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lundi 1 juillet 2019

JUNIOR PARKER/ Complete 1952-65



JUNIOR PARKER/ Complete Recordings/ 1952-65


          
  With a velvet, bewitching, ingratiating, crooning voice that touched the young black women (and men) of the 1950's-60's, Herman "Junior" Parker has certainly been one of the most popular blues and ballad singer of those decades. Parker has created many blues and R'n'R standards like Mystery train, Mother in law blues, Feeling good, Next time you see me, Pretty baby, Barefoot rock, Stranded, These kinds of blues that has also been recorded by many major artists from Junior Wells and Paul Butterfield to Tina Turner and Elvis Presley. And one shouldn't forget that it is Junior Parker who the first brought Sweet home Chicago into the Top 40, making this hitherto rather regionally limited blues a kind of blues international anthem! Despite all those, Parker was during his lifetime rather neglected by the blues fraternity because he constantly also recorded ballads and sentimental songs that hit his main Afro-American public.
          Born 3d March 1927 on a farm near West Memphis, Parker plays at a very early age (hence his nickname) with his mentor Sonny Boy Williamson (Rice Miller). In fact, Sonny Boy had launched a show "Sonny Boy and the Two Juniors" with Parker and James Cotton on his knees, two young boys he had taught the harmonica and took under his wing. In 1948, Junior is a regular member of Howlin' Wolf band in and around Memphis. But his idols are from the West Coast, Charles Brown and Nat King Cole and his style mixes all those influences for the better. Around 1949, he launches his own show with some young Memphian friends, B.B. King and Bobby Bland, then his own band, The Blue Flames with M.T. and Floyd Murphy playing the guitars. Finally, Ike Turner brings Junior and The Blue Flames to the Sun studios and they record several sessions under the supervision of Sam Phillips with a then minor hit Mystery train.
            But Phillips don't think too much of Junior and Parker starts a lengthy deal with Houston producer Don Robey, recording dozens of sessions for his Duke label that set up Parker as a regular hit maker. A wise man, Junior cashes on this success by creating his Blues Consolidated Revue with which he will tour constantly across the USA from 1954 to 1962, totalizing more than 200 gigs a year! Extremely popular, the revue shows a classy, very attractive, smartly dressed Junior who ignites his audience every night.
            But the mid-60's are very hard for blues singers, even the versatile ones like Junior and he can't cope with the new Kings of Soul, James Brown and Otis Redding. He has to break up his show after 1962 and Parker, despite being still rather young, appears less as a Junior than a has been. But with the new white blues audiences in the US and Europe, Junior decides to go back more and more towards the down home blues of his beginnings and he records several very traditional and excellent LPs for Groove Merchant.
            But the exhausting life of a touring artist is taking its toll. In 1968, Junior suffers a heart attack and he doesn't recover very well. The doctors diagnose him a brain tumor and he has to go quickly for surgery. Everything goes wrong and Junior dies during the surgery on 8th November 1971. His funerals are attended by a very large crowd in which one can see Howlin' Wolf, Muddy Waters, B.B. King, Bobby Bland, Little Milton among dozens of blues musicians.
            Junior Parker stands as a very influential artist and his large amount of recordings are very often first rate!
                                                                       Gérard HERZHAFT

            Voix veloutée et enjôleuse qui caresse l'auditeur et surtout l'auditrice, insinue et distille le blues ou la ballade, Herman "Junior" Parker (1932-68) a été durant sa carrière un des chanteurs les plus populaires auprès des Noirs. Il a créé de nombreux grands standards comme "Mystery train", "Mother in law blues", "Feeling good", "Next time you see me", "Pretty baby", "Barefoot Rock", "Stranded", "These kinds of blues" qui ont été repris abondamment par des artistes du blues et du Rock'n'Roll, de Junior Wells et James Cotton à Tina Turner, Paul Butterfield et Elvis Presley. Il installe sa version de "Sweet home Chicago" (cf le volume Chicago blues de cette série: 545 404-2) dans le Top 40 et popularise ainsi ce morceau, resté jusqu'alors plutôt confidentiel. Enfin, initié à l'harmonica par Sonny Boy Williamson (Rice Miller), il ajoute au style de son mentor l'élégance racée de sa personnalité.
           
Dans son oeuvre enregistrée, d'abord destinée au public noir du show itinérant qu'il a animé longtemps, Parker a toujours fait alterner des pièces sentimentales à la façon des crooners avec des blues. Ce qui l'a longtemps fait négliger par le public européen. Ce recueil - qui couvre sa meilleure période, 1953-66 - présente le bluesman Junior Parker, chanteur et harmoniciste.
            Né près de Memphis, Parker accompagne dès son enfance (d'où son surnom de Junior qui lui restera) Sonny Boy Williamson (Rice Miller) à travers le Deep South. En 1948, il est à Memphis dans l'orchestre de Howlin' Wolf. Mais ses modèles se trouvent en Californie parmi les chanteurs californiens décontractés et urbains tels Nat "King" Cole ou Charles Brown. Au cours des années, il se forge ainsi un style très original, mêlant le blues profond et rugueux de Sonny Boy ou Howlin' Wolf aux manières sophistiquées de ses idoles de la côte Pacifique. Il forme un groupe avec Bobby Bland et B.B. King puis les Blue Flames en compagnie du guitariste M.T. Murphy et écume les bars de Memphis et des environs. Repéré par Ike Turner, Junior est enfin présenté au célèbre fondateur des disques Sun, Sam Phillips qui lui fait enregistrer "Mystery train".
            Mais c'est à Houston pour le label Duke que Parker va pouvoir réellement exprimer sa personnalité. Accompagné par certains des meilleurs musiciens texans, très tournés vers le Rhythm & Blues et le jazz, il grave à partir de 1953 une oeuvre brillante et très versatile qui l'installe parmi les habitués des hit-parades Noirs.
            Cependant, la carrière de Parker n'est certainement pas limitée aux studios. En 1954, il prend la direction de la Blues Consolidated Revue dont il est la vedette jusqu'en 1962. Le spectacle se produit environ 20O fois par an dans les Etats du Sud et les quartiers noirs des grandes villes du Nord: théâtres, réunions de charité ou privées, meetings politiques, clubs et cabarets. Ce show itinérant que Junior dirige avec la rigueur d'un patron sudiste, contribue beaucoup à faire de Parker une très grosse vedette parmi les Noirs et surtout les Noires. Sa musique et son chant font bien sûr mouche mais aussi sa moustache sémillante, son sourire, sa prestance physique, sa façon très recherchée de s'habiller. Il pleure son blues, proclame sa passion, esquisse les pas d'une danse à la mode avec des auditrices de l'assistance, enflamme son auditoire et triomphe chaque soir.
            Par bien des aspects, la musique de Parker annonçait la venue de la Soul music. Il ne sera malheureusement pas en mesure de rivaliser avec les James Brown et Otis Redding, nouvelles idoles des Noirs et ses disques ne font alors plus recette. La fin des années 60 est particulièrement difficile pour Parker qui apparaît de moins en moins "Junior" et déjà presque un has been. Dans ses derniers disques, il revient à un blues plus traditionnel et tente de recentrer sa carrière vers le public blanc international qui est alors le soutien principal du blues.
            Mais la vie harassante qu'a mené Parker, chantant, jouant, enregistrant, dirigeant sa Revue a fini par user sa santé. Après une petite crise cardiaque en 1968 qui le force à réduire ses activités, Parker se plaint de migraines fréquentes. Les médecins diagnostiquent une tumeur au cerveau et l'opération se passe très mal. Junior décède dans la soirée du 8 novembre 1971. Son enterrement est suivi par une foule très nombreuse. Howlin' Wolf, Muddy Waters, B.B. King, Bobby Bland, Little Milton et des dizaines d'artistes lui rendent un dernier hommage lors d'un concert mémorable à Chicago. Il laisse une oeuvre de premier plan qui le qualifie comme un des bluesmen les plus influents de l'après-guerre.



Je consacre une étude plus étendue à la vie et l'oeuvre de Jr Parker dans mon ouvrage PORTRAITS EN BLUES.

vendredi 28 juin 2019

ALBERT KING/ Early recordings

ALBERT KING/ Early recordings



 Tandis qu'à partir des années 60, le blues connaissait une très forte éclipse auprès des communautés noires américaines au profit d'autres formes de chanson populaire, Albert King fut un des seuls bluesmen à s'imposer dans les Hit Parades de musique noire, pénétrés de Soul puis de Disco! Ce géant taciturne, tirant sur une éternelle pipe, semblant écraser entre ses mains une guitare Gibson-Flying V, est né Albert Nelson (ou Blevins ou Gilmore) à Indianola (Ms) le 25 avril 1923 et a commencé comme conducteur de tracteur près ed Forest City (Arkansas). Il joue de la batterie dans les tavernes rurales, apprend assez tard la guitare sous l' influence de Elmore James et Robert Nighthawk. Vers 1950, il est à Gary, Indiana, où il travaille dans une aciérie tout en fréquentant la copieuse scène locale du blues, notamment avec John Brim ou Jimmy Reed avant de jouer en vedette sous le nom de Albert King, afin de se faire passer pour le demi-frère de B.B.
            En 1953, grâce à John Brim, Albert King fait des débuts discographiques de facture très rurale sur le label Chess. Mais c'est en s'installant à Saint Louis qu'il prend véritablement son style personnel. La scène musicale de la ville est dominée par des orchestres de jazz populaire auxquels s'intègre remarquablement Albert King. Il pratique alors un style de guitare électrique simple mais fluide, plein de vibratos et d'effets de glissandos, qui se marie parfaitement avec des sections rythmiques étoffées et des riffs de cuivres. Il enregistre abondamment dans cette manière pour le label Bobbin et connaît un succès local avec Don't throw your love on me so strong, ce qui attire l'attention du label de Memphis, Stax, spécialisé dans la Soul sudiste, mais à la recherche d'un bluesman ouvert aux sonorités contemporaines et qui plairait à un public noir sudiste toujours friand de blues.
            C'est chez Stax et à Memphis qu'Albert, accompagné de certains des meilleurs musiciens de studio de l'époque (Steve Cropper et Booker T. Jones), donne la pleine mesure de son talent. Il réussit à vendre constamment des disques à la clientèle noire (Laundromat blues, Crosscut saw, As the years go passing by). Parallèlement, Albert King réussit à séduire aussi le public blanc américain et international grâce à sa prestation au Fillmore East, le temple du rock de San Francisco, en 1968 (immortalisé sur l'albumLive wire/ Blues power /Stax). Dès lors, plusieurs superstars du rock lui rendent de nombreux hommages: Eric Clapton, Jeff Beck, Jimmy Page... Sur le plan artistique, la période Stax d'Albert King est particulièrement impressionnante avec une série d'albums tout à fait remarquables: I'll play the blues for you, I wanna get funky, Lovejoy .... superbement arrangés entre blues, Soul et Funk et au feeling fantastique qui comptent parmi les meilleurs disques de blues des années 70.
            Après la faillite inattendue de Stax en 1974, Albert King continue à enregistrer pour d'autres labels comme Tomato mais sans la magie de l'équipe Stax, ne retrouve plus la même réussite artistique et commerciale. Il lui faudra attendre dix ans de plus et le coup de pouce de Gary Moore, un guitariste de hard rock reconverti au blues, pour qu'il revienne au premier plan. Albert continuera à se produire sur les scènes du monde entier. Mais avec l'âge, et bien qu'il ait donné des concerts mémorables (notamment à Montreux), ses prestations scéniques sont souvent gâchées par une tendance presque maniaque à constamment régler la sono (avec son propre tournevis!) et eng... ses musiciens.
            Albert décède d'une crise cardique le 21 décembre 1992 à Memphis (Tn), façonnant auprès d'un public nouveau et de plus en plus jeune, sa stature de géant du blues moderne.
            Nous proposons ici l'intégrale et dans l'ordre chronologique de tous les enregistrements réalisés par Albert King avant ses grands albums Stax.

                                                                       Gérard HERZHAFT

            


            During the 60's and 70's, Albert King stood as one of the very few bluesmen to have Hits on the Top 40's otherwise filled with Soul and Disco.
            This tall man of few words, constantly smoking a pipe even on stage, always seeming to crush a Flying V-Gibson between his huge hands was born Albert Nelson (or Blevins or Gilmore) in Indianola (Ms) on April, 25th 1923. While driving a tractor on a plantation near Forest City (Arkansas), he started to play drums and only lately guitar in watching Elmore James and Robert Nighthawk on local juke joints. He came to Gary (Indiana) to work in a plant and then started to play blues in clubs behind Gary bluesmen like John Brim or Jimmy Reed before launching his own career under the name Albert King, letting people believe he was half brother of B.B. King.
            Thanks to his friend John Brim, Albert started a recording career for Chess in 1953, a very down home session that couldn't let guess in which direction he was going. This is in fact only while relocated in Saint Louis that he took his own characteristic style, mixing his really down home approach with jazz bands and arrangements. His guitar playing is simple but rich with many finger sliding and vibrato effects with a lot of silences that catch the attention of the listener to what note would he play next. He recorded many sessions with big bands for the Bobbin label and hit locally with Don't throw your love on me so strong in 1961 that directly led him to Memphis and a contract with the fledgling Stax label that wanted for its roster a bluesman opened to contemporary sounds who would please a Southern African American public still faithful to the blues.
            Stax surrounded Albert with some of the very best studio musicians of the time (Steve Cropper, Booker T., The Memphis Horns etc..), turning his blues towards funky arrangements. The success came quickly with a string of hits like Laundromat blues, Crosscut saw, As the years go passing by. But thanks to some stage performances like his memorable Fillmore East appearance, Albert also managed to draw the attention of the blues rock audience of the late 60's/ early 70's, influencing many rock stars like Eric Clapton, Jeff Beck or Jimmy Page. He then waxed several masterful albums, full of invention and feeling, that still stand as some of the very best blues of the early 1970's: I'll play the blues for you (a huge Top 40 hit), I wanna get Funky, Lovejoy...
            After the collapse of Stax in 1974, Albert recorded for other labels like Tomato but without the clever and tasteful hanf of the Stax team behind him, most of those albums - while still good blues anyway but very often too heavy arranged - can't be compared to the sheer brilliancy of his previous works. After some lean years, Albert started up again during the 1980's with some very good Californian albums and the help of blues-rock star Gary Moore.
            He also toured constantly the world over. But with the years, although Albert could still deliver very nice performances on a good day, many of his shows were often marred by his tendency to adjust the sound (with his own screwdriver) and bawl his musicians sometimes for half of his set.
            He unexpectedly died of an heart attack in Memphis on December, 21st, 1992, being hailed as a true giant of modern blues.
            We have gathered all the recordings in chronological order he made before his great Stax albums.

                                                                       Gérard HERZHAFT

samedi 22 juin 2019

A.C. REED/ Complete Early Recordings 1961-70


A.C. REED/ Early Recordings 

           
Aaron Corthens dit A.C. Reed (ceci afin de se faire passer pour le cousin du célèbre Jimmy Reed, une parenté guère prouvée) est né à Wardell dans le Missouri le 9 mai 1926. Après des tâtonnements à la guitare et aux claviers, Aaron, un grand fan des big bands, a opté pour le saxophone. Venu jeune à Chicago, il commence sa carrière auprès de Willie Mabon et de Earl Hooker (avec qui il enregistrera substantiellement), gagnant au passage un "saxophone d'or" et un titre de "Roi du Chicago blues, version saxophone"! Durant les années 60, il multiplie les 45t pour une nuée de petits labels, collant le plus possible au style vocal de son cousin présumé, le célèbre Jimmy Reed. Le paresseux This little voice évoque bien Jimmy, mais I stay mad et surtout l'excellent My buddy buddy friends sont des pièces débordant de cet humour désabusé et décapant qui est la marque de la plume d'A.C. Entre 1970 et 1983, Reed est surtout le sideman attitré de Buddy Guy, Junior Wells, Son Seals puis Albert Collins, ornant leurs concerts et leurs disques de ses sonorités râpeuses et carrées. Cet style simple mais essentiel au vrai Chicago blues amène nombre de musiciens de rock à utiliser ses talents pour certains de leurs enregistrements, tels Eric Clapton ou les Rolling Stones. Tout cela permet enfin à A.C. Reed d'entreprendre une carrière de leader à l'âge de la retraite. I am fed up with music, un 45t sorti en 1983 en deux versions, l'une "hard", l'autre plus chaste pour les oreilles sensibles est d'une irrésistible drôlerie. Aaron Corthens récolte même un W.C. Handy Award pour le microsillon correspondant: Take these blues and shove'em (Ice Cube). I'm in the wrong business (Alligator) dans lequel A.C. regrette de n'avoir pas embrassé la carrière de boxeur comme Rocky ou Mr T. est dans la même veine, avec le soutien de Stevie Ray Vaughan et Bonnie Raitt. A.C. Reed a enregistré d'autres disques pour Wolf ou Black & Blue, a excellemment figuré dans la célèbre anthologie Living Chicago blues (Alligator). Juste avant son décès (le 25 février 2004 à Chicago), A.C. a signé sans doute son meilleur album pour Delmark, le décapant Junk Food.
            Nous proposons ici l'intégrale des 45t enregistrés par cet intéressant bluesman de Chicago entre 1961 et 1970.
                                                                       Gérard HERZHAFT

Born Aaron Corthen (Warden, Missouri; May 9th 1926), this honking saxophone player has been a mainstay of the Chicago blues clubs and the recording studios. He began his career with Willie Mabon, then Earl Hooker which whom he worked and recorded during most of the 1960's. He always said he was a real cousin to the then famous Jimmy Reed, thus taking' the name A.C. Reed but it is unsure the fact is true!
            Anyway, A.C. Reed started to record a string of excellent 45's in 1961 with the minor hit This little voice in which he emulates the lazy phrasing of Jimmy Reed. All his records are full of humour, particularly I stay mad and the superb My buddy buddy friends that will enter the Top 100 R&B.
            After Earl Hooker's death, A.C. played in the bands of Buddy Guy & Junior Wells, Son Seals and Albert Collins, demonstrating all over the world his forceful sax playing. This collaboration earned him a strong reputation among the blues fans everywhere and he was asked to record with British stars Eric Clapton and the Rolling Stones. He then finally launched his career as a leader in the 1980's, fronting his own band and recording several excellent LP's (Take these blues and shove it) and CD's for Alligator (Living Chicago blues and I'm in the wrong business with Stevie Ray Vaughan), Wolf or Delmark (Junk Food, maybe his best album).
            A.C. died in Chicago on February 25th 2004, leaving a strong recorded legacy.
            This compilation gathers all his early 45s.
                                                                       Gérard HERZHAFT

A.C. REED
Early Recordings
A.C. Reed, vcl/t-sax; Pinetop Perkins, pno; Earl Hooker, g; Earnest Johnson, bs; Bobby Little, dms. Chicago, Ill. juin 1961
01. This little voice
A.C. Reed, vcl/t-sax; Little Ray Charles, pno; Reggie Boyd, g; Earnest Johnson, bs; Bill Stepney, dms. Chicago, novembre 1961
02. I wanna be free
03. Come on home
A.C. Reed, vcl/t-sax;Earl Hooker, g; Johnny "Big Moose" Walker, pno; Reggie Boyd, g; Earnest Johnson, bs; Bill Stepney, dms. Chicago, Ill, 1962
04. Mean cop
05. That ain't right
06. Crying blues
A.C. Reed, vcl/t-sax; Dusty Draper, a-sax; Bobby Fields, t-sax; Johnny "Big Moose" Walker, pno/og; Ivory Parker, g; Earnest Johnson, bs; Frank Swan, dms. Chicago, Ill. 1963
07. I stay mad
08. Lotta lovin'
A.C. Reed, vcl/t-sax; Detroit Junior, pno; Ivory Parker, g; Earnest Johnson, bs; Buddy Ray, dms. Chicago, Ill. 1965
09. I'd rather light than switch
10. I got money to burn
A.C. Reed, vcl/t-sax; horns; Lafayette Leake, pno; M.T. Murphy, g; Ivory Parker, g; Leroy Stewart, bs; Tyrone Harris, dms/perc. Chicago, Ill. 1966
11. My baby is fine
12. My baby's been cheating
13. Talking about my friend
14. Boogaloo tramp
A.C. Reed, vcl/t-sax; Pinetop Perkins, kbds; Johnny Twist Williams, g; Earnest Johnson, bs; Charles Hicks, dms. Chicago, Ill. 1970
15. Things I want you to do
16. Three short two


dimanche 9 juin 2019

BOBO JENKINS

BOBO JENKINS/ DETROIT BLUES MASTERS
Volume 1

            

 Même si sa discographie est limitée, Bobo Jenkins a été un des principaux bluesmen de Detroit, à la fois par sa constante présence dans les clubs, son entregent et sa capacité à rassembler autour de lui presque tout ce que la ville comprenait de bluesmen "profonds. Durant les années 1970-80, il a été aussi un des principaux acteurs de la survie du Detroit blues, réussissant à faire organiser des festivals, impliquant de plus en plus de personnes et de pouvoirs publics dans ce qu'il vivait comme une mission.

            John Pickens Jenkins naît à Forkland dans l'Alabama le 7 janvier 1916 d'un couple de métayers. Son père meurt dans un accident avant son premier anniversaire et la vie sera très dure pour le jeune garçon: peu d'école, les travaux des champs permanents dès l'âge de huit ans, un oncle terriblement sévère qui vit avec sa veuve de soeur (la mère de Bobo) et qui bat constamment l'enfant.

            A onze ans, Bobo s'enfuit de la maison maternelle, arrive à Memphis et devient le garçon à tout faire de la pension de famille de Emma Miller, un établissement qui héberge les nombreux Noirs de passage dans la grande cité du coton. Puis il travaille dans une maison close où des orchestres animent les soirées chaudes. C'est là que Bobo s'initie vraiment au blues!

            Après de nombreuses pérégrinations et autant de boulots différents, Bobo est incorporé en septembre 1944, découvre le monde extérieur au Sud Profond et décide qu'il n'y retournera plus. Il s'installe à Detroit, devient un mécanicien auto accompli, se fait embaucher chez Chrysler où il restera 26 ans.

            Il fréquente aussi les clubs de Hastings Street où se développe un blues spécifique à la ville de Detroit, rencontre et se lie d'amitié avec John Lee Hooker, Eddie Kirkland, Eddie Burns, Joe Von Battle (le principal producteur du Detroit blues). Passionné par cette musique, Bobo s'achète une guitare et commence à son tour à se produire sur scène.

            Ecœuré par la défaite des Démocrates dont il est (comme beaucoup de Noirs) un fervent partisan, tandis qu'il travaille sur sa chaîne d'assemblage, il compose son premier blues, un texte remarquable Democrat blues:

            The Democrats put you on your feets and you had the nerve to vote'em out"

            Il chante son morceau en public et obtient un gros succès. Cela l'encourage à composer d'autres blues très personnels, ce qui sera une de ses grandes caractéristiques. Avec l'aide de John Lee Hooker, Bobo passe une audition à Chicago chez Chess en 1954. Phil Chess est enthousiasmé par Democrat blues, lui demande un autre blues du même genre. Dans le studio, Bobo compose en quelques minutes Bad luck and trouble. Avec en outre un petit orchestre venu avec John Lee de Detroit (en particulier l'excellent harmoniciste Robert Richard), Bobo Jenkins signe ses débuts discographiques de bien belle manière. Democrat blues/ Bad luck and trouble connaît un certain succès commercial à Chicago et Detroit et deviendra un grand classique du blues des années 50.

            Cela permet à Bobo et son orchestre de se produire à Detroit mais aussi dans toutes les villes industrielles de la région. Il est même à l'affiche de plusieurs tournées nationales avec Illinois Jacquet, Jimmy Reed, Mahalia Jackson, Lionel Hampton, Louis Jordan. Mais, avec une famille nombreuse, Bobo préfère la sécurité d'un bon salaire chez Chrysler que les risques d'une vie de musicien. Il joue alors essentiellement à Detroit et ouvre un petit club attenant à sa maison où apparaîtront tous les bluesmen de la ville (Baby Boy Warren, Little Sonny etc...) et de nombreux artistes de passage comme Sonny Boy Williamson (Rice Miller). Mais du coup, il enregistre seulement sporadiquement et pour des labels de Detroit comme Fortune, des titres là aussi souvent remarquables avec de nouvelles compositions (Ten below zero) mais aussi d'excellentes versions de Sweet home Chicago (Baby don't you want to go) ou Decoration day.

            Dans les années 1960, Bobo construit lui-même et de bric et de broc (avec des cartons récupérés dans les supermarchés) son propre studio qu'il appelle Big Star et commence à s'enregistrer lui-même ainsi que nombre de bluesmen de la ville dont certains n'avaient jamais pu graver de disques et tente de leur trouver des engagements dans une scène musicale de Detroit désormais dominée par la Soul de Motown.

Copyright; Amy Van Singel
            Mais bientôt certains journalistes et amateurs de blues comme Sheldon Annis et Fred Reif se joignent à lui dans cette campagne de promotion du blues. En août 1970, ils convainquent la ville de créer le Detroit Blues Festival qui présente tous ceux qui font le blues de Detroit, un évènement couvert par la presse et les télévisions et largement commenté dans les colonnes de Living blues.

            Bobo qui jouit désormais d'une confortable retraite de Chrysler, se consacre totalement à sa musique et à la cause du blues: Saginaw blues festival, Belle Isle Festival, Ann Arbor Blues & Jazz Festival... Il devient même membre officiel du Comité Culturel de la ville de Detroit.

            Parallèlement, Bobo continue à enregistrer pour Big Star, notamment trois albums personnels où il démontre sa capacité à composer des textes souvent autobiographiques, remarquables de vérité. Ces disques souffrent malheureusement des médiocres techniques d'enregistrement du studio de Bobo. Ils n'en demeurent pas moins d'excellents moments de down home blues.

            Avec l'aide de Fred Reif, Bobo réussit à jouer son blues dans des lieux de plus en plus prestigieux comme le Smithsonian Institute en 1976. En 1982, il est de la tournée européenne de l'American Living Blues Festival mais, malade, il ne peut assurer qu'un seul concert et doit être rapatrié d'urgence à Detroit.

            C'est là qu'il décède le 14 août 1984, laissant une œuvre non négligeable dont nous proposons ici l'intégralité des années 1954-72 en deux parties: la première regroupe toutes les séances qu'il a enregistrées pour des 78t et 45t; la deuxième réédite - en tentant d'améliorer le son original autant que faire se peut - son premier (et meilleur) album pour son label Big Star. Le reste peut se trouver sur l'excellent site: http://dontaskmeidontknow.blogspot.fr/



                                  Gérard HERZHAFT



            Although not very well known, Bobo Jenkins has been a mainstay and a driving force of the Detroit blues scene that he has largely contributed to elaborate and establish.

            John Pickens Jenkins was born in Forkland, Al. on January 7, 1916 from a family of poor sharecroppers. After his father's death while he was still a baby, Bobo has to work very early in the fields. A very brutal and insensitive uncle (his mother's brother) takes charge of the kid with more kicks and punches than food and education. When he is eleven, Bobo runs away to Memphis where he makes a living as an odd-job boy in several places including a brothel where he hears for the first time the blues. After a stint in the army during the war, Bobo relocates himself in Detroit and finds a secure job at Chrysler's assembly line where he will stay 26 years.

            He is also a faithful patron of the Hastings Street clubs, taking pictures and becoming friend with uprising bluesmen like John Lee Hooker, Eddie Kirkland or Eddie Burns. More and more enthralled with the music, Bobo buys a guitar, take some blues lessons with his friends and starts to play some numbers in the clubs.

            While in his assembly line, Bobo composes Democrat blues, his first number that boasts his distrust of the winning Republicans at the 1952 Presidential contest.

            " The Democrats put you on your feets and you had the nerve to vote'em out"

            Impressed by this blues (that he will include later in his songbook), John Lee Hooker brings Bobo and an array of Detroit blues musicians in Chicago in 1954. A quite enthusiastic Phil Chess hurries Bobo and his band (with the excellent harp player Robert Richard) in the studio to record Democrat blues and the flip (written in a few minutes for the occasion by Bobo) Bad luck and trouble. This single is a small hit in Chicago and Detroit and will become an all-time blues classic among blues buffs all over the world.

            For some time, Bobo enjoys some fame, is featured in tour packages alongside such luminaries as Illinois Jacquet, Jimmy Reed, Mahalia Jackson, Lionel Hampton, Louis Jordan. But with a large family, Bobo chooses instead of a professional musician's life the security of a steady job. He thus mostly plays in Detroit and even runs a small club where he features most of the local bluesmen, including Sonny Boy Williamson (Rice Miller) who stayed in Detroit for awhile. But his recordings are then quite sparse and mostly for local labels like Fortune with a poor distribution outside his hometown. Anyway those records are first rate, alternating personal self-penned blues (Ten below zero) with striking versions of blues standards like Baby don't you want to go.

            During the 60's, the ever creative Bobo Jenkins, builds his own studio and starts to record himself as well as most of the local bluesmen. At the end of the decade dominated by Motown, Bobo's label Big Star is almost the only one issuing blues records in Detroit!

            With the help of some blues fans like the writer Sheldon Annis and Fred Reif, they persuade the city of Detroit to launch in August 1970 a Detroit Blues Festival that features all the local bluesmen, an event largely covered by the local medias as well as the Living Blues Magazine.

            When retired from Chrysler, Bobo devotes himself full time to the blues. He is in and off stage of the Saginaw blues festival, Belle Isle Festival, Ann Arbor Jazz & Blues festival and even becomes a member of Detroit City's Culture Board... He also continues to record for his Big Star label, particularly three albums which are today sought-after items in which he further demonstrates his uncanny ability to compose striking autobiographical blues. Unfortunately, those LP's are a little bit marred by poor and muffled sound.

            With Fred Reif's help, Bobo is also able to play in some prestigious venues like the Smithsonian Institute in 1976. In 1982, Bobo is part of the American Blues Legends' European tour but, very ill, he can't play but one gig and has to come back home in a hurry.

            He dies in Detroit on August, 14, 1984 leaving an array of quite good records. We have gathered all his singles on Bobo 1 and Bobo 2 features his first (and best) Big Star LP with some tentative enhanced sound!

            The remainder of his recordings are of course quite hard to find but can be downloaded from the excellent blues blog: http://dontaskmeidontknow.blogspot.fr/

                                  Gérard HERZHAFT















BOBO JENKINS/ Complete Early Recordings



Bobo Jenkins (John Pickens Jenkins), vcl/g; Robert Richard, hca; Albert Washington, g; Harry Fleming, dms. Detroit, Mi. 1954

01. Democrat blues

02. Bad luck and trouble

Bobo Jenkins, vcl/g; g; pno. Detroit, Mi. 1955

03. Decoration day blues I & II

Bobo Jenkins, vcl/g; Robert Richard, hca; James "Rabbit" Johnson, g; bs; Ted Walker, dms. Detroit, Mi. 1957

04. Baby don't you want to go I

05. Baby don't you want to go II

06. Ten below zero I

07. Ten below zero II

08. Seasick and water bound

Bobo Jenkins, vcl/g; Eddie Taylor, g; Willie Johnson, g; Earl Phillips, dms. Chicago, Ill. 1959

09. Nothing but love

10. Tell me who

Bobo Jenkins, vcl/g; Walter Cox, pno; James "Rabbit" Johnson, g; Ted Walker, dms. Detroit, Mi. 1960

11. You will never understand

12. Tell me where you stayed last night


Bobo Jenkins, vcl/g; og; horns; James "Rabbit" Johnson, g; bs; dms. Detroit, Mi. 1972

13. When I first left home

14. Reeling and rocking

15. Cold hearted blues

16. I love that woman

17. Solid gold

18. You will never understand n°2

19. Tryin' to get you off my mind

20. 24 years

21. I sure got to leave your town

22. Have you heard the news

23. Tell me who

24. I'm glad trouble don't last always


samedi 20 avril 2019

DETROIT BLUES MASTERS/ Volume 13


DETROIT BLUES MASTERS/ Vol. 13

            Let's start this new volume of our Detroit Blues Masters' series with the legendary singer-pianist Detroit Count, "legendary" mostly for his classic two sided storytelling of the Hastings Street Opera recorded by the great Joe Von Battle and reissued umpteenth times! But Bob White, the real name of Detroit Count has much more to offer. Bob, born in Chattanooga, Tennessee, around 1920 went to Detroit in 1938, seemingly already an accomplished barrelhouse pianist. He recorded as soon as 1940 with The Florida Kid and under his real name. His whereabouts during the war years are shady but it seems that he was drafted and served on the Pacific zone. Anyway, he recorded again in 1948 and 1949 as Detroit Count, then a well known character and musician of the burgeoning Hastings Street scene. He is at ease either on a boogie piece like Detroit boogie (Piano boogie) or a cocktail lounge piece. The early 1950's find him playing the piano and the organ Hammond and singing as a member of the Emmit Slay Trio. He waxed a last session in 1954 with the Sax Kari band that I unfortunately have been unable to get a copy. He disappeared from the musical scene after the mid-1950's and seems to have passed in Detroit around 1970.
           
Although he recorded his first tracks in Detroit, singer and guitarist Johnny Wright is certainly not a Detroit blues performer. Born in Centerville, Tennessee February 20 1930, he began to sing and play guitar at an early age alongside his brothers Sherman (who played harmonica) and George (at the fiddle). In 1950, Johnny went to Saint Louis to try his luck. In a couple of years, he had gained a great reputation playing regularly at the Cosmopolitan Club He was even a member of an early Chuck Berry's band! In 1953, seeking for work in Detroit, Johnny recorded for Joe Von Battle the autobiographic blues I was in Saint Louis/ I stayed down boy that were issued on the DeLuxe label. The record gained enough attention for Johnny to be recorded by Ike Turner in Saint Louis. Wright then formed his own blues band and recorded again for the local Stevens label. Always seeking more opportunities, Johnny moved to Los Angeles, joined Ike Turner's band, formed a new personal one to play regularly in Southern California. But the 1960's were lean years for the blues and Johnny had to find a day job at Terre Haute, Indiana in a steel mill while playing week ends in local clubs with a white band under the nickname "Rolling Stone". He thus recorded a late 45s with the Steve Rusin band and played locally until his death at his Terre Haute's home on 2 June 1988.
            Last but not least, singer Katie Watkins is a total unknown, having recorded two very down home blues in 1957-59, the first backed by the Sax Kari's band with Kari on guitar.
            Thanks to all of those who helped for those researches, particularly the Dave Kyle's article on the National Road Magazine.
                                               Gérard HERZHAFT

DETROIT BLUES MASTERS
Volume 13
DETROIT COUNT (Bob White), vcl/pno; Alfred Elkins, bs/vcls. Chicago, Ill. 7 November 1940
01. I'm the woogie man
02. Pullet and Hen blues
Detroit Count, vcl/pno. Detroit, Mi. 1948
03. Hastings Street Opera I & II
Detroit Count, vcl/pno; band. Detroit, Mi. 1948
04. I'm crazy about you
05. Hastings Street woogie man
06. Detroit boogie
07. Parrot Lounge boogie
Detroit Count, vcl/pno; King Porter, tpt; Wild Bill Moore, t-sax; band. Detroit, Mi. 1949
08. My last call
09. Little Tillie Willie
Detroit Count, vcl/og; Emmit Slay, g; Larry Jackson, dms. Detroit, Mi. 23 January 1953
10. You told me that you loved me
11. Brotherly love
Detroit Count, vcl/og; Emmit Slay, vcl/g; Larry Jackson, dms. New York City, 30 March 1953
12. I've learned my lesson
13. Be mine once more
14. Male call
Detroit Count, vcl/pno; Sax Kari, g; band. Detroit, Mi. 1954
Brand new gal
One room, the blues and you
JOHNNY WRIGHT, vcl/g; Band. Detroit, Mi. 17 November 1953
15. 54 blues
16. Boogie baby
17. I stayed down
18. I was in Saint Louis
19. She went away
20. Up boy
Johnny Wright, vcl/g; Raymond Hill, t-sax; Eddie Jones, t-sax; Ike Turner, g; pno; Jesse Knight Jr, bs; Eugene Washington, dms. Saint Louis, Mo. November 1955
21. The world is yours
22. Suffocate
Johnny Wright, vcl/g; Joe Whitfield, t-sax; bs; Joe Hunt, dms. Saint Louis, Mo. January 1959
23. Look at that chick
24. Gotta have you for myself
Johnny Wright, vcl/g; band. Los Angeles, Ca. 1962
25. Wine head
Who was?
Johnny Wright, vcl/g; Steve Rusin, hca; Billy Five Coats, pno; Dave Kyle, g; Steve Ridge, dms. Terre Haute, In. 1978
26. Move
27. Shut up
KATIE WATKINS, vcl; Sax Kari, g; Jimmy, bs; dms. Detroit, Mi. 1957
28. Trying to get you off my mind
Katie Watkins, vcl; band. Detroit, Mi. 1959
29. Don't take, give

Thanks to our friend Tom Thumb, we have now three 1977 tracks by Johnny Wright backed by Steve Rusin and band: Coal Shed + Johnny's bad air boogie + I was in Saint Louis (solo guitar version with Steve Rusin). Those titles are there