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lundi 9 décembre 2024

SONNY BOY WILLIAMSON (Rice Miller)/ Complete Studio Recordings

 SONNY BOY WILLIAMSON (Rice Miller)/ The Complete Studio Sessions



    
        Bonimenteur et showman autant que bluesman, ce Sonny Boy-là - qui a emprunté l'identité du célèbre bluesman John Lee "Sonny Boy" Williamson - a entouré son existence d'un tel épais tissu de bobards qu'il a fallu un travail de limier de chercheurs britanniques pour démêler la fiction de la réalité. Et encore: que demeurent d'incertitudes sur Sonny Boy n° 2, à commencer par sa date réelle de naissance! Lors de sa première tournée en Europe, son passeport donnait 1897 comme année de sa naissance, d'autres sources ont affirmé 1890, 1899, 1901... Certains, récemment, le font naître un 5 décembre en 1903 ou 1909, ce qui paraît quand même peu crédible vu son apparence d'homme âgé en 1963-64. Mais quid?
            Né dans le Mississippi, fils illégitime de Millie Ford qui le prénomme Aleck, il est élevé par son beau-père Mr Miller dont il prendra le nom. Son surnom de "Rice" viendra du travail régulier qu'il effectue un temps dans les rizières à la frontière de la Louisiane et du Mississippi. Quoi qu'il en soit, Aleck Ford ou Rice Miller, préfère aux travaux agricoles la vie de musicien itinérant. Il apprend l'harmonica et la guitare et vagabonde dans tout le Sud dans les années 20, gagnant sa vie en jouant le blues et en racontant des histoires, soit seul, soit au sein d'un medicine show, soit en compagnie d'autres bluesmen comme Robert Johnson, Robert Jr Lockwood, Elmore James, Robert Nighthawk ou Howlin' Wolf. Lorsqu'à partir de 1937, John Lee "Sonny Boy" Williamson engrange succès sur succès avec ses disques pour Bluebird, Rice Miller usurpe son identité, se faisant ainsi mieux payer dans les bars locaux. Il réussit grâce à cela à devenir l'animateur régulier d'un programme radiophonique diffusé depuis Helena dans l'Arkansas qu'il rendra célèbre, le King Biscuit Show sponsorisé par la marque de farine "Sonny Boy"! L'émission rend très populaire Rice Miller dans le Sud et des échos de ce succès arrivent jusqu'à Chicago. Le vrai Sonny Boy tentera, pistolet à la ceinture, de corriger l'imposteur. Mais en vain! La rencontre entre les deux Sonny Boy n'aura jamais lieu.
            Bien qu'il ait toujours prétendu avoir fait des disques dès les années 20, Rice Miller doit en fait attendre 1951 pour enregistrer ses premiers 78t pour le label Trumpet, une vingtaine de grands blues: expressivité instrumentale, capacité à créer en quelques secondes un climat tendre ou dramatique, ton sarcastique qui insinue avec malice des compositions toujours originales, emplies de verve et d'humour. Grand bluesman, poète satirique, la voix, le texte et l'harmonica ne font qu'un. Ces qualités sont encore portées à la perfection lorsque Sonny Boy signe, en 1955, un contrat avec les frères Chess. Il enregistre alors à Chicago, entouré des meilleurs musiciens de la ville, une des oeuvres les plus accomplies de l'histoire du blues: Don't start me to talkin', The key, Nine below zero, Checkin' upon my baby, Cross my heart, Trust my baby, Bring it on home, Help me et des dizaines d'autres magnifiques blues qui sont devenus des classiques du genre. En 1963, cet harmoniciste habillé d'une tenue d'Arlequin et d'un chapeau haut de forme, sorcier à la barbichette, illusionniste, grand raconteur de bobards saisit à bras le corps le public européen au cours de la tournée de l'American Folk Blues Festival et proclame son désir de s'installer à Londres. C'est le coup de foudre. Il devient ainsi un des favoris de la scène bourgeonnante du blues rock, enregistrant avec les Animals et les Yardbirds dont Eric Clapton fait alors partie. Au cours de ce séjour en Europe, Sonny Boy "Rice Miller" Williamson grave aussi au Danemark et en France trois merveilleux albums semi acoustiques en compagnie de Memphis Slim.
            Mais le mal du pays est le plus fort. Sonny Boy n°2 rentre dans le Sud pour décéder d'une crise cardiaque quelques semaines plus tard. Son oeuvre n'a cessé de grandir avec le temps au point d'apparaître comme l'une des plus abouties de l'histoire du blues. Son style d'harmonica, si personnel qu'il apparaissait a priori inimitable, n'a en fait pas cessé d'inspirer des générations de musiciens comme Junior Parker ou James Cotton.
            Nous avons rassemblé la totalité des titres enregistrés en studio par Rice Miller sous son nom. Sont exclus, les titres "live" (AFBF, séances londoniennes avec les Yardbirds ou les Animals) ainsi que les morceaux captés dans des réunions privées en Europe ou d'après des programmes de radio.
            Ce recueil que nous proposons ici ne pourra certainement pas rester en ligne très longtemps. Aussi si cela vous intéresse, profitez en rapidement.
                                                                       Gérard HERZHAFT



            Showman, barker, smooth talker and of course bluesman supreme, this particular Sonny Boy - who borrowed his identity to the famous bluesman John Lee "Sonny Boy" Williamson - created such a mystery around him that it took the blues fans of the 60's (particularly the British) sleuth talents to work out the truth from the fibs. And even now many facts remain uncertain: for instance, when really was born our man? His passport (and himself ) gave December 5th 1897 but others including his relatives have given 1890, 1899, 1901.. And more recently even 1903 or 1912!!!... That last date seems anyway hard to swallow for the man who appeared in Europe in 1963-64 was certainly much older than that. But?
            Born Aleck Ford, probably in Glendora, son of an unmarried very young Millie Ford, he was raised by his stepfather, Mr Miller, hence his "official" name Aleck Miller. His nickname Rice would come from one of his regular work in the rice fields of Louisiana. Whatever, Aleck Ford or Rice Miller learned the harmonica and the guitar at an early age and decided to make a living as a travelling musician and showman, either alone or among medicine shows that combed the Southern States during the 1930's. He certainly knew and played with a lot of Mississippi and Arkansas bluesmen Robert Johnson, Lockwood, Robert Nighthawk, Howlin' Wolf (whose sister he might have married for awhile)... But when, after 1937, John Lee "Sonny Boy" Williamson became one of the most famous bluesman and harp player of his time, Miller took his identity, gaining much more gigs and even a radio programme from Helena, the King Biscuit Show. It have been said that the real Sonny Boy Williamson heard about the impostor and had even gone South with a gun to have an explanation with him. But fortunately for us bluesfans the meeting never occured...
            Although he regularly said he recorded since the 1920's (and even behind Bessie Smith, no kidding.. and remind that we swallowed all that!), Rice Miller made his recording debut in 1951 in Jackson (Ms) for the Trumpet label, backed by Elmore James. Well promoted by Lillian Mc Murry (owner of Trumpet) who liked quite much Sonny Boy, his records full of wry humour and originality gained good sales and he waxed more than 20 titles during the subsequent years.
            But it will take 1955 and a contract with Chess with superior backup musicians, studios and promotion for this Sonny Boy to record a long string of masterpieces so well known today and striking examples of classic Chicago blues of the 1950's: Don't start me to talkin', The key, Nine below zero, Checkin' upon my baby, Cross my heart, Trust my baby, Bring it on home, Help me and dozens of others.
            In 1963, this "old man" with a goatee and calling himself "The goat", dressed in a Harlequin suit and a top hat was the true sensation of the annual American Folk Blues Festival throughout Europe and stole every show with his showmanship, his harp wizardry, his intriguing but warm personality and his snarky speeches. His influence on the burgeoning European blues boom, particularly in England, was certainly as strong as Muddy's or Wolf's. He then recorded two brilliant and mostly acoustic albums in Denmark.
            Although he sung he wanted to "make London his home", he nevertheless went back to Helena, Arkansas just to die from a heart attack on May, 25th 1965, leaving one of the most accomplished recorded works of the Postwar blues.
            We have here gathered for the first time all his studio recordings.
            For the live recordings, see my post that gathers almost all known live recordings mad by this true master of the blues                                                                         Gérard HERZHAFT

mercredi 1 juillet 2026

A TRIBUTE TO SONNY BOY WILLIAMSON

 A TRIBUTE TO SONNY BOY WILLIAMSON


(click on the photo to hear the song)

"Help me" est devenu un standard obligé du blues presque par hasard. Nous l'avons joué à presque chacun de nos concerts (cf    • HELP ME Herzhaft blues, Québec 02 1997  ) et enregistré sur le deuxième CD Herzhaft blues. Cette version 2026 est l'occasion d'un hommage en photos au très grand bluesman Sonny Boy Williamson (Rice Miller), créateur de ce titre. “Help Me” became a blues standard almost by chance. We've played it at nearly every one of our concerts (see    • HELP ME Herzhaft blues, Québec 02 1997  ) and recorded it on our second CD, *Herzhaft Blues*. This 2026 version serves as a photographic tribute to the great bluesman Sonny Boy Williamson (Rice Miller), who wrote the song. I sing and play the guitar, David on harmonica, Lise on piano and sring bass and drums have been added electronically. Enjoy


Sur ce blog Blue Eye , vous pourrez ecouter la totalité de l'oeuvre de Sonny Boy Williamson (Rice Miller) avec deux entréés:

On this blog Blue Eye you will be able to hear the complete recordings by this major bluesman Sonny Boy Williamson (Rice Miller) on two posts:

SONNY BOY WILLIAMSON/ The complete studio recordings

Ainsi que sur cet autre post pour lequel j'ai rassemblé tout ce que j'ai pu des enregistrements "live" de ce grand bluesman, une compilation totalement inédite.

SONNY BOY WILLIAMSON/ The Complete Live Recordings










vendredi 13 juin 2025

SONNY BOY WILLIAMSON (Rice Miller)/ Complete Live Recordings


SONNY BOY WILLIAMSON (Rice Miller)/ Complete Live Recordings

        

   


Si les enregistrements en studio pour Trumpet, Chess ou Storyville de Sonny Boy Williamson (Rice Miller) qui regorgent de chefs d'œuvre et sont devenus des classiques du Chicago blues, sont aisément disponibles sous diverses formes (y compris dans Blue Eye), les enregistrements en concert ou dans des radios effectués par cet immense bluesman demeurent plus confidentielles et disséminées sur de nombreux albums, souvent très difficiles à se procurer aujourd'hui.


            Nous avons essayé de regrouper tous ces enregistrements "live", l'immense majorité ayant été effectuée en Europe (seul un programme radiophonique en studio à Helena provient des Etats Unis). Evidemment, à l'exception des concerts qui proviennent de l'American Folk Blues Festival dans lesquels Sonny Boy est accompagné de superbes musiciens comme M.T. Murphy, Hubert Sumlin, Sunnyland Slim, Memphis Slim etc... les autres sont beaucoup moins musicalement réussis. Derrière Sonny Boy, nombre de très jeunes musiciens anglais qui sont alors au tout début de leur carrière font plus montre d'enthousiasme que d'empathie réelle avec leur leader d'un soir. Mais Sonny Boy est Sonny Boy et dès qu'il chante, parle, susurre, souffle dans son harmonica, claque des doigts, l'instant est magique. Et finalement ces enregistrements, souvent réalisés dans des conditions précaires et qui, parfois, n'étaient même pas destinés à être publiés, constituent un apport très intéressant à l'œuvre du maestro.

            Sauf erreur, tout ce que Sonny Boy a enregistré live dans les années 1963-65 se trouve ici. A l'exception de six titres provenant d'une séance privée (dans l'appartement d'un collectionneur germanique) qui ont brièvement paru en LP (Document) sous le titre de Solo blues.

                                                           Gérard HERZHAFT

 

           


If the studio recordings for Trumpet, Chess or Storyville made by Sonny Boy Williamson (Rice Miller) are full of blues masterpieces and are still easily available today (including trhough Blue Eye), his live recordings (made in concerts or for radio programmes) are much more confidential and scattered on too many albums, very often hard to get. And some that you'll find here are also hitherto unissued.

            We have tried to gather all those live recordings, essentially captured in Europe (with one exception coming from Helena, Arkansas). Of course, with the strong exception of the American Folk Blues Festivals' concerts where Sonny Boy is backed by great American fellow bluesmen (M.T. Murphy, Hubert Sumlin, Sunnyland Slim, Memphis Slim etc...), the others are much less musically successful. Behind the great bluesman, many very young British musicians who are at the very beginning of their careers display more enthusiasm than real empathy to their revered one night leader. But Sonny Boy is Sonny Boy and as soon as he sings, talks, groans, whispers, blows his harp, snaps his fingers... the moment becomes just magical! And finally those recordings, very often made in very precarious and technically rough conditions - several were not even aimed to be issued! - are anyway a very rewarding addition to the maestro's complete works.

            Unless I'm mistaken, everything Sonny Boy has recorded live between 1963-65 (nothing was done before, the track on the Argo's Folk Festival album was in fact a studio recording with handclaps added!) is gathered here. With one missing exception, six titles coming from a private recording (done at a German collector's house) which were briefly issued on the Solo blues LP.

                                                           Gérard HERZHAFT

THE ROLLS ROYCE OF THE HARMONICA IS HERE




mercredi 1 janvier 2014

BABY BOY WARREN/ Detroit Blues Masters Vol. 7




BABY BOY WARREN: Detroit Blues Masters Vol. 7

        
   Baby Boy Warren a été un nom important du blues de Detroit, enregistrant entre 1949 et 1954 une série de disques qui font presque tous aujourd'hui figure de classiques du genre.
           Né le 13 août 1919 à Lake Providence en Louisiane, Robert Henry Warren a passé sa jeunesse à Memphis, apprend la guitare avec son frère aîné avec lequel il forme un duo, Big Boy Warren et Baby Boy Warren, un surnom qui lui restera. Il joue dans les années 1930 dans Beale Street et Handy Park côtoyant la plupart des grands bluesmen de la ville et forgeant son style de blues sous l'influence de Little Buddy Doyle et Willie Borum, deux bluesmen populaires à Memphis à cette époque ainsi que, surtout peut-être, de John Lee "Sonny Boy" Williamson. Il fait même partie durant quelques mois du célèbre programme radiophonique basé à Helena (Ak), King Biscuit Time, aux côtés de l' "autre" Sonny Boy (Rice Miller) et Robert Jr Lockwood.
           Comme beaucoup, il gagne Detroit en 1942 afin de trouver un bon salaire chez General Motors et fait ses débuts discographiques en 1949, gravant 21 titres en six ans, une série de très beaux blues pour de petits labels comme JVB, Drummond, Blue Lake, Staff, Prize... avec assez de succès local, pour que certains titres soient repris par des labels mieux distribués comme Federal, Gotham ou Excello.
           Ces disques présentent Warren en compagnie de la crème des musiciens de Detroit comme Calvin Frazier ou Boogie Woogie Red. Mais ce sont ses séances de janvier 1954 qui demeurent les plus prisées des amateurs de blues car il y est accompagné de Rice Miller. En effet, l'harmoniciste de Jackson, avant de s'installer à Chicago, était venu à Detroit, logeant quelques mois chez son ancien compagnon du King Biscuit Time, Baby Boy Warren. Chicken (Chuck a luck) est d'ailleurs essentiellement un instrumental de Sonny Boy Williamson (Rice Miller). Mais les autres morceaux comme Sanafee ou Hello Stranger / Mattie Mae (une composition de John Lee Williamson) sont aussi extrêmement réussis.
           Mais le blues très ancré dans la tradition sudiste de Baby Boy passe de mode dès le milieu des années 1950. Dans une dernière séance à l'été 1954, il tente un peu d'étoffer sa musique avec l'adjonction du saxophone de Johnny Hooks mais, malgré l'excellence de sa version du classique popularisé par John Lee "Sonny Boy" Williamson, Stop breaking down, ce disque n'a aucun succès et Warren va progressivement abandonner la musique durant une décennie.
           Le début des années 1970 voit un certain regain d'intérêt pour le blues traditionnel si bien représenté par Baby Boy et Warren apparaît au Detroit Blues Festival de 1971, à Ann Arbor et fait même une tournée en Europe en compagnie du pianiste Boogie Woogie Red. Il aurait enregistré durant cette tournée un LP entier qui n'a malheureusement jamais été publié.
           Il recommençait à jouer régulièrement à Detroit dans l'orchestre du guitariste Willie D. Warren quand il a succombé à une crise cardiaque le 1er juillet 1977.
                                                                 Gérard HERZHAFT


           Baby Boy Warren is another major name of the post-war Detroit blues scene and his recording output (between 1949 and 1954) has gained some kind of a "classical" status.
           Born on August, 13th, 1919 at Lake Providence (La), Robert Henry Warren has in fact been raised in Memphis, learning the guitar with his elder brother with whom he formed a duo, Big Boy Warren and Baby Boy Warren, a nickname that would stick to him forever. During the late 1930's he plays regularly with local bluesmen Little Buddy Doyle and Willie Borum while being strongly influenced by the recordings of John Lee "Sonny Boy" Williamson. He is rumoured to have recorded two titles at that time but no evidence of this has never surfaced. In 1941, he is for a few months a featured member (alongside the other Sonny Boy (Rice Miller) and Robert Lockwood) of the popular radio programme King Biscuit Time broadcasted from Helena (Arkansas).
           1942 finds him in Detroit trying to make a better living at General Motors and playing the blues in the clubs. He finally makes his first known recordings in 1949, visiting sporadically the Detroit studios for the next six years, issuing records on small local labels, some of it stirring enough interest to be also issued by labels with national distribution like Federal or Excello. Baby Boy is backed by the best Detroit bluesmen (Calvin Frazier, Boogie Woogie Red) but this is his January, 1954 session that generally is better known because he is in the company of his old mate Rice Miller who, coming from the South to Chicago, made a stopover in Detroit, living for some months at Baby Boy's place and playing with him at some Hastings Street's clubs. In fact, Chicken/ Chuck a luck is mostly a Rice Miller instrumental. The other titles are of the same high standard, particularly Sanafee and Hello Stranger/ Mattie Mae, a reworking of a John Lee Williamson's hit.
           But, despite an essay to modernize his sound with the add of Johnny Hooks' saxophone on a last 1954 session, the very downhome blues of Baby Boy with a strong late 1940's flavor seems already out-fashioned and Warren won't record anymore, playing less and less outside private parties.
           He was making a modest comeback in the 1970's with appearances at the 1971 Detroit blues festival, the 1973 Ann Arbor festival (where he recorded two "live" titles) and a European tour alongside Boogie Woogie Red (he may have recorded an album during this tour but nothing has been issued insofar) when he died of a massive heart attack on July, 1st 1977.
                                                      Gérard HERZHAFT

BABY BOY WARREN/ Complete Recordings

Robert Henry Warren, vcl/g; Charley Mills, pno; Milt Larkin, bs. Detroit, Mi. 1949
01. My special friend blues
02. Nervy woman blues
03. Lonesome cabin blues
04. Don't want no skinny woman
05. Forgive me darling
06. Please don't think I'm nosey
Robert Henry Warren, vcl/g; Boogie Woogie Red, pno; Calvin Frazier, g; Curtis Foster, dms. Detroit, Mi. 1950
07. I got lucky
08. Let's renew our love
09. Taxi driver
10. Bad lover blues
Robert Henry Warren, vcl/g; Sonny Boy Williamson (Rice Miller), hca; Washboard Willie, wbd. Detroit, Mi. 10 janvier 1954
11. Sanafee
12. Not welcome anymore
13. Hello stranger
14. Bring me my machine gun
15. Chicken
16. Chuck a luck
17. Baby boy blues
Robert Henry Warren, vcl/g; Boogie Woogie Red, pno; Calvin Frazier, g; Washboard Willie, wbd. Detroit, Mi. mars 1954
18. Mattie Mae
19. Santa Fe
Robert Henry Warren, vcl/g; Johnny Hooks, t-sax; Boogie Woogie Red, pno; Little George Jackson, g; Jimmy Tarrant, dms. detroit, Mi. juillet 1954
20. Somebody put bad luck on me
21. Stop breaking down
Robert Henry Warren, vcl/g; Boogie Woogie Red, pno; band. Ann Arbor, Mi. 1973
22. Too many drivers
23. She's fine

samedi 5 septembre 2020

AFBF 1963/ The Very Complete Sessions




A.F.B.F. 1963
The Very complete sessions
October 1963. Recorded in various locations in Germany, France and Great Britain

Memphis Slim, vcl/pno: M.T. Murphy, g; Willie Dixon, bs; Bill Stepney, dms.
01. Wish me well
02. Blues everywhere I go
03. Slim's boogie
04. Everyday I have the blues
05. John Henry
M.T. Murphy, g; Memphis Slim, pno; Willie Dixon, bs; Bill Stepney, dms.
06. Muphy's boogie
07. Matt's guitar boogie
Willie Dixon, vcl/bs; Memphis Slim, pno; M.T. Murphy, g; Bill Stepney, dms.
08. Nervous
09. Sittin' and cryin' the blues n°1
10. Sittin' and cryin' the blues n°2
11. Crazy for my baby
Lonnie Johnson, vcl/g.
12. Careless love
13. Another night to cry
14. See see rider
Victoria Spivey, vcl/ukulele/piano; Willie Dixon, bs; Bill Stepney, dms.
15. Grant Spivey
16. T.B. blues
Victoria Spivey, vcl; Lonnie Johnson, g; Sonny Boy Williamson (Rice Miller), hca; Willie Dixon, bs; Bill Stepney, dms.
17. Black snake blues
Big Joe Williams, vcl/g.
18. I have no friends
19. Cripple and blind blues
20. Down in the bottom
21. Baby please don't go
22. Mean stpefather
Otis Spann, vcl/pno; Sonny Boy Williamson (Rice Miller), hca; M.T. Murphy, g; Willie Dixon, bs; Bill Stepney, dms.
23. Going down slow
24. Had my fun
25. Spann's blues
Sonny Boy Williamson (Rice Miller), vcl/hca
26. Bye bye bird
27. Sleeping by myself
28. Sonny Boy's harmonica boogie
Sonny Boy Williamson (Rice Miller), vcl/hca; M.T. Murphy, g; Otis Spann, pno; Willie Dixon, bs; Bill Stepney, dms.
29. Keep it to yourself
30. The things you do
31. I don't know
32. Nine below zero
33. Walk when I walk
34. Cheatin' blues
35. Sad to be lonesome
36. Someday baby
37. The sky is crying
Muddy Waters, vcl/g.
38. Captain you treat me so mean
39. Rolling stone
Muddy Waters, vcl/g; Otis Spann, pno; M.T. Murphy, g; Willie Dixon, bs; Bill Stepney, dms.
40. Sun rose this morning
41. My home is on the delta
42. Five long years
43. Got my mojo working n°1
Add Sonny Boy Williamson (Rice Miller); hca.
44. Got my mojo working n°2
Finale: Everybody
45. Bye bye blues



mercredi 9 mars 2022

FOREST CITY JOE

FOREST CITY JOE/ Complete Recordings 


           
Forest City Joe, aujourd'hui connu pour les enregistrements de terrain effectués par Lomax en 1959, a cependant failli s'affirmer comme un des grands harmonicistes de Chicago de l'après guerre. Comme le dira Muddy Waters: "Joe était le meilleur des élèves de Sonny Boy mais il n'a pas su s'accrocher et il n'a pas eu de chance".
            Né Joe Bennie Pugh à Hughes dans l'Arkansas le 10 juillet 1926 dans une famille de métayers, il a très jeune appris à jouer sous l'influence de sa mère Mary Walker de la guitare, du piano et plus tard de l'harmonica particulièrement en écoutant les disques de celui qui deviendra son idole et son modèle, John Lee "Sonny Boy" Williamson. A partir du début des années 1940, celui que l'on nomme désormais Forest City Joe joue un peu partout dans les juke joints du Mississippi et de l'Arkansas, parfois en compagnie de Big Joe Williams qui l'emmène tenter sa chance à Saint Louis.
            De Saint Louis, l'étape obligée est Chicago, d'autant plus que pour Joe, il espère y rencontrer Sonny Boy. Ce qu'il réussit à faire, profitant même de quelques leçons du maestro. La réputation de Forest City Joe est suffisante pour que les frères Chess lui fassent enregistrer une séance pour leur label Aristocrat le 2 décembre 1948. Son guitariste devait être Muddy Waters (et la séance aurait été certainement tout autre) mais Muddy indisponible est remplacé par un obscur guitariste de Memphis, J.C. Cole qui se contente de quelques accords pas toujours très affirmés. Sur les huit titres, deux seulement (Memory of Sonny Boy/ A woman in every street) seront édités en 1949 sur un 78t, essentiellement pour "profiter" de l'émotion engendrée par le meurtre récent de John Lee Williamson.

            Le disque ne se vend guère mais permet quand même à Joe d'apparaître dans les clubs en compagnie de Otis Spann, Muddy Waters ainsi qu'à West Memphis au sein de l'orchestre de Howlin' Wolf et avec le pianiste Willie Love, lui-même membre de l'orchestre du Wolf. Quant à J.C. Cole, on l'a retrouvé trois ans plus tard à Memphis gravant une séance pour Sam Phillips (restée inédite des lustres) dans laquelle il apparaît comme un émule de John Lee Hooker!
            Mais Forest City Joe n'arrive guère à vivre de sa musique et, détestant Chicago, il retourne vivre à Hughes, conduisant un tracteur en semaine et jouant les week ends dans les juke joints locaux.
            L'histoire aurait pu s'arrêter là si Alan Lomax et Shirley Collins, au cours de leur célèbre expédition dans le Sud, ne s'étaient pas attardés à Hughes un vendredi soir de septembre 1959. Joe se trouve devant un bazar/bar local, le Old Whiskey Store et joue de la guitare. La conversation s'engage et quelques jours plus tard, Lomax enregistre Joe dans le juke joint de Charlie Houlin où Forest City se produisait régulièrement en trio avec l'excellent guitariste Sonny Boy Rogers (qui gagnera Minneapolis et y enregistrera) et le batteur Thomas Martin. Cette superbe séance a paru par bribes sur diverses anthologies, en particulier The Blues Roll on mais, grâce à la Fondation Lomax (Cultural Equity) et à sa générosité, nous disposons désormais de l'intégrale de ce qui demeure un formidable témoignage de la musique et de l'atmosphère des juke joints sudistes à la fin des années 1950.
            Dans la foulée, Lomax enregistre aussi un autre trio présent ce 1er octobre 1959, emmené par le chanteur harmoniciste Boy Blue (Roland Hayes) que l'on retrouvera quelques années plus tard au festival de Memphis et qui comprend le guitariste Joe Lee Jones qui grave aussi un titre en leader.
            Sous la houlette de Lomax, Forest City Joe envisageait de relancer sa carrière musicale et devait enregistrer un album complet pour Columbia ou Vanguard quand, le 3 avril 1960, de retour d'un engagement, Joe s'est probablement endormi au volant de son van, décédant dans l'accident qui s'ensuivait.
                                                           Gérard HERZHAFT
Encore tous mes remerciements à Cultural Equity et John Barstow pour leur aide.

           
As Muddy Waters once told: " Forest City Joe was probably one of the best Chicago blues harp player ". Born Joe Bennie Pugh around Hughes, Arkansas on July, 10th 1926 among a sharecropping family, the boy, under the strong influence of his mother Mary Walker, started to sing and play piano and guitar. Later on, Joe fell in love with the harmonica sound through the records of John Lee "Sonny Boy" Williamson and soon became good enough to play in the local juke joints. During the mid-1940's, Joe plays with Big Joe Williams who brings him to Saint Louis and try his luck there.
            The next stage of the trip is of course Chicago. For Pugh, now known as Forest City Joe, this is also and maybe utmost the opportunity to meet his idol John Lee Williamson. His strong harmonica playing allows him to play in clubs and on Maxwell Street. And at last Williamson gives some harp lessons to his young admirer! Forest City Joe's reputation is strong enough for, just after the tragic death of John Lee Williamson, persuade the Chess Brothers to bring him in the studio and record a session on 2 December 1948 for their Aristocrat label. The guitarist had to be Muddy Waters but unexpectedly busy this very day, Muddy is replaced by an obscure guitar player from Memphis, J.C. Cole who backs Joe with some simple and not always reliable chords. Some years later, Cole will record a session in Memphis for no one than Sam Philips in a style reminiscent of John Lee Hooker! From the eight Forest City Joe's recorded titles, Chess will issue only two (Memory of Sonny Boy/ A woman on every street) on a 78t that goes nowhere.
            Anyway, Joe plays for awhile in Chicago with Muddy, Otis Spann and in Memphis with Howlin' Wolf and his pianist Willie Love. But, failing to support a large family with his music, Joe goes back to Hughes where he will make a living as a field labourer and tractor driver, still playing the blues on week ends on the local juke joints.
            This is here on Friday 30th September 1959 - in front of the local Old Whiskey Store - that Alan Lomax and Shirley Collins, while in Hughes during their famous Southern field trip, find Forest City Joe who is there playing the guitar and singing. After a fructuous conversation, Lomax decides to record the following day (1 October) Forest City Joe and his band (the guitar player Sonny Boy Rogers who will settle to Minneapolis and record there LP and CD; the drummer Thomas Martin) at Charlie Houlin's juke joint where Forest City Joe had to play the week end. This superb session has been only partially issued on several anthologies on Bluesville and Atlantic (The Blues Roll on) but thanks to Cultural Equity (The Lomax Foundation) we can now listen to the much longer complete session. Lomax also records another local band, the trio of another excellent harp player, Boy Blue (Roland Hayes) (1922-80) who will be seen several years later at the Memphis Blues Festival and behind Joe Willie Wilkins. Blue's guitarist Joe Lee Jones also sings on one track. Those recordings are exceptional, not only for the excellent blues music played by all but also because it lasts as one of the very rare testimony of the strong true atmosphere and feeling of a Southern black juke joint in the late 50's.
            Seizing this unexpected opportunity, Forest City Joe tried to resume his musical career. He planned to go back to Chicago and had to record a whole album for Vanguard or Columbia but while coming back for a gig, he probably fell asleep at the wheel and died in the accident on April, 3d 1960.
                                                           Gérard HERZHAFT
A lot of thanks for their invaluable help to Cultural Equity and John Barstow.