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lundi 15 juin 2020

WILLIE WILLIAMS/ Complete Recordings (Re-up)


WILLIE WILLIAMS
"I am the best blues drummer"

Completed, Amended And Revised

            Willie Williams est un des ces soutiers du Chicago blues qui a hanté les clubs plusieurs décennies durant, enregistré une poignée de 45t, quelques bribes d'albums et apporté sa modeste mais non négligeable pierre au bel et vaste édifice du blues de la Windy City.
            En 1970, Willie Williams a eu un étonnant succès commercial national avec Wine headed woman, un 45t produit par Willie Dixon. Il a tenté deux ou trois fois de capitaliser sur ce succès. En vain.
            Willie Williams est né le 13 mars 1922 à Lake Village dans l'Arkansas. Il apprend la guitare avec des voisins et les claquettes avec son oncle, "Batman" Williams et commence une carrière de musicien et surtout de danseur au milieu des années 30 sous le surnom de "Fast feet". Après avoir été réformé, il gagne Saint Louis en 1943, apprend la batterie et forme son premier orchestre de blues. Vers 1950, il vient s'installer à Chicago et s'insère sans peine dans l'importante scène du blues. Il joue de la batterie dans de nombreux orchestres, en particulier celui de Howlin' Wolf qu'il accompagne souvent en tournée. C'est en imitant son patron que Willie attire l'attention de Dixon qui le prend dans sa nouvelle maison de production Yambo et essaie de le promouvoir.
            Après le succès inattendu de Wine headed woman, Dixon enregistre plusieurs séances avec Williams qu'il entoure de certains des meilleurs musiciens de Chicago, notamment bien sûr Hubert Sumlin afin de pousser encore plus la ressemblance avec Howlin' Wolf. Ces titres paraîtront sur un de ses labels maison Supreme Records, un LP, Raw unpolluted soul qui, non distribué en dehors de Chicago, ne dépassera malheureusement pas le cercle très restreint des amateurs de blues.
            Malgré des titres aussi bizarres qu'accrocheurs (Muhammad Ali's soul dance) (!!) et le renfort bienvenu de Sonny Wash, un chanteur au timbre plus mélodieux, les 45t suivants ne se vendent pas davantage et bientôt Willie Williams, vedette d'un seul "hit", retrouve l'anonymat des clubs de Chicago. Associé à Carey Bell, il se présente sous le qualificatif de "Best blues drummer in the world" et enregistre encore quelques titres pour Ralph Bass en 1977, demeurés inédits à l'époque mais réunis quelques années plus tard dans la série I didn't give a damn if the Whites bought it.
            Son décès le 8 décembre 1988 à Chicago est à peine signalé dans les revues spécialisées.
            Il laisse une petite oeuvre, aussi rare qu'intéressante, que nous avons regroupée en illustration à cet article en essayant de clarifier un peu sa discographie quelque peu malmenée jusqu'à présent.
                                                                       Gérard HERZHAFT

Tous nos remerciements à Ransom, Hans E, Robert Ford et Marc Claes pour leur aide avisée.

Willie Williams is one of those obscure name who haunted the Chicago clubs for decades and was well known among his fellow musicians.
Born march 13 1922 in Lake Village (Arkansas), Willie Williams learned music under the tutelage of one of his uncle, toured with a medicine show at an early age and finally settled in Saint Louis (Mo) in 1943. By now a drummer he formed a local band before moving to Chicago in 1950. He quickly made a reputation as a good, swinging and reliable drummer and played with numerous bands including Howlin' Wolf's. He started to emulate his boss's voice with some success. Willie Dixon who had left Chess to create his own labels, took Willie under his wing. Wine headed woman with a first class blues band (Sumlin, Bobby King, Little Mack) was a surprising down home hit in 1970 that led Willie Williams to record again several sessions. But, despite the help of the soulful singing of Sonny Wash, Those records went nowhere. Willie recorded another sessions with Carey Bell and then drifted into obscurity.
His death december 8th 1988 in Chicago went unnoticed.
Nevertheless he left us a small but rewarding blues legacy that we have gathered.
For years, Williams' discography was quite confused. With the help of Ramson, Hans E., Robert Ford and Marc Claes we have tried to put sessions in proper order with the adequate personnel.
                                                                       Gérard HERZHAFT


WILLIE WILLIAMS/ COMPLETE RECORDINGS
Willie Williams, vcl/dms; Hubert Sumlin, g; Eddie Taylor, g; Little Johnny Jones, pno; Joe Harper, bs. Chicago, Ill. 1963
01. Deep shuffle
Deep Shuffle is in fact the backing track of Rough dried woman by Big Mac (William Mc Neal)!
Willie Williams, vcl; Hubert Sumlin, g; Bobby King, g; Little Mack, hca; Odell Campbell, bs; Fred Below, dms. Chicago, décembre 1970
02. Wine headed woman
03. Back to Mississippi
04. My baby's gone
05. Black diamond rattler
06. In the valley
Willie Williams, vcl/dms; Hubert Sumlin, g; Bobby King, g; Carey Bell, hca; Joe Harper, bs. Chicago, Ill. 1971
07. Blues at half past twelve
08. Detroit blues
09. Hot pants woman I & II
Willie Williams, vcl/dms; Carey Bell, hca; Eddie Taylor, g; Royal Johnson, g; Sunnyland Slim, pno; Joe Harper, bs. Chicago, Ill. décembre 1971
10. Ruthie baby
11. 38 woman
12. My baby don't change the lock on my door
Willie Williams, dms/vcl on *; Sonny Wash, vcl; James Scott, g; Odell Campbell, bs. Chicago, Ill. 1971
13. Funky Broadway
14. Don't lie to me lover
15. Muhammad Ali's soul dance
16. Mississippi roundhouse Part 1
17. Down home blues*
Willie Williams, vcl/dms; Carey Bell, hca; Sunnyland Slim, pno; Lacy Gibson, g; Willie Black, bs. Chicago, Ill. 17 mars 1977
18. You went away baby
19. You got to give me some
20. Help me
21. Tired of being dogged around
22. Alcoholic man
23. Showing off my car
Robert Ford gave the info that Jim O'Neal says the Henvick, Little Lynn, Big Beat session was recorded in Amarillo, Texas (according to Willie). Ruthie Baby and 38 Woman were apparently recorded in 1970 (probably together with 'Somebody Changed the Lock'?) .

mardi 19 mai 2020

LUCILLE SPANN/ Complete Recordings (Re-up)

LUCILLE SPANN/ A COUNTRY GIRL LOST IN CHICAGO


LUCILLE SPANN: A COUNTRY GIRL LOST IN CHICAGO

           
Malgré un succès commercial (Country girl returns) au moins dans les Hit Parades Soul de Chicago en 1972, Lucille Spann n'aura guère marqué l'histoire du blues.
            Pourtant, cette chanteuse puissante qui dégage beaucoup d'émotion dans presque toutes ses performances a gravé une petite œuvre enregistrée qui ne mérite pas d'être aussi négligée.
            Née Mahalia Lucille Jenkins le 23 juin 1938 à Bolton dans le Mississippi, elle a très jeune chanté dans le chœur de son église locale et a tout naturellement continué à pratiquer le Gospel après que sa famille soit venue, en 1952, habiter Chicago. Elle connaît Otis Spann et se marie avec lui dans les années 60. Ceux qui ont pu approcher le couple témoignent de la grande affection mutuelle que les deux "tourtereaux" dégageaient.
            Otis a tout de suite fait de Lucille Spann sa chanteuse et, malgré quelques réticences, elle a embrassé le blues avec la même fougue qu'elle pratiquait sur le Gospel. Lucille apparaît ici et là sur un ou deux titres dans plusieurs albums signés de Otis Spann, particulièrement dans un disque enregistré "live" à Boston alors que Otis n'avait plus que quelques semaines à vivre.
            A la mort d'Otis en 1970, Lucille décide, un peu par fidélité à la mémoire de son mari, de continuer à chanter le blues. Repérée par Al Smith qui l'entoure d'un superbe orchestre emmené par le guitariste Mighty Joe Young, Lucille enregistre deux 45t sur le label Torrid. Si malgré Women's lib une composition "à la mode" de l'époque, le premier 45t ne va nulle part, le second Country girl returns Part 1 &2 est un petit succès qui permet à Lucille d'apparaître dans plusieurs concerts et festivals, particulièrement à celui d'Ann Arbor qui comprend une soirée dédiée à la mémoire de Otis Spann.
            Dans la foulée, Al Smith produit en 1973 Cry before I go, un superbe album pour son label Bluesway (distribué par ABC) qui, malheureusement jamais réédité, est devenu un objet de collection.
            Mais cela ne permet pas à Lucille de décrocher beaucoup d'engagements. Et, avec le départ de Mighty Joe Young, elle se retrouve sans orchestre. En 1975, Lucille Spann met un terme à sa brève carrière de chanteuse de blues et retourne vivre dans le Mississippi où elle continuera à pratiquer le Gospel. Elle décède le 2 août 1994 à Vicksburg, Ms.
            Nous avons ici regroupé la totalité des titres qu'elle a enregistrés.

                                                           Gérard HERZHAFT

            Despite a real Chicago hit in 1972 with the witty Country girl returns, Lucille Spann remains little known. Anyway she is a powerful and soulful singer who has recorded an excellent series of titles on 45s and numerous anthologies and a first rate album produced by Al Smith.
            Born Mahalia Lucille Jenkins on 23 June 1938 at Bolton, Ms, she started to sing in church at an early age first in Mississippi and then in Chicago after her family moved there in 1952. She married Otis Spann during the early 60's, a real loving and very kind couple. Despite her reluctance to sing the blues, Lucille, under Otis' insistence, sang some blues on several Otis LPs, displaying the same fire than when shouting Gospel songs!
            After Otis untimely death in 1970, Lucille embarked herself on a blues singing career. Al Smith took her under his wings and, with an excellent backing blues band led by Mighty Joe Young, she recorded two wonderful 45s for Al Smith's Torrid label. The very good Women's lib didn't go nowhere but Country girl returns Parts I & II was a local hit which allowed Lucille to appear at some major blues festivals, namely Ann Arbor 1972 for a whole evening dedicated to the memory of her beloved husband. From all accounts, Lucille delivered then on stage a powerful and moving performance which left her in tears, warmly cheered by the audience.
            Following those appearances and 45s, Lucille recorded the excellent Bluesway album Cry before I go, a much sought after LP among blues buffs all around the world.
            Unfortunately, Lucille didn't want to tour overseas and, after Mighty Joe Young left the band in 1975, she ended her brief blues singing career and went down to live in her native Mississippi, singing only Gospel inside her church. She died in Vicksburg, Ms on 2nd August 1994.
            We have here gathered all her recordings.
                                                  Gérard HERZHAFT




LUCILLE SPANN
Complete Lucille Spann
Lucille Spann, vcl; Otis Spann, vcl/pno; Luther Johnson, g; Sammy Lawhorn, g; Little Sonny Wimberky, bs; S.P. Leary, dms. New York City, 1966
01. Wonder why
rec. November 20, 1967 in New York City; Lucille Spann, vcl; Otis Spann, pno; Muddy Waters, g; Luther Johnson, g; Sam Lawhorn, g; George Buford, hca; Sonny Wimberley, bs; S.P. Leary, dms. New York City, 20 novembre 1967
02. My man
Lucille Spann, voc; George Smith, hca; Otis Spann, p; Luther Allison, g; Robert "Big Mojo" Elem, b; Francis Clay, dms. Los Angeles, Ca. 26 September 1968.
03. Chains Of Love
Lucille Spann, vcl; Otis Spann, pno; Muddy Waters, g; Luther Allison, g; Sonny Wimberley, bs; S.P. Leary, dms. Los Angeles, Ca. 2 octobre 1968
04. Love me with a feelin'
Lucille Spann, vcl; Otis Spann, pno; Luther Johnson, g; Peter Malick, g; Ted Parkins, bs; Richard Ponte, dms. Boston, Mass. 2-4 avril 1970
05. Country girl
06. Chains of love
07. My baby sweet as an apple pye
08. I wonder why
09. My man
Lucille Spann, vcl; Mighty Joe young, g; band. Chicago, Ill. 1971
10. Womans Lib
11. What You Do To Your Woman
Lucille Spann, vcl; Mighty Joe Young, g; band. Chicago, Ill. 1972
12. Country girl returns I & II
Lucille Spann, vcl; Mighty Joe Young, g; Rick Wright, pno; Charles Beachum, tpt; Walter Hambrick, t-sax; Sylvester Boines, bs; Alvino Benson, dms. Ann Arbor, MI. 1972
13. Dedicated to Otis
Lucille Spann, vcl; Mighty Joe Young, g; Eddie Taylor, g; Detroit Jr, pno; Little Mack Simmons, hca; James Green, bs; Willie Smith, dms. Chicago, Ill. 1973
14. Cry before I go
15. Meat ration blues
16. Everybody's fishing
17. Got my mojo working
18. Country girl
19. Can't stand to leave you
20. Make you feel like a bigger man
21. Queen bee
22. Daddy let me love you
23. The sky is crying
24. Wine headed woman

mardi 12 mai 2020

JOHN LITTLEJOHN: Complete Studio Recordings 1968-84




JOHN LITTLEJOHN: Complete Recordings 1968-84

            Littlejohn, pas toujours cité parmi les grands, a cependant été un des meilleurs représentants du Chicago blues du South Side et un remarquable utilisateur du slide à la guitare. Né John Wesley Funchess à Lake (Mississippi) le 16 avril 1931, c'est là qu'il apprend à jouer de la guitare auprès de son père et du bluesman Henry Martin, un voisin et ami. Quittant la ferme familiale en 1946, il bourlingue pas mal avant de s'établir à Gary, dans l'Indiana, en 1951 et fréquente la scène locale du blues en compagnie de John Brim, Jimmy Reed, Big Daddy Kinsey et Joe Jackson, le patriarche et fondateur des Jackson 5 avec qui il semble avoir joué un moment de la guitare! Dans les 60's, Littlejohn s'installe à Chicago et c'est cela qui lui permet d'enregistrer enfin plusieurs 45t pour de petits labels comme Margaret, TDS ou Weis ainsi qu'un bel album pour Arhoolie qui contient notamment une des plus belles versions de Catfish blues. Cela attire enfin l'attention sur lui et, les années suivantes, Littlejohn retourne à plusieurs reprises en studio pour Chess, séance qui restera inédite à l'époque et pour Al Smith et son label Bluesway, aussi réussi que le précédent. Al Smith m'avait dit qu'il avait gravé une nouvelle séance en compagnie de Carey Bell mais malheureusement le disque n'a jamais vu le jour et doit dormir dans des tiroirs inconnus. John réussit aussi à tourner en Europe et au Japon à plusieurs reprises. Mais, malade et inquiet de la violence du ghetto de Chicago, Littlejohn rentre vivre dans le Mississippi au début des années 80, joue dans les clubs locaux en compagnie de Sammy Myers. Ils gravent ensemble un formidable 45t pour le producteur Johnny Vincent. Littlejohn produit également quelques nouveaux bons albums pour différents labels européens et américains, le meilleur étant pour Rooster malgré une section de cuivres trop présente.
            John Littlejohn meurt dans un hôpital de Chicago le 1er février 1994.
            Merci à Gilbert Guyonnet, Rob Ford et Alain B. pour leur aide
                                                           Gérard HERZHAFT

           
John Littlejohn, although not always cited among the greats, has nevertheless been one of the best stalwarts of the South Side Chicago blues and one of its the top slide guitarist.
            Born John Wesley Funchess at Lake (Ms), 16 April 1931, he learned to play the guitar with his father and the local bluesman Henry Martin. Leaving Mississippi and the hard and underpaid field work in 1946, he made his home in Gary (In) around 1951 and started to play regularly in the local clubs with John Brim, Jimmy Reed, Joe Jackson (the founder of the Jackson 5) and Big Daddy Kinsey. Sometime in the 60's Littlejohn relocated himself in Chicago and started a recording career with a string of very good 45s for small labels like Margaret, TDS or Weis, also waxing a major LP for Arhoolie with several masterpieces like a vibrant version of Catfish blues. This very album brings him the recognition of a more vast audience, blues buffs around the world. He comes back in the studio for a good Chess session who will stay unissued at the time and another masterpiece album produced by Al Smith for his Bluesway label. Smith told me once that he recorded another Littlejohn album backed by Carey Bell at the harmonica but this session is still unissued and seems to be lost somewhere in some vaults. John toured Europe, Japan but ill and worried about the constant violence of the Chicago ghettos, he went back to Mississippi, playing in the Southern clubs with harmonica ace Sammy Myers, recording together a session for Johnny Vincent. Later, he would tour again Europe, recording some more LPs and CDs for several labels, one of the best - despite a too heavy horn section - being done for the Rooster label.
            John Littlejohn died in a Chicago hospital February 1, 1994.
            Thanks to Gilbert Guyonnet, Rob Ford and Alain B. for their help.
                                                           Gérard HERZHAFT




mardi 5 mai 2020

NAPOLEON STRICKLAND (re-post)

NAPOLEON STRICKLAND/ Complete Recordings (re-up)

           
Nous avons déjà présenté dans "Blue Eye" (cf Delta blues) Napoleon Strickland (né le 1er octobre 1919 à Como (Ms)- † le 21 juillet 2001 à Senatobia (Ms)). Mais je caressais le projet depuis longtemps de pouvoir réunir tous les enregistrements possibles de ce musicien du Delta, élève et ami de Fred Mc Dowell, que j'avais eu la chance de rencontrer chez lui dans les années 1970.
            Napoleon Strickland est surtout connu pour avoir dirigé un des principaux "fife and drum bands", sortes d'orchestres sans cordes, tambours et flûtes, comme on en trouve aussi beaucoup dans les communautés amérindiennes d'Amérique Centrale et du Sud. Mais il était aussi un excellent harmoniciste et guitariste fort influencé par Fred Mc Dowell qu'il citait d'ailleurs abondamment.

            Napoleon n'a malheureusement jamais enregistré d'album et je demeure persuadé qu'il avait le potentiel d'en faire un qui aurait été un important témoignage à la fois de ses talents multiples et aussi de la richesse musicale qu'on pouvait trouver assez abondamment encore dans le Delta il y a quarante ans. A défaut, j'ai réussi - non sans mal! - à rassembler ici la totalité (connue en tout cas) de ce qu'il a enregistré, autant en studio que dans des festivals ou aussi très souvent à son domicile. J'espère que cela permettra de mieux évaluer l'importance de Napoleon Strickland.
                                                           Gérard HERZHAFT

            We have already featured in "Blue Eye" (cf Delta blues) Napoleon Strickland (1st October 1919, Como, Ms - † 21st July 2001, Senatobia, Ms). But I wanted for a long time gather all the known recordings by this neglected but nevertheless important Delta blues musician, pupil and friend of Fred Mc Dowell, whom I had the opportunity to meet at his home during the 1970's.
            Napoleon Strickland is chiefly known for the recordings he made with his fife and drum band, an ensemble without strings very similar of many bands found in Central and South America among Native Americans. Several of those bands were still playing into the 1960's in remote Southern areas. But Napoleon was also a very fine singer, harmonica and guitar player strongly influenced by his neighbour Fred Mc Dowell. Unfortunately Napoleon has never had the opportunity to record a whole album. I'm persuaded that under the guidance of some clever producer he would have been able to do an excellent and lasting album. Which would have testified of his many talents as well as the richness and diversity of the musical genres one still could find in the Delta area forty years ago and so well represented in Napoleon Strickland.
            Without this "real" album, I have nevertheless (and not without difficulties) gathered here all Napoleon's recordings made whether in studio, on festivals or - most often (for he was a generous musician willing to demonstrate to the visitor his multiple talents) - at home. I just hope this project will allow to better appreciate the importance of Napoleon Strickland in the Delta blues tradition.
                                                           Gérard HERZHAFT



Un peu plus loin, autour de la petite ville de Como, c'est le domaine de Napoleon Strickland. Le grand Mississippi Fred Mc Dowell qui a joué dans le monde entier et gravé d'innombrables disques, était son voisin. Sa maison est là, derrière la haie de peupliers. Ce bon vieux Fred est maintenant mort et enterré mais Strickland a hérité de sa guitare, une Gibson électrique dont l'arrière est constellé d'autocollants touristiques glanés en Europe, au Japon et à travers l'Amérique. Napoleon n'a jamais été à l'école mais il a entendu parler de la France et sait que son prénom évoque un grand personnage de notre histoire. Je lui assure que l'autre Napoleon était un général, un Empereur et non un musicien, mais cela ne le convainc qu'à moitié.
Nous sommes sur le porche de sa petite maison de bois, au milieu d'un grand lopin de terre et la vieille compagne du maître des lieux est partie se réfugier derrière la porte moustiquaire à travers laquelle elle ne nous perd pas de vue.
Le même scénario, vingt fois vécu ces derniers jours, se répète: quelques verres d'alcool maison servent d'introduction, on échange quelques banalités, on branche les guitares aux amplis, les amplis à une prise baladeuse qui pend d'une fenêtre et la soirée commence.
Un peu contracté au début par ce visiteur incongru qui vient d'un de ces endroits lointains que Mc Dowell a visités, Napoleon se met rapidement à l'aise, s'aidant de forces gorgées d'alcool. II souffle dans plusieurs harmonicas, joue un peu de flûte, passe un morceau de métal à son auriculaire gauche, pousse le petit amplificateur dans les derniers retranchements de sa puissance. Un voisin surgit de la pénombre qui commence a tomber, installe une batterie de fortune; une voiture stoppe, des ombres noires flottent un instant, guitares à la main, l'ampli n'est pas assez vaste pour recevoir tous ces visiteurs. Qu'importe, on jouera quand même! Et si on ne joue pas, on dansera. Les pieds frappent la cadence sur le porche de bois, redoublant la batterie, les corps s'animent et s'entremêlent, les boîtes de bière disparaissent les unes après les autres, la bouteille de whiskey passe entre toutes les mains, entre toutes les lèvres, petite gorgée bienfaisante vite avalée, baiser brûlant qui réunit les âmes. Les visages s'animent, rires étouffés, bruissement des robes, cliquetis des bouteilles, sourires épanouis, dents en or qui luisent dans le soir. Même Jessie Mae est venue, grande cape noire, chapeau de feutre a larges bords que rehausse une grande plume d'oie, pour rire et chanter avec les autres.  Napoleon est chez lui. Napoleon est le maestro ce soir.
" Baby, don't you holler, don't you shake'em on down"
Et la lune du Mississippi surgit soudain du bout de la terre, bonne bouille jaunâtre et débonnaire qui vient pour jouer les spotlights, éclairer le perron de Mister Strickland, tout juste assez vaste pour contenir la douzaine de danseurs, chanteurs, musiciens, masse noire en mouvement au sein de laquelle se détache, insolite et inattendue, une forme blanche : la mienne. "
                                   Extrait de "Ballade en bluesde Gérard Herzhaft

NAPOLEON STRICKLAND
Complete Recordings
Napoleon Strickland, vcl/fife; John Tylus, sn-dms; Othar Turner, bs-dms. Como, Ms. août 1967
01. Oh baby
02. Late in the evening
03. Hey Freddie
04. Como breakdown
05. Punky Tony
Napoleon Strickland, fife/g; Fred Mc Dowell, perc. Como, Ms. 25 mars 1969
06. Traveling through the jungle
07. Motherless children
08. Shake'em on down
Napoleon Strickland, vcl/fife; John Tylus, sn-dms; Othar Turner, fife/ns-dms/bs-dms; Bernice Turner, bs-dms. Memphis, Tn. juin 1969
09. Backwater rising
10. Othar's piece
11. Shimmy she wobble n°1
Napoleon Strickland, vcl/fife; Arthur Williams, perc; Othar Turner, bs-dms. Senatobia, Ms. 15 août 1970
12. Rollin' and tumblin'
Napoleon Strickland, vcl/fife/g/hca; Othar Turner, sn-dms/vcls; Jimmie Buford, snare-dms; R.L. Boyce, bs-dms. Senatobia, Ms. 4 septembre 1970
13. My babe
14. When the Saints go marching in
15. Soft black Jersey cow
16. Baseball bat
17. Key to the bushes I
18. Key to the bushes II
19. Granny will you dog a bite
20. The Hounds
Napoleon Strickland, vcl/h/fife; Othar Turner, sn-dms; Bernice Turner, bs-dms. Jackson, Ms. mars 1972
21. Somebody knocking on my door
22. Baby please don't go
23. Glory Glory Halelujah
Napoleon Strickland, vcl/g/hca/d-bow. Como, Ms. 29 août 1978
24. Baby please don't go
25. Black Mattie
26. Diddley Bow medley
27. Louise
28. Rock me all night long
29. Sitting on top of the world
30. Woke up this morning
Napoleon Strickland, hca/fife; Jessie Mae Hemphill, perc; Abe Young, dms. Greenville? Ms. 8 septembre 1979
31. Shimmy she wobble n°2
32. Fox's chase
33. Let's boogie
Napoleon Strickland, hca. Como, Ms. 20 octobre 1980
34. That's the boogie
35. Cryin' won't make me stay
36. Banty rooster

mardi 14 avril 2020

LARRY DAVIS/ Complete Early Recordings



LARRY DAVIS/ Complete Early recordings (re-up and revised)

           
Malgré sa forte réputation auprès des amateurs de blues, Larry Davis n'a pas fait une carrière proportionnée à ses talents.
            Né à Kansas City le 4 décembre 1936, Larry est venu très jeune vivre à Little Rock et s'est abreuvé de la musique des bluesmen locaux comme Drifting Slim, Sunny Blair, Sammy Lawhorn ou Fenton Robinson. Il joue alors de plusieurs instruments (batterie, saxophone, basse, piano) mais, sous l'influence des disques de Little Willie John, il se concentre sur son chant et devient, à 14 ans, le vocaliste attitré d'un groupe local de R & B. Cependant, c'est vraiment en s'associant avec Fenton Robinson, et devenant le bassiste (et parfois chanteur) de son orchestre, que Larry embrasse vraiment une carrière de musicien professionnel.
            Ils font la première partie d'un show de Bobby Bland lors de sa venue à Little Rock. Et Bland, impressionné autant par Fenton que par Larry, les recommande au producteur Don Robey (des disques Duke). A 22 ans, Larry fait ainsi ses débuts discographiques à Houston en mai 1958 par un succès, Texas flood qui sera repris par des dizaines de bluesmen et sera même un succès mondial à travers la version qu'en a donnée Stevie Ray Vaughan. Mais Larry Davis déclarera avoir en tout et pour tout touché 300 $ pour ce morceau, Don Robey ayant bien pris soin de le copyrighter sous son nom! Pour être moins connus, tous les autres morceaux enregistrés par Larry Davis pour Duke sont de premier plan avec le magnifique Angels in Houston (d'après le Docteur Clayton) ou Come home.
            Durant les années 60, Davis s'installe à Saint Louis et est essentiellement le bassiste de Billy Gayles, Oliver Sain puis de Albert King qui lui apprend à jouer de la guitare. Et il doit attendre 1968 pour retrouver le chemin des studios pour une série de superbes titres (essentiellement des reprises des succès de B.B. King) pour le label Virgo, propriété éphémère de... B.B. lui-même avec des accompagnateurs mal identifiés mais de premier plan. As the years go passing by (Virgo 100) est un petit succès régional mais Virgo disparaît aussi vite qu'il est apparu et Larry se retrouve sans label. Il tente sa chance à Los Angeles, à Memphis... En 1972, un grave accident de moto suivi d'un AVC le laisse très diminué et il retourne à Little Rock auprès de parents qui peuvent prendre soin de lui.
            Ses 45t pour Duke sont entre temps devenus des "classiques" auprès des fans de blues du monde entier et une poignée d'entre eux le retrouvent en 1981 et le poussent à reprendre une carrière musicale. Larry se produit dès lors en concert sur les campus universitaires, les festivals et en Europe et au Japon!
            En 1982, l'album Funny stuff (Rooster) lui permet enfin d'obtenir la reconnaissance de son talent. Enregistré et produit par Oliver Sain à Saint Louis, entouré des meilleurs sidemen de la ville, Larry Davis y apparaît très en verve: un merveilleux chanteur au timbre velouté, un jeu de guitare expressif à la Albert King. Malgré cela, il lui faut attendre 1989 pour enregistrer un nouvel album I ain't begging nobody (Evidence). La vague du nouveau Blues Revival semblait prometteuse pour lui, lui permettant d'effectuer des tournées internationales, de graver deux autres albums pour Bullseye et Black & Blue. Mais il décédait d'un cancer foudroyant le 19 avril 1994.
            Nous proposons ici l'intégrale de sa première oeuvre extrêmement demandée et très difficile à trouver. Cette compilation aurait été impossible sans l'aide (et le prêt de leurs disques rares) de Pierre Monnery et Timo Koskinen.
                                                                       Gérard HERZHAFT

           
Born in Kansas City 4th décember 1936, Larry went to Little Rock (Arkansas) very young and was quickly buddying the local bluesmen like Drifting Slim, Sunny Blair, Fenton Robinson or Sammy Lawhorn. He learned to play several instruments (drums, bass, saxophone and piano) but concentrated mostly on his singing abilities, largely under the influence of Little Willie John's records. He plays bass with the Fenton Robinson's band, singing also some numbers. When they opened a Bobby Bland's show, the singer was very impressed by their talents and recommended them to his producer, Don Robey, head of Duke Records.
            In 1958, aged only 22, Larry thus waxes his first 45 for Duke with Texas flood, a Davis composition that he sang regularly in the clubs. Texas flood is a hit which will become a blues standard and even an international rock success through Stevie Ray Vaughan's version. But Larry will earn only $ 300 from this title, Robey having copyrighted the tune under his name. Although less well known, all the other numbers recorded for Duke are first rate like Angels in Houston (adapted from Dr Clayton) or Come home.
            During the 60's, Larry Davis made a living in Saint Louis as an accompanist, playing drums and bass in several bands, chiefly those of Billy Gayles, Oliver Sain and Albert King who taught Larry to play the guitar. It is not until 1968 that Larry was again in the studios, recording several excellent tracks (mostly from the B.B. King's songbook) for the Virgo label, a short-lived venture owned by ... B.B. himself. As the years go passing by is a local hit but the desmise of Virgo prevent the title to go anywhere (at that time, that is!).
            Larry then tried his luck in Los Angeles and Memphis but a motorcycle accident, followed by a stroke, brought him back in Little Rock where he could live among relatives who took care of his health.
            He was largely living outside music when, his early records having earned him a strong following among blues fans in Europe and Japan, a bunch of those went to Little Rock and "rediscovered" him in 1981, urging him to resume his musical career. With Funny Stuff, a remarkable album for Jim O'Neal's Rooster label, Larry was now able to appear in big festivals everywhere. He recorded several other albums, all worthwile for Evidence, Bullseye or Black & Blue and was much in demand. Unfortunately he died of a cancer on April 19th, 1994 in a Los Angeles hospital.
            We have gathered here all his early recordings, all sought after items, many very hard to find. We would like to thank Pierre Monnery and Timo Koskinen for their help and for the loan of their rare records.
                                               Gérard HERZHAFT

LARRY DAVIS
Larry Davis, vcl/bs; Fenton Robinson, g; James Booker, pno; David Dean, t-sax; dms. Houston, Tx mai 1958
01. I tried
02. Texas flood
03. Texas flood (alt)
04. That's all right for you
Larry Davis, vcl; Texas Johnny Brown, g; poss. Fenton Robinson, g or Earl Grant, g; David Dean, t-sax; James Booker, pno; Hamp Simmons, bs; Jabo Starks, dms. Houston, Tx. 19 juin 1959
05. Angels in Houston
06. Little girl
07. Will she come home?
08. Come home (When you're through)
Larry Davis, vcl; Hop Wilson, g; Pete Douglas, g; Elmore Nixon, pno; Ivory Lee Semien, dms. Houston, Tx. 27 octobre 1960
09. I need your love to keep me warm
10. My woman don't quit me (poss. Fenton Robinson, vcl)
11. You don't move me anymore
Larry Davis, vcl; Wesley Farmer, g; Eddie Fisher, g; Oliver Sain, og; horns; bs; Sam Harris, dms. Saint Louis, Mo. 1968
12. Whole world down on you
13. As the years go passing by
Larry Davis, vcl; James Ironhead, pno; Charles Heyer or Bobby Selby, og; horns; Wesley Farmer, g; Eddie Fisher, g; Phil Wesmoreland, bs; Zeke Nettles, dms. Saint Louis, Mo. fall 1968
14. Sweet little angel
15. Driving wheel
16. You upset me baby
17. Rock me baby
18. Woke up this morning
19. Three o'clock blues
20. Sweet sixteen
21. Something about you
Larry Davis, vcl; Sam Rhodes, g; band. Los Angeles, Ca. 1969
22. What they do to me?
23. For five long years
24. I've been hurt so many times
25. A letter to my darling
26. It can only hurt for so long
Larry Davis, vcl/g; band. Memphis, Tn. 29 juin 1973
27. Find'em fool'em and forget'em
28. Same thing they did to me
Larry Davis, vcl/g; band. Little Rock, Ark. 1975
29. Pouring water on drowning man
30. Tears of sorrow
Larry Davis, vcl/g; band. Little Rock, Ak. 1976
31. Down home Funk I & II