CURTIS JONES/ Complete Recordings
Curtis Jones qui est né à Naples, TX. le 18 août 1906, commence à jouer du piano dans les bars du Texas central, notamment autour de Dallas puis fait une tournée avec une compagnie itinérante les Georgia Strollers, rencontre le vétéran Alex Moore à qui son jeu doit beaucoup: ponctuation des basses, arpèges de la main droite. En 1937, c'est à Chicago que Curtis Jones enregistre pour Vocalion son admirable chef d'oeuvre, sombre et introspectif, Lonesome in my bedroom qui deviendra un des grands standards du blues. Cela lui permet d'enregistrer les années suivantes un grand nombre de disques à Chicago, la plupart du temps des compositions personnelles, lourdes et pleines d'émotion: Bad avenue blues deviendra une sorte d'hymne national du blues californien sous le titre Tin pan alley; Highway 51 sera repris par Bob Dylan; Roll me mama qui annonce Rock me baby... Avec le timbre d'apparence détaché de Curtis, son piano solide et des accompagnateurs de premier plan (Joe Mc Coy, Willie B. James, George Barnes, le tout premier solo de guitare électrique du blues, Jazz Gillum), ces disques sont souvent de grande qualité mais tout en demi-teintes et peu spectaculaires. Les ventes sont de plus en plus médiocres et Jones n'enregistre plus que sporadiquement après 1940. Curtis, qui annonce par bien des côtés le style de blues californien de l'après-guerre, végète à Chicago. Il vit dans la misère lorsque le critique français Jacques Demêtre le retrouve en 1959 et le convainc de reprendre une carrière active pour le nouveau public international du blues. Curtis tourne en Angleterre, en France, en Pologne et au Maroc où il s'installe quelques années. Mais l'homme est comme sa musique: sombre et réservé. Il semble plus jouer le blues pour lui que pour un auditoire et, contrairement à un Memphis Slim, showman accompli, il ne saura jamais séduire le public européen et meurt à Munich en Allemagne le 11 septembre 1971, largement méconnu.
Nous avons regroupé la totalité de ses enregistrements, ceux d'avant guerre comme ses albums. On s'aperçoit que Curtis Jones, aujourd'hui fort négligé mais auteur de blues profonds, mérite largement d'être écouté.
Gérard HERZHAFT
Curtis Jones, who was born in
With Curtis’s seemingly detached
style, his solid piano playing, and top-notch accompanists (Joe McCoy, Willie
B. James, George Barnes (the very first electric guitar solo in the blues), and
Jazz Gillum), these records are often of high quality but somewhat subdued and
unspectacular. Sales were increasingly lackluster, and Jones recorded only
sporadically after 1940. Curtis, who in many ways foreshadowed the postwar
We have compiled all of his
recordings, including his pre-war material and his albums. It becomes clear
that Curtis Jones—now largely overlooked but a composer of deep blues—is well
worth listening to.
Gérard HERZHAFT

