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lundi 15 décembre 2014

HONEYBOY EDWARDS/ Early Recordings


HONEYBOY EDWARDS/ Early Recordings


 Honeyboy Edwards a été un acteur important de l'histoire de la migration du blues du Delta vers Chicago. Né à Shaw (Ms) le 28 juin 1915 au coeur du Delta, David Edwards a longuement voyagé avec Robert Johnson et Big Joe Williams, Forgeant son propre style au contact de ces deux compères ainsi que d'autres dont il a croisé la route un moment, tels Charlie Patton, Son House, Tommy Mc Clennan, Tommy Johnson, Robert Petway et bien sûr son voisin Muddy Waters. Guidés par John Work, les Lomax découvrent Edwards en 1942 sur la plantation Stovall où il est manoeuvre agricole et l'enregistrent à Clarksdale. Cette superbe série de titres non commerciaux enregistrés pour la Bibliothèque du Congrès révèlent en Edwards un des plus doués de ces bluesmen du Delta de ces années 1940, avec un jeu de guitare en fingerpicking fluide, imaginatif et substantiellement moderne.
        
Honeyboy Edwards. Clarksdale 1942
   
Comme Muddy Waters, Honeyboy aurait dû émigrer vers Chicago mais il préfère traîner au Texas, le temps de graver un beau Build myself a cave pour un obscur label local. Il remonte à Memphis où il enregistre pour Sam Phillips une des plus belles versions de Sweet home Chicago qui restera inédite pendant deux décennies et qui sera même un temps attribué au pianiste Albert Williams! Mais Edwards est aussi à Chicago, attire l'attention des frères Chess qui le font enregistrer quelques grands titres (Drop down mama) mais décident de ne pas les exploiter pour ne pas concurrencer Muddy Waters! Il reste encore au moins trois titres inédits dans les archives de Chess si celles-ci existent encore quelque part!
            Par la suite, Honeyboy fait partie des premiers Aces avec Fred Below et les frères Myers mais les quitte juste avant qu'ils n'enregistrent. Il est du premier Blues Revival mais la plupart des séances que produit à l'époque Pete Welding resteront aussi inédites. La malchance frappe encore lorsque Honeyboy est en 1969 dans les studios Chess avec Fleetwood Mac et que les deux titres qu'il enregistre alors ne sont pas retenus sur l'album original!
            Heureusement, Honeyboy, grâce à sa longévité, finira par enregistrer plusieurs albums la plupart du temps en solo, apparaître dans les grands festivals, faire des tournées internationales, un des derniers témoins du passage du blues du Delta à celui de Chicago.
            Il décède le 22 août 2011 à Chicago après avoir publié en 1997 sa superbe autobiographie (The world don't owe me nothing) que nous recommandons chaudement.
Autobiography

                                     Gérard HERZHAFT

            Born in Shaw (Ms) on June 28th, 1915, David "Honeyboy" Edwards has known and played with most of his local contemporaries, Robert Johnson, Big Joe Williams, Tommy Mc Clennan, Robert Petway and of course his neighbour Muddy Waters. He also learned from Charlie Patton, Tommy Johnson and Son House, all of whom he met and sometimes played with.
            Lead by African American musicologist John Work, John and Alan Lomax discovered Edwards on Stovall Plantation where David was a sharecropper. Work noted that here was "a skilled blues singer and guitarist as well as a clever young man". Thus Edwards was quite extensively recorded for the Library of Congress during two days of July 1942 in Clarksdale. Those recordings show an excellent singer and a very fluent, imaginative fingerpicking guitarist with a more modern approach than most of his local fellow bluesmen.
            Like Muddy Waters and so many others, Honeyboy should have migrate to Chicago and probably he would have started to record a thicker work and maybe become an important name of the post-war Chicago blues. But instead he preferred to drift here and there, working as a field hand a little bit everywhere in the Southern States and playing his music in juke joints and venues. His recorded output during the 1950's is unfortunately quite thin but of a very high quality. He waxed four sides in Texas (only two were issued), one striking version of Sweet Home Chicago in Memphis for Sam Phillips that will stay unissued for decades and even attributed to piano player Albert Williams (!)... When he hit Chicago in 1953, he eventually recorded for the Chess label four titles that Chess didn't issue because they thought Edwards's style was too close to Muddy Waters', which was of course true. Only one (Drop down mama) has been issued on LP, the remainder lays somewhere in the Chess vaults if there still is such a thing today!
            And that's it for his commercial recordings for the African American blues market! Honeyboy will also ne a member of the Aces with Below and the Myers brothers but once again won't record with them. He'll have to make a living outside of music during the 50's and 60's. And when Pete Welding brought him in the studio in 1964 and 1967 for the new public of the Blues Revival, most of the tracks Honeyboy recorded then would stay unissued until the CD years. In 1969, Edwards is part of the Fleetwood Mac's Chess sessions but - guess what - the two titles he takes as a leader will stay once again in the vaults until the 1990's!
            But at last, during the 1980's, Honeyboy's talents will be recognized. Edwards, as an elder witness of the henceforth legendary road that brought the Delta blues to Chicago and as an old partner of Robert Johnson, will record several CD's, be on major festival stages, tour Europe. He even will write in 1997 a gripping autobiography (The world don't owe me nothing) that should be in all blues libraries.
            Honeyboy Edwards died in Chicago on 22 August 2011.
                                                                       Gérard HERZHAFT


HONEYBOY EDWARDS/ Complete Early Recordings
Honeyboy Edwards, vcl/g/hca. Clarksdale, Ms. 20 juillet 1942
01. Spread my raincoat down
02. Chain Gang song 1 (You got to roll)
03. Chain Gang song 2
04. Stagolee
05. Just a spoonful
06. I love my Jelly roll
07. Hellatakin' blues
08. Worried life blues
09. Water Coast blues
10. The Army blues
11. Tear it down rag
Honeyboy Edwards, vcl/g/hca. Clarksdale, Ms. 22 juillet 1942
12. Wind howlin' blues
13. Roamin' and ramblin' blues
Honeyboy Edwards, vcl/g; Thunder Smith, pno. Houston, Tx. 1950
14. Build a cave
15. Who may your regular be?
Honeyboy Edwards, vcl/g; Albert Williams, pno; Joe Willie Wilkins, g; Dickie Houston, dms; James Walker, wbd. Memphis, Tn. 1952
16. Sweet home Chicago
Honeyboy Edwards, vcl/g; Gus Jenkins, pno; Willie Nix, dms. Chicago, Ill. 9 janvier 1953
17. Drop down mama
Honeyboy Edwards, vcl/g; John Lee Henley, hca. Chicago, Ill. 17 mars 1964
18. My baby's gone
19. Angel Child
20. Highway 61
21. Love me over slow
Honeyboy Edwards, vcl/g. Chicago, Ill. 29 juillet 1967
22. Just like Jesse James
23. Sweet home Chicago
24. Blues like showers of rain
25. Long tall woman blues
26. Love me over slow
27. Crawling kingsnake
28. Skin and bones blues
29. Bull cow blues
30. Worryin' woman blues
Honeyboy Edwards, vcl/g Big Walter Horton, hca; Buddy Guy, g; Peter Green, g; Willie Dixon, bs; Mick Fleetwood, dms. Chicago, Ill. 4 janvier 1969
31. My baby's gone
32. Honeyboy blues

jeudi 4 décembre 2014

DELTA BLUES/ Anthology of the blues


DELTA BLUES/ Anthology of the Blues



           Tous les amateurs de blues du monde entier ont une affection particulière pour la région du Delta. Bien que personne nulle part n'en ait jamais apporté le moindre début de preuve - le blues ne serait-il pas bien davantage né parmi les songsters des medicine shows? -, le Delta passe pour avoir été le berceau du blues. Il s'agit d'une bande de terre située au sud de Memphis, entre le fleuve Mississippi et la rivière Yazoo. Ce territoire, paysage plat et désolé sauf dans le nord collineux, espèce de petite plaine alluviale soumise jadis à tous les caprices du fleuve, possède une atmosphère indéfinissable qui a frappé tous les visiteurs. On y hume des odeurs exotiques et épicées, proches de certains fonds des îles Caraïbes les plus reculées. Le blues semble baigner l'atmosphère des campagnes et des bourgades.
           Le Delta blues est généralement rythmique, lancinant, hypnotique avec une figure de basse répétitive, souvent sur un seul accord décomposé en boucle. Très peu de ligne mélodique pour des textes singuliers et évocateurs. Plus qu'une histoire bien construite, le bluesman du Delta enfile des "versets flottants", tissant une trame poétique irrésistible. Cela confère à ce type de blues une qualité "ethnique" considérable qui a fasciné des générations de musiciens et d'amateurs. Il faut aussi noter que, même sur un territoire limité comme le Delta, l'unité de style est largement battue en brèche par des particularismes locaux importants. Le Nord de la région, Hill County, a donné naissance à un blues encore plus rythmique et encore moins mélodique avec, d'évidentes survivances des musiques Cherokees (le Delta était un territoire indien jusque dans les années 1880!). Dans la région de Bentonia, c'est un autre type de blues qui a vu le jour, presque entièrement joué en mode mineur, avec une ligne mélodique plus prononcée. On note aussi, dans les premiers enregistrements en provenance du Delta, l'existence de songsters, très influencés par l'old Time Music des nombreux immigrants Scots-Irish adeptes d'un fingerpicking régulier et d'un répertoire presque entièrement composé de folk songs et de pièces du Music Hall: Mississippi John Hurt, Joe Callicott et même, sur certains titres, Charlie Patton!...
          

©Gérard Herzhaft
Napoleon Strickland (né le 1er octobre 1919 à Como (Ms)- † le 21 juillet 2001 à Senatobia (Ms))
est surtout connu pour avoir dirigé un des principaux "fife and drum bands", sortes d'orchestres sans cordes, tambours et flutes, comme on en trouve aussi beaucoup dans les communautés amérindiennes d'Amérique Centrale et du Sud. Mais il était aussi un excellent harmoniciste et guitariste fort influencé par son excellent voisin et ami Fred Mc Dowell. Les titres présentés ici sont pour la plupart inédits et permettent d'apprécier la variété des talents de cet important bluesman du Delta.       

Belton Sutherland (né le 14 février 1909 à Holmes (Ms) - † le 7 octobre 1983 à Camden (Ms)) est un excellent bluesman qui n'a malheureusement été que brièvement enregistré chez lui en 1978.
           Enfin, Avery Brady, né le 25 août 1912 autour de Clarksdale (Ms) a connu plusieurs grands créateurs du Delta blues, en particulier Charlie Patton avant de venir travailler à Chicago durant la guerre. Il n'a jamais été un musicien professionnel, ne jouant que pour ses amis et voisins. Découvert par Pete Welding, Brady a pu démontrer son jeu de guitare original (Poor Kennedy par exemple avec un doigté sur la gamme de Do) et sa capacité à composer des blues originaux tout en restant ancrés dans la tradition. Il avait certainement le potentiel d'enregistrer davantage et de se produire dans les festivals. Il est décédé à Chicago le 4 février 1977.
                                                      Gérard HERZHAFT


           Every blues (and Rock) fan all over the world owes something to the "Delta blues". The Delta - without real evidence in fact - pass often for the true birthplace of the blues. The Delta is a region lately included inside the State of Mississippi, just South of Memphis, where the Mississippi and the Yazoo River form more or less the letter Δ. This territory was for a long time very isolated, frequently flooded and considered unsuitable for cultivation and thus left to the Cherokees and the Choctaws. The Delta was in fact an Indian territory until the 1880's when the new technologies opened it to colonization from other States and transformed this inhospitable land in a rich and fertile ground. The Native Americans were soon considered "colored" people and melted with numerous African Americans who came to work in the fields. And the music itself is the result of those mixed influences.
           The Delta blues is generally rhythmical with very often a modal construction, hypnotic bass figures, floating verses... a music that remains in your head. But of course, even on a limited territory like the Delta, there was much more than one style of blues: if the North Hill Country fits quite well with the aforementioned description, the so called "Bentonia style" is quite different, more melodic. And since the very beginning, recordings coming from this area featured many songsters with a nimble fingerpicking like Mississippi John Hurt, strongly influenced by the music of the many Scots-Irish fiddlers and such who came there from Ulster during the XIXth Century.
           Napoleon Strickland (1st October 1919, Como, Ms - † 21st July 2001, Senatobia, Ms) is mostly known for the recordings he made with his fife and drum band, an ensemble without strings very similar of bands found in Central and South America among Native Americans. Several of those bands were still playing into the 1960's in remote Southern areas. But Napoleon was also a very fine singer, harmonica and guitar player strongly influenced by his neighbour Fred Mc Dowell as can be appreciated here on those mostly unissued titles.
          
Belton Sutherland (14 February 1909 in Holmes, Ms - † 7th October 1983, Camden, Ms) is quite an excellent Delta bluesman who has only been briefly recorded at home.
           Avery Brady, born August, 25th, 1912 around Clarksdale met and knew several "Delta blues founders" like Charlie Patton before going to Chicago for better job opportunities during the war years. Never a professional musician, Brady played mostly for friends and neighbours. He nevertheless was a very original guitar player (Poor Kennedy for instance) and blues composer and was discovered and recorded by Pete Welding in Chicago in the mid-60's. He certainly had much more to give but never found again the path of the studios or the festival stages and died, mostly unknown, in Chicago on February, 4th, 1977.
                                                      Gérard HERZHAFT

NAPOLEON STRICKLAND, vcl/g/hca/d-bow. Como, Ms. 29 août 1978
01. Baby please don't go
02. Black Mattie
03. Diddley Bow medley
04. Louise
05. Rock me all night long
06. Sitting on top of the world
07. Woke up this morning
Napoleon Strickland, vcl/hca. Como, Ms. 20 octobre 1980
08. Banty rooster
09. Cryin' won't make me stay
BELTON SUTHERLAND, vcl/g. Canton, Ms. 3 septembre 1978
10. Belton's blues
11. Got a sleeping
12. I have trouble
13. Kill the old grey mule
AVERY BRADY, vcl/g. Chicago, Ill. 15 may 1964
14. Bad weather
15. City of New Orleans
16. Gangster blues
17. I have a woman
Avery Brady, vcl/g. Chicago, Ill. 5 june 1964
18. Poor Kennedy I
19. Poor Kennedy II
20. Bad weather blues
Avery Brady, vcl/g. Chicago, Ill. march 1965
21. Let me drive your Ford
22. I don't want you no more
23. Gonna let you down
24. Goin' home with my baby
25. Uncle Sam's own ship


lundi 17 novembre 2014

SWAMP BLUES n° 2



SWAMP BLUES Volume 2



            Comme nous l'avons déjà dit, le Swamp blues est largement l'oeuvre du producteur J.D. Miller.
            Né à Iota (La) le 5 mai 1922, J.D. Miller est très jeune un fan de Gene Autry et ses parents lui achètent un petit modèle de guitare à l'effigie de son idole lorsqu'il a huit ans. La famille Miller s'installe à Lake Charles en 1933. Très vite, le petit J.D. devient un guitariste renommé. Il anime une émission régulière de radio en 1937, chantant et jouant de la guitare entre deux présentations publicitaires. Peu de temps après, J.D. Miller s'installe à Crowley capitale du riz en Louisiane. J.D. participe alors à plusieurs orchestres locaux: les Four Aces de son ami Happy Fats, les Hackberry Ramblers, les Riverside Ramblers... Il enregistre avec les Four Aces pour Bluebird, fonde avec les frères Breaux les Musical Aces. Sa rencontre au début des années 40 avec les chefs d'orchestre Bob Wills et Cliff Bruner est déterminante. Il gardera toujours une admiration sans bornes pour eux et un goût considérable pour le Western Swing, son feeling, sa spontanéité, son invention. En même temps, il poursuit des études d'électricien, métier qui semble pouvoir lui servir dans la musique, sa véritable passion.
            Mais les temps vont changer pour l'Amérique. Miller part à la guerre plusieurs années, revient avec un petit pactole en " obligations de guerre ". Il se marie avec Georgia Sonnier, la fille du célèbre accordéoniste cajun Lee Sonnier. En combinant sa paie de guerre et la dot de sa femme, J.D. ouvre une petite boutique d'électricité, la M & S (Miller & Sonnier) Electric C° sur North Parkerson à Crowley qui deviendront aussi ses studios d'enregistrement.
            Ce nouveau volume de Swamp blues comprend la totalité des enregistrements de Jimmy Anderson. Né le 21 novembre 1934 à Woodville
près de Natchez (Ms), Jimmy Anderson a fréquenté son compatriote Papa Lightfoot avec lequel il a appris à jouer de l'harmonica. Mais ce sont les disques de Jimmy Reed qui vont façonner son style de blues. Venu travailler à Baton Rouge, Anderson forme un blues band (les Joy Jumpers qui comprennent le fils de Silas Hogan, Oscar Hogan) et joue dans les bars locaux. C'est Hogan qui emmène Anderson à Crowley, le présente à Miller qui lui fait faire ses débuts discographiques en 1962. Jimmy obtient de petits succès locaux avec Naggin' ou Going Crazy over TV. Mais la décennie des 60's voit la défaveur du blues parmi les acheteurs noirs américains et Anderson abandonne la musique et prend un emploi de policier municipal dans sa ville natale de Natchez. Cependant le démon de la musique le taraude et dès 1973, il anime une émission régulière de radio sur WNAT ainsi que des soirées en clubs sous le surnom de Soul Man Lee. Redécouvert en 1991, il participe à une tournée internationale d'anciennes gloires du Swamp Sound (blues, rock et pop) mise en place par Johnnie Allen. Il retourne plusieurs fois en Europe mais après une attaque en 1999, Anderson s'est retiré de la musique. Il décède le 5 octobre 2013 à Natchez.
            Si Ramblin' Hi Harris et Blues Boy Dorsey sont de fort bons représentants du Swamp blues, nul ne sait qui ils sont vraiment. C'est J.D. Miller qui, retrouvant des bandes inédites et ne se souvenant que très vaguement de ceux qu'il avait enregistrés leur a attribué leurs noms de disque! Il est malgré tout probable que Blues Boy soit le chanteur et guitariste Henry Dorsey, un bluesman renommé autour de Rayville (La).
            Quoi qu'il en soit, les oeuvres de Harris, Dorsey ou Anderson démontrent toute la qualité de ce Swamp blues.
                                                                       Gérard HERZHAFT

            As already said, the so-called Swamp Blues style is largely due to the wise hand of producer J.D. Miller.
            Born in Iota (La), May 5th, 1922, J.D. Miller was a Gene Autry's fan
and learned to play the guitar at 8 years old. The Miller Family came to live in Lake Charles in 1933 and then in Crowley. In that very strong musical area (local bands abounded), J.D. became a proficient guitarist and held a radio programme where he sang and played while advertising for local venues and products. He was also a regular member of several bands: Happy Fats' Four Aces with whom he recorded for the Bluebird label, Hackberry Ramblers, Riverside Ramblers. But after a meeting with Western Swing stars Bob Wills and Cliff Burner, J.D. turned to be more and more a jazz, Swing and blues fan. He also finished his studies to be an electrician, rightly thinking that it could help him in his passion for music. Miller, drafted during the war years, came back with war bonds. Then married with Georgia Sonnier, daughter of the famous Cajun accordion player Lee Sonnier, the couple opened their own shop in Crowley: M&S (Miller & Sonnier) Electrical C° that would soon house their famous recording studios.
            Swamp blues n°2 opens with the complete Louisiana recordings of Jimmy Anderson. Born 21 November 1934 at Woodland, Ms, Jimmy spent his childhood in Natchez and learned the harmonica with Papa Lightfoot before falling into the spell of Jimmy Reed's records. While working in Baton Rouge, Jimmy formed his own blues band, The Joy Jumpers with Oscar Hogan on the drums, the son of Silas. This is thanks to Hogan that Anderson came to Crowley to meet J.D. Miller, beginning in 1962 a couple of recording years with some local Hits (Naggin' or Goin' crazy over T.V.). But the late 60's were lean years for the bluesmen, the African American public deserting the blues for other musical genres. When relocating in Natchez, Jimmy gave up the life of a musician for a secure job as a local police officer. But the bug was still there and, as Soul Man Lee, Anderson hosted for two decades a successful radio programme n WNAT. He acted also as a local DJ in several clubs. Rediscovered by Johnnie Allen, Jimmy resumed his stage presence for several successful tours overseas before a severe stroke forced him to retire. He died on 5 October 2013 in Natchez.
            If Ramblin' Hi Harris and Blues Boy Dorsey are very good blues artists, their names were given by J.D. Miller years after they recorded for him. Their music was on tapes with only an "Anonymous" tag and were not issued at that time. Miller remembered them only vaguely. According to recent researches, it seems anyway more than possible that "Blues Boy" is in fact a well known bluesman from Rayville (La), Henry Dorsey.
By far the best book documenting the rich South Louisiana musics
                                                           Gérard HERZHAFT

SWAMP BLUES/ Volume 2
JIMMY ANDERSON, vcl/hca; Eugene Dozier, g; Andrew Taylor, g; Oscar Hogan, dms. Crowley, La. 1962
01. I wanna boogie
02. Angel please
Jimmy Anderson, vcl/hca; Eugene Dozier, g; Andrew Taylor, g; Oscar Hogan, dms. Crowley, La. 1963
03. Naggin!
04. Keep on naggin'
05. Nothing in the world
06. I'm a king bee #1
07. I'm a king bee #2
08. Going through the park
09. In the dark in the park
10. Draft board blues
11. When I play my harp
12. Frankie & Johnnie
Jimmy Anderson, vcl/hca; Al Foreman, g; Bobby Mc Bride, g; Rufus Thibodeaux, bs; Austin Broussard, dms. Crowley, La. 1964
13. Shut your mouth
14. Goin' crazy over T.V.
15. Baby let's burn
16. It's half past midnight
17. I want you I need you
18. Love me babe
Jimmy Anderson, vcl/hca; same band; add: Katie Webster, og. Crowley, La. 1965
19. Ain't gonna let her go
20. Rats & roaches on your mind
BLUES BOY DORSEY (Henry Dorsey), vcl/g; band. Crowley, La. 1962
21. Come here to me #1
22. Come here to me #2
23. Don't do that to me
24. Walking out my door
RAMBLIN' HI HARRIS, vcl/g; band. Crowley, La. 1959
25. Trying to call my baby
26. Early one morning
27. I haven't got a home

dimanche 2 novembre 2014

SWAMP BLUES Volume 1



SWAMP BLUES/ 1


            Un petit tour vers la Louisiane cette fois-ci avec les oeuvres (presque) complètes de trois bluesmen locaux. Rappelons que le terme "Swamp blues" aujourd'hui communément utilisé pour désigner le "down home" blues louisianais a été inventé - sauf erreur - par des critiques britanniques pour remplacer celui utilisé jusqu'alors de Excello Sound qui n'était guère approprié.
            En effet, même si bien de ces disques étaient édités dans les années 1950-60 sur le label Excello, ce dernier était basé à Nashville et ne participait en rien à l'élaboration et à la production de ce blues si particulier. Sans sous-estimer le rôle des musiciens eux-mêmes dans le Swamp blues, sa création est largement l'oeuvre de Jay D. Miller. Il avait installé de
petits studios à Crowley, au coeur d'une région rizicole. Grand amateur de "vrais" blues, notamment ceux de Jimmy Reed et Lightnin' Hopkins, dont le Swamp Blues est un peu la synthèse de leurs deux styles, Miller orientait les musiciens qu'il découvrait dans cette voie, produisait un son minimaliste qu'il adorait mais qui ne plaisait d'ailleurs pas toujours aux musiciens eux-mêmes, fournissait les accompagnateurs (souvent des musiciens Blancs d'origine Cadienne), rajoutait des effets sonores évocateurs et allait même jusqu'à renommer ces artistes de noms tout aussi évocateurs! Miller sortait les disques sous plusieurs de ses petits labels mais, pour élargir ses ventes, il avait signé un contrat de distribution puis de fabrication avec Excello. Il faut souligner que le Swamp Blues n'a pas seulement paru sur Excello et, bien que Miller en ait été le principal concepteur, d'autres labels et producteurs louisianais, d'autres artistes aussi intéressés par le succès commercial de ce Swamp Blues, ont produit des séances de même nature. Enfin, si l'impact de ce Swamp Blues a été modeste aux Etats Unis, il a été absolument énorme en Europe, particulièrement en Grande Bretagne où Stateside sortait dès le début des années 1960 des anthologies regroupant des bluesmen caractéristiques de ce style et qui allaient avoir une énorme influence sur les groupes de rock-blues anglais, des Rolling Stones aux Kinks en passant par les Yardbirds, Moody Blues, Who, Zombies et autres...
            Revenons à ce volume. Le chanteur et guitariste Boogie Jake (Mathew Jacobs), né à Marksville (La) le 2 août 1927 aurait fait ses débuts de guitariste en compagnie de son cousin (Little) Walter Jacobs. Tandis qu'il travaillait en usine à Baton Rouge et qu'il jouait régulièrement dans les clubs de la ville, Jacobs a été contacté par Jay Miller pour qui il a enregistré quelques titres et qui lui donne son nom de scène. Il a ensuite gravé deux 45t pour Joe Banashak dont l'un, repris par le label Chess avec une bien meilleure distribution, connaîtra un petit succès. Après avoir émigré en Californie et plus ou moins abandonné la musique, Boogie Jake a été redécouvert en 1974 par Tom Mazzolini et est apparu à plusieurs festivals locaux, enregistrant même un dernier 45t en 1977 en compagnie de l'harmoniciste Mark Hummel. Il est décédé le 6 décembre 2013 à La Nouvelle Orleans.
            Polka Dot Slim (Monroe Vincent) a suivi un parcours similaire à celui de Boogie Jake. Né à Woodville, Mississippi, le 9 janvier 1919, Vincent est venu s'installer jeune à La Nouvelle Orléans, chantant et jouant harmonica et guitare dans les clubs des quartiers noirs. Lui aussi repéré par Miller, Vincent a enregistré sur plusieurs labels comme Zynn, Excello, Instant et sous divers pseudonymes comme Vince Monroe, Mr Calhoun ou son plus célèbre, Polka Dot Slim. Venu vivre en Californie, Slim a tourné en Europe avec le Mississippi Delta Blues Band de Tom Boyd et joue d'ailleurs de l'harmonica dans le premier volume de cet ensemble. Vincent/ Polka Dot Slim est décédé le 22 juin 1981 à Oakland (Ca).
            Enfin, Sylvester Buckley (ne le 04 juillet 1936 à Washington (La), mort le 15 mai 1995 à St Francisville (La)) est le moins connu de ces trois bluesmen. Il a joué de l'harmonica dans l'orchestre de Silas Hogan, enregistrant avec ce dernier pour Jay Miller et en fin de séance ces trois titres qui ne paraîtront que plusieurs années après.
                                                                       Gérard HERZHAFT

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            This time, let's go to Louisiana... yesterday of course! With the (almost: one track is unfortunately still missing) complete recording works of three local bluesmen. The term Swamp Blues that qualify today all that kind of blues has been - if I'm right - invented by British blues critics in the late 60's, replacing the inappropriate previous one, "Excello Sound". In fact, even if a large number of those Louisiana records were issued under the Excello logo, the label - based in Nashville - had nothing to do with the music itself.
           
Even if it's not to minimize the part of the bluesmen themselves in the creation of the Swamp Blues, this style has largely been crafted by Jay D. Miller, a producer and owner of a small studio at Crowley (La) in the heart of the rice area. Miller loved the down home blues styles of Jimmy Reed and Lightnin' Hopkins (who were also commercially successful artists) and he mixed the two in his Crowley studios, with sparse backing very often provided by local Cajun musicians (Miller was married to a French Acadian girl), adding some percussion effects, even giving new names to the (somewhat reluctant) bluesmen, and thus creating an unmistakable sound so evocative of the torrid and swampy atmosphere of this subtropical area. At first, Miller issued his productions under his own small labels but seeking wider distribution made a deal with the Nashville-based Excello outfit. Although modest, the commercial success of those records was real, prompting other Louisiana producers and musicians as well to record within the boundaries of this style. But the strongest and unpredictable impact of this so-called Swamp Blues would be upon the burgeoning British blues-rock scene where Stateside issued several anthologies from the Excello blues vaults. In fact, you can find the  very strong Miller influence on almost all of the first recordings by British groups, from The Rolling Stones to the Kinks, Moody Blues, The Who, The Zombies, Yardbirds and such...
            Now to this anthology. Boogie Jake (Matthew Jacobs) was born in Marksville (La) on 2nd August 1927 and would have made his musical beginnings alongside his cousin Walter Jacobs (the famous Little Walter!). While working in Baton Rouge, Jacobs has been in touch with Miller who recorded him and gave him his nom de disque. Boogie Jake has also recorded for the New Orleans producer Joe Banashak, one of the 45t also appearing under the Chess logo for wider distribution. Jake lived for many years in California where he was rediscovered by Tom Mazzolini who persuaded him to resume his musical career. Jake appeared on stage at some West Coast festivals and even recorded a last 45 backed by harp ace Mark Hummel in 1977. He died in New Orleans on 6th December 2013.
            Polka Dot Slim (Monroe Vincent) has followed a similar musical path. Born in Woodville (Ms), 9th January 1919, Vincent came to work and live in New Orleans, playing guitar and harmonica in blues clubs. He came also in contact with Miller and recorded for local labels under several nicknames: Vince Monroe, Mr Calhoun and his most well known, Polka Dot Slim. He also came to California for a living, played there, was a member of the first version of Tom Boyd's Mississippi Delta Blues Band with which he recorded and toured Europe. He died in Oakland (Ca), 22nd, June 1981.
            At last, Sylvester Buckley (born 4th July 1936 in Washington, La - † 15 May 1995 in St Francisville, La) is certainly the least well known of the three. He played and recorded for awhile the harmonica with Silas Hogan, waxing some odd tracks as a leader that wouldn't be issued at that time. He gave up music in the late 60's.
                                                                       Gérard HERZHAFT


SWAMP BLUES Volume 1

BOOGIE JAKE (Matthew Jacobs), vcl/g; Lazy Lester, hca; Katie Webster, pno; Al Foreman, bs; Warren Storm, dms. Crowley, La. 1957
01. Early morning blues
02. I don't know why n°1
03. I don't know why n°2
Boogie Jake, vcl/g; Joe Dardin, pno; Big Bo Melvin, g; Pee Wee Trahan, dms. Baton Rouge, La. juin 1959
04. Bad luck and trouble
05. Early in the morning
Boogie Jake, vcl/g; Joe dardin, pno; Big Bo Melvin, g; Lionel Torrence, t-sax; Pee Wee Trahan, dms. New Orleans, La. 3 mars 1960
06. Chance for your love (If I only had a chance)
07. Loaded down
Boogie Jake, vcl/g; Mark Hummel, hca; Sonny Lane, g; Mississippi Johnny Waters, g; bs; dms. Oakland, Ca. 1977
08. Automobile blues
09. The boogie train
POLKA DOT SLIM (Vince Monroe), vcl/hca; Ernie Holland Orchestra. Crowley, La. 1956
16. Give it up
17. If I had my life to live over
Polka Dot Slim, vcl/hca; Guitar Gable, g; bs: Clarence Etienne, dms. Crowley, La. janvier 1959
18. On the sunny side of love
19. Hello friends Hello pals
20. Hello my friends
Polka Dot Slim, vcl/hca; poss. Lazy Lester, hca; Guitar Gable, g; Katie Webster, pno; Clarence Etienne, dms. Crowley, La. mai 1959
21. I'm ragged and dirty
22. Hey Mattie
23. They call me Mr Calhoun
24. Change your ways
Polka Dot Slim, vcl/hca;Sax Kari, g; band. New Orleans, La. 9-10 septembre 1964
25. Ain't broke ain't hungry
26. A thing you gotta face
Polka Dot Slim, vcl/hca; Robert Hubbard, g; Gerry Dehate, bs; Gerry Henderson, dms. Baton Rouge, La. 1966
27. Trick bag
Go ahead Slim
SYLVESTER BUCKLEY, vcl/hca; Silas Hogan, g; Isaiah Chatman, g; Russell Hayney, dms. Crowley, La. 1962
42. She treats me so evil
43. Mumblin' blues
44. I'm gettin' tired

vendredi 17 octobre 2014

WILEY & FLASH TERRY/ The Real Blues Brothers



WILEY & FLASH TERRY/ The Real Blues Brothers
Third Edition

          
  On peut classer les frères Terry, Wiley et Flash, parmi les grands méconnus du blues. Ils sont pourtant deux remarquables guitaristes qui ont substantiellement enregistré.
            Wiley Terry est surtout réputé pour son single en deux parties Follow the leader, devenu un favori des clubs de danse popcorn, notamment en Europe. Mais on ne savait que très peu de choses sur lui. J'ai eu la chance d'entrer en contact avec sa fille Tamirah Leigh Terry qui m'a très aimablement donné davantage de renseignements sur son père et sa famille de musiciens.
            Wiley , né à Inola, une banlieue de Tulsa (Oklahoma) le 10 septembre 1936, a appris très jeune la guitare en même temps que son frère aîné Flash et a été aussi élevé avec Ted Taylor qu'il considérait comme son "frère" et qui, lui, fera une prolifique carrière de chanteur de Soul Blues. Dans nombre de disques de Ted, notamment dans la première partie de son oeuvre, le guitariste lead est Wiley Terry et ses solos sont souvent tranchants, précis et plein de feeling. Wiley a vécu en Floride, à Los Angeles et en Arizona, enregistrant à chaque fois derrière différents chanteurs et plusieurs instrumentaux sous son nom ou avec l'orchestre de Ted Taylor, avant de s'installer à Chicago en 1964. C'est là qu'il grave ses 45t les plus connus pour USA, les remarquables Follow the leader, Shake it baby, Joker's Wild dance. La maison de Wiley Terry était souvent fréquentée par quantité de bluesmen de Chicago et sa fille se souvient de Howlin' Wolf, Koko Taylor, Willie Mabon, Albert King et bien d'autres... Contacté par James Brown pour faire partie de ses JB's, Wiley a préféré rester à Chicago. Pour des raisons économiques, il a dû ensuite prendre un job de conducteur de poids lourds et a abandonné progressivement la musique. Il est décédé à Chicago le 1er mars 2010.
           
Tamirah pense qu'il a enregistré bien davantage que les quatre singles que nous lui connaissons. Grâce à Steve Wisner, nous avons ici pour la première fois l totalité de ses quatre 45t pour USA, JAB et du label de Tulsa, T-Town enregistré en 1963 ou en 1965 et qui apparaît extrêmement rare!
            Selon Tamirah, Wiley serait aussi le chanteur et guitariste (sa guitare paraît immanquable) des deux titres enregistrés à Los Angeles en 1961 et que le label a attribué à l'inconnu Kid Guitar Thompson, certainement un nom inventé pour la parution des années après d'une séance ensevelie dans les tiroirs! Nous avons inclus ces deux titres qui ne sont en fait que deux prises d'un même morceau.

            Flash Terry (Verbie Gene Terry) est né lui aussi à Inola (Oklahoma) le 17 juin 1934 et a substantiellement enregistré sous son nom à partir de 1958, essentiellement en Californie puis à Tulsa où il est revenu vivre. Il a tourné et enregistré avec Leon Mc Auliffe, Bobby Bland, Bo Diddley, Etta James et bien d'autres avant de, lui aussi, abandonner la musique pour devenir chauffeur d'autocar de la ville de Tulsa. Mais, à sa retraite, il a repris une carrière musicale active, dirigeant un nouveau blues band avec de jeunes musiciens locaux, ce qui lui a permis de tourner en Europe et d'être élu à l'Oklahoma Jazz Hall of Fame. Il est décédé le 18 mars 2003 d'une attaque. Nous présentons ici une partie de ses enregistrements. Là aussi, si quelque lecteur généreux veut nous faire parvenir les nombreux titres manquants, nous les mettrons volontiers en ligne avec les crédits idoines.
           
Enfin, pour terminer ce portrait de Wiley Terry, nous avons inclus quatre titres de son "frère" Ted Taylor dans lesquels il prend de superbes solos.
            Merci encore à Tamirah Leigh Terry pour son aide déterminante. Elle est aussi une excellente chanteuse de R&B, de Gospel et de Jazz, a enregistré en studio mais cherche un producteur et un label.
                                                                       Gérard HERZHAFT

            The blues brothers Wiley and Flash Terry are largely unknown outside some blues circles although they were remarkable guitar players who recorded some first rate music. Thanks to Wiley's daughter Tamirah Leigh Terry that I had the chance to be in contact with I have been able to document more accurately the career and life of her father.
            Wiley Terry's Follow the leader, a two parts semi instrumental is currently enjoying a great reputation in Europe, particularly in the "popcorn" dance clubs. But he has offered much more.
            Wiley Terry was born in Inola (Oklahoma) on September, 10th 1936, learning the guitar at an early age with his elder brother Flash. The famous Soul blues singer, Tulsa born Ted Taylor was also considered as a "brother" by the Terry Family and Wiley will be several years in the studio and on tour with Ted, delivering concise, precise, bluesy and full of feeling guitar solos on many records. Wiley lived in Arizona, Los Angeles, Florida, doing studio work everywhere. Before settling in Chicago permanently in 1964, where he waxed his two most famous 45t for the USA label (Follow the leader I & II, Shake it baby, Joker's wild dance). Tamirah remembers many bluesmen coming to the Terry's home: Howlin' Wolf, Koko Taylor, Willie Mabon, Albert King and many more. Wiley was even approached by James Brown to be a member of the JB's but he turned down the offer. Unfortunately, he had to give up his musical career and make a living as a truck driver. He died in Chicago on March, 1st 2010.         
Tamirah thinks her father recorded much more than the four singles that we know from him. Thanks to the generosity of Steve Wisner, we have been able to include the 8 sides Wiley recorded for the USA, Jab and the Tulsa based label T-Town...  On the other hand, here is a track (with two takes named differently) that was probably recorded by Wiley in LA in 1961 but issued only years after under the odd nom de disque Kid Guitar Thompson.
            The better known Wiley's elder brother Flash Terry (Verbie Gene Terry) was also born in Inola (Ok) on June, 17th 1934. He made many records under his name and behind others, touring and recording with Bobby Bland, Etta James, Bo Diddley, even Western Swing's veteran Leon Mc Auliffe and many others... He enjoyed some Hits but he too had to gave up music for years and make a more secure living as a bus driver in his hometown of Tulsa. When retired, Flash resumed his musical career, formed a new band with local youngsters, toured Europe and was even elected at the Oklahoma Jazz Hall of Fame. He died from a stroke in Tulsa on March, 18th 2003. We have included here some of his wonderful recordings. Once again, if any of you owns the remainder and would be willing to share, a .mp3 copy would be greatly appreciated.
            To round off this post, I have included four titles by the other "brother", Ted Taylor in which Wiley's expressive bluesy guitar is prominently featured.
            Thanks again to Tamirah Leigh Terry for her essential help. She is herself an excellent composer and singer who made some studio recordings and who is currently looking for some label and producer.
                                                           Gérard HERZHAFT



WILEY & FLASH TERRY/ Discography


WILEY TERRY, vcl/g: band. Chicago, Ill. 1964
01. Follow the leader I & II
Wiley Terry, vcl/g; band. Chicago, Ill; late 1964
02. Shake it baby
03. Joker wild dance
Wiley Terry, g; band. Los Angeles, Ca.. mars 1963 or 1965
04. The Stroll is back
05. The Upslide
Wiley Terry (as Wyley Joe Terry and his Four Bells), vcl:g; band; vcls. Tulsa, Ok. ? or Chicago, Ill.  novembre 1965
06. Whoopshank (T-Town 112)
07. What's the matter baby (T-Town 112)
BOB STARR, vcl; Wiley Terry, g; horns; Leroy Spells, bs; pno; dms. Los Angeles, Ca. octobre 1962
08. Can't waste my time on you
KID GUITAR THOMPSON (prob. Wiley Terry), vcl/g; The Scooters, band. Los Angeles, Ca. 1961
09. My baby done me wrong
10. Whammy in the Gizzmo
FLASH TERRY (Verbie Gene Terry), vcl/g; Floyd Dixon, pno; Billy Hadnott, bs; dms. Los Angeles, Ca. 1958
11. One thing we know
12. On my way back home
Flash Terry, vcl/g; band. Tampa, Fl. 1959
13. She's my baby
It's all over now
Flash Terry, vcl/g; band. Tulsa, Ok. février 1961
I was a fool
Come back baby
Big Betty
Flash Terry, vcl/g; Johnny Carroll, t-sax; Matthew Daniels, t-sax; Wesley Berry, pno; Charles Burton, bs; David Beard, dms. Tulsa, Ok. octobre 1961
Her name is Lou
14. Cool it
Flash Terry, vcl/g; g; horns; pno; bs; dms. Tulsa, Ok. 1980's?
15. Ooh baby
16. Do you like my stuff
Wailin' on sticks and stones
I'm your man
17. She's my baby n°2
TED TAYLOR, vcl; Wiley Terry, g; band. Los Angeles, Ca. avril-septembre 1961
18. She's a winner
19. That happy day
20. I don't care
Ted Taylor, vcl; Wiley Terry, g; band. Chicago, Ill. 17 mai 1962
21. Can't take no more