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vendredi 7 mars 2025

EDDIE KIRKLAND/ Complete Studio Recordings 1952-92

 EDDIE KIRKLAND/ Complete Studio Recordings 1952-92


          

 
Eddie Kirkland a longtemps été davantage connu pour ses formidables accompagnements - à la croche près! - de John Lee Hooker que pour ses propres performances. Et il aura fallu les années 1970 pour qu'on découvre quel grand showman il était, excellent guitariste, bon harmoniciste et l'étendue de son répertoire, du blues acoustique en soliste jusqu'aux sonorités funky voire rock.
            Bien qu'il ait toujours affirmé être né le 16 août 1923 (ou 1928) à Kingston, en Jamaïque - ce qui aurait fait de lui un citoyen britannique! - , Eddie Kirkland - selon tous ses proches - serait venu au monde à Dothan dans l'Alabama, d'une jeune fille de douze ans qui l'aurait abandonné à la naissance. Il a alors été élevé par une de ses grand mères qui l'a initié au Gospel, au blues mais surtout à la Country Music à travers les programmes radiophoniques du Grand Ole Opry.
            Il semble que Eddie ait commencé dès 12 ans à travailler dans le Sugar Girls Medicine Show, parcourant les Etats du Sud, d'abord comme garçon à tout faire puis, au fur et à mesure qu'il s'initiait avec les artistes du show itinérant à différents instruments et au chant, comme bonimenteur vendeur de médicament miracle, présentateur, chanteur et musicien! Il a toujours affirmé que son sens de la scène lui venait de ces années au sein de ce show itinérant.
            La guerre, ses restrictions et la conscription semblent avoir eu raison de ce spectacle comme de bien d'autres et Eddie se retrouve à travailler en usine, d'abord dans l'Indiana puis à Detroit dans l'industrie automobile. Mais son passé dans le show business lui permet très vite de s'intégrer dans la scène du blues et du R&B de Detroit. Il rencontre John Lee Hooker lors d'une des célèbres House parties de la ville. La carrière de Hooker est alors en pleine ascension et Eddie décide d'accepter la proposition du bluesman de devenir son second guitariste. Ensemble, ils mettent au point un duo de deux guitares sur le modèle de Memphis Minnie/ Little Son Joe que Hooker admirait beaucoup. Kirkland ouvre le show, chante deux ou trois morceaux et accompagne ensuite John Lee. Eddie enregistre alors un nombre important de titres derrière Hooker qui comptent parmi les tout meilleurs gravés par ce grand bluesman. A l'occasion, il grave quelques 78t sous son nom pour de petits labels de Detroit avec un style de chant fort marquée par le gospel.
            Cette association n'a pas toujours satisfait Eddie qui a avoué plus tard avoir fait une erreur d'être resté si longtemps dans l'ombre de Hooker sans obtenir la reconnaissance méritée. Il semble aussi qu'à la fin des années 50, Kirkland ait été condamné pour homicide et fait trois ans de prison.
            Toujours est-il que le début des années 1960 le voit habiter New York, y tenter une difficile percée musicale, mêlant de plus en plus à son blues des sonorités plus modernes comme celles de la Soul naissante. C'est dans ces conditions que le label Prestige (pour sa filiale Tru Sound) lui fait enregistrer en 1961 un album tout à fait exceptionnel en compagnie de l'orchestre de King Curtis/ Billy Butler. Bien que Kirkland ait par la suite enregistré d'autres excellents albums pour Trix, Evidence, JSP ou Deluge, celui-ci nous semble être son chef d'oeuvre.
            Mais ce disque de blues très moderne - qui sort sur un label consacré au blues traditionnel à destination du public alors bien maigre du blues revival - ne se vend pas du tout et Eddie, qui n'aimait guère la vie trépidante de New York, décide de partir s'installer à Macon en Georgie. Otis Redding, un talent local qui commence à percer, vient le voir un soir dans un club, est tout à fait emballé par sa prestation et décide de l'embaucher à la fois comme musicien, ce qui permet à Eddie d'interpréter à chaque fois quelques morceaux en vedette et surtout d'enregistrer plusieurs 45t pour Volt, le label de Redding et d'obtenir plusieurs succès commerciaux, en particulier The Hawg (1965) qui figurera dans le Top 100 de R & B quelques semaines.
            Après la mort inattendue de Redding, Kirkland vit une mauvaise passe. Il participe à quelques tournées de R&B mais les années 1970 sont particulièrement difficiles. Sous la houlette de Pete Lowry, Eddie se reconvertit un temps en bluesman soliste à la guitare acoustique, ce qui lui permet de figurer au programme de plusieurs festivals et d'enregistrer deux excellents albums (Front and center en soliste et The Devil and other blues Demons,

accompagné d'un petit orchestre avec lequel il tournera pendant quelques années). Ce ne sera finalement qu'à partir des années 1990 que Eddie Kirkland sera finalement reconnu comme un talent majeur, jouant dans les grands festivals, tournant en Europe, devenant même - grâce au groupe de blues rock Foghat qui le prennent avec eux - un artiste apprécié dans ce fructueux domaine. Il enregistrera même un album avec eux, Last train home.

            Malgré son âge et de gros ennuis de santé, Eddie Kirkland était toujours musicalement actif quand le 27 février 2011, il a été victime d'un fatal accident de la route près de Tampa en Floride.
            Il laisse une oeuvre importante, souvent de premier plan, dont nous proposons ici l'intégrale réalisée en studio entre 1952 et 1992
            Merci à Hartmut Münnich pour son aide précieuse dans la collecte de certains de ces rares enregistrements.
                                                                       Gérard HERZHAFT

           


Although he has always said that he was born August, 16th 1923 (or 1928) in Kingston (Jamaica), Eddie Kirkland, according to his relatives, would be in fact born in Dothan (Alabama) from a very young girl (of 12 years) that Eddie had not really ever known. He was raised by a foster grandmother who was always listening to Gospel and Country Music through the Grand Ole Opry radio programme, infusing love of the music to the boy.

            At a very early age, Eddie works full time in the Sugar Girls Medicine Show first as a handyman and, thanks to the other members of the show who taught him several instruments, more and more as a singer, entertainer and musician. Eddie often told that his striking showmanship came from those medicine show's years. Unfortunately the show (like many others) doesn't survive to the War and Eddie has to work in the industry, first in Indiana and then in Detroit, Michigan. With his show business experience, Kirkland is soon very active in the thriving Detroit blues and R&B scene. In the early 50's, he meets John Lee Hooker who is becoming the blues star of Motor City. Hooker who admired very much the twin guitars of Memphis Minnie and Little Son Joe took Eddie with him and the subsequent years saw Eddie playing second guitar with Hooker and recording some incredible tight guitar duos with his leader and some of the best tracks waxed by Hooker at that time. He has also the opportunity to record sporadically for some local labels, his music much more "modern" than Hooker's with a voice strongly influenced by Gospel singers.
            This partnership with John Lee, although very successful musically, didn't entirely satisfy Kirkland who said he suffered to stay in the shadow of the bigger name. It also seems that at the end of the 50's, Eddie was involved in a murder case and was in jail for three years.
            Anyway, the early 60's find our man in New York City, trying his luck in the R&B clubs, adding a lot of new sounds (like Soul) to his music. This is how he happens to record in 1961 a first-rate album for the Prestige label (in fact its subsidiary Tru Sound) backed by the powerful King Curtis and Billy Butler band. Even if Eddie would later record several excellent albums for labels like Trix, JSP, Evidence or Deluge, this particular LP stands like a true masterpiece. Unfortunately, the music is then judged too soul-oriented for the public of the blues revival whose the Prestige label is chiefly aimed at and the album doesn't sell at all.
            Eddie leaves then New York and settles in Macon (Georgia) where, as usual, he plays in the local clubs. One night, Otis Redding, a then rising star, catches his show and takes him in his band. Eddie plays guitar and harmonica with Otis, sings a couple of songs in his shows and has the opportunity to record for the Volt label some commercially successful 45s, The Hawg even making its way into the R&B Top 100 in 1965.
            After the untimely death of Redding, the 70's are very lean years for Eddie. The producer and researcher Pete Lowry finds Eddie, persuades him to try his luck as a solo country bluesman, finds him some good gigs and festival appearances and brings him in the studios for two excellent albums for his own label Trix, Front and Center, a very good acoustic solo effort and The Devil and other blues Demons with a small band. Those two are well worth listening to.
            Despite all this, Eddie will have to wait until the 1990's to gain his due recognition as a major artist, taking by storm audiences in the USA and Europe, recording several CDs and even becoming some kind of an aged rock star with his association with the group Foghat!
            Despite his age and faltering health, Eddie Kirkland was still musically active when he died from a car accident on February, 27th, 2011 near Tampa in Florida.
            He leaves a very substantial recording legacy. We have here gathered all his studio tracks recorded between 1952 and 1992.
         Thanks a lot (and again) to Hartmut Münnich for the loan of his precious and rare records.
            As usual, all feedback is welcomed.
                                                                                               Gérard HERZHAFT





samedi 8 février 2025

GEORGE SMITH/ Complete Studio Recordings

 

GEORGE SMITH/ Creator of the West Coast Harmonica

 

 


Bien que beaucoup moins célèbre que Little Walter ou Big Walter Horton, George Allen Smith n'en demeure pas moins une des grandes icônes de l'harmonica blues amplifié.

Né le 22 avril 1924 à Helena dans l'Arkansas mais élevé dans le Nord par sa mère, une harmoniciste chromatique férue des orchestres d'harmonicas à la Borrah Menovitch et de Larry Adler, George Smith a d'abord été influencé par leurs disques et a commencé à interpréter toutes sortes d'airs pop et jazz avant de rencontrer les harmonicistes de blues une fois qu'il ait gagné Kansas City en 1942. Il y travaille dans les abattoirs de la ville et se produit le soir dans les nombreux clubs de la ville, souvent au sein d'orchestres de jazz, la musique dominante de la grande cité du MidWest. C'est à ce moment-là (vers 1945) et pour se faire entendre au milieu des cuivres qu'il met en place la technique de l'amplification électrique de l'harmonica dont il est indubitablement une des pionniers. George transporte cette expérience du jazz lorsqu'il s'installe à Chicago en 1949, confronte ses idées avec celles des harmonicistes de la ville, alors très marqués par John Lee "Sonny Boy" Williamson. Smith s'en distingue d'emblée, utilise beaucoup les octaves sur la troisième position même quand il joue du diatonique. Il fait partie de plusieurs orchestres de Chicago, remporte des "batailles" d'harmonicas avec ses pairs Little Walter et Junior Wells mais sans réussir à obtenir davantage que l'estime des musiciens.


Ce n'est que lors d'une visite à Kansas City en 1955 que George Smith enregistre enfin pour les frères Bihari une série de 45t dans lesquels il démontre toute l'étendue de ses talents d'harmoniciste révolutionnaire. Blues in the dark, Telephone blues, Blues stay away, Hey Mr Porter sont aujourd'hui des classiques de l'harmonica blues. Mais le succès commercial n'est alors pas au rendez-vous et il enregistre surtout pour de tout petits labels mal distribués et, pour des raisons contractuelles, sous divers pseudonymes  - Little Walter Jr, Harmonica King, George Allen - qui ne facilitent pas sa notoriété. Ce n'est que lorsque Muddy Waters l'embauche dans son orchestre en 1968-69 que George Smith apparaît sur les grandes scènes américaines et européennes. Il n'enregistre malheureusement pas avec son patron mais apparaît derrière Otis Spann et Sunnyland Slim. Il grave aussi deux albums en vedette (Tribute to Little Walter et Off the blues) qui provoquent un choc auprès des innombrables apprentis harmonicistes du blues revival, notamment grâce à la présence sur ces disques d'étincelants instrumentaux comme Ode to Billy Joe, Juicy Lucy ou Hawaiian Eye.

 

Il quitte Muddy, se fixe définitivement à Los Angeles, joue dans l'orchestre de la chanteuse Big Mama Thornton, ce qui lui vaut une nouvelle notoriété et la possibilité d'enregistrer des séances remarquables avec elle mais aussi derrière Big Joe Turner ou Jesse Thomas. Soudain entouré d'une kyrielle de jeunes harmonicistes californiens (William Clarke, Mark Hummel, Gary Smith, Paul De Lay, Kim Wilson, Rick Estrin...), il devient leur mentor, leur principale source d'inspiration et le fondateur involontaire d'un style d'harmonica swinguant et jazzy qui est aujourd'hui fort répandu et imité dans le monde entier. C'est un de ses élèves, Rod Piazza, qui le convainc en 1970 de rejoindre son groupe Bacon Fat, composé alors de très jeunes musiciens blancs. Smith leur apporte son expérience, son feeling, son sens du blues et une authenticité qui transparaissent dans les enregistrements effectués alors. Il décède le 2 octobre 1983 à Los Angeles Californie)

L'œuvre de George Smith n'a cessé de grandir avec le temps et d'inspirer déjà deux générations d'harmonicistes!

                                                           Gérard HERZHAFT

 

Les Rolls Royces de l'harmonica sont ici


GEORGE SMITH/ Discography

UP is a missing track from 1997 (with Phillip Walker on guitar). Here it is thanks to B-flat

 


 

Although less well known than Little or Big Walters, George Allen Smith is anyway one of the great innovators of the post-war harmonica blues.


Born on April, 22nd 1924 in Helena, Arkansas but raised in the North by his mother who played chromatic harmonica under the influence of people like Larry Adler and Borrah Menovitch, George started to practise himself the instrument at an early age, playing pop and jazz tunes. It is only in 1942 when he went to work on a slaughterhouse in Kansas City that George met some blues harp players. Soon, Smith played for tips on the streets and in the clubs with some local popular big bands. To be heard above the honking horns of those orchestras George amplified his harmonica, certainly one of the first to try to play this way.

This is those broad experiences that he brought with him when he relocated in Chicago in 1949, bringing a very different way to play the harmonica blues (blowing often octaves on the so called third position) in a city then mostly under the huge influence of John Lee "Sonny Boy" Williamson.

But he has to wait 1955 and a return visit to Kansas City to at last be able to record a session for the Biharis, waxing some revolutionaries tracks like Blues in the dark or Telephone blues. But the success eludes him and during the subsequent years he has to record for some small outfits under nicknames (Little Walter Jr, Harmonica King, George Allen) that certainly don't make easier for him to be known as the major harmonicist he really is.

In 1968, he is hired by Muddy Waters and will play with the maestro for a short year on festivals and concert halls, being at last discovered by blues fans all over the world and recording his two first LPs for Capitol and Bluesway that features some stunning instrumentals.

After a session behind Sunnyland Slim in Los Angeles, George is hired by Big Mama Thornton and decides to stay in this city, making new recordings under his name for local labels like Sotoplay and behind numerous blues (and sometimes jazz) players.

In Southern California he becomes friend with Rod Piazza who is certainly his most faithful pupil and with whom he plays, records and tours the US and Europe in the Bacon Fat blues band. At that time, George becomes the leading inspiration for a whole generation of West Coast harp players like William Clarke, Mark Hummel, Gary Smith, Paul De Lay and such who take his jazzy and swinging way to play the harmonica. He is unintentionally but undoubtedly the creator of the West Coast harmonica style.

George dies on October, 2nd, 1983 in Los Angeles and his recordings have never stopped to be more and more appreciated, becoming all-time classics and inspiring already two generations of harp players.

Gérard HERZHAFT

 

The Rolls Royces of the harmonica are here

vendredi 7 février 2025

JUNE BATEMAN/ Complete Recordings

 JUNE BATEMAN/ Complete Recordings



          
  Nous avons déjà présenté la chanteuse June Bateman dans Blue Eye (cf New York City Blues Yesterday Vol. 3) mais grâce à la générosité de Tony Watson nous avons pu récupérer la totalité des enregistrements réalisés par cette excellente blueswoman qui jouit également d'une grande réputation auprès des amateurs de Rockabilly.

          June Bateman (née Marian June Batemon à Schulenburg au Texas le 17 novembre 1939) a suivi ses parents très jeune à New York, résidant à Brooklyn. Elle commence à chanter très tôt dans les clubs, notamment avec The Marquis mais c'est sa rencontre (et son mariage) avec le célèbre saxophoniste Noble Watts (cf l'article sur ce musicien dans Blue Eye) qui la fait devenir professionnelle. Elle est la vocaliste de son mari et enregistre sous son nom une série de beaux 45t, entre blues, R&B et Rock'n'roll dont certains (comme Possum belly overalls) sont devenus des classiques. Mais à la fin des 60's, elle abandonne sa carrière pour élever ses enfants. Elle suit Noble Watts lorsque celui-ci vient se réinstaller dans sa ville natale de DeLand en Floride en 1984. June Bateman-Watts y vit d'ailleurs toujours et joue un rôle très actif dans l'annuel Noble "Thin Man" Watts festival. Elle y est régulièrement présente et participe à l'élaboration du programme 


           La courte oeuvre de très haut niveau qu'elle a réalisée méritait à notre avis une mention particulière.
                                                           Gérard HERZHAFT

            We have already featured June Bateman on our New York City/The Blues Yesterday Vol. 3 but some tracks from her excellent recorded output were still sadly missing. Thanks to the generosity of blues researcher and writer Tony Watson, we are now able to give to the hardcore blues fans the complete output of this first rate blues, R&B great singer who is also highly praised among Rockabilly buffs.
          June Bateman (born Marian June Batemon on November 17th 1939 at Schulenburg, Tx) has came with her parents at an early age to New York, living in Brooklyn. Still a teenager, she started to sing with local groups like The Marquis. But this is only when she met (and quickly married) the famous sax player Noble Watts - see the article on him in this blog - that she embarked in a fully musical professional career. As the featured singer of her husband's orchestra, she recorded a string of excellent 45s between blues, R&B and Rock'n'roll, some of them (Possum belly overalls) having even become "classics". She gave up her musical career during the late 60's to take care of her family. In 1984, she followed Noble Watts to his native DeLand (Florida) where she is still living and playing an active part for the local, great annual Noble "Thin Man"Watts festival.
                                                                       Gérard HERZHAFT

June Bateman also recorded a single as a vocalist with the doo woop group The Marquis. Here it is and thanks to Barbar Drunker to have pointed this out.

JUNE BATEMAN/ COMPLETE RECORDINGS
June Bateman, vcl; Noble Watts, t-sax; Jimmy Spruill, g, Horace Cooper, pno; bs; dms, vcl group. New York City, juillet 1957
01. Need your love
02. Yes I will
June Bateman, vcl; Noble Watts, t-sax; g; bs; Bernard Purdie, dms. New York City, 1960
03. Believe me darling
04. Come on little boy
June Bateman, vcl; Noble Watts, t-sax/vcl; Billy Butler, g; bs; Bernard Purdie, dms. New York City, 1962
05. What ya gonna do?
June Bateman, vcl; Noble Watts, t-sax; band. New York City, avril 1963
06. I don't wanta
07. I still love him
June Bateman, vcl; Noble Watts, t-sax; Paul Williams, b-sax; band. New York City, septembre 1963
08. Georgia mule
09. Mama I love him so
June Bateman, vcl; Noble Watts, t-sax; Jimmy Spruill, g; B. Brown, hca; Royal Hamilton, pno; bs; Willie Jenkins, dms. New York City 1964
10. Go away Mr blues (Everlast 45)
11. Possum belly overalls (Everlast 45)
June Bateman, vcl; Noble Watts, t-sax; band. New York City 1965
12. Possum belly overalls (Shaw 45)
13. Go away Mr blues (Shaw 45)

dimanche 22 décembre 2024

CHRISTMAS BLUES FROM CHICAGO

CHRISTMAS BLUES FROM CHICAGO




 

Bertha "Chippie" Hill, vcl; Georgia Tom Dorsey, pno; Tampa Red, g. Chicago, Ill. 16 october 1928

01. Christmas man blues

Leroy Carr, vcl/pno; Scrapper Blackwell, g/vcls; perc. Chicago, Ill. 12 august 1929

02. Christmas in jail

Mozelle Alderson, vcl; Georgia Tom Dorsey, pno/vcls; kazoo. Chicago, Ill. 1 november 1934

03. Christmas morning blues

Mary Harris, vcl; Charley Jordan, vcl/g; Peetie Wheatstraw, pno. Chicago, Ill. 31 october 1935

04. Christmas tree blues

Charley Jordan, vcl/g; Peetie Wheatstraw, pno. Chicago, Ill. 31 october 1935

05. Christmas Christmas blues

Bumble Bee Slim, vcl; Bill Gaither, g; Honey Hill, pno. New York City, 20-21 august 1936

06. Christmas and no Santa Claus

Roosevelt Sykes, vcl/pno. Chicago, Ill. 28-29 october 1937

07. Let me hang my stockings in your Christmas tree

Casey Bill Weldon, vcl/st-g; Arnett Nelson, clt; Joshua Altheimer, pno; Charlie Mc Coy, g; Ransom Knowling, bs. Chicago, Ill. 28 october 1937

08. Xmas time blues

John Lee "Sonny Boy" Williamson, vcl/hca; Speckled Red, pno; Willie Hatcher, mdln; Robert Lee Mc Coy, g. Aurora, Ill. 17 decembere 1938

09. Christmas morning blues

Willie "Boodle It" Right, vcl; Joshua Altheimer, pno; Fred Williams, dms. Chicago, Ill. 7 october 1940

10. Xmas blues

Sonny Thompson, vcl/pno; Eddie Chamblee, t-sax; Floyd Hunt, vb; Alvin Garrett, g; Leroy Morrison, bs; Thurman Cooper, dms. Chicago, Ill. 24 december 1947

11. Not on a Christmas tree

Tom Archia, t-sax; Gene Ammons, t-sax; Willie Jones, pno; LeRoy Jackson, bs: Wesley Landers, dms. Chicago, Ill. 12 november 1948

12. Swinging for Christmas

Boll Weevil (William Mc Neal), vcl/g. Chicago, Ill. 1948

13. Christmas time blues

Ray Pettis, vcl; band. Chicago, Ill. 1956

14. Does it have to be Christmas?

Detroit Junior, vcl/pno; Milton Bland, t-sax; Phil Upchurch, g/bs; Freddie Robinson, g/bs; Billy Davenport, dms; Harold Burrage, bells/sp. Chicago, Ill. 1960

15. This time for Christmas

Robert Nighthawk, vcl/g; Big Walter Horton, hca; Johnny Young, g; Willie Mabon, pno; Andrew Stevenson, bs; Clifton James, dms. Chicago, Ill. may 1964

16. Merry Christmas

Lee Jackson, vcl/g; band; Willie Williams, dms. Chicago, Ill. 1967

17. Christmas song

Mamie Galore, vcl; Dee Irwin, vcl; band. Chicago, Ill. 1968

18. All I want for Christmas is your love

Jimmy Reed, vcl/g/hca; Lefty Bates, g; William Mc Donald, g; Nick Charles, bs; Bill Warren, dms. Chicago, Ill. février 1970

19. Christmas present blues

Chuck Berry, vcl/g; band. Chicago, Ill. 27 april 1970

20. Christmas

Johnny Twist Williams, vcl/g; band. Chicago, Ill. 1976

21. Sad sad Christmas

Eddie C. Campbell, vcl/g; Carey Bell, hca; Lafayette Leake, pno; Bob Stroger, bs; Lurrie Bell, bs on *; Clifton James, dms. Chicago, Ill. 13 june 1977

22. Santa's messin' with the Kid

Lefty Dizz, vcl/g; Willie James Lyons, g; Big Moose Walker, pno; Big Mojo Elem, bs; Odie Payne, dms. Paris, Fr. 22 december 1979

23. Somebody stole my Christmas

Willie Smith, vcl/dms; Madison Slim, hca; Billy Flynn, g; Willie Phillips, g; Willie O'Shawny, pno; Calvin Jones, bs. Atlanta, Ga. 1992

24. One day till Christmas


Merry Christmas to you all, friends of the blues!

Joyeux Noel à tous, amis du blues!

Gérard HERZHAFT


lundi 9 décembre 2024

SONNY BOY WILLIAMSON (Rice Miller)/ Complete Studio Recordings

 SONNY BOY WILLIAMSON (Rice Miller)/ The Complete Studio Sessions



    
        Bonimenteur et showman autant que bluesman, ce Sonny Boy-là - qui a emprunté l'identité du célèbre bluesman John Lee "Sonny Boy" Williamson - a entouré son existence d'un tel épais tissu de bobards qu'il a fallu un travail de limier de chercheurs britanniques pour démêler la fiction de la réalité. Et encore: que demeurent d'incertitudes sur Sonny Boy n° 2, à commencer par sa date réelle de naissance! Lors de sa première tournée en Europe, son passeport donnait 1897 comme année de sa naissance, d'autres sources ont affirmé 1890, 1899, 1901... Certains, récemment, le font naître un 5 décembre en 1903 ou 1909, ce qui paraît quand même peu crédible vu son apparence d'homme âgé en 1963-64. Mais quid?
            Né dans le Mississippi, fils illégitime de Millie Ford qui le prénomme Aleck, il est élevé par son beau-père Mr Miller dont il prendra le nom. Son surnom de "Rice" viendra du travail régulier qu'il effectue un temps dans les rizières à la frontière de la Louisiane et du Mississippi. Quoi qu'il en soit, Aleck Ford ou Rice Miller, préfère aux travaux agricoles la vie de musicien itinérant. Il apprend l'harmonica et la guitare et vagabonde dans tout le Sud dans les années 20, gagnant sa vie en jouant le blues et en racontant des histoires, soit seul, soit au sein d'un medicine show, soit en compagnie d'autres bluesmen comme Robert Johnson, Robert Jr Lockwood, Elmore James, Robert Nighthawk ou Howlin' Wolf. Lorsqu'à partir de 1937, John Lee "Sonny Boy" Williamson engrange succès sur succès avec ses disques pour Bluebird, Rice Miller usurpe son identité, se faisant ainsi mieux payer dans les bars locaux. Il réussit grâce à cela à devenir l'animateur régulier d'un programme radiophonique diffusé depuis Helena dans l'Arkansas qu'il rendra célèbre, le King Biscuit Show sponsorisé par la marque de farine "Sonny Boy"! L'émission rend très populaire Rice Miller dans le Sud et des échos de ce succès arrivent jusqu'à Chicago. Le vrai Sonny Boy tentera, pistolet à la ceinture, de corriger l'imposteur. Mais en vain! La rencontre entre les deux Sonny Boy n'aura jamais lieu.
            Bien qu'il ait toujours prétendu avoir fait des disques dès les années 20, Rice Miller doit en fait attendre 1951 pour enregistrer ses premiers 78t pour le label Trumpet, une vingtaine de grands blues: expressivité instrumentale, capacité à créer en quelques secondes un climat tendre ou dramatique, ton sarcastique qui insinue avec malice des compositions toujours originales, emplies de verve et d'humour. Grand bluesman, poète satirique, la voix, le texte et l'harmonica ne font qu'un. Ces qualités sont encore portées à la perfection lorsque Sonny Boy signe, en 1955, un contrat avec les frères Chess. Il enregistre alors à Chicago, entouré des meilleurs musiciens de la ville, une des oeuvres les plus accomplies de l'histoire du blues: Don't start me to talkin', The key, Nine below zero, Checkin' upon my baby, Cross my heart, Trust my baby, Bring it on home, Help me et des dizaines d'autres magnifiques blues qui sont devenus des classiques du genre. En 1963, cet harmoniciste habillé d'une tenue d'Arlequin et d'un chapeau haut de forme, sorcier à la barbichette, illusionniste, grand raconteur de bobards saisit à bras le corps le public européen au cours de la tournée de l'American Folk Blues Festival et proclame son désir de s'installer à Londres. C'est le coup de foudre. Il devient ainsi un des favoris de la scène bourgeonnante du blues rock, enregistrant avec les Animals et les Yardbirds dont Eric Clapton fait alors partie. Au cours de ce séjour en Europe, Sonny Boy "Rice Miller" Williamson grave aussi au Danemark et en France trois merveilleux albums semi acoustiques en compagnie de Memphis Slim.
            Mais le mal du pays est le plus fort. Sonny Boy n°2 rentre dans le Sud pour décéder d'une crise cardiaque quelques semaines plus tard. Son oeuvre n'a cessé de grandir avec le temps au point d'apparaître comme l'une des plus abouties de l'histoire du blues. Son style d'harmonica, si personnel qu'il apparaissait a priori inimitable, n'a en fait pas cessé d'inspirer des générations de musiciens comme Junior Parker ou James Cotton.
            Nous avons rassemblé la totalité des titres enregistrés en studio par Rice Miller sous son nom. Sont exclus, les titres "live" (AFBF, séances londoniennes avec les Yardbirds ou les Animals) ainsi que les morceaux captés dans des réunions privées en Europe ou d'après des programmes de radio.
            Ce recueil que nous proposons ici ne pourra certainement pas rester en ligne très longtemps. Aussi si cela vous intéresse, profitez en rapidement.
                                                                       Gérard HERZHAFT



            Showman, barker, smooth talker and of course bluesman supreme, this particular Sonny Boy - who borrowed his identity to the famous bluesman John Lee "Sonny Boy" Williamson - created such a mystery around him that it took the blues fans of the 60's (particularly the British) sleuth talents to work out the truth from the fibs. And even now many facts remain uncertain: for instance, when really was born our man? His passport (and himself ) gave December 5th 1897 but others including his relatives have given 1890, 1899, 1901.. And more recently even 1903 or 1912!!!... That last date seems anyway hard to swallow for the man who appeared in Europe in 1963-64 was certainly much older than that. But?
            Born Aleck Ford, probably in Glendora, son of an unmarried very young Millie Ford, he was raised by his stepfather, Mr Miller, hence his "official" name Aleck Miller. His nickname Rice would come from one of his regular work in the rice fields of Louisiana. Whatever, Aleck Ford or Rice Miller learned the harmonica and the guitar at an early age and decided to make a living as a travelling musician and showman, either alone or among medicine shows that combed the Southern States during the 1930's. He certainly knew and played with a lot of Mississippi and Arkansas bluesmen Robert Johnson, Lockwood, Robert Nighthawk, Howlin' Wolf (whose sister he might have married for awhile)... But when, after 1937, John Lee "Sonny Boy" Williamson became one of the most famous bluesman and harp player of his time, Miller took his identity, gaining much more gigs and even a radio programme from Helena, the King Biscuit Show. It have been said that the real Sonny Boy Williamson heard about the impostor and had even gone South with a gun to have an explanation with him. But fortunately for us bluesfans the meeting never occured...
            Although he regularly said he recorded since the 1920's (and even behind Bessie Smith, no kidding.. and remind that we swallowed all that!), Rice Miller made his recording debut in 1951 in Jackson (Ms) for the Trumpet label, backed by Elmore James. Well promoted by Lillian Mc Murry (owner of Trumpet) who liked quite much Sonny Boy, his records full of wry humour and originality gained good sales and he waxed more than 20 titles during the subsequent years.
            But it will take 1955 and a contract with Chess with superior backup musicians, studios and promotion for this Sonny Boy to record a long string of masterpieces so well known today and striking examples of classic Chicago blues of the 1950's: Don't start me to talkin', The key, Nine below zero, Checkin' upon my baby, Cross my heart, Trust my baby, Bring it on home, Help me and dozens of others.
            In 1963, this "old man" with a goatee and calling himself "The goat", dressed in a Harlequin suit and a top hat was the true sensation of the annual American Folk Blues Festival throughout Europe and stole every show with his showmanship, his harp wizardry, his intriguing but warm personality and his snarky speeches. His influence on the burgeoning European blues boom, particularly in England, was certainly as strong as Muddy's or Wolf's. He then recorded two brilliant and mostly acoustic albums in Denmark.
            Although he sung he wanted to "make London his home", he nevertheless went back to Helena, Arkansas just to die from a heart attack on May, 25th 1965, leaving one of the most accomplished recorded works of the Postwar blues.
            We have here gathered for the first time all his studio recordings.
            For the live recordings, see my post that gathers almost all known live recordings mad by this true master of the blues                                                                         Gérard HERZHAFT

mercredi 20 novembre 2024

ROBERT NIGHTHAWK/ Complete Recordings

 

ROBERT NIGHTHAWK/ Complete Recordings

 

           


    Robert Nighthawk est un des maîtres de la slide guitare, un des grands noms du Chicago blues et sa discographie qui s'étend sur plus de trente ans est d'une qualité impressionnante.

           

Robert Nighthawk, hca and his brother Percy

    Robert Mc Collum s'enfuit de la ferme familiale très jeune et mène une vie de musicien itinérant, jouant de l'harmonica dans les rues des bourgades du Delta. Il rencontre Houston Stackhouse, un élève de Tommy Johnson, qui lui apprend le jeu de guitare et le répertoire du grand bluesman. Robert fait aussi équipe avec Sonny Boy Williamson (Rice Miller), peut-être avec un tout jeune Robert Johnson. Mais, à la suite d'un incident violent dans lequel il est impliqué, Robert quitte le Delta et gagne Saint Louis où il s'établit sous le nom de sa mère Lee Mc Coy. Il joue là-bas avec Peetie Wheatstraw, Big Joe Williams et John Lee "Sonny Boy" Williamson. C'est en leur compagnie qu'il part enregistrer en 1937 une mémorable séance qui verra à la fois les débuts en studio de Sonny Boy et les siens. Prowling Nighthawk est un important succès. Impressionnés par les talents de Robert Lee Mc Coy, autant à l'harmonica qu'à la guitare, les producteurs vont le faire travailler constamment entre 1937 et 1941. Il enregistre alors abondamment derrière de très nombreux artistes (Sleepy John Estes, Walter Vincson, Lee Brown, Joe Mc Coy, Henry Townsend...) ainsi qu'en leader. Ces titres d'avant-guerre sont souvent excellents, avec des sommets comme G-Man blues ou Friar's Point blues sur lesquels Robert joue du slide d'une façon veloutée et sensuelle, adaptée de la manière de Tampa Red.

            Après un hiatus dû aux années de guerre, Robert revient en studio en 1948, cette fois à la guitare électrique et sous le nom de Robert Nighthawk, en souvenir de son premier succès. Il enregistre pour Chess et United de formidables titres, la crème du Chicago blues de l'après-guerre: Sweet black angel, Anna Lee, The moon is rising, Maggie Campbell... Il effleure à peine les cordes de sa guitare électrique avec son bottleneck et obtient une sonorité encore plus exquise et langoureuse que celle obtenue par Tampa Red. Muddy Waters, Elmore James et surtout Earl Hooker puiseront à sa source. Si la critique blues a largement reconnu la filiation de Nighthawk avec Tampa Red pour son jeu de guitare slide, on n'a guère mis en valeur le fait que lorsqu'il s'exprime à la guitare électrique sans slide, Nighthawk joue, dès ses premiers titres d'après guerre, de façon extrêmement proche des solos de Lonnie Johnson, une influence qui demeurera jusqu'à la fin de sa vie.


Mais ces blues se vendent mal et Nighthawk végète dans les clubs de Chicago. Il part ramasser des oranges en Floride, reste dans le Sud, anime un instant l'émission de radio King biscuit time à Helena. La vogue du Blues Revival l'incite à retourner tenter sa chance à Chicago en 1962. Il y trouve une situation bien difficile pour les bluesmen. A part quelques concerts, les passages habituels dans les tavernes du South Side, quelques superbes titres produits par Willie Dixon pour Decca et Chess (une fantastique version de Sweet black angel, My angel en compagnie de Buddy Guy et Big Walter Horton) et un demi-album pour Pete Welding (Robert Nighthawk/Houston Stackhouse (Testament)), sa tentative de come-back est très décevante pour lui. Il retourne dans le Sud une fois de plus, est frappé d'une crise d'hémiplégie, est une dernière fois enregistré par l'infatigable George Mitchell et meurt peu de temps après le 5 novembre 1967 dans sa ville d'Helena (Ark)

Nous présentons ici la quasi totalité de la très importante œuvre enregistrée par Robert Nighthawk, à l'exception de l'album Live/ Maxwell Street 1964 (Rounder)

                                                           Gérard HERZHAFT

 

 

Robert Nighthawk is one of the masters of slide guitar, one of the great names of Chicago blues, and his discography, which spans more than thirty years, is of impressive quality.


Robert Mc Collum ran away from the family farm at a very young age and led a life as an itinerant musician, playing harmonica on the streets of Delta towns. He met Houston Stackhouse, a pupil of Tommy Johnson, who taught him guitar playing and the great bluesman's repertoire. Robert also teamed up with Sonny Boy Williamson (Rice Miller), perhaps a very young Robert Johnson. However, following a violent incident in which he was involved, Robert left the Delta for St. Louis, where he settled under the name of his mother Lee Mc Coy. There he played with Peetie Wheatstraw, Big Joe Williams and John Lee “Sonny Boy” Williamson. It was in their company that, in 1937, he set off to record a memorable session that would see both Sonny Boy's studio debut and his own. Prowling Nighthawk was a major success. Impressed by Robert Lee Mc Coy's talents on both harmonica and guitar, the producers put him to work constantly between 1937 and 1941. He recorded extensively behind a host of artists (Sleepy John Estes, Walter Vincson, Lee Brown, Joe Mc Coy, Henry Townsend...) as well as a leader. These pre-war tracks were often excellent, with highlights such as G-Man blues and Friar's Point blues on which Robert plays slide in a ultra-smooth, sensual way, adapted from the Tampa Red style.

After a hiatus due to the war years, Robert returned to the studio in 1948, this time on electric guitar and under the name Robert Nighthawk, in memory of his first success. He recorded for Chess and United some wonderful titles, the cream of post-war Chicago blues: Sweet black angel, Anna Lee, The moon is rising, Maggie Campbell... He barely touches the strings of his electric guitar with his bottleneck, and achieves a sound even more exquisite and languorous than that achieved by Tampa Red. Muddy Waters, Elmore James and, above all, Earl Hooker all drew from this source. While blues critics have widely acknowledged Nighthawk's affiliation with Tampa Red in his slide guitar playing, little attention has been paid to the fact that, when he expresses himself on electric guitar without slide, from Nighthawk's early post-war tracks, his guitar style and solos are extremely similar to Lonnie Johnson's, an influence that would remain with him for the rest of his life.

But these down home blues didn't sell well, and Nighthawk languished in Chicago clubs. He left to pick oranges in Florida, stayed in the South and hosted the King biscuit time radio show in Helena for a while. The Blues Revival prompted him to return to Chicago in 1962 to try his luck. He found the situation there very difficult for bluesmen. Apart from a few concerts, the usual stints in South Side taverns, a few superb tracks produced by Willie Dixon for Decca and Chess (a fantastic version of Sweet black angel, My angel in the company of Buddy Guy and Big Walter Horton) and a half-album for Pete Welding (Robert Nighthawk/Houston Stackhouse (Testament)), his comeback attempt was very disappointing for him.

He returned to the South once again, suffered a hemiplegic attack, was recorded one last time by the indefatigable George Mitchell, and died shortly afterwards on November 5, 1967 in his hometown of Helena (Ark).

We have gathered here all the recorded tracks and in chronological order made by this great artists with the exception of the album Live from Maxwell Street/ 1964 (Rounder).


Thanks a lot to all those who re-discovered, interviewed and recorded this important bluesman, particularly Pete Welding and George Mitchell

      Gérard HERZHAFT

ROBERT NIGHTHAWK Discography