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dimanche 2 août 2015

NAPOLEON STRICKLAND




NAPOLEON STRICKLAND/ Complete Recordings

           
Nous avons déjà présenté dans "Blue Eye" (cf Delta blues) Napoleon Strickland (né le 1er octobre 1919 à Como (Ms)- † le 21 juillet 2001 à Senatobia (Ms)). Mais je caressais le projet depuis longtemps de pouvoir réunir tous les enregistrements possibles de ce musicien du Delta, élève et ami de Fred Mc Dowell, que j'avais eu la chance de rencontrer chez lui dans les années 1970.
            Napoleon Strickland est surtout connu pour avoir dirigé un des principaux "fife and drum bands", sortes d'orchestres sans cordes, tambours et flûtes, comme on en trouve aussi beaucoup dans les communautés amérindiennes d'Amérique Centrale et du Sud. Mais il était aussi un excellent harmoniciste et guitariste fort influencé par Fred Mc Dowell qu'il citait d'ailleurs abondamment.

            Napoleon n'a malheureusement jamais enregistré d'album et je demeure persuadé qu'il avait le potentiel d'en faire un qui aurait été un important témoignage à la fois de ses talents multiples et aussi de la richesse musicale qu'on pouvait trouver assez abondamment encore dans le Delta il y a quarante ans. A défaut, j'ai réussi - non sans mal! - à rassembler ici la totalité (connue en tout cas) de ce qu'il a enregistré, autant en studio que dans des festivals ou aussi très souvent à son domicile. J'espère que cela permettra de mieux évaluer l'importance de Napoleon Strickland.
                                                           Gérard HERZHAFT

            We have already featured in "Blue Eye" (cf Delta blues) Napoleon Strickland (1st October 1919, Como, Ms - † 21st July 2001, Senatobia, Ms). But I wanted for a long time gather all the known recordings by this neglected but nevertheless important Delta blues musician, pupil and friend of Fred Mc Dowell, whom I had the opportunity to meet at his home during the 1970's.
            Napoleon Strickland is chiefly known for the recordings he made with his fife and drum band, an ensemble without strings very similar of many bands found in Central and South America among Native Americans. Several of those bands were still playing into the 1960's in remote Southern areas. But Napoleon was also a very fine singer, harmonica and guitar player strongly influenced by his neighbour Fred Mc Dowell. Unfortunately Napoleon has never had the opportunity to record a whole album. I'm persuaded that under the guidance of some clever producer he would have been able to do an excellent and lasting album. Which would have testified of his many talents as well as the richness and diversity of the musical genres one still could find in the Delta area forty years ago and so well represented in Napoleon Strickland.
            Without this "real" album, I have nevertheless (and not without difficulties) gathered here all Napoleon's recordings made whether in studio, on festivals or - most often (for he was a generous musician willing to demonstrate to the visitor his multiple talents) - at home. I just hope this project will allow to better appreciate the importance of Napoleon Strickland in the Delta blues tradition.
                                                           Gérard HERZHAFT
Strickland blowing at home


" Un peu plus loin, autour de la petite ville de Como, c'est le domaine de Napoleon Strickland. Le grand Mississippi Fred Mc Dowell qui a joué dans le monde entier et gravé d'innombrables disques, était son voisin. Sa maison est là, derrière la haie de peupliers. Ce bon vieux Fred est maintenant mort et enterré mais Strickland a hérité de sa guitare, une Gibson électrique dont l'arrière est constellé d'autocollants touristiques glanés en Europe, au Japon et à travers l'Amérique. Napoleon n'a jamais été à l'école mais il a entendu parler de la France et sait que son prénom évoque un grand personnage de notre histoire. Je lui assure que l'autre Napoleon était un général, un Empereur et non un musicien, mais cela ne le convainc qu'à moitié.
Nous sommes sur le porche de sa petite maison de bois, au milieu d'un grand lopin de terre et la vieille compagne du maître des lieux est partie se réfugier derrière la porte moustiquaire à travers laquelle elle ne nous perd pas de vue.
Le même scénario, vingt fois vécu ces derniers jours, se répète: quelques verres d'alcool maison servent d'introduction, on échange quelques banalités, on branche les guitares aux amplis, les amplis à une prise baladeuse qui pend d'une fenêtre et la soirée commence.
Un peu contracté au début par ce visiteur incongru qui vient d'un de ces endroits lointains que Mc Dowell a visités, Napoleon se met rapidement à l'aise, s'aidant de forces gorgées d'alcool. II souffle dans plusieurs harmonicas, joue un peu de flûte, passe un morceau de métal à son auriculaire gauche, pousse le petit amplificateur dans les derniers retranchements de sa puissance. Un voisin surgit de la pénombre qui commence a tomber, installe une batterie de fortune; une voiture stoppe, des ombres noires flottent un instant, guitares à la main, l'ampli n'est pas assez vaste pour recevoir tous ces visiteurs. Qu'importe, on jouera quand même! Et si on ne joue pas, on dansera. Les pieds frappent la cadence sur le porche de bois, redoublant la batterie, les corps s'animent et s'entremêlent, les boîtes de bière disparaissent les unes après les autres, la bouteille de whiskey passe entre toutes les mains, entre toutes les lèvres, petite gorgée bienfaisante vite avalée, baiser brûlant qui réunit les âmes. Les visages s'animent, rires étouffés, bruissement des robes, cliquetis des bouteilles, sourires épanouis, dents en or qui luisent dans le soir. Même Jessie Mae est venue, grande cape noire, chapeau de feutre a larges bords que rehausse une grande plume d'oie, pour rire et chanter avec les autres.  Napoleon est chez lui. Napoleon est le maestro ce soir.
" Baby, don't you holler, don't you shake'em on down"
Et la lune du Mississippi surgit soudain du bout de la terre, bonne bouille jaunâtre et débonnaire qui vient pour jouer les spotlights, éclairer le perron de Mister Strickland, tout juste assez vaste pour contenir la douzaine de danseurs, chanteurs, musiciens, masse noire en mouvement au sein de laquelle se détache, insolite et inattendue, une forme blanche : la mienne. "
                                   Extrait de "Ballade en blues" de Gérard Herzhaft



NAPOLEON STRICKLAND
Complete Recordings
Napoleon Strickland, vcl/fife; John Tylus, sn-dms; Othar Turner, bs-dms. Como, Ms. août 1967
01. Oh baby
02. Late in the evening
03. Hey Freddie
04. Como breakdown
05. Punky Tony
Napoleon Strickland, fife/g; Fred Mc Dowell, perc. Como, Ms. 25 mars 1969
06. Traveling through the jungle
07. Motherless children
08. Shake'em on down
Napoleon Strickland, vcl/fife; John Tylus, sn-dms; Othar Turner, fife/ns-dms/bs-dms; Bernice Turner, bs-dms. Memphis, Tn. juin 1969
09. Backwater rising
10. Othar's piece
11. Shimmy she wobble n°1
Napoleon Strickland, vcl/fife; Arthur Williams, perc; Othar Turner, bs-dms. Senatobia, Ms. 15 août 1970
12. Rollin' and tumblin'
Napoleon Strickland, vcl/fife/g/hca; Othar Turner, sn-dms/vcls; Jimmie Buford, snare-dms; R.L. Boyce, bs-dms. Senatobia, Ms. 4 septembre 1970
13. My babe
14. When the Saints go marching in
15. Soft black Jersey cow
16. Baseball bat
17. Key to the bushes I
18. Key to the bushes II
19. Granny will you dog a bite
20. The Hounds
Napoleon Strickland, vcl/h/fife; Othar Turner, sn-dms; Bernice Turner, bs-dms. Jackson, Ms. mars 1972
21. Somebody knocking on my door
22. Baby please don't go
23. Glory Glory Halelujah
Napoleon Strickland, vcl/g/hca/d-bow. Como, Ms. 29 août 1978
24. Baby please don't go
25. Black Mattie
26. Diddley Bow medley
27. Louise
28. Rock me all night long
29. Sitting on top of the world
30. Woke up this morning
Napoleon Strickland, hca/fife; Jessie Mae Hemphill, perc; Abe Young, dms. Greenville? Ms. 8 septembre 1979
31. Shimmy she wobble n°2
32. Fox's chase
33. Let's boogie
Napoleon Strickland, hca. Como, Ms. 20 octobre 1980
34. That's the boogie
35. Cryin' won't make me stay
36. Banty rooster