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jeudi 10 août 2017

FLORIDA COUNTRY BLUES

FLORIDA COUNTRY BLUES




               La Floride n'est malheureusement pas une région connue pour son blues. Essentiellement d'ailleurs parce qu'à l'exception du travail de la chercheuse et célèbre écrivain afro-américaine Zora Neale Hurston (1891-1960) bien peu d'enregistrements de blues ont été faits autant de terrain que commerciaux. Durant deux ans (1935-37) Zora Neale a été le fer de lance de sept expéditions de terrain, certaines en compagnie de John & Alan Lomax qui ont permis de découvrir certains des bluesmen les plus connus de cet Etat dont Gabriel Brown qui enregistrera substantiellement à New York après la guerre.
            En fait, en Floride - comme dans pratiquement tous les Etats du Sud - il y avait une scène du blues assez considérable dans les années 1930-60, certains étant des musiciens professionnels ou semi-professionnels, d'autres qui n'animaient que des soirées privées ou jouaient les week ends pour des pique niques ou des évènements familiaux. Mais ces musiciens ne sont pas connus tout simplement parce qu'aucune compagnie de disques n'est allée les enregistrer durant l'avant et l'immédiate après guerre et que, lors du Blues Revival des années 1960, les producteurs-amateurs de blues se sont essentiellement concentrés sur les régions qu'ils connaissaient par les disques et qu'ils croyaient être les principales (et seules!) régions du blues, en particulier le Delta!
            Mais à partir des années 1960, la State Library &Archives of Florida a fait - sans beaucoup de publicité, aucune revue spécialisée n'en ayant à ma connaissance parlé à l'exception de la parution d'un double album: Drop on down in Florida - un travail considérable de recherches et d'enregistrements de terrain, découvrant de nombreux musiciens folk et blues (et leur permettant de se produire dans des festivals locaux), la plupart étant alors désormais âgés et dont certains avaient fait une très longue carrière dans les juke joints, les medicine shows ou les circuits de Vaudeville. Cela a donné naissance aux considérables archives sonores, photos, interviews rassemblés dans la Florida Memory, à partir de quoi quasiment tous les morceaux ici rassemblés sont issus.
           
Odell Maxwell est un des rares artistes ici présents qui a enregistré deux albums dont nous ne pouvons que recommander l'achat. Né en Floride et fils d'un propriétaire de juke joint Gus Maxwell chez qui ont joué les plus grands bluesmen de passage, Odell partage son temps entre son métier de garde forestier à d'Orlando et son orchestre, les Maxwells, avec lequel il joue les week ends.
            Richard Williams (1887-1991), un musicien des circuits itinérants qui n'a appris que très tard le blues (avec des ouvriers de passage) a été substantiellement enregistré - blues et Gospel - à la fin de sa vie et en compagnie de sa fille Ella Mae Wilson par les chercheurs de l'Université de Floride qui ont même mis en ligne une excellente sélection de ses meilleurs titres.
           
Albert "Buck" Thompson a longtemps joué dans les juke joints de Floride et Alabama tout en louant ses bras aux différentes fermes et plantations de ces Etats durant les années 1950-60 et son répertoire est extrêmement vaste.
            Blind Johnny Brown (1910-86) et Moses Williams (1919-88) étaient d'excellents musiciens traditionnels, le premier très ancré dans le style Appalachien traditionnel, le second ayant développé une technique particulière au diddley-bow, cet instrument maison primitif, dont il arrivait à tirer des sons très excitants.
            Emmett Murray est né en 1911 à Moultrie (Georgie) et est venu en Floride durant les années 1930 afin de travailler dans les plantations de canne à sucre tout en jouant dans des hôtels et des réunions privées autant pour les Noirs que pour les Blancs.
            L'anthologie est complétée par le pianiste et chanteur Alex Mc Bride (1913-99), un musicien de barrelhouse et la chanteuse Mary Mc Clain (1902-2000) qui a enregistré par ailleurs sous le nom de Diamond Teeth Mary. Ainsi que par l'harmoniciste Samuel Young.
            Tous nos remerciements à Florida Memory pour ce formidable travail.
                                                                                   Gérard HERZHAFT

            Florida is unfortunately not very well known as a blues State for with the exception of the seminal work by famous African American author Zora Neale Hurston (1891-1960) who did a two year (1935-37) field research work (sometime with the Lomaxes and discovering some future blues artists like Gabriel Brown), no record company never came to this State. But in Florida - like in all Southern States - there were strong local blues scenes during the decades 1930-60 with many bluesmen playing in clubs, juke joints, picnics, medicine shows, who gained a strong local reputation but who never were recorded.
            But from the 1960's the State Library &Archives of Florida has done - without much publicity - a considerable field work, researching blues and folk veterans or younger artists, interviewing them, recording them on hours of tapes and sometimes bringing them to the limelight of local festivals and musical workshops. One box-set of two CD's - Drop down in Florida - was issued commercially and, despite few reviews, is well worth buying.
            This is from those huge archives that most of the following recordings come from.
            Odell Maxwell is one of the very few artists here who has recorded two albums that should be in every country blues fan's collection. Born in Florida and the son of a noted juke joint owner (Gus Maxwell), Odell has learned the blues from all the great names who came to play at his father's place. He shares his time between his day job in Orlando's Park and his band, the Maxwells whose whom he plays the week ends.
            Richard Williams (1887-1991) was a travelling folk musician who learned the blues thanks to itinerant workers coming to the phosphate mines near Richard's place. He has extensively been recorded (often alongside his daughter Ella Mae Wilson) late in his life by Florida Memory which even has put a downloading CD on line.
            Albert "Buck" Thompson has also substantially played in the Florida and Alabama juke joints while being an itinerant field worker during the 1950's-60's and he has a wide repertoire.
           
Blind Johnny Brown (1910-86) and Moses Williams (1919-88) were excellent traditional musicians, the first very rooted in the Piedmont blues tradition, Moses having developed a striking technique at his homemade diddley bow.
            Emmett Murray was born in 1911 at Moultrie (Georgia) and came to Florida during the 1930's to work on the sugarcane fields. He regularly played for parties and picnics for either Black or White folks.
            This homemade comp is rounded by some tracks by barrelhouse pianist Alex McBride (1913-99), singer Mary McClain (1909-2000) who recorded under the name Diamond Teeth Mary and harp player Samuel Young.
            Thanks again to Florida Memory for their huge and so useful work. Go to their websitefor much more material.
  Gérard HERZHAFT


FLORIDA COUNTRY BLUES
ODELL MAXWELL, vcl/g/hca. Orlando, Fl. 2012
01. Black man
02. Whiskey blues
RICHARD WILLIAMS, vcl/g. Newberry, Fl. 27 mai 1978
03. Baby please don't go
04. John Henry
05. Williams' slide blues
ALBERT "BUCK" THOMPSON, vcl/g. Hastings, Fl. 14 février 1985
06. Feel like a bird
07. I am drifting
08. Let's do the Twist
09. Rolling stone
BLIND JOHNNY BROWN, vcl/g. St Petersburg, Fl. 1 octobre 1976
10. Mistreating blues
11. Red Cross store
12. Woke up this morning blues
MOSES WILLIAMS, vcl/g/diddley bow. Waverly, Fl. 27 novembre 1977
13. Catfish blues n°1
14. Catfish blues n°2
15. Highway 13
16. The train
17. Which way did my baby go?
MARY MC CLAIN, vcl; Willie James, pno. White Springs, Fl. 27 mai 1988
18. Backwater blues
ALEX MCBRIDE, vcl/pno. Orange Park, Fl. 16 août 1989
19. In the Evening
EMMETT MURRAY, vcl/g. Pahokee, Fl. 8 avril 1980
20. Dig myself a hole
21. Emmett's blues
22. There is a man taking names
SAMUEL YOUNG, vcl/hca. Homestead, Fl. 14 septembre 1985
23. Decoration day
24. Birdnest on the ground


samedi 29 juillet 2017

ALEC SEWARD


ALEC SEWARD



Cet excellent chanteur et guitariste né le 6 mars 1901 à Newport News en Virginie est venu très tôt à New York (à la fin de 1923), à un moment où l'impact du blues d'inspiration rurale était alors très faible dans la "Grande Pomme". Contrairement à de nombreux autres, Seward ne s'est jamais fondu dans la scène du blues jazzy et du R&B new-yorkais qui s'est développée. Mais il est demeuré fidèle au blues traditionnel de la ceinture du tabac où il avait grandi et appris à jouer. L'énorme succès de Blind Boy Fuller a évidemment beaucoup marqué Alec Seward qui utilisera à satiété le style de Fuller.
Seward est un des premiers bluesmen noirs à s'intégrer dans le mouvement folk progressiste qui est parti de New York et de Washington dans les années 1930 auprès de musicologues et d'activistes pour qui le blues noir était une forme de folk song comme les autres. Il rencontre ainsi tous les Seeger, Woody Guthrie, Cisco Houston qui le feront enregistrer avec eux et le présenteront souvent dans leurs émissions de radio. En même temps, Seward fait équipe avec Louis Hayes (un bon chanteur-guitariste originaire de Caroline). Il enregistre entre 1944 et 1946 avec Hayes un nombre de très belles faces en duo vocal et instrumental sous le nom de Jelly Belly & Guitar Slim, The Blues Kings ou The Back Porch Boys.
Hayes, à l'exception de quelques titres pour Apollo, ne retrouvera plus les chemins des studios et disparaîtra on ne sait quand ni où. Seward, lui, peaufine son blues auprès de Brownie Mc Ghee (il se dit qu'il a été un élève de l' école "du blues" qu'avait ouverte Brownie à Harlem!), son frère Sticks Mc Ghee, Champion Jack Dupree, Leroy Dallas, Sonny Terry et tous ceux qui émargent à ce country blues new yorkais plus ou moins souterrain et marginal mais qui n'en demeurera pas moins vivace durant plusieurs décennies.
La guitare expressive et bluesy de Seward va à merveille avec son timbre de voix, embrumé et laconique, et ses compositions sont souvent fortes bien que son titre le plus célèbre (Late one Saturday evening) est dû à la plume de Big Bill Broonzy. Alec retournera sporadiquement dans les studios. On le trouve en 1953 avec Sonny Terry pour une brillante séance du label Elektra qui le voit chanter sur quatre titres.
            Il lui faudra attendre encore douze ans de plus pour le voir graver un album pour le label Bluesville, cette fois en compagnie de l'harmonica de Larry Johnson, un talent alors jeune et prometteur de la scène newyorkaise.
            Bien que très malade, Seward continuera à se produire sporadiquement dans différents clubs folk mais son affection l'empêchera de s'éloigner trop de son domicile newyorkais et il devra hélas refuser l'offre d'une tournée européenne ce qui, n'en doutons pas, aurait fait beaucoup pour élargir son audience. Il décède à New York le 11 mai 1972.
                                                           Gérard HERZHAFT

            Alec Seward was born 6 May 1901 at Newport News (Va) and was already a good guitarist when he came to New York in the mid-20's. Unlike many of the bluesmen coming to live in New York City, the black music scene being then essentially jazz oriented, Alec always played only his acoustic blues (music being not for him his main job), more and more influenced by the huge commercial success of Blind Boy Fuller's records, particularly on his many lowdown deep blues.
            During the early post war years, Alec Seward was part of the New York folk revival, meeting Moses Asch, Alan Lomax and playing, recording and broadcasting with Pete Seeger, Woody Guthrie or Cisco Houston... During the same time, he also created a blues duo with another East Coast bluesman Louis Hayes from Carolina with whom he recorded between 1944 and 1946 some vocal and instrumental duets under several nicknames (Jelly Belly & Guitar Slim, The Blues Kings, The Back Porch Boys). Here are included only the tracks from those sessions where Seward is the sole singer.
            Hayes will only record a couple of tracks for the Apollo label before vanishing into obscurity while Seward befriended with Brownie McGhee & Sonny Terry (he was said to be a student of the short lived Brownie's School of the Blues!). Seward recorded four excellent tracks with Sonny Terry in 1953, particularly the gripping Big Bill Broonzy penned Late one Saturday evening where his expressive and very bluesy guitar playing blends in perfectly with his smoky and laconic voice.
            Although he played regularly in house parties, folk clubs and on some radios, Alec would have to wait another twelve years to record a whole album for the Bluesville label, this time backed by a then young promising bluesman Larry Johnson (who plays harp behind Alec). But very ill, Alec won't be able to tour Europe in the late 1960's. He died in New York 11 May 1972.
                                                                       Gérard HERZHAFT


ALEC SEWARD
Complete Recordings 1947-65
Alec Seward, vcl/g; Louis Hayes, g. New York City, september 1947
01. Big hip mama
02. King Kong blues
03. Friday the 19th blues
04. Be kind blues
Alec Seward, vcl/g; Louis Hayes, g. New York City, 1948
05. Don't leave me all by myself
06. Railroad blues
07. Bad acting woman
08. Early morning blues
09. Hard luck blues
10. Why oh why
Alec Seward, vcl/g; Louis Hayes, g. Baltimore, MD. 1949
11. I've been dreaming
Alec Seward, vcl/g; Sonny Terry, hca. New York City, december 1953
12. Late one saturday evening
13. Little Annie
14. Down in the bottom
15. Hard luck blues
Alec Seward, vcl/g; Larry Johnson, hca. New York City, 1965
16. Big hip mama
17. Evil woman blues
18. Going down slow
19. Sweet woman
20. Some people say
21. Creepin' blues
22. I made a mistake in love
23. Piney woods
24. Late saturday evening

25. Let a good thing do

jeudi 20 juillet 2017

IRENE SCRUGGS: The Voice of the Blues

IRENE SCRUGGS: The Voice of the Blues

           
Irene Scruggs est une des meilleures et des plus méconnues des premières chanteuses de blues, gravant plusieurs chefs d'œuvre dont bien sûr le remarquable The voice of the blues.
            Irene naît Nolan(d) (ou peut-être Smith) à Lamont (Ms) dans le comté de Bolivar le 7 décembre 1901 et on ne connaît pas grand chose de son enfance. La pianiste Mary Lou Williams l'a signalée installée à Saint Louis et considérée comme une chanteuse de Vaudeville d'une renommée certaine vers 1919-20. Irene sera d'ailleurs embauchée par des tournées de Vaudeville dans lesquelles elle chante et danse et engrange une forte réputation avec des numéros et des chansons à connotation sexuelle, très osées pour l'époque.
            Cependant, contrairement à la plupart de ses collègues du Vaudeville, les racines rurales de son chant et de sa musique sont très apparentes dès ses premiers enregistrements réalisés à New York en compagnie du pianiste Clarence Williams (qui l'a certainement découverte dans le circuit du Vaudeville et l'a emmenée dans les studios) le 30 avril et 1er mai 1924.
            Il lui faut attendre ensuite le 23 avril 1926 pour enregistrer accompagnée de King Oliver et son orchestre deux de ses compositions qui ont apparemment connu un succès commercial puisqu'elle les réenregistre l'année suivante dans un contexte orchestral très différent. Irene revient alors de façon continue dans les studios les années suivantes, enregistrant sous son nom mais aussi divers pseudonymes (Chocolate Brown, Dixie Nolan) et en compagnie des meilleurs musiciens de blues et de jazz de cette époque: Blind Blake (avec lequel elle se produit sur scène, là aussi en duo "osé"), Lonnie Johnson, Johnny Hodges...
            En août 1930, Irene enregistre sa plus belle séance à Richmond (Indiana) pour le label Gennett. Ces morceaux, d'inspiration très nettement rurale, dégagent une puissance et un feeling dus au chant émouvant et profond de Irene Scruggs ainsi qu'à son guitariste qui utilise avec merveille le slide et qui pourrait être selon certaines sources James
"Kokomo" Arnold.
            Irene tourne et enregistre ensuite avec le pianiste Little Brother Montgomery mais elle abandonne progressivement la scène et la musique pour des raisons inconnues. Et à la fin des années 1930, elle quitte les Etats Unis en compagnie de sa fille Baby Leazar (qui se produisait avec sa mère sur scène dès l'âge de neuf ans) pour s'installer à Paris puis à Londres. Après la guerre, elle participe à plusieurs émissions radiophoniques pour la BBC mais se consacre surtout à manager sa fille, la danseuse Baby Scruggs qui connaît un énorme succès dans les années 1950 avec des spectacles "exotiques" et
sexy.
            Irene Scruggs décède à Trèves en Allemagne le 20 juillet 1981 et son œuvre enregistrée (qui pour elle était sans doute secondaire par rapport à ses performances sur scène) mérite amplement une réévaluation.
                                                                       Gérard HERZHAFT


           
Irene Scruggs is one of the best and unfortunately not very well known among the so-called Female Blues Singers from the 1920's. And she has a much more down home and rural feel that most of her colleagues who came (like her) from the Vaudeville Theatres. She has recorded several deep blues masterpieces like the all-time classic The Voice of the Blues.
            Irene was born probably Nolan(d) (or maybe Smith) in Lamont (Ms), Bolivar County on 7 December 1901. One knows nothing of her childhood. She is first mentioned by jazz pianist Mary Lou Williams as a renowned young singer and dancer at the Saint Louis Vaudeville theatres around 1919-20. Irene will effectively tour the Vaudeville circuit and this is probably where she was noticed by pianist and producer Clarence Williams who gave her her first studio experience on 30 April/ 1st May 1924.
            She has to wait two years to record again (April 1926) this time with two of her own penned blues and backed by no other that King Oliver and his band! She certainly enjoys some commercial success with this record for she records again the two same titles but this time accompanied only by guitar (the great Lonnie Johnson) and piano in a much more mainstream blues feel.
            After that, she will record extensively the following years under her name as well as several nicknames for contractual reasons (Chocolate Brown, Dixie Nolan) backed by some of the best blues musicians of the decade, particularly Blind Blake with whom she toured, sharing the stage as a successful risqué duo!
            And in August 1930 she records her greatest session at Richmond's Indiana studios for the Gennett label. This time the feeling is particularly down home with a powerful moving vocal by Irene and the sublime guitar part (with slide) probably (as some sources declare) played by James "Kokomo" Arnold.
            Irene records a last session with pianist Little Brother Montgomery and she tours the USA with him the following years, reportedly stealing the show with her sexy risqué act. But she progressively gives up music and finally leaves the United States with his young daughter Baby Leazar Scruggs (who danced on stage with her mother since she was nine years old) for Europe, settling in Paris then London. After the war, Irene Scruggs took part of several radio broadcastings, particularly for the BBC but mostly managed her daughter career. Baby Scruggs enjoys an enormous success as a go-go exotic dancer during the 1950's all over Europe.
            Irene Scruggs dies in Trier (Germany) on 20 July 1981 and her recording works (that was for her very secondary to her stage career) certainly deserves a strong revaluation.
                                                                       Gérard HERZHAFT

Irene Scruggs, vcl; Clarence Williams, pno. New York City, 30 April-1 May 1924
01. Everybody's blues
02. Why he left me I don't know
03. Cruel Papa but a good man to have around
04. My daddy's calling me
Irene Scruggs, vcl; King Oliver, crt; Kid Ory, tb; Albert Nicholas, clt/s-sax; Luis Russell, pno; Bud Scott, bjo; Paul Barbarin, dms. Chicago, Ill. 23 April 1926
05. Home town blues
06. Sorrow Valley blues n°1
Irene Scruggs, vcl; Lonnie Johnson, g; DeLoise Searcy, pno. Saint Louis, Mo. 2 May 1927
07. Lonesome Valley blues
08. Sorrow Valley blues n°2
Irene Scruggs, vcl; Johnny Hodges, pno/vcls; g; g. Memphis, Tn. 28 september 1929
09. Worried love I & II
Irene Scruggs, vcl; Blind Blake, g/vcls. Grafton, Wisc. 26-28 May 1930
10. Stingaree man blues
11. Itching heel
12. You've got what I want
13. Cherry Hill blues
14. Married man blues
Irene Scruggs, vcl; prob. James "Kokomo" Arnold, g; Norman Ebron, pno. Richmond, In. 30 August 1930
15. The voice of the blues
16. You've got what I want
17. If you want to give me some
18. My back to the wall
19. Borrowed love n°1
Irene Scruggs, vcl; Little Brother Montgomery, pno. Grafton, Wisc. September 1930
20. Good grinding
21. Borrowed love n°2
22. Must get mine in front
23. Back to the wall


mardi 4 juillet 2017

WHISPERING SMITH


WHISPERING SMITH/ Harmonica from the Swamp


           
Moses Smith est certainement l'harmoniciste le plus original de ceux issus de la mouvance du Swamp blues. Son style direct, carré, puissant laisse place à de nombreuses subtilités et variations qui le différencient nettement de ses concurrents comme Sylvester Buckley, Jimmy Anderson ou Lazy Lester.
            Moses Smith naît le 25 janvier 1932 à Union Church dans le Sud de l'Etat du Mississippi, non loin de Mc Comb. Ses parents sont de très pauvres métayers et Moses est obligé de délaisser l'école pour les aider à joindre les deux bouts. C'est un voisin et ami de la famille, Bill Willard qui lui apprend à jouer de l'harmonica et l'emmène avec lui dans les juke joints où il se produit les week-ends. Bientôt, Smith se passionne pour cet instrument, écoute les disques de John Lee "Sonny Boy" Williamson, Little Walter, Rice Miller, s'aventure à jouer jusqu'à Shreveport où il rencontre Jeff Williamson, un autre harmoniciste de réputation locale qui a lui aussi enregistré sous le sobriquet de "Sonny Boy Williamson" (vrai nom: Edward William Johnson). Il écoute aussi les orchestres de jazz et de R&B locaux, notamment les trompettistes dont il essaie de reproduire le son et la manière avec son harmonica.
            A la mort de ses parents en 1957, Moses Smith quitte le Mississippi pour travailler comme peintre en bâtiment à Baton Rouge. Là, il ne tarde pas à faire connaissance et à jouer avec tous les bluesmen locaux (Arthur Kelley, Tabby Thomas, Silas Hogan, Lightnin' Slim). C'est Slim qui emmène Smith à Crowley et le présente en janvier 1963 au célèbre producteur louisianais Jay D. Miller qui accepte de l'enregistrer. Sa voix est si rauque et puissante que Miller est obligé de faire de nombreux réglages. Comme à son habitude, Miller sort le disque sous un pseudonyme, choisissant – par dérision! – celui de Whispering (celui qui murmure!!!) Smith, parodiant ainsi le nom d'un célèbre héros de western (un roman, un film à succès avec Alan Ladd et une série TV avec Audie Murphy). Mais en 1963, ce type de down home blues que n'enregistre d'ailleurs plus grand monde aux USA, est largement passé de mode auprès des Noirs et les quatre 45t que sort Miller sur Excello se vendent extrêmement mal. D'ailleurs Miller ne les grave qu'à la fin de séances de Silas Hogan ou de Lightnin' Slim auprès de qui Smith remplace désormais Lazy Lester de façon permanente.
            Malgré cela, Smith ne vivra jamais de sa musique, conservant toujours son job en usine. C'est une série de reportages parus dans la revue britannique Blues Unlimited et réalisés en 1969-70 sur le terrain louisianais par John Broven et Terry Pattison (qui interviewent et photographient Moses) qui vont permettre à la carrière musicale de Smith de prendre un nouvel essor. Produits par Pattison, des titres de ce Swamp blues fort prisé des européens (les groupes anglais, Rolling Stones en tête, y ont beaucoup puisé) apparaissent presque en même temps sur deux belles anthologies, Louisiana blues et Swamp blues. Smith qui est le bluesman le plus à son avantage sur ces disques est sollicité pour des concerts, des festivals, des tournées internationales. Il sera notamment sur les scènes françaises et européennes (notamment à Montreux!) en 1972 et 1973 auprès de Lightnin' Slim, marquant tous les auditoires par son style puissant, sa forte présence et son jeu de scène. Il enregistrera plusieurs séances live durant ces tournées.

            Mais c'est dans son fief de Baton Rouge qu'il grave son unique album en vedette, Over easy, malheureusement musicalement assez inégal. Les années suivantes, Smith qui souffre d'alcoolisme chronique a des difficultés à honorer ses engagements et rate plusieurs nouvelles tournées européennes. Mais pris ensuite en main par des producteurs locaux Mike Schirra et Bob Snow sur leur label Sunland, Whispering Smith grave un ultime et excellent 45 t en 1983. Malheureusement, il décède à l'hôpital Earl K. Long de Baton Rouge le 28 avril 1984.
                                                           Gérard HERZHAFT

            Moses Smith is probably the most original harmonica player associated with the so-called "Swamp blues" style from Louisiana. His straightforward and powerful style gives room to numerous subtleties and control range that make him quite different from his excellent peers.
            Moses Smith was born 25th January 1932 at Union Church, Ms, not far from McComb, in a poor sharecroppers' family. A neighbour, the bluesman Bill Willard who enjoys a strong local reputation, teaches how to play the harmonica to the young Moses and soon brings him to play in the local juke joints. Smith listens also a lot to harp blues masters on records (John Lee "Sonny Boy" Williamson) or live during their venues to his area. He thus meets Little Walter, Rice Miller and particularly at Shreveport, the local harp master Jeff "Sonny Boy" Williamson (real name Edward William Johnson) who shows him many tricks. He is also a fan of Jazz Swing, particularly the trumpet players whose sound he tries to emulate with his harmonica, a thing he will always do on his records.
            After his parents' death, Moses comes to live in Baton Rouge where he makes a living as a house painter. In a couple of months he meets and plays with all the local bluesmen (Arthur Kelley, Tabby Thomas, Silas Hogan , Lightnin' Slim) earning a strong reputation as a hard and efficient harp blower. This is Lightnin' Slim who brings Smith to J.D. Miller's Crowley studios in January 1963 for a recording test. Miller records him and issues a first single under the name Whispering Smith mocking the strong hoarse Moses' voice and in reference to a famous western hero played by Alan Ladd and Audie Murphy! Unfortunately, Smith comes a little bit late for enjoying some success with his very down home kind of blues and the four singles that Miller issues on Excello are very low sellers. Anyway, being a "recorded artist" allows Smith to form his own band, playing regularly around Baton Rouge as a leader or the harp man of Lightnin' Slim or Silas Hogan's bands.
            But Moses won't never make a living out of his music and didn't think about it too much at the end of the 1960's. But a series of articles and an interview by John Broven and Terry Pattison in the british leading blues mag Blues Unlimited brings suddenly Smith in the limelight. He then learns that his records are quite well known in Europe through several Excello's anthologies (on Stateside) who are very influential on the British blues groups like the Rolling Stones, the Kinks and such! And Whispering Smith is then featured alongside other Swamp blues masters on two new records Louisiana blues and the double LP Swamp blues where he appears in very fine form.
            From now on, Whispering Smith tours Europe alongside Lightnin' Slim (rediscovered in Detroit!) and appears on top festivals like the AFBF 1972, the Montreaux Blues Festival in Switzerland and Jim Simpson's American Blues Legends. He conquers the European audiences with his powerful harp playing and stage presence. He records several excellent live sessions during those tours. He also finally records his only album under his name for the Excello label, Over Easy.
            The following years are unfortunately marred by Smith's alcoholism, making him to miss record opportunities and overseas tours. At last, thanks to local producers Mike Schirra and Bob Snow, Smith will record a final and excellent 45 for their Sunland label in 1983.
            Moses "Whispering" Smith dies at Earl K. Long's hospital in Baton Rouge 28 April 1984.
                                                           Gérard HERZHAFT

WHISPERING SMITH
The Complete Studio Recordings
CD1
Whispering Smith, vcl/hca; Ulysses Williams, g; Ernest Ambrose, bs; Sammy K. Brown, dms. Crowley, La. janvier 1963
01. Baby left me this morning
02. Mean woman blues
03. Hound dog twist
04. Harmonica twist
05. Don't leave me baby
06. Baby you're mine
07. Please give me one more chance
08. Live Jive
Whispering Smith, vcl/hca; Al Foreman, g; Ulysses Williams, g; Ernest Ambrose, bs; Sammy K. Brown, dms. Crowley, La. janvier 1964
09. I can't take it no more
10. Wake up old maid
Whispering Smith, vcl/hca; Al Foreman, g; Ulysses Williams, g; Ernest Ambrose, bs; Sammy K. Brown, dms. Crowley, La. avril 1964
11. I tried so hard
12. Cryin' blues
Whispering Smith, vcl/hca; Henry Gray, pno; Roy Lee Shepard, g; Clarence Prophet, bs; Samuel Hogan, dms. Baton Rouge, La. 27 avril 1970
13. I love you baby
14. On the dark road crying
Whispering Smith, vcl/hca; Henry Gray, pno; Greg Schaefer, g; Roy Lee Shepard, g; Clarence Prophet, bs; Samuel Hogan, dms. Baton Rouge, La. 12 août 1970
15. Looking the world over
16. A thousand miles from nowhere
17. Deep South Moses
18. Coal black mare

CD2
Whispering Smith, vcl/hca. Baton Rouge, La. 15 août 1970
19. Storm in Texas
20. Baton Rouge breakdown
21. Baby please don't go
Whispering Smith, vcl/hca; Melvin Hill, g. Baton Rouge, La. mai 1972
22. Mojo hand
23. Everybody needs love
24. I've got a sure thing
25. Rock me baby
Whispering Smith, vcl/hca; Melvin Hill, g; Harvey Lexing, g; Bobby Powell, pno; horns; Alfred Lewis, bs; Nolan Smith, dms/perc. Baton Rouge, La. mai 1972
26. What in the world comes over you
27. The way you treat me
28. Don't want no woman
29. Why am I treated so bad?
30. Married man
31. I know you don't love me
32. It's all over
Whispering Smith, vcl/hca; Henry Gray, pno; band. Miami, Fl. 1983
33. Just like a woman
34. Hound dog howl



dimanche 25 juin 2017

HARMONICA SLIM (Travis Blaylock)

HARMONICA SLIM (Travis Blaylock)
Complete Recordings

           
Aujourd’hui bien oublié, Travis Blaylock a cependant connu durant les années 50 un certain succès commercial sous le nom de Harmonica Slim, ce qui lui a notamment valu d’être le seul Harmonica Slim sur le marché, les autres comme James Moore devant abandonner leur surnom Harmonica Slim pour celui de Slim Harpo et Richard Riggins (qui fera plusieurs très bons disques pour Fedora sous ce sobriquet) gardant son vrai patronyme.
            Travis Leonard Blaylock est né le 21 décembre 1934 à Douglassville, une bourgade de la frontière du Texas et de l’Arkansas, frontière que ses parents franchissent quelques années plus tard afin de s’installer dans la plus grande ville qu'est Texarkana. C’est vers l’âge de douze ans que Travis Blaylock commence à jouer de l’harmonica sous l’influence de plusieurs voisins ainsi que des disques de John Lee "Sonny Boy" Williamson. Il chante et joue avec un groupe de gospel local, les Sunny South Gospel Singers.
            Il se lie d'amitié avec le guitariste Martin Fulson (le frère de Lowell) et ils forment bientôt un petit groupe qui anime une émission radiophonique hebdomadaire sur la station KCMC de Texarkana.
            En 1949, Travis gagne Los Angeles et s'intègre très vite à l'importante et très vivace scène du blues et du R&B de cette époque, faisant notamment partie de l'orchestre de Lowell Fulson et Lloyd Glenn. Il enregistre d'abord comme harmoniciste de plusieurs séances de blues et de R&B californiens avant de fonder, sous le nom de Harmonica Slim, son petit orchestre qui comprendra aussi souvent le superbe pianiste Lloyd Glenn. Slim enregistre enfin en vedette une douzaine de titres entre 1954 et 1960 qui mélangent avec bonheur l'inspiration rurale du blues de la frontière texane avec des sons et des arrangements beaucoup plus sophistiqués qui dominent le R&B californien. Mary Helen et surtout You better believe it (qui pénètre dans le Top 100 R&B) sont de petits succès commerciaux qui permettent à Harmonica Slim de faire partie de grandes tournées de R&B qui sillonnent les Etats Unis, en compagnie de Lowell Fulson, Percy Mayfield, T-Bone Walker, Ray Charles, Pee Wee Crayton ou B.B. King.
            Mais les années 60 sont celles de vaches bien maigres pour Slim qui doit prendre un travail en usine pour vivre. A la fin de cette décennie, c'est T-Bone Walker qui le présente au producteur Bob Thiele qui accepte de lui faire enregistrer un album pour son label Bluestime en compagnie de musiciens de jazz et de R&B comme le saxophoniste Plas Johnson. Assez curieusement, Thiele qui a enregistré plusieurs fois George Smith trouve le jeu d'harmonica de Slim trop rural et "primitif" et décide que Smith au son bien plus urbain et jazzy tiendra la plupart des parties d'harmonica sur cet album, fort méconnu, mais qui possède de nombreuses qualités.
            Après le décès de son père en 1971, Harmonica Slim retourne s'occuper de sa mère à Texarkana. Il travaille comme pompiste mais joue régulièrement avec un orchestre local celui du guitariste Nelson Carson. Il enregistre avec eux pour Louis Guida en 1976 ses derniers titres dont certains demeurent inédits.

            Après la mort de sa mère, Harmonica Slim abandonne le blues, redevient Travis Blaylock, se tourne à nouveau vers le gospel et la religion. Il est même le Révérend de son église baptiste lorsqu'il décède le 16 juin 1984 à Texarkana.
            Merci à Pierre Monnery pour son aide
                                                                       Gérard HERZHAFT

Now well forgotten, Travis Blaylock however experienced during the 1950s some commercial success under the name Harmonica Slim, which even earned him to be the only Harmonica Slim on the market, forcing James Moore to abandon his Harmonica Slim nickname for Slim Harpo and Richard Riggins (who would make several very good albums for Fedora under this nickname later on) to keep his true surname. Travis Leonard Blaylock was born December 21, 1934 in Douglassville, a village of the Texas-Arkansas border, a border that his parents crossed a few years later to settle in the largest city of Texarkana. It was around the age of twelve that Travis Blaylock began playing the harmonica under the influence of several neighbors and the records of John Lee "Sonny Boy" Williamson. He sang and played with a local gospel group, the Sunny South Gospel Singers. He was a close friend with guitarist Martin Fulson (brother of Lowell) and they soon formed a small group who hosted a weekly radio show on station KCMC of Texarkana. In 1949, Travis moved to Los Angeles and integrated very quickly the important and very perennial scene of blues and R & B of that time, even becoming a part time member of the band of Lowell Fulson who included pianist Lloyd Glenn at that time. He recorded as a harmonica player with several West Coast sessions prior to founding, under the name Harmonica Slim, a small blues band which often included superb piano playing by Lloyd Glenn. During the 50's, Slim recorded a dozen titles between 1954 and 1960 that happily mixed Texas Country blues with arrangements much more sophisticated in the mould of the current R & B California sounds. "Mary Helen" and especially "You better believe it" (entering the Top 100 R & B) were small hits that allowed Harmonica Slim to be part of the great R & B tours crisscrossing the United States, in the company of Lowell Fulson, Percy Mayfield, T-Bone Walker, Ray Charles, Pee Wee Crayton and B.B. King. But the 1960s were lean years to Slim who had to take a job in the factory to make a living. At the end of the decade, T-Bone Walker brought Slim to producer Bob Thiele, who agreed to record a whole album for his label Bluestime in the company of jazz and R & B musicians like saxophonist Plas Johnson. Curiously enough, Thiele , (who recorded several times George Smith) found the style of Harmonica Slim too rural and "primitive" and decided to replace his blowing parts by those of Smith a much more urban and jazzy harpman that Slim. After the death of his father in 1971, Harmonica Slim returned to care for his mother at Texarkana. He worked in a gas station while playing regularly with the local band of guitarist Nelson Carson. He recorded with them for Louis Guida in 1976, some tracks remaining unissued.
            After the death of his mother, Harmonica Slim gave up the blues for good and was reborn Travis Blaylock, turned definitively to the gospel and the religion. He even became a Reverend of the local Baptist Church until his death on June 16, 1984 in Texarkana.
            Thanks to Pierre Monnery for his help
                                                           Gérard HERZHAFT

Depuis la première publication de cet article, plusieurs d'entre vous m'ont contacté en me donnant d'autres titres de Harmonica Slim qui ne se trouveraient pas dans cette "intégrale". Mais en fait, tous ces morceaux proviennent non pas de Travis Blaylock mais d'autres Harmonica Slim, en particulier Richard Riggins. Il y a deux autres musiciens au moins qui ont enregistré sous ce sobriquet: l'un dans les années 60 pour Blue Horizon, l'autre quelques titres live en 1985 en compagnie de Boogie Bill Webb. Ni l'un ni l'autre n'ont de rapport avec Blaylock qui est décédé en 1984 comme l'atteste la photo de sa pierre tombale.
Since I first posted this article, several readers have written to me giving tracks by Harmonica Slim that are not in this "complete recording works". Unfortunately, those are by other bluesmen taking the same nickname, particularly Richard Riggins who recorded quite extensively under this moniker during the 1990's. At least two other musicians have recorded under the Harmonica Slim nickname, (one for Blue Horizon, the other in 1985 three tracks live in New Orleans with Boogie Bill Webb). Neither of them are our man. Travis Blaylock died in 1984 and everything he has recorded is now here

THE COMPLETE HARMONICA SLIM
(Travis Blaylock)
Harmonica Slim, vcl/hca; band. Los Angeles, Ca. 1954
01. Thought I didn't love you
02. Going back home
Harmonica Slim, vcl/hca; J.D. Nicholson, pno; g; t-sax; bs; dms. Los Angeles, Ca. 20 février 1956
03. Mary Helen
04. Lonely hours
Harmonica Slim, vcl/hca; J.D. Nicholson, pno; band. Los Angeles, Ca. 30 juillet 1956
05. My girl won't quit me
06. You better believe it
07. Drop anchor
08. Do what you want to do
Harmonica Slim, vcl/hca; band. Los Angeles, décembre 1960
09. Buddah
10. I'll take love
11. You
12. Hard times
Harmonica Slim, vcl/hca; George Smith, hca; Plas Johnson, saxes; Artie Butler, kbds; Louis Shelton, g; David Walker, g; Max Bennett, bs; Abraham Mills, dms. Los Angeles, Ca. 1969
13. Stormy monday blues
14. Harmonica boogaloo
15. Tin Pan Alley
16. Love
17. That's all right
18. You better believe it
19. Things ain't what they used to be
20. Darling I love you
Harmonica Slim, vcl/hca; Nelson Carson, g; Travis Matthews, g; John Walton, bs; Frank Howard Jr, dms. Texarkana, Ak. 12 mai 1976
21. You better believe it


mardi 13 juin 2017

CHICAGO/ The Blues Yesterday/ Volume 20

CHICAGO/ The Blues Yesterday/ Volume 20

           
Ouvrons ce 20 ème volume de notre série "Chicago/ The Blues Yesterday" avec Jo Jo Williams le plus connu des bluesmen ici présents. Né le 7 octobre 1923 à Coahoma (Ms), fils d'un employé des chemins de fer, Joseph Eginger Williams a connu Son House et Willie Brown, a vécu ensuite à Memphis où, fréquentant les théâtres et les clubs de Beale Street, il apprend la guitare vers 1942 et gagne Chicago bien décidé à vivre de sa musique. Il forme son propre groupe les Blues Rockers, fait partie du Muddy Waters Junior Band, tourne en Californie avec Little Walter puis s'installe à Minneapolis où il animera la scène du blues avec Lazy Bill Lucas et Mojo Buford durant des années, enregistrant en sideman et sous son nom la poignée de titres ici rassemblés. Il décède à Minneapolis le 16 juin 2010, une figure éminente de la scène locale du blues.


            Nombre de groupes se sont nommés Chicago All Stars. Celui-ci est l'agrégation de vétérans de la scène du blues et du jazz de Chicago - le trompettiste Johnny Morton, les saxophonistes Sugarman Penigar et Oett "Sax" Mallard et le batteur omniprésent Armand Jump Jackson - qui après la guerre ont formé un ensemble de R&B qui a connu un certain mais bref succès à la fin des années 1940.

            Clara Morris (c. 1921 - 2007) est une superbe chanteuse d'inspiration immanquablement rurale qui, hélas, ne nous laisse qu'une très belle séance de 1941 dans laquelle elle est accompagnée de Lonnie Johnson et Blind John Davis. Elle a encore enregistré quelques mois plus tard avec Big Bill Broonzy une séance demeurée inédite. Comme beaucoup, sa carrière a été définitivement interrompue par la guerre. Elle semble s'être mariée avec un certain Mr Proctor et est décédée à Lake Forest (Illinois).

            Enfin, le chanteur Frank Butler (à ne pas confondre avec le batteur de jazz du même nom) a émargé à la scène de Chicago dans les années 1955-70, enregistrant une poignée de 45t pour de petits labels comme Chief, Space Age ou Great Scott, ses derniers morceaux montrant une évolution très nette vers la Soul. Je ne connais rien de sa vie et tous renseignements seront les bienvenus.

                                                                       Gérard HERZHAFT

Tous nos remerciements à Steve Wisner et Sir Shambling pour leur aide.

            Let's open this 20th opus of our "Chicago/ The Blues Yesterday" series with Jo Jo Williams, certainly the most well known artist of this comp. Born in Coahoma on 7th October 1923, Joseph Eginger Williams is the son of a railroad employee. At an early age, he has met Son House and Willie Brown, lived as a teenager in Memphis where, under the influence of the local Beale Street acts, he learned to play the guitar around 1942 and left to Chicago, well determined to make a living out of his music. He formed his own band, The Blues Rockers with which he recorded a handful of singles under his own name, was a staunch member of the Muddy Waters Junior Band, toured the West Coast with Little Walter... During the 1960's Jo Jo went to live to Minneapolis where alongside Lazy Bill Lucas and Mojo Buford he would be a revered figure of the local blues scene. Jo Jo died in Minneapolis 16 June 2010.

            Several groups named themselves Chicago All Stars. This one here is the temporary aggregation at the end of the 1940's of Chicago blues and Jazz veterans, namely trumpet player Johnny Morton, saxophonists Oett "Sax" Mallard and Sugarman Penigar as well as the ubiquitous drummer and bandleader Armand "Jump" Jackson.

         
Clara Morris (c. 1920-2007) is a first rate singer with a strong rural feel who, unfortunately, leaves only one striking 1941 session backed by Lonnie Johnson and Blind John Davis. She will record another session a couple of months later, this time with Big Bill Broonzy, that never was issued. Like many, her career has been cut short by the war and to our knowledge she never recorded again. She married to a Mr Proctor and died at Lake Forest, Illinois.

            At last, powerful singer Frank Butler (not to be confused with the jazz drummer of the same name) has been present on the Chicago blues scene during the years 1955-70, recording a handful of 45s for small local labels like Chief, Space Age or Great Scott, the last tracks in a more Soul vein. I unfortunately don't know anything more about his whereabouts and every piece of information would be most welcome.

                                                                       Gérard HERZHAFT

A lot of thanks to Steve Wisner and Sir Shambling for their invaluable help.

CHICAGO/ The Blues Yesterday/ Volume 20
JO JO WILLIAMS (Joseph Williams), vcl/g; Mojo Buford, hca; Lazy Bill Lucas, pno; Dave Myers, g; Sam Burton, dms. Cicero, Ill. 1959
01. Rock'n'roll boogie
02. Rock and roll can save your soul
03. All pretty women
04. Women's world
05. Davy Crockett's jingle bells
06. You can't live in this big world by yourself
Although the "Chicago ain't " Delmark album says that 05 & 06 are hitherto unissued titles, those two are in fact absolutely similar to 07 & 08 which were issued as an Atmic-H 45.
Jo Jo Williams, vcl/g; Little Smokey Smothers, g; Tommy Reader, a-sax; P.T. Hayes, hca; Elijah Jordan, bs; Robert Whitehead, dms. Chicago, Ill. 1959
07. Afro shake dance
08. You got to be loved
CHICAGO ALL STARS: Johnny Morton, tpt; Sax Mallard, a-sax/clt; Sugarman Penigar, t-sax; Bill Owens, pno; Elmer Ewing, g; Bali Beach, bs; Jump Jackson, dms. Chicago, 27 July 1947
09. Green light (vcl: Johnny Morton)
10. Hey hey big mama (vcl: Johnny Morton)
11. I love you mama (vcl: Sugarman Penigar)
12. No no baby (vcl: Sugarman Penigar)
Chicago All Stars, band. Same or Similar. Chicago, Ill. 26 December 1947
13. Are you getting married brother? (vcl: Cozy Eggleston)
14. Strange strange lover (vcl: Pro Mc Clam)
CLARA MORRIS, vcl; Lonnie Johnson, g; Blind John Davis, pno; Willie Mitchell, bs. Chicago, Ill. 27 March 1941
15. Cry on daddy
16. I stagger in my sleep
17. I'm blue daddy
18. Poker playing daddy
FRANK BUTLER, vcl; Cool Breeze (Joseph Bell), bs; band. Chicago, Ill. 1957
19. I can't believe it
Frank Butler, vcl; band. Chicago, Ill. 1965-66
20. Build a little house for you
21. How I feel about you
22. Someone outside
Frank Butler, vcl; band. Chicago, Ill. 1968
23. So many years
Frank Butler, vcl; band. Chicago, Ill. 1970
24. The love I need
25. If love don't change