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mardi 19 juin 2018

SONNY BOY WILLIAMSON (Rice Miller) LIVE




SONNY BOY WILLIAMSON (Rice Miller)/
Live Sessions


           
Si les enregistrements en studio pour Trumpet, Chess ou Storyville de Sonny Boy Williamson (Rice Miller) qui regorgent de chefs d'œuvre et sont devenus des classiques du Chicago blues, sont aisément disponibles sous diverses formes, les enregistrements en concert ou dans des radios effectués par cet immense bluesman demeurent plus confidentielles et disséminées sur de nombreux albums, souvent très difficiles à se procurer aujourd'hui.
            Nous avons essayé de regrouper tous ces enregistrements "live", l'immense majorité ayant été effectuée en Europe (seul un programme radiophonique en studio à Helena provient des Etats Unis). Evidemment, à l'exception des concerts qui proviennent de l'American Folk Blues Festival dans lesquels Sonny Boy est accompagné de superbes musiciens comme M.T. Murphy, Hubert Sumlin, Sunnyland Slim, Memphis Slim etc... les autres sont beaucoup moins musicalement réussis. Derrière Sonny Boy, nombre de très jeunes musiciens anglais qui sont alors au tout début de leur carrière font plus montre d'enthousiasme que d'empathie réelle avec leur leader d'un soir. Mais Sonny Boy est Sonny Boy et dès qu'il chante, parle, susurre, souffle dans son harmonica, claque des doigts, l'instant est magique. Et finalement ces enregistrements, souvent réalisés dans des conditions précaires et qui, parfois, n'étaient même pas destinés à être publiés, constituent un apport très intéressant à l'œuvre du maestro.
            Sauf erreur, tout ce que Sonny Boy a enregistré live dans les années 1963-65 se trouve ici. A l'exception de six titres provenant d'une séance privée (dans l'appartement d'un collectionneur germanique) qui ont brièvement paru en LP (Document) sous le titre de Solo blues et que je n'ai pas réussi à retrouver.
                                                           Gérard HERZHAFT

            If the studio recordings for Trumpet, Chess or Storyville made by Sonny Boy Williamson (Rice Miller) are full of blues masterpieces and are still easily available today, his live recordings (made in concerts or for radio programmes) are much more confidential and scattered on too many albums, very often hard to get. And some that you'll find here are also hitherto unissued.
            We have tried to gather all those live recordings, essentially captured in Europe (with one exception coming from Helena, Arkansas). Of course, with the strong exception of the American Folk Blues Festivals' concerts where Sonny Boy is backed by great American fellow bluesmen (M.T. Murphy, Hubert Sumlin, Sunnyland Slim, Memphis Slim etc...), the others are much less musically successful. Behind the great bluesman, many very young British musicians who are at the very beginning of their careers display more enthusiasm than real empathy to their revered one night leader. But Sonny Boy is Sonny Boy and as soon as he sings, talks, groans, whispers, blows his harp, snaps his fingers... the moment becomes just magical! And finally those recordings, very often made in very precarious and technically rough conditions - several were not even aimed to be issued! - are anyway a very rewarding addition to the maestro's complete works.
            Unless I'm mistaken, everything Sonny Boy has recorded live between 1963-65 (nothing was done before, the track on the Argo's Folk Festival album was in fact a studio recording with handclaps added!) is gathered here. With one missing exception, six titles coming from a private recording (done at a German collector's house) which were briefly issued on the Solo blues LP that I've not able to get.
                                                           Gérard HERZHAFT


dimanche 3 juin 2018

LOS ANGELES BLUES/ Volume 1


LOS ANGELES BLUES/ Volume 1



            Si avant la guerre la scène du blues de Los Angeles est soit peu fournie soit non documentée, la cité a accueilli à partir de 1941 un grand nombre de migrants de l'intérieur, notamment du Texas et des Etats du Sud, venus participer à l'industrie de guerre. Et ces migrants apportent bien sûr leurs traditions musicales, le Western Swing ainsi que le blues texans qui ont trouvé leur prolongement naturel en Californie, autour de San Francisco et Los Angeles. Ce qui n'empêche pas d'autres comme Bubba Brown de venir du Mississippi.
            Mais le prolétariat californien est surtout texan. Il trouve une musique de cabarets hollywoodiens à laquelle il s'adapte et qu'il adapte à sa sensibilité. Très vite, le blues texan de Dallas ou Houston qui n'a pas tant évolué depuis Blind Lemon Jefferson et les pianistes du ghetto de la gare de Houston s'installent en Californie et se fondent dans des orchestres venus du jazz, dominés par des cuivres: T-Bone Walker, Roy Milton, Joe Liggins,
            La musique hollywoodienne de cabaret, soft et classy, particulièrement représentée par un Nat King Cole, accueille sans difficulté apparente pianistes et guitaristes texans pour donner un blues à la fois dépouillé et sophistiqué, terrien et urbain, direct et affecté, tout-à-fait unique: le West Coast blues de Charles Brown, Amos Milburn, Floyd Dixon, Percy Mayfield, Little Willie Littlefield voire Ray Charles, venus chercher fortune et reconnaissance sociale au soleil californien. La réponse des jeunes Noirs à ce nouveau blues a été considérable. Entre 1945 et 1955, c'est le style de blues le plus populaire. Celui qui semble résumer le mieux les aspirations des Noirs à une reconnaissance sociale et à une vie meilleure.
            Cette migration massive de sudistes vers l'Ouest crée aussi un marché local pour les traditions musicales de ces transplantés. Des radios émettent à destination de ces immigrants et diffusent du blues, du Rhythm & Blues. L'immédiate après-guerre voit l'émergence de multiples petites compagnies indépendantes (dont certaines seront tenues - fait nouveau et véritable révolution - par des Noirs). Elles éditent des disques de nouveaux artistes à destination avant tout de ce prolétariat d'immigrés sudistes qui constitue un public important à niveau de vie relativement conséquent. Enfin, il faut aussi souligner le rôle obscur mais très important joué par des musiciens-arrangeurs-producteurs comme Maxwell Davis, véritables âmes d'innombrables séances d'enregistrement.
            Si les principaux noms du blues développé à et autour de Los Angeles sont très connus et bien documentés, la plupart n'ont enregistré que quelques titres dans les années 1940-50 et ont ensuite disparu souvent sans laisser d'autres traces que leurs disques.
            C'est le cas de la plupart des bluesmen/woman que nous présentons dans ce premier volume consacré au blues de Los Angeles! Joe Swift est un obscur mais néanmoins excellent blues shouter qui a fait un court moment partie des orchestres de Red Callender et de Johnny Otis. La chanteuse Numa Lee Davis a commencé sa carrière avec Cecil Gant puis a été la vocaliste des orchestres de Jay Mc Shann puis du saxophoniste Will Rowland sans que l'on connaisse quoi que ce soit de sa biographie. Elle a aussi gravé une dernière séance en 1946 en tant que chanteuse de l'orchestre de Russell Jacquet (le frère d'Illinois) qui comprend alors Dexter Gordon! Blues Slim (Neal Johnson) est lui un chanteur et guitariste plus terrien qui a enregistré une poignée de titres pour le pianiste Gus Jenkins en 1959-61 avant, lui aussi, de disparaître!
           
Enfin, John Henry "Bubba" Brown (1902-85), alors qu'il n'a que très peu enregistré commercialement, est le musicien le plus connu de cette sélection. En effet, né dans le Mississippi, il a côtoyé et joué avec Tommy Johnson avant de s'installer à Los Angeles, y élevant ses trois enfants dont le plus célèbre est bien sûr le guitariste Mel Brown. C'est David Evans qui, pour rédiger son excellente biographie de Tommy Johnson à la fin des années 1960, l'a interviewé et enregistré. Bubba a ensuite gravé quelques titres en compagnie de son fils Mel.
                                                                       Gérard Herzhaft

            If before the war, it's quite difficult to find any real blues scene in the Los Angeles area (either there were too few blues or it was not recorded and documented), the war industry brought thousands of migrant workers to the city during the early 40's. And they came largely from the Southwestern States, particularly Texas. Even if there were also people coming from Mississippi (like here Bubba Brown) or other Southern States. Those migrants brought their musical traditions, the Western Swing and the different Texas blues.
            Whether inside the previous jazz clubs and concert halls or in the new venues dedicated to this new audience, the Texas blues from Dallas, Houston or San Antonio, guitar players and two handed pianists, found themselves quite easily a place in the jazz bands dominated by horns: T-Bone Walker, Pee Wee Crayton, Roy Milton, Joe Liggins.... And the classy clubs from Hollywood or other L.A. areas welcomed well those bluesmen from deeper musical traditions, creating a new original and unique kind of blues: rootsy but sophisticated, rural but urban, straightforward but affected. The West Coast blues of Charles Brown, Amos Milburn, Percy Mayfield, Little Willie Littlefield tells the story of African Americans coming to the Californian sunshine to gain good jobs, a better life and social recognition. And the impact of their music during the 1940's-50's on the African Americans throughout the USA was tremendous. This was really the most popular style of blues of that era and its influence was very strong everywhere: Memphis, The South, Detroit, Chicago, New York....
            Los Angeles during those decades also became a hotbed for specialized radio stations, independent record companies, recording studios and record stores. With tremendous opportunities for musicians, arrangers, producers, the real souls behind this music.
            If the main Los Angeles area's bluesmen are well known and recognized today, most of the aspiring blues musicians of the 1940's-50's have recorded only a handful of singles, sometimes only one and have disappeared just after that, very often unnoticed.
            That's the case of the artists in the first volume of these L.A. Blues series. Joe Swift is a very obscure but nevertheless excellent blues shouter who sang during a short while in the Red Callender and Johnny Otis' Orchestras. The very expressive female singer Numa Lee Davis started her career with pianist Cecil Gant before being the band singer of Jay Mc Shann's, Will Rowland's and finally in 1946 Russell Jacquet's (Illinois' brother) in which shines Dexter Gordon. She remains sadly absolutely undocumented! The much more downhome singer and guitar player Blues Slim (Neal Johnson) has recorded a handful of tracks for producer and pianist Gus Jenkins between 1959 and 1961!
            And, not so surprisingly for the blues researchers and new international blues audience of the 1960's were mostly interested in much more downhome blues styles, John Henry Bubba Brown (1902-85) is here the best known of the lot! Born in Mississippi, Bubba has known and played with the Delta master Tommy Johnson before going to live to the L.A. area with his three sons whose one is no one else than famous funk and blues guitarist Mel Brown. Discovered, recorded and interviewed by David Evans (for his Tommy Johnson's then forthcoming biography), Bubba Brown has after that waxed a couple of blues with his son Mel.
                                                                       Gérard HERZHAFT


LOS ANGELES BLUES/ Volume 1
JOE SWIFT, vcl; Red Callender, bs; band. Los Angeles, Ca. 1947
01. Chicken leg chick
Joe Swift, vcl; horns; Devonia Williams, pno; Gene Phillips, g; Curtis Counce, bs; Johnny Otis, dms; Emmanuel Vaharandes, perc. Los Angeles, Ca. 1948
02. That's your last boogie
03. Lovin' baby blues
04. What's your name?
05. Right now baby
06. Aligator meat
07. Train blues
08. Crazy about your cooking
JOHN HENRY BUBBA BROWN, vcl/g; Mel Brown, g. Los Angeles, 9 juin 1957
09 Sister Kate
10. Corinna
John Henry Bubba Brown, vcl/g. Los Angeles, Ca. 9 septembre 1967
11. Canned heat blues
John Henry Bubba Brown, vcl; Mel Brown, g; Jimmy Davis, kbds; Jeff Osborne, dms. Los Angeles, Ca. 23 octobre 1970
12. 747 (Airport blues)
John Henry Bubba Brown, vcl/g; Mel Brown, g/vcls; Jimmy davis, pno; Jimmie Calhoun, bs; Leonard Tarver, dms. Los Angeles, Ca. janvier 1972
13. Home folks
14. Red Cross store
NUMA LEE DAVIS, vcl; Cecil Gant, pno. Los Angeles, Ca. janvier 1945
15. Around the clock I & II
Numa Lee Davis, vcl; Jay Mc Shann, pno; Cleophus Curtis, t-sax; Raymond Taylor, bs; Al Wichard, dms. Los Angeles, Ca; juin 1945
16. Walking blues
17. When I've been drinking
Numa Lee Davis, vcl; Will Rowland, a-sax; Alford Brooks, tpt; John Randolph, t-sax; Frank White, pno; Chuck Norris, g; Eric Sims, bs; Ray Martinez, dms. Los Angeles, Ca. 15 mai 1946
18. Mean old love
Numa Lee Davis, vcl; Russell Jacquet, tpt; Gus Evans, a-sax; Dexter Gordon, t-sax; Arthur Dennis, b-sax; Jimmy Bunn, pno; Leo Blevins, g; Herman Washington, bs; Chico Hamilton, dms. Los Angeles, Ca. 21 septembre 1946
19. Wake up old maid I, II & III
20. Just a dream
BLUES SLIM (Neal Johnson), vcl/g; band. Los Angeles, Ca. 1959
21. Drivin' me baby
22. Drive me baby (alt.)
23. Mama your child is crying
Blues Slim, vcl/g; Gus Jenkins, pno; band. Los Angeles, Ca. 1960
24. True to you baby
Just got to make it
Blues Slim, vcl/g; Gus Jenkins, pno; band. Los Angeles, Ca. 1961
25. Let's talk it over
26. Tell the truth baby

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