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vendredi 7 février 2020

CHEZ R.L. BURNSIDE

CHEZ R.L. BURNSIDE/ 1979


Au fur et à mesure qu'on se rapproche de Clarksdale, les "juke-joints", ces petites cabanes de planches qui servent de cabaret, se multiplient. "Highway 6l Swing'Club" indique fièrement en couleurs vives un panonceau. Une petite affiche jaune annonce le programme du soir, groupes locaux complètement inconnus, mêlant soul, blues et disco, avec parfois une vedette comme Little Milton qui continue à tourner dans ce "circuit miteux" pour garder le contact avec l'âme profonde de son peuple. Bien que la fréquentation de ces boîtes soit largement assurée par des pauvres Noirs, un Blanc peut pénétrer à condition de prendre d'élémentaires précautions.

Ces précautions, nous les avons prises en téléphonant plusieurs jours à l'avance à R. L. Burnside qui a la réputation de tenir un juke-joint fameux pour la qualité du blues que l'on y joue.
Lorsqu'on sort de la petite ville de Coldwater, il faut encore franchir l3 miles d'un chemin poussiéreux constellé d'affolantes ornières pour atteindre la maison de Burnside. Rural (ce serait son prénom, selon les dires de ses voisins), mais il préfère qu'on l'appelle R.L., nous a entendu venir.  II sort de sa maison, bloc de ciment non revêtu, et se dirige vers nous, grand bonhomme affable et sympathique, allure très digne qui commande le respect, cheveux grisonnants, yeux rieurs. Burnside est le premier habitant du Mississippi que je rencontre a parfaitement bien situer la France. II parle d'ailleurs longuement de l'Europe qu'il vient de parcourir avec une tournée de blues (Mississippi Delta Blues band). Car R.L. a eu la chance de graver il y a une dizaine d'années quelques faces pour la petite compagnie discographique Arhoolie, attirant ainsi sur lui un brin d'attention du monde extérieur. II revient de Scandinavie d'où il a ramené une guitare électrique, or et argent, flambant neuve.
Le contraste est saisissant entre cet homme intelligent et ouvert qui était il y a peu sur les scènes de Stockholm et d'Oslo, s'exprimant dans un excellent anglais qu'il articule à mon intention - immanquable habitude de l'étranger! - et l'intérieur de sa maison. En fait, le"juke-joint" est la pièce principale de l'habitation: deux vieux canapés, trois chaises pliantes à moitié déchirées, un bar de bois branlant et dans le fond, amplis, micros, batterie et guitares. A gauche, une vaste cuisine, pauvre table usée, énorme congélateur, quelques tabourets de bois, du linge qui achève de sécher; à droite, la chambre, le lit des parents séparé par un rideau du reste. Et un alignement de tristes couches de fer sur lesquelles dorment déjà deux tout petits enfants. Des enfants, R.L. en a l3, qui s'étagent sur toutes les classes d'âge. Certains accordent les guitares, d'autres préparent le petit bar, les plus petits jouent sur le sol, à même la terre battue. R.L. est métayer. II travaille tous les jours une terre qui ne lui appartient pas et donne les quatre cinquièmes de sa récolte à son propriétaire. Comme tant d'autres, il espère que sa musique lui permettra un jour d'émerger de cette misère.
" Cette boîte " dit-il en frappant sa guitare" va un jour nous sortir d'ici".
II passe l'instrument sur ses épaules:
- J' ai eu plusieurs propositions d'enregistrer en Europe, mais je cherche a en tirer le meilleur prix".
II gratte deux accords, me sourit, dents éclatantes:
- Je suis monté à Chicago deux fois dans ma vie, les salaires sont corrects et on paie pour entendre du blues, mais je ne veux pas que mes gosses crèvent d'une overdose dans les caniveaux du ghetto"
Le petit orchestre familial se met en place et R.L. achève:
- Grâce a des gens comme David et toi, on finit par me connaître partout. Un jour, tu verras, je pourrai acheter ma terre et je serai alors chez moi"
Deux heures plus tard, une magnifique lune s'est levée sur la campagne. La maison/cabaret de R.L. ne pourrait plus contenir une personne de plus. Les amplificateurs hurlent des notes lourdes et sales. Les enfants dorment à tour de rôle, se lèvent, petites silhouettes en pyjama, démarche hésitante, yeux rougis de sommeil, pour participer a la fête. C'est un petit garçon de sept ans qui tient maintenant la guitare rythmique. Il connaît par cœur le répertoire de son père. II sera un très grand guitariste quand ses doigts seront assez longs pour aller chercher les notes nécessaires. II se balance au son des basses marchantes qu'il crée et ses lèvres marmonnent quelques paroles qu'on ne peut saisir. Son grand frère tient la basse électrique, notes ronronnantes et sourdes que ponctue l'extraordinaire batteur Calvin Jackson, gendre de R.L., yeux fermés, mouvement incisif des poignets, coups de baguettes agressifs. R.L. est au centre, il mange pratiquement son micro, sourire enjôleur et brefs saluts de la tête aux nouveaux arrivants.
" Poor black Mattie, poor black Mattie/ She has no changin' clothes "
Son épouse, la maîtresse des lieux, a passé une robe rutilante pour la circonstance, silhouette très droite que ne semblent pas avoir entamée les maternités successives. Elle converse de-ci de-là, sert a boire et encaisse les consommations, un œil vigilant ne perdant jamais de vue ce que font ses nombreuses filles.
La petite pièce est bondée. Toute la soirée, les voisins, les amis entrent et sortent, boivent, rient, dansent. Certains sont armés d'une guitare, d'un harmonica, d'un saxophone et s'installent avec l'orchestre familial, le temps d'un ou deux morceaux. D'ailleurs, tout le monde a un moment donne joue quelque chose.
" Rock me mama, rock me all night long"
Deux médiocres ampoules éclairent un foisonnement de corps en mouvement, couples rieurs, grand noir solitaire une bouteille à la main, jeunes filles timides qui fixent le spectacle insolite que nous formons, deux Blancs perdus au cœur du Mississippi nègre. L'une d'elles, à peine sortie de l'adolescence, grande chevelure noire lissée, robe bleue scintillante moulant un buste superbe et des hanches lourdes, cherche refuge dans la cuisine comme je fais mine de l'inviter à danser.
" Beaucoup de pauvres Noires d'ici croient encore que les Blancs vont les tuer. C'est ce qu'on leur raconte dès l'enfance pour leur éviter les ennuis " m'expliquera un peu plus tard David.
Le whiskey maison coule à flots, les bouteilles de bière vides jonchent le sol, des cigarettes de majihuana circulent de lèvres en lèvres. Le temps passe, atmosphère électrique, chaleur écrasante, corps moites enlacés, érotisme permanent et diffus surgissant de la musique, du rythme lancinant, des notes hypnotiques, des paroles à double sens:
" I' m your crosscut saw, mama/ Let me cross your log/ When I cross deep down in your wood,baby/ you gonna say:"Hot dog!"   
R.L. oublie les longues heures de travail écrasant, les traites qu'il n'arrive pas a payer, la fillette qui est malade et qu'il n'a pas les moyens de soigner, l'école secondaire où n'iront jamais les enfants. II se tient là, impérial, souriant à la ronde, heureux de rendre heureux, vedette internationale - d'impressionnantes coupures de presse collées au mur, écrites dans de bizarres langues scandinaves en témoignent - idole du petit hameau et, surtout, l'objet incessant des regards admiratifs de ses enfants à qui il rend des sourires affectueux. R.L. gratte la terre, R.L. est pauvre et presque misérable, R.L. n'est jamais allé a l'école, R.L. est Noir dans le Mississippi, mais aucun père au monde n'a jamais été aussi grand aux yeux de ses enfants.
II a insisté en me tendant sa guitare, vainc mes réticences:
" Je sais que tu peux jouer "
II a pris l'instrument de son fils et nous jouons ensemble. Personne n'a fait attention à ce changement insolite dans l'orchestre. Les danseurs dansent, des visages se rapprochent, des lèvres se rejoignent. R.L. est ravi que je sache l'accompagner:
" II faudrait que les blancs d'ici le voient "dit-il en riant a David Evans.
" I' m a poor boy a long way from home"
J'essaie de suivre pas a pas R.L., d'entrelacer mes notes avec les siennes, un moment d'hésitation et de contretemps et ça y est, nous sommes ensemble, ici, a treize miles de Coldwater, à des années-lumière de la France, des grands auditoriums glacés, mais aussi à une éternité des cabarets chics de Memphis, Chicago ou Washington.
R.L. ne joue pas le blues plutôt qu'une autre musique. R.L. joue le blues, parce qu'ici, "deep down in Mississippi", le blues c'est LA musique et même plus que la musique: la pulvérisation des soucis, des cafards, des peines engendrées par la dureté du monde, la pulsion rythmée qui emporte les corps et les cœurs et leur redonne la joie de vivre, le désir d'aimer et d'être aimé. Demain,il faudra continuer a être, alors cette nuit, vivons!
" We gonna pitchin'boogie all night long"
                                                                                         Gérard HERZHAFT

Ce texte est un extrait de l'ouvrage de Gérard Herzhaft "Ballade en blues" publié pour la première fois en format livre.
A se procurer sur
sur Rakuten (dédicacé)
ou directement et/ou via mon site web

jeudi 30 janvier 2020

JOHN LEE GRANDERSON/ Complete Recordings


JOHN LEE GRANDERSON/ Complete Recordings

           
John Lee Granderson is certainly not a well known figure among blues fans today. But he nevertheless was a great country blues performer who recorded a strong series of sessions during the 1960's, thanks to the few blues researchers of that decade, namely Pete Welding who discovered him in Chicago and put him on the blues circuit for some years.
            Granderson was born in Ellendale, Tennessee, April 11th 1913 and learned guitar and the blues with his father when he was nine years old, meeting in Memphis luminaries of the day and the place like Sleepy John Estes, Memphis Minnie and particularly Willie Borum who was a friend of the family. John Lee came in Chicago as early as 1928, learning car mechanic and making a living in several plants and garages. He didn't think himself talented enough to play professionally in the Chicago clubs but he regularly went to see and sometimes came to stage with Big Bill Broonzy, Jazz Gillum, Big Joe Williams or John Lee "Sonny Boy" Williamson. During the late 1940's, Granderson became a familiar figure at the Maxwell Street Market, making some extra dollars playing on the streets by himself or with every other bluesman he could meet like Robert Nighthawk or Johnny Young. This is where Pete Welding found him in 1962 and was impressed with his skills as a bluesman, guitarist and composer of some original blues like A man for the nation that Granderson had written after the assassination of John F. Kennedy. Welding then recorded John Lee quite prolifically during the following years, issuing those sessions on various anthologies. Granderson who had to quit the hard work of car mechanic due to an accident then tried to make an improbable living with his music, forming a little Chicago band with harmonica player Prezs Thomas. But the records didn't sell very well and he was rarely billed on concerts and festivals. In 1966, John Lee had to work as a janitor to make a decent living.
           
After a session for the fledgling Adelphi label alongside Big Joe Williams, Granderson quit definitively playing in public. He suffered a stroke in 1975 and died of pancreatic cancer in Chicago on 22 August 1979, largely forgotten from the blues world.
                                                           Gérard HERZHAFT


John Lee Granderson, vcl/g; Prez Thomas, hca; Jimmy Walker, pno; William Mack, g. Chicago, Ill. 30 september 1962
01. Death Valley blues
02. I don't feel good
03. Bumble bee
04. That's all right
John Lee Granderson, vcl/g. Chicago, Ill. 21 october 1962
05. Texas blues
John Lee Granderson, vcl/g; Prez Thomas, hca; Jimmy Walker, pno. Chicago, Ill. 24 july 1963
06. Decoration day
John Lee Granderson, vcl/g. Chicago, Ill. 8 july 1963
07. Bumble bee n°2
08. Minglewood train
09. Good morning little schoolgirl
John Lee Granderson, vcl/g; Mike Bloomfield, g. Chicago, Ill. 9 july 1963
10. J.L.'s blues
11. Everything's gonna be alright
12. That's all right
John Lee Granderson, vcl/g. Chicago, Ill. february 1964
13. A man for the nation
14. Rock me all night long
15. This is your last chance
16. One kind favor
John Lee Granderson, vcl/g; Jimmy Walker, pno; Johnny Young, mdln. Chicago, Ill. 4 april 1964
17. Please come back to me
18. Cold dark evening
John Lee Granderson, vcl/g. Chicago, Ill. 15 may 1964
19. Death Valley blues
20. Easy street
21. Minglewood blues
22. Bumble bee blues
23. That's all right

CD2
John Lee Granderson, vcl/g; Bill Foster, g. Chicago, Ill. april 1966
24. My home ain't here
25. That's doggin' me
26. Got to bend you over baby
John Lee Granderson, vcl/g; Bill Foster, g. Chicago, Ill. 2 may 1966
27. Hard luck John
28. Flora blues
29. County farm blues
30. Aching pain blues
John Lee Granderson, vcl/g; Johnny Young, mdln; Carl Martin, fdl. Chicago, Ill. 18 june 1966
31. The sun is sinking low
32. I got to find the woman
33. Watch out girl
John Lee Granderson, vcl/g; Big Joe Williams, g; Mike Stewart, g. Chicago, Ill. september 1968
34. Girl at the bottom
35. Going round the world
36. Stop breaking down
37. Yellow box blues
John Lee Granderson, vcl/g. Chicago, Ill. 1969
38. Lonesome blues
39. Rollin' and tumblin'



samedi 11 janvier 2020

SWAMP BLUES/ Volume 3 (re-post)


SWAMP BLUES/ Volume 3 (re-post)



              
Si ce sont bien J.D. Miller et son épouse Georgia Sonnier (c'est elle qui a eu l'idée d'adjoindre un harmonica aux blues que projetait d'enregistrer son mari en 1954) qui ont été à l'origine de ce qu'on appelle "Swamp blues", le succès de Lightnin' Slim ou Slim Harpo et leur présence dans les juke-boxes des bars des quartiers noirs de Louisiane et du Texas ont poussé d'autres producteurs louisianais comme Eddie Shuler, Carol Rachou, Floyd Soileau, Lee Lavergne voire Don Robey à Houston à enregistrer des blues sur le modèle des Swamp blues mis au point par Miller.
           Dans ce troisième volume, nous présentons trois artistes d'importance qui n'ont pas (ou très peu) fréquenté les studios de Crowley (ceux de Miller) mais qui ont émargé au moins en partie à ce courant musical tout en gagnant moins de notoriété auprès du public international que les artistes mieux distribués par Excello.

                             
C'est tout à fait le cas de Raful Neal (6 juin 1936 à Baton Rouge (La) - † 1 septembre 2004 à Baton Rouge (La), une figure importante du blues louisianais, excellent harmoniciste, chanteur puissant, compositeur talentueux qui a longtemps été surtout connu pour avoir eu un tout jeune Buddy Guy dans son orchestre. Raful a écumé les clubs et les bars de la Louisiane et du Texas et a fait ses débuts discographiques à Houston sur le label Peacock en 1958, avant de graver une poignée de remarquables 45t pour Whit, un minuscule label fondé par Lionel Whitfield (et surtout connu pour avoir fait débuter Bobby Powell). Son Blues on the moon, très percutant, demeure un petit classique du Swamp blues. Mais il faudra attendre 1987 pour que cet artiste authentique et profond puisse enregistrer plusieurs excellents albums pour King Snake ou Telarc. L'influence de Raful Neal se fait toujours sentir aujourd'hui sur ses fils musiciens dont bien sûr le plus connu est l'excellent Kenny Neal.
               Drifting Charles (Charles Tyler) (31 août 1936 - † 23 janvier 2009), originaire de Opelousas, était semble-t-il plus que réticent à enregistrer un downhome blues comme Drifting blues, gravé à Crowley mais pour le label Lanor de Lee Lavergne. Et c'est dans un style nettement plus "moderne", s'ouvrant vers la Soul qu'il a encore signé deux autres 45t que nous proposons ici.
              
Ashton Savoy (né en 1928 à Sunset près d'Opelousas) était un chanteur et guitariste très traditionnel, francophone de naissance, fortement influencé par Crippled Bob, un important bluesman local malheureusement jamais enregistré. Etant venu travailler à Lake Charles, Ashton y a naturellement enregistré pour le label Goldband de Eddie Shuler, entre vrai Swamp blues, Texas blues moderne et Zydeco (Savoy a été le guitariste du groupe Zydeco de L.C. Donnato). Avec notamment la présence de la superbe pianiste Katie Webster qui faisait là ses tout débuts. Savoy s'est installé à Houston dans les années 1960, abandonnant plus ou moins la musique sur un plan professionnel. Il est décédé le 15 mai 2009 à Lake Charles.
                                                                                                       Gérard HERZHAFT

               If it is undoubtedly J.D. Miller and his wife Georgia Sonnier who shaped the so-called Swamp blues, appreciated wide world over today, the unexpected success of Lightnin' Slim and Slim Harpo, prompted others Louisiana producers to also record within this basic blues style: Eddie Shuler, Carol Rachou, Floyd Soileau, Lee Lavergne and even Houston's Don Robey!
               In this third opus are featured three bluesmen who didn't record for Miller but who nevertheless recorded their kind of Swamp blues. But their record labels having not the better distribution of Excello, they didn't really sell outside very local record shops.
               This is unfortunately the case of Raful Neal (born 6 June 1936 in Baton Rouge - † 1st September 2004 in Baton Rouge), an important Louisiana bluesman. An harmonica master, a powerful singer and a shrewd composer, Raful was for a long time mainly known for having nested a young Buddy Guy in his blues band which was crisscrossing Louisiana and Texas clubs and juke joints. Raful had to go to Houston to make his recording debuts for Don Robey's Peacock label in 1958 before waxing a handful of first rate blues 45's like his harmonica classic Blues on the moon, for very small labels like Lionel Whitfield's Whit. Raful will have to wait until 1987 to record at last some excellent albums for King Snake and Telarc in which he is frequently backed by his musicians' sons, namely the most famous and excellent Kenny Neal.
               Drifting Charles (Charles Tyler) (31 August 1936 - † 23 January 2009), from Opelousas, was very reluctant to record a downhome blues like Drifting blues in 1963 for Lee Lavergne's Lanor label. And his subsequent records were logically more in a R&B/Soul vein.

               Ashton Savoy (born in 1928 at Opelousas) was a downhome singer and guitarist of French Cajun origins, who learned guitar and fiddle with his father and Crippled Bob, a local unrecorded bluesman. Coming to Lake Charles for work, Ashton auditioned for Golband's Eddie Shuler and waxed some excellent downhome tracks that featured the piano debuts of Katie Webster. Ashton was also influenced by modern Texas guitarists as well as Zydeco (he would play in several Zydeco bands like L.C. Donnato's) and that also shows on his records. Ashton would settle in Houston in the 1960's, mostly giving up music for a living. He died in Lake Charles on May, 15th 2009.
                                                                                         Gérard HERZHAFT


SWAMP BLUES
Volume 3
Raful Neal, vcl/hca; Lester Foster, g; band.  Houston, Tx. mai 1958
01. Sunny side of love
Crying hard 
(thanks a lot to Steve Wisner for sharing this rare track)
Raful Neal, vcl/hca; band. Lafayette, La. janvier 1969
02. Change my way of living
03. Getting late in the evening
Raful Neal, vcl/hca; Rudolph Richard, g; Roy Lee Shepherd, g; James Johnson, bs; Murdoch Stillwood, dms. Baton Rouge, La. décembre 1969
04. Blues on the moon
05. Let's work together
Raful Neal, vcl/hca; Rudolph Richard, g; Lionel Torrence, t-sax; Arnold Ray Neal, bs; Murdoch Stillwood, dms. Baton Rouge, La. juin 1970
06. You don't love me no more
07. It's been so long
Drifting Charles (Charles Tyler), vcl/g: Al Foreman, g; Rufus Thibodeaux, bs; Austin Broussard, dms. Crowley, La. mai 1963
08. Drifting cloud
09. Evil hearted man
Drifting Charles, vcl/g; band. Crowley, La. février 1964
10. Let's stick together
11. Ease the pain
Drifting Charles, vcl/g; band. New Orleans, La. mai 1964
12. Lonely lonely nights
13. When it rains it really pours
14. My life is a lonely one
Ashton Savoy, vcl/g; Danny George, t-sax; Katie Webster, pno; Sherman Webster, bs; Lightnin' Mitchell, dms. Lake Charles, La. 1958
15. Juke Joint
16. Denga Denga
Ashton Savoy, vcl/g; Katie Webster, vcl/pno; Little Brother Griffin, dms. Crowley, La. décembre 1959
17. Baby baby
18. No bread no meat
19. I want you to love me
Ashton Savoy, vcl/g; Lazy Lester, hca; Danny George, t-sax; Katie Webster, pno; Sherman Webster, bs; Lightnin' Mitchell, dms. Lake Charles, La. 4 juillet 1959
20. Need shorter hours
21. Want to talk to you baby
22. Tell me baby
23. Rooster Strut
Ashton Savoy, vcl/g; band. Lake Charles, La. 1960
24. I wants you

Also

I'm considering re-posting SWAMP BLUES Vol. 2 if it's possible 

mercredi 8 janvier 2020

WHISPERING SMITH/ Swamp harmonica blues (re-post)


WHISPERING SMITH/ Swamp Harmonica blues
(re-post)

           
Moses Smith est certainement l'harmoniciste le plus original de ceux issus de la mouvance du Swamp blues. Son style direct, carré, puissant laisse place à de nombreuses subtilités et variations qui le différencient nettement de ses concurrents comme Sylvester Buckley, Jimmy Anderson ou Lazy Lester.
            Moses Smith naît le 25 janvier 1932 à Union Church dans le Sud de l'Etat du Mississippi, non loin de Mc Comb. Ses parents sont de très pauvres métayers et Moses est obligé de délaisser l'école pour les aider à joindre les deux bouts. C'est un voisin et ami de la famille, Bill Willard qui lui apprend à jouer de l'harmonica et l'emmène avec lui dans les juke joints où il se produit les week-ends. Bientôt, Smith se passionne pour cet instrument, écoute les disques de John Lee "Sonny Boy" Williamson, Little Walter, Rice Miller, s'aventure à jouer jusqu'à Shreveport où il rencontre Jeff Williamson, un autre harmoniciste de réputation locale qui a lui aussi enregistré sous le sobriquet de "Sonny Boy Williamson" (vrai nom: Edward William Johnson). Il écoute aussi les orchestres de jazz et de R&B locaux, notamment les trompettistes dont il essaie de reproduire le son et la manière avec son harmonica.
            A la mort de ses parents en 1957, Moses Smith quitte le Mississippi pour travailler comme peintre en bâtiment à Baton Rouge. Là, il ne tarde pas à faire connaissance et à jouer avec tous les bluesmen locaux (Arthur Kelley, Tabby Thomas, Silas Hogan, Lightnin' Slim). C'est Slim qui emmène Smith à Crowley et le présente en janvier 1963 au célèbre producteur louisianais Jay D. Miller qui accepte de l'enregistrer. Sa voix est si rauque et puissante que Miller est obligé de faire de nombreux réglages. Comme à son habitude, Miller sort le disque sous un pseudonyme, choisissant – par dérision! – celui de Whispering (celui qui murmure!!!) Smith, parodiant ainsi le nom d'un célèbre héros de western (un roman, un film à succès avec Alan Ladd et une série TV avec Audie Murphy). Mais en 1963, ce type de down home blues que n'enregistre d'ailleurs plus grand monde aux USA, est largement passé de mode auprès des Noirs et les quatre 45t que sort Miller sur Excello se vendent extrêmement mal. D'ailleurs Miller ne les grave qu'à la fin de séances de Silas Hogan ou de Lightnin' Slim auprès de qui Smith remplace désormais Lazy Lester de façon permanente.
            Malgré cela, Smith ne vivra jamais de sa musique, conservant toujours son job en usine. C'est une série de reportages parus dans la revue britannique Blues Unlimited et réalisés en 1969-70 sur le terrain louisianais par John Broven et Terry Pattison (qui interviewent et photographient Moses) qui vont permettre à la carrière musicale de Smith de prendre un nouvel essor. Produits par Pattison, des titres de ce Swamp blues fort prisé des européens (les groupes anglais, Rolling Stones en tête, y ont beaucoup puisé) apparaissent presque en même temps sur deux belles anthologies, Louisiana blues et Swamp blues. Smith qui est le bluesman le plus à son avantage sur ces disques est sollicité pour des concerts, des festivals, des tournées internationales. Il sera notamment sur les scènes françaises et européennes (notamment à Montreux!) en 1972 et 1973 auprès de Lightnin' Slim, marquant tous les auditoires par son style puissant, sa forte présence et son jeu de scène. Il enregistrera plusieurs séances live durant ces tournées.
           
Mais c'est dans son fief de Baton Rouge qu'il grave son unique album en vedette, Over easy, malheureusement musicalement assez inégal. Les années suivantes, Smith qui souffre d'alcoolisme chronique a des difficultés à honorer ses engagements et rate plusieurs nouvelles tournées européennes. Mais pris ensuite en main par des producteurs locaux Mike Schirra et Bob Snow sur leur label Sunland, Whispering Smith grave un ultime et excellent 45 t en 1983. Malheureusement, il décède à l'hôpital Earl K. Long de Baton Rouge le 28 avril 1984.
                                                          

Gérard HERZHAFT

            Moses Smith is probably the most original harmonica player associated with the so-called "Swamp blues" style from Louisiana. His straightforward and powerful style gives room to numerous subtleties and control range that make him quite different from his excellent peers.
            Moses Smith was born 25th January 1932 at Union Church, Ms, not far from McComb, in a poor sharecroppers' family. A neighbour, the bluesman Bill Willard who enjoys a strong local reputation, teaches how to play the harmonica to the young Moses and soon brings him to play in the local juke joints. Smith listens also a lot to harp blues masters on records (John Lee "Sonny Boy" Williamson) or live during their venues to his area. He thus meets Little Walter, Rice Miller and particularly at Shreveport, the local harp master Jeff "Sonny Boy" Williamson (real name Edward William Johnson) who shows him many tricks. He is also a fan of Jazz Swing, particularly the trumpet players whose sound he tries to emulate with his harmonica, a thing he will always do on his records.
            After his parents' death, Moses comes to live in Baton Rouge where he makes a living as a house painter. In a couple of months he meets and plays with all the local bluesmen (Arthur Kelley, Tabby Thomas, Silas Hogan , Lightnin' Slim) earning a strong reputation as a hard and efficient harp blower. This is Lightnin' Slim who brings Smith to J.D. Miller's Crowley studios in January 1963 for a recording test. Miller records him and issues a first single under the name Whispering Smith mocking the strong hoarse Moses' voice and in reference to a famous western hero played by Alan Ladd and Audie Murphy! Unfortunately, Smith comes a little bit late for enjoying some success with his very down home kind of blues and the four singles that Miller issues on Excello are very low sellers. Anyway, being a "recorded artist" allows Smith to form his own band, playing regularly around Baton Rouge as a leader or the harp man of Lightnin' Slim or Silas Hogan's bands.
            But Moses won't never make a living out of his music and didn't think about it too much at the end of the 1960's. But a series of articles and an interview by John Broven and Terry Pattison in the british leading blues mag Blues Unlimited brings suddenly Smith in the limelight. He then learns that his records are quite well known in Europe through several Excello's anthologies (on Stateside) who are very influential on the British blues groups like the Rolling Stones, the Kinks and such! And Whispering Smith is then featured alongside other Swamp blues masters on two new records Louisiana blues and the double LP Swamp blues where he appears in very fine form.
            From now on, Whispering Smith tours Europe alongside Lightnin' Slim (rediscovered in Detroit!) and appears on top festivals like the AFBF 1972, the Montreaux Blues Festival in Switzerland and Jim Simpson's American Blues Legends. He conquers the European audiences with his powerful harp playing and stage presence. He records several excellent live sessions during those tours. He also finally records his only album under his name for the Excello label, Over Easy.
            The following years are unfortunately marred by Smith's alcoholism, making him to miss record opportunities and overseas tours. At last, thanks to local producers Mike Schirra and Bob Snow, Smith will record a final and excellent 45 for their Sunland label in 1983.
            Moses "Whispering" Smith dies at Earl K. Long's hospital in Baton Rouge 28 April 1984.
                                                           Gérard HERZHAFT

WHISPERING SMITH
The Complete Studio Recordings
CD1
Whispering Smith, vcl/hca; Ulysses Williams, g; Ernest Ambrose, bs; Sammy K. Brown, dms. Crowley, La. janvier 1963
01. Baby left me this morning
02. Mean woman blues
03. Hound dog twist
04. Harmonica twist
05. Don't leave me baby
06. Baby you're mine
07. Please give me one more chance
08. Live Jive
Whispering Smith, vcl/hca; Al Foreman, g; Ulysses Williams, g; Ernest Ambrose, bs; Sammy K. Brown, dms. Crowley, La. janvier 1964
09. I can't take it no more
10. Wake up old maid
Whispering Smith, vcl/hca; Al Foreman, g; Ulysses Williams, g; Ernest Ambrose, bs; Sammy K. Brown, dms. Crowley, La. avril 1964
11. I tried so hard
12. Cryin' blues
Whispering Smith, vcl/hca; Henry Gray, pno; Roy Lee Shepard, g; Clarence Prophet, bs; Samuel Hogan, dms. Baton Rouge, La. 27 avril 1970
13. I love you baby
14. On the dark road crying
Whispering Smith, vcl/hca; Henry Gray, pno; Greg Schaefer, g; Roy Lee Shepard, g; Clarence Prophet, bs; Samuel Hogan, dms. Baton Rouge, La. 12 août 1970
15. Looking the world over
16. A thousand miles from nowhere
17. Deep South Moses
18. Coal black mare

CD2
Whispering Smith, vcl/hca. Baton Rouge, La. 15 août 1970
19. Storm in Texas
20. Baton Rouge breakdown
21. Baby please don't go
Whispering Smith, vcl/hca; Melvin Hill, g. Baton Rouge, La. mai 1972
22. Mojo hand
23. Everybody needs love
24. I've got a sure thing
25. Rock me baby
Whispering Smith, vcl/hca; Melvin Hill, g; Harvey Lexing, g; Bobby Powell, pno; horns; Alfred Lewis, bs; Nolan Smith, dms/perc. Baton Rouge, La. mai 1972
26. What in the world comes over you
27. The way you treat me
28. Don't want no woman
29. Why am I treated so bad?
30. Married man
31. I know you don't love me
32. It's all over
Whispering Smith, vcl/hca; Henry Gray, pno; band. Miami, Fl. 1983
33. Just like a woman
34. Hound dog howl

Et pour les harmonicistes/ And for the dedicated harmonica players



jeudi 2 janvier 2020

LONESOME SUNDOWN 1956-67



LONESOME SUNDOWN 1956-67 (re-post)

           
Né le 12 décembre 1928 à Donaldsonville, Cornelius Green a connu l'enfance habituelle des Noirs du Sud rural: peu d'instruction, le travail de la canne à sucre, une guitare bricolée, l'Eglise du dimanche. Il gagne La Nouvelle-Orléans en 1945, travaille comme portier dans u casino, prend des cours de guitare avec Guitar Slim avant de travailler à Port Arthur dans une raffinerie. Il joue dans les bars du port avec Clarence Garlow, se lie avec Phillip Walker et Clifton Chenier qui propose à Green et à Walker d'être les guitaristes de son Zydeco band.
            En 1956, Cornelius Green quitte Chenier pour se marier et tenter sa chance en fondant son propre orchestre. Il s'installe à Opelousas, fait équipe avec Lloyd Reynaud, compose ses premiers blues. Après une première séance sans lendemain, Cornelius se présente auprès de J. D. Miller qui a installé un petit studio dans sa bourgade de Crowley. Le courant passe tout de suite entre J. D. Miller et Cornelius Green.
            En juillet 1956, Cornelius Green enregistre deux de ses compositions, le sombre et vibrant Lost without love et l'endiablé Leave my woman alone. J. D. rebaptise sa nouvelle "découverte" Lonesome Sundown. L'association Miller-Green va faire de Lonesome Sundown un des plus remarquables des bluesmen sudistes. Sundown est très ancré dans le terroir louisianais. Le back beat, la voix quelque peu traînante et chaude, les accompagnateurs maison de chez Miller (la pianiste Katie Webster, Lazy Lester à l'harmonica, le saxophoniste Lionel Torrence/Prevost mais aussi les guitaristes Guitar Gable, Leroy Washington ou Fats Perrodin) donnent une immanquable saveur marécageuse à ses blues. Mais Lonesome Sundown est aussi marqué par ses années à La Nouvelle-Orléans et à Port Arthur, sa participation à l'orchestre de Chenier et surtout par son admiration pour Guitar Slim qui ne se démentira jamais. Sundown passe aussi pour avoir nettement influencé un jeune guitariste de Baton Rouge, Buddy Guy dont plusieurs des premiers titres (Let me love you baby) rappellent fortement les disques de Lonesome Sundown.
            Dans les années qui suivent, Lonesome Sundown enregistre de façon conséquente pour Miller et sort disque sur disque, devenant un des favoris du Sud de la Louisiane et de l'Est du Texas. Mais ses disques ne réussiront pratiquement jamais à se vendre au-delà de cette aire géographique. Entre 1956 et 1964, seize 45-tours sont édités, fruits de cette association Miller-Sundown plus nombre de titres inédits qui ne verront le jour que bien plus tard. Tout est pratiquement excellent et beaucoup de morceaux sont de grands chefs-d'oeuvre du blues de l'après-guerre: l'extraordinaire Lonesome lonely blues avec une atmosphère encore assombrie par le saxophone crasseux à souhait de Lionel Torrence; I'm a mojo man qui qualifie peut-être le mieux l'ambiance du "mojo" et permet à Lazy Lester de briller à l'harmonica; Gonna stick to you baby, une de ces tentatives très réussies de marier le swamp blues au rockabilly.
            En 1965, Lonesome décide de se tourner vers la religion, rejoint l'Eglise de la foi apostolique de N. S. Jesus-Christ à laquelle il se consacre presque entièrement et redevient... Cornelius Green.
            Ce n'est que plus d'une décennie plus tard, poussé par son vieux compère Philip Walker et se rendant compte, grâce à plusieurs visites de journalistes britanniques qu'il était devenu une sorte de 'légende vivante" que Cornelius Green consentira à redevenir brièvement Lonesome Sundown, le temps d'un magnifique album enregistré en 1977 pour Bruce Bromberg, "Been gone too long".
            Cornelius Green décède le 23 avril 1995 à Gonzales (La). Son oeuvre demeure une des plus achevées du blues sudiste de l'après-guerre.
            Tous nos remerciements à Alfred Broussard et Benoit Blue Boy pour leur aide
                                                                       Gérard HERZHAFT


            Born 12 December 1928 at Donaldsonville (Louisiana), Cornelius Green has lived the usual harsh childhood of most of poor rural southerners, working on the cane fields at an early age. Hating this life, Cornelius goes to New Orleans in 1945 to work as a janitor in a Casino and takes his first guitar lessons with several local guitarists, including Guitar Slim (Eddie Jones) who will stay as a very strong influence. The boom of the oil industry brings Green to Port Arthur where he starts to play the evening in local clubs with Clarence Garlow and Phillip Walker who shows him more guitar licks and will stay forever as a very good friend. But his real first professional job as a musician starts when Clifton Chenier hires Walker and Cornelius in his Zydeco band. Green tours several months and make his first recordings with Clifton.
            In 1956, Cornelius Green leaves Chenier's band to marry and settles in Opelousas. He plays locally and under the guidance of producer Lloyd Reynaud he starts to write his own blues. After a first session for Eddie Shuler's Goldband label (unissued at that time), Green goes to Crowley, auditioning for J.D. Miller who recognizes a great original talent and makes him record two titles, the mournful Lost without love and the boisterous Leave my woman alone. Miller issues the record under the moniker "Lonesome Sundown" that at first makes Cornelius Green angry! But the name will stay.
            With the wise tutelage of Miller, Lonesome Sundown becomes quickly one of the best deep southern bluesman from the late 1950's. Sundown's music is very rooted in the Louisiana Swamp genre created by Miller: a lazy backbeat, a drawling voice, striking compositions, wonderful backing musicians (from Lazy Lester to Lionel Torrence/Prevost through Katie Webster). But his first influences (notably Guitar Slim's) are still strong in almost all his recordings and make him apart of the other Miller's deep bluesmen. Lonesome Sundown will also have a certain influence on a young Baton Rouge guitarist named Buddy Guy whose many of his first Chicago records (like Let me love you baby) remind Sundown's style.
            During the following years (1956-64), Sundown records constantly and becomes a favorite of the South Louisiana/ East Texas blues scene. But with the exception of My home is a prison (and thanks to Slim Harpo's version) none of his 45s will really sell outside this area. Anyway, almost all his records are very good or excellent (the mournful Lonesome lonely blues with a great saxophone solo of Lionel Torrence; I'm a mojo man with a brilliant Lazy Lester; Gonna stick to you baby with its almost Rockabilly feel...).
            But in 1965, tired of the hectic musician's life, Lonesome Sundown gives up the blues, becomes a preacher with the Apostolic Faith Church and reverts his name to... Cornelius Green.
            He will stay out of the blues except for a brief time in 1976-77 when, convinced by his old friend Phillip Walker and the fact that he realized he has become a "legendary name" in Europe and particularly in England, he will make some club appearances, the time also to record for Bruce Bromberg a tremendously successful album, Been gone too long.
            Cornelius Green dies in his hometown of Gonzales (La) on 23 April 1995.
            Thanks to Alfred Broussard and Benoit Blue Boy for their help.
                                                                       Gérard HERZHAFT


(According to Benoit Blue Boy who knew well and played with Lazy Lester, the harmonica player on most of the later Lonesome Sundown's tracks is not Lester but Whispering Smith)