lee Norman band qu'il va enregistrer deux disques qui ont un petit succès. Il retourne ensuite à Cleveland, figure dans le show d'Alan Freed et grave encore deux disques en 1952-53. Il se produira encore sporadiquement localement avant de décéder à Cleveland le 13 juin 1972.

            J'ai essayé de regrouper le maximum de titres de ces quatre "Fats" mais plusieurs sont introuvables. Si certains lecteurs de mon blog en possèdent et qu'ils veulent les partager, ce sera une excellente contribution à une meilleures connaissance de ces quelque peu obscurs chanteurs de R&B.

            La quasi totalité de cet article est basé sur le remarquable travail de Marv Goldberg's R&B Notebooks.

                                                                       Gérard HERZHAFT

 

            Fats Waller and Fats Domino weren't the only "fat" guys in blues and R&B. Here are a few of the more “heavy” singers who recorded in New York and on the East Coast during the genre's heyday.

             Let's start with Lloyd Fatman Smith, often just called Lloyd Fatman, who weighed up to 136 kg (300 pounds!). Performing mainly in Philadelphia, where he was known as a singer, bandleader, comedian, and disc jockey, Lloyd Smith was born in Spartanburg, North Carolina, on October 4, 1921. He moved to Philadelphia in 1939 and began performing on stage in 1944, recording for the Gotham label in 1949. Roll on Mule was successful enough to allow Lloyd to participate in several R&B tours that took him to Pittsburgh and led him to join Louis Jordan's prestigious orchestra. He recorded under his own name in Houston, New Orleans, and New York, where he performed for years in numerous clubs and dance halls. His dynamism and highly rhythmic recordings placed him among the “pioneers of rock ‘n’ roll,” albeit in a modest position. During the 1960s, he recorded sporadically but devoted himself mainly to DJing on Philadelphia radio stations. He died in Philadelphia on March 16, 1989.

             I know very little about Fats Noel (Orville Noel), a saxophonist, singer, and bandleader who recorded a small number of high-quality works between 1951 and 1953. Any information about this blues shouter would be welcome.

             Saxophonist and singer Fat Man Robinson (Paul Robinson) was born on June 8, 1911, in Cleveland, OH. He began performing in public in the early 1940s. In 1949, he was leading his Fat Man Robinson Quintet and playing regularly in Boston clubs, which enabled him to record his first 78 rpm (Don't Drink/ Lavender Coffin) from a longer session that was probably never released but exists in the form of acetates to which I have not had access. But it was in New York that he settled permanently and began a fairly successful career, with one of his records (Bye Bye Roberta) even making it into the R&B Top 100. He continued to play and probably make a living from his music during the 1950s and 1960s, although his sporadic recordings were never issued. He died in Cleveland on October 22, 1979.

         Fats Jr is George Walker Jr, a singer who recorded four decent tracks between 1959 and 1961 and who remains—at least to me—a complete unknown.

Finally, Fats Thomas (Al Thomas, but more likely Herman Thomas) was born in Bessemer, Alabama, on December 19, 1912. He moved to Cleveland in the 1930s and began playing in local clubs. But it wasn't until 1947, while performing in Brooklyn as the singer for the Lee Norman band, that he recorded two records that enjoyed modest success. He then returned to Cleveland, appeared on Alan Freed's show, and recorded two more records in 1952-53. He continued to perform sporadically locally before passing away in Cleveland on June 13, 1972.

         I have tried to gather as many tracks as possible by these five “Fats,” but several are untraceable. If any readers of my blog have them and would like to share them, it would be an excellent contribution to a better understanding of these somewhat obscure but quite good R&B singers.

          Almost all of this article is based on the remarkable work of Marv Goldberg's R&B Notebooks.

Gérard HERZHAFT

 

 

lundi 29 décembre 2025

JUNIOR PARKER: Complete Recordings

 JUNIOR PARKER: Complete Recordings



With a velvet, bewitching, ingratiating, crooning voice that touched the young black women (and men) of the 1950's-60's, Herman "Junior" Parker has certainly been one of the most popular blues and ballad singer of those decades. Parker has created many blues and R'n'R standards like Mystery train, Mother in law blues, Feeling good, Next time you see me, Pretty baby, Barefoot rock, Stranded, These kinds of blues that has also been recorded by many major artists from Junior Wells and Paul Butterfield to Tina Turner and Elvis Presley. And one shouldn't forget that it is Junior Parker who the first brought Sweet home Chicago into the Top 40, making this hitherto rather regionally limited blues a kind of blues international anthem! Despite all those, Parker was during his lifetime rather neglected by the blues fraternity because he constantly also recorded ballads and sentimental songs that hit his main Afro-American public.

          Born 3d March 1927 on a farm near West Memphis, Parker plays at a very early age (hence his nickname) with his mentor Sonny Boy Williamson (Rice Miller). In fact, Sonny Boy had launched a show "Sonny Boy and the Two Juniors" with Parker and James Cotton on his knees, two young boys he had taught the harmonica and took under his wing. In 1948, Junior is a regular member of Howlin' Wolf band in and around Memphis. But his idols are from the West Coast, Charles Brown and Nat King Cole and his style mixes all those influences for the better. Around 1949, he launches his own show with some young Memphian friends, B.B. King and Bobby Bland, then his own band, The Blue Flames with M.T. and Floyd Murphy playing the guitars. Finally, Ike Turner brings Junior and The Blue Flames to the Sun studios and they record several sessions under the supervision of Sam Phillips with a then minor hit Mystery train.
            But Phillips don't think too much of Junior and Parker starts a lengthy deal with Houston producer Don Robey, recording dozens of sessions for his Duke label that set up Parker as a regular hit maker. A wise man, Junior cashes on this success by creating his Blues Consolidated Revue with which he will tour constantly across the USA from 1954 to 1962, totalizing more than 200 gigs a year! Extremely popular, the revue shows a classy, very attractive, smartly dressed Junior who ignites his audience every night.
            But the mid-60's are very hard for blues singers, even the versatile ones like Junior and he can't cope with the new Kings of Soul, James Brown and Otis Redding. He has to break up his show after 1962 and Parker, despite being still rather young, appears less as a Junior than a has been. But with the new white blues audiences in the US and Europe, Junior decides to go back more and more towards the down home blues of his beginnings and he records several very traditional and excellent LPs for Groove Merchant.
            But the exhausting life of a touring artist is taking its toll. In 1968, Junior suffers a heart attack and he doesn't recover very well. The doctors diagnose him a brain tumor and he has to go quickly for surgery. Everything goes wrong and Junior dies during the surgery on 8th November 1971. His funerals are attended by a very large crowd in which one can see Howlin' Wolf, Muddy Waters, B.B. King, Bobby Bland, Little Milton among dozens of blues musicians.
            Junior Parker stands as a very influential artist and his large amount of recordings are very often first rate!
                                                                       Gérard HERZHAFT

            Voix veloutée et enjôleuse qui caresse l'auditeur et surtout l'auditrice, insinue et distille le blues ou la ballade, Herman "Junior" Parker (1932-68) a été durant sa carrière un des chanteurs les plus populaires auprès des Noirs. Il a créé de nombreux grands standards comme "Mystery train", "Mother in law blues", "Feeling good", "Next time you see me", "Pretty baby", "Barefoot Rock", "Stranded", "These kinds of blues" qui ont été repris abondamment par des artistes du blues et du Rock'n'Roll, de Junior Wells et James Cotton à Tina Turner, Paul Butterfield et Elvis Presley. Il installe sa version de "Sweet home Chicago" (cf le volume Chicago blues de cette série: 545 404-2) dans le Top 40 et popularise ainsi ce morceau, resté jusqu'alors plutôt confidentiel. Enfin, initié à l'harmonica par Sonny Boy Williamson (Rice Miller), il ajoute au style de son mentor l'élégance racée de sa personnalité.
           

Dans son oeuvre enregistrée, d'abord destinée au public noir du show itinérant qu'il a animé longtemps, Parker a toujours fait alterner des pièces sentimentales à la façon des crooners avec des blues. Ce qui l'a longtemps fait négliger par le public européen. Ce recueil - qui couvre sa meilleure période, 1953-66 - présente le bluesman Junior Parker, chanteur et harmoniciste.

            Né près de Memphis, Parker accompagne dès son enfance (d'où son surnom de Junior qui lui restera) Sonny Boy Williamson (Rice Miller) à travers le Deep South. En 1948, il est à Memphis dans l'orchestre de Howlin' Wolf. Mais ses modèles se trouvent en Californie parmi les chanteurs californiens décontractés et urbains tels Nat "King" Cole ou Charles Brown. Au cours des années, il se forge ainsi un style très original, mêlant le blues profond et rugueux de Sonny Boy ou Howlin' Wolf aux manières sophistiquées de ses idoles de la côte Pacifique. Il forme un groupe avec Bobby Bland et B.B. King puis les Blue Flames en compagnie du guitariste M.T. Murphy et écume les bars de Memphis et des environs. Repéré par Ike Turner, Junior est enfin présenté au célèbre fondateur des disques Sun, Sam Phillips qui lui fait enregistrer "Mystery train".
            Mais c'est à Houston pour le label Duke que Parker va pouvoir réellement exprimer sa personnalité. Accompagné par certains des meilleurs musiciens texans, très tournés vers le Rhythm & Blues et le jazz, il grave à partir de 1953 une oeuvre brillante et très versatile qui l'installe parmi les habitués des hit-parades Noirs.
            Cependant, la carrière de Parker n'est certainement pas limitée aux studios. En 1954, il prend la direction de la Blues Consolidated Revue dont il est la vedette jusqu'en 1962. Le spectacle se produit environ 20O fois par an dans les Etats du Sud et les quartiers noirs des grandes villes du Nord: théâtres, réunions de charité ou privées, meetings politiques, clubs et cabarets. Ce show itinérant que Junior dirige avec la rigueur d'un patron sudiste, contribue beaucoup à faire de Parker une très grosse vedette parmi les Noirs et surtout les Noires. Sa musique et son chant font bien sûr mouche mais aussi sa moustache sémillante, son sourire, sa prestance physique, sa façon très recherchée de s'habiller. Il pleure son blues, proclame sa passion, esquisse les pas d'une danse à la mode avec des auditrices de l'assistance, enflamme son auditoire et triomphe chaque soir.
            Par bien des aspects, la musique de Parker annonçait la venue de la Soul music. Il ne sera malheureusement pas en mesure de rivaliser avec les James Brown et Otis Redding, nouvelles idoles des Noirs et ses disques ne font alors plus recette. La fin des années 60 est particulièrement difficile pour Parker qui apparaît de moins en moins "Junior" et déjà presque un has been. Dans ses derniers disques, il revient à un blues plus traditionnel et tente de recentrer sa carrière vers le public blanc international qui est alors le soutien principal du blues.
            Mais la vie harassante qu'a mené Parker, chantant, jouant, enregistrant, dirigeant sa Revue a fini par user sa santé. Après une petite crise cardiaque en 1968 qui le force à réduire ses activités, Parker se plaint de migraines fréquentes. Les médecins diagnostiquent une tumeur au cerveau et l'opération se passe très mal. Junior décède dans la soirée du 8 novembre 1971. Son enterrement est suivi par une foule très nombreuse. Howlin' Wolf, Muddy Waters, B.B. King, Bobby Bland, Little Milton et des dizaines d'artistes lui rendent un dernier hommage lors d'un concert mémorable à Chicago. Il laisse une oeuvre de premier plan qui le qualifie comme un des bluesmen les plus influents de l'après-guerre.
Gérard HERZHAFT


Je consacre une étude plus étendue à la vie et l'oeuvre de Jr Parker dans mon ouvrage PORTRAITS EN BLUES.